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dimanche 3 juin 2018

Révoltez-vous ! Unissez-vous ! Remigrez-les !

Plieux, samedi 2 juin 2018, Discours de Renaud Camus devant l'assemblée plénière du mouvement qu'il a fondé, le Conseil National de la Résistance Européenne.



“Les Deux Récits” :


" Mesdames et Messieurs les Présidents, Messieurs les généraux, Mesdames et Messieurs, Mes Chers Amis,

« à banqueter dans une vieille forteresse perdue, entre gens de bonne compagnie, par une belle journée de printemps, nous pourrions donner à croire que nous sommes dans un rêve, dans un roman médiéval, dans une sorte d’heroic fantasy, troubadour et un peu kitsch.

« Or c’est tout le contraire. Nous sommes un des derniers lambeaux de la seule réalité.

« Deux grands récits se partagent le monde, ou, à tout le moins, l’Occident. Le partage est tellement inégal, à vrai dire, que partage n’est peut-être pas le mot. Si partage il y a, il est à 98 % contre 2. L’un de ces récits règne, l’autre est réfugié parmi nous. Celui qui règne a pour lui les juges, les banques, l’université, le gouvernement, le pouvoir, la quasi totalité des médias, les fameux “gafas”, et, il faut bien le dire, la majorité de l’opinion publique, hélas. C’est précisément cela, le pouvoir : la possibilité d’imposer son récit jusqu’au tréfonds des âmes, des consciences, des cœurs et des masses. Dans toute l’histoire de l’humanité, jamais ce pouvoir de manipulation des cerveaux n’a été plus puissant qu’aujourd’hui. Jamais l’effet cumulatif du pouvoir n’a été si fort. Jamais le pouvoir n’a été plus pouvoir.

« L’autre récit, celui qui se terre, n’a plus que nous ; et quelques parias pourchassés, censurés, harcelés, persécutés, diffamés, calomniés, haïs, traînés quotidiennement dans l’opprobre et la boue par les desservants tout puissants de l’autre culte.

« Dans le premier de ces récits, celui qui triomphe, des flots de réfugiés harcelés et martyrs, chassés de leurs pays d’origine par la misère, par la persécution et la guerre, se précipitent vers l’Europe comme vers le seul refuge possible à leur effroyable malheur. Et l’Europe égoïste en accueille une partie, certes, mais beaucoup moins qu’il ne le faudrait, doublement moins : moins que ne l’exigeraient les sentiments de la plus élémentaire humanité face aux périls auxquels sont exposés ces infortunés ; moins aussi que ne le voudrait le propre intérêt de ce vieux continent à la population déclinante, qui aurait tout à gagner à élargir et rajeunir sa force de travail, et surtout de consommation. Mais inutile d’aller plus avant. Ce récit-là, vous le connaissez par cœur. Il est celui qui est déversé sur nous du matin au soir et du soir au matin. Il est nos acouphènes, que l’on ne peut pas ne pas entendre, en permanence.

« Le second récit est bien différent, faut-il le dire. Il y figure très peu de réfugiés, qui, comme certaines saveurs précieuses dans les produits de l’industrie agro-alimentaire, sont une part tout à fait marginale des énormes masses humaines que ce récit-là évoque lui aussi, au point qu’elles y sont plus considérables encore que dans l’autre. Mais ces masses, en leur masse, ne sont pas, selon lui, jetées à travers les déserts, sur les mers périlleuses, dans les montagnes enneigées et la jungle des villes par la guerre, par la persécution et la misère, qui n’affectent qu’une petite partie de leur ensemble. Elles sont mises en mouvement par la nouvelle stupéfiante, qu’un continent jadis riche, ordonné et puissant est à l’encan, qu’on peut aller y faire sa vie, que d’où qu’on vienne on peut s’y installer et jouir de ses richesses, de sa chance, de son heureuse organisation, des avantages de sa civilisation et de son organisation sociale.

Cette nouvelle étonnante, la disponibilité de l’Europe au reste du monde, fait bien état pour la forme d’un peu de résistance officielle à la transplantation sur le continent de populations venues d’ailleurs, et même d’obstacles que ces multitudes pourraient avoir à surmonter en chemin ; mais, en même temps, elle s’arrange pour laisser comprendre, à mille signes multipliés, qu’il ne faut pas prendre trop au sérieux ces embarras annoncés, qui sont surtout publiés dans le souci de ménager les opinions publiques locales. Pour l’essentiel, le message est bien clair et il est parfaitement compris jusqu’en les villages les plus reculés de la savane africaine : « Venez, venez, venez, accourez, la voie est libre, vous serez toujours mieux que chez vous, et rapidement vous serez chez vous ! »

Et en effet ils seront chez eux, mais peut-être pas au sens où ils l’entendent. Ce nouveau chez eux sera comme l’ancien, car l’ancien, ils l’apportent avec eux. Les Africains désirent une Europe qui n’est si désirable que parce qu’ils n’y sont pas. Ils sont comme des hommes qui n’aimeraient que les vierges. Elle est comme un livre dont tous les caractère s’effaceraient sitôt l’ouvrirait-on. À peine y débarquent-ils, elle n’existe plus. Car ce qui fait les civilisations ce sont les peuples qui les ont forgées. Avec d’autres peuples elles sont autres, sauf bien sûr pour l’industrie de l’homme, post-humaine ou trans—humaine.

« En attendant l’évanouissement sinistre de ce leurre, pas un adolescent en bisbille avec ses parents, ou avec son école, ou avec la police, qui n’entende à merveille le discours subliminal, l’appel de l’Europe à être remplacée, qui déborde de toute part le discours officiel et le remplace dans les esprits. Ce discours subliminal, à peine subliminal, d’ailleurs, est d’autant plus irrésistible qu’il s’assortit de l’assurance prodiguée aux mineurs, par exemple, que non seulement il seront inexpulsables, à peine arrivés, mais que très vite ils pourront faire venir toute leur fratrie et toute leur parentèle.

« Cette nouvelle urbi et orbi de la disponibilité de l’Europe au reste du monde, qui la lance ? Tout le monde, comme le premier récit — mais lui se garde bien d’en faire état : il en dénierait l’existence comme il dénie tout. Cette nouvelle est lancée par les Nations Unies, par l’Union européenne, par la grande majorité des États et des gouvernements européens, par leurs juges, par leurs journalistes, par la plupart de leurs artistes ou de leurs travailleurs de la culture, par leurs films, par leurs séries télévisées, par leur industrie culturelle, par leur industrie de l’hébétude, par leur industrie de l’homme. Car l’homme est une industrie, pour cet enchevêtrement de puissances intéressées. Et accessoirement un commerce, bien sûr. Cette galaxie, ce lacis de volontés agissantes et froides, c’est ce que j’ai nommé le remplacisme global : l’ensemble des intérêts et des mécanismes, des mécanismes d’intérêts, qui veulent l’homme normalisé, standardisé, homogénéisé, pasteurisé, désoriginé, déculturé, remplaçable ; et qui exigent que soient amalgamées en une seule ses trois hypostases au regard de l’économisme régnant : producteur, consommateur, produit.

« Il faut perfectionner la formule fameuse et trop rabâchée, If it’s free, you are the product : si c’est gratuit, le produit c’est vous — si ce n’est pas gratuit aussi, et même encore davantage. Car le raffinement suprême est de faire payer les victimes, comme en Chine on fait payer aux familles la balle qui tue le condamné. Notons au passage que l’Europe est la première civilisation dans l’histoire de l’humanité à se ruiner pour subventionner sa propre colonisation, sa propre destruction, son propre remplacement.

« Tout le monde l’a remarqué depuis longtemps, ce ne sont plus des travailleurs qu’importent les intérêts économiques et financiers : ce sont des consommateurs. L’objection selon laquelle ces consommateurs n’ont rien n’est pas pertinente. Sans doute ils n’ont pas d’argent mais demain ils auront le vôtre : les transferts sociaux du premier récit sont des transferts raciaux dans le deuxième, de même que les prétendus “logements sociaux” du premier récit sont dans le second les postes avancés de la colonisation, le maillage du territoire par la conquête imposée, les casernes de l’Occupant — qu’il faut reconstruire indéfiniment, pour une raison mystérieuse. Mais surtout les nouveaux venus ont des besoins et des désirs, et ce sont là les qualités premières de tout consommateur. A l’exception éventuelle de la libido sciendi, la soif de connaissance, on a cru remarquer que les libidos diverses, dans l’ensemble, n’étaient pas leur point faible. Ils ont besoin de vêtements, ils ont besoin de communications, ils ont besoin de divertissement, ils ont besoin d’hôpitaux pour y être soignés, ils ont besoin d’écoles pour leurs enfants et plus que tout ils ont besoin de logements : c’est-à-dire de bâtiments, de routes, de ville, d’extension infinie de la banlieue universelle, avec disparition du peu d’espace qui reste entre les villes, effacement des blancs de la carte.

« Les indigènes européens, les blancs, qui ont obscurément conscience, en leur sagesse de très vieux peuples, que toutes les politiques écologiques sont parfaitement vaines et illusoires aussi longtemps que perdure la croissance démographique, se garde bien s’assurer encore, par leur taux de natalité, cette disparition de l’espace libre, de la campagne, qui est le vœu secret des croissantistes, des bétonneurs, des desservants religieux de la bulle immobilière et financière. Il faut les remplacer, ces populations indigènes trop sages, trop blanches, trop chères et trop pourvus, par des populations qui n’auront pas leurs scrupules, ni leur degré d’expérience et réflexion ; et qu’on attirera vers l’Europe, et vers leur fonction de remplacement, par l’ardente subvention de ce rêve auquel elles n’ont déjà que trop tendance à s’abandonner pour le bien de la Terre, croître et multiplier. C’est en France la fonction de la C.A.F., caisse d’allocations familiale, que des plaisants ont défini comme troisième lieu saint de l’islam, en rivalité comme telle avec la mosquée Al Aqsa de Jérusalem et sans doute, bientôt, avec la basilique Saint-Denis.

« Au passage on pourra s’étonner que nos amis écologistes, en leur affligeante majorité, soient des immigrationnistes à tout crin, quand c’est l’immigration de masse qui assure à elle seule la croissance démographique, c’est-à-dire l’artificialisation sans merci. Artificialisation, c’est l’un des mots clefs du remplacisme global. Attaché à tout remplacer, dans un souci taylorien de normalisation, de standardisation, de baisse des coûts, d’économie, d’économisme et d’obsolescence programmée, le remplacisme est très logiquement l’empire du simili, du double, de l’ersatz, du toc, du low-cost, du faux, de ce que le français appelle familièrement, je m’en excuse, le bidon. Tout le monde a renoncé à parler de village universel pour décrire les effets de la globalisation, l’expression était trop bucolique pour la triste réalité. On dit plutôt et plus justement banlieue universelle, à présent. Mais il serait plus juste encore de parler de bidonville global. Cette expression présente en effet l’avantage, au moins en français, de qualifier à la fois l’horreur physique du monde qu’apprête, pour l’humanité déshumanisée par ses soins, le remplacisme global, et dont la jungle de Calais et nombre de quartiers parisiens deviennent les archétypes, les appartements-témoins, et, d’autre part, le caractère de fiction totale, l’essence bidon, fake, fausse, menteuse, constamment menteuse, de cet univers que nous imposent la révolution post-post-industrielle, le taylorisme planétaire et ce que je désigne familièrement, beaucoup d’entre vous le savent déjà, comme la davocratie directe, la gestion sans intermédiaire du parc humain par Davos et les “grands financiers”, avec pour idéologie officielle l’antiracisme et pour milices les antifas. J’opposais pour commencer deux récits : d’une part celui qui montre de malheureux réfugiés se précipitant vers l’Europe pour fuir la guerre et la misère ; d’autre celui qui expose un continent livré, trahi, abandonné à l’invasion provoquée, à l’occupation étrangère, à la colonisation, à l’islamisation, au changement de peuple et de civilisation, à l’ethnocide, au génocide par substitution. Le premier de ces récits nous écrase, l’autre peut seul nous libérer, comme un dormeur se réveille in extremis d’un cauchemar dans lequel il s’avançait vers l’abîme ou vers l’abattoir au sein d’un troupeau hébété. Le premier constitue ce que j’ai nommé le faussel, le réel faux, le faux réel, l’espace de la substitution, du remplacement, du simili, de la contrefaçon, du bidon, du bidonville, du bidonmonde, médiatisé par les médias, artificialisé pour les besoins de l’industrie de l’homme, de la production de la MHI, la Matière Humaine Indifférenciée. Le second est le réel vrai, le vréel de Lacan ou de Kristeva, si l’on veut, le réel auquel on se cogne : notre misère et notre honte, notre malheur et leur crime, l’épreuve de notre détermination et de notre courage.

Si le CNRE n’était que cela, ce ne serait déjà pas mal : le champion du vrai récit, je n’ose pas dire du vrécit — celui qui montre du doigt la Lettre volée, la réalité trahie, le mystère en pleine lumière, l’abomination du changement de peuple, qui crève les yeux et le cœur. Le négationnisme aujourd’hui, c’est la négation du Grand Remplacement, la contestation de l’ethnocide, le déni triomphant face à la Destruction des Européens d’Europe et de leur civilisation. Cette destruction est un effondrement, entraîné par l’absence de structure porteuse, à l’intérieur, autant que par la pression extérieure : par la Grande Déculturation autant que par le Grand Remplacement ; par la décivilisation autant que par la substitution ethnique. Face à cet effacement notre mission est d’être : de dire, de parler, de nommer, de montrer, mais d’abord d’être, d’exister, d’incarner visiblement un immense refus ; de donner forme, dirais-je, figure, apparence et de maintenir.

Ce n’est évidemment pas suffisant, il faut faire, aussi, agir et empêcher. Mais faire, chacun de vous et chacun de vos mouvements le font déjà, “For Britain” le fait déjà, le Siel le fait déjà, la Ligue du Midi le fait déjà, Les Volontaires pour la France le font déjà, les Amoureux de la France le font déjà, Génération Identitaire le fait déjà, et avec quel talent, quelle inspiration, quel brio, quel humour et quel courage. Vous êtes des exemples et des sources d’inspiration pour nous tous et pour chacun d’entre nous, comme l’est aussi cette grande espérance venue du centre et de l’est de l’Europe, de l’Autriche, des pays du pacte de Visegrad, de notre membre éminent le président Vaclav Klaus, qui refgrette de ne pouvoir être parmi nous et dont je vous ai lu tout à l’heure un message, et plus que tout de la Hongrie de Viktor Orban, de cette chère Hongrie qui a tant souffert en grande partie par notre faute, qui sait ce que c’est que l’occupation étrangère, que l’étouffement des libertés et que l’islamisme, et dont je tiens à saluer tout particulièrement ici les représentants, avec amitié, admiration et respect.

Le Conseil National de la Résistance, faut-il le dire et le répéter après cette énumération de compétences, de luttes et d’accomplissements, n’a aucune espèce d’intention de se substituer à tous les mouvements, partis et personnalités qu’il rassemble, et qu’il entend rassembler toujours plus largement. Il n’est pas remplaciste, vous l’aurez compris. Et il n’entend dire à personne de ceux qui veulent bien le rejoindre ce qu’ils ont à faire, d’autant qu’ils le font à merveille. Certes il n’exclut pas de prendre des initiatives, et pas plus tard qu’après-demain, à Paris, devant la statue de Winston Churchill, une de ses références favorites, en soutien à la liberté d’expression, à la liberté tout court, à Tommy Robinson, un autre ces héros, et toujours en faveur de la décolonisation, de la libération du territoire, de la remigration. Mais il aspire d’abord à être une image, un symbole, un emblème, un drapeau : celui du refus de la mort — le drapeau du refus des Européens face à la disparition qui leur est promise, et ménagée.

Révoltez-vous ! Unissez-vous ! Remigrez-les !

Que chacun retrouve sa patrie, sa civilisation, sa culture, la vibration sympathique de l’air et de l’esprit, autour de l’être."

Renaud Camus

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lundi 3 juillet 2017

Un discours passionnant...

Macron au Congrès, un discours passionnant ? Pas vraiment. La preuve en image:


Suppression de la Cour de Justice de la République, réforme en profondeur du CESE, réduction du nombre de parlementaires, un chouïa de proportionnelle, plus d'Europe mais plus d'Europe intelligente, welcome refugees mais welcome avec intelligence, du numérique, des armées qui en veulent mais qu'on s'attachera à européaniser, liberté, égalité, fraternité, efficacité,  un peu de philo, une touche de Mirabeau, une pincée de Simone Weil et une pensée pour Simone Veil... et trois gorgées d'eau... Bref, rien qu'il ne nous ait déjà dit. Rien de surprenant, rien de nouveau; même pas les envolées lyriques post-discours de Ruth Elkrief ou les orgasmes de Nathalie Saint Cricq. 

Macron se prenant pour Jupiter se rêvant César terrassant la France qui rechigne et qui bougonne s'est fait plaisir moyennant: 600 000 euros d'argent public, une heure et demi d'un discours aussi soporifique qu'inconsistant mais relayé en direct par au moins 4 chaînes de télévisions, près de 900 parlementaires déplacés et un millier de policiers et gendarmes...

Ce type se fout vraiment de nous.

Folie passagère 3374
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

samedi 2 juillet 2016

Un surprenant discours...

Cela se passe à HEC, le jour de la remise des diplômes de cette fin d'année. Et comme chaque fois, une personnalité, généralement un ancien élève, est invité à prononcer un discours devant les jeunes aux dents longues, les managers de demain, les gars qui occuperont de gros postes, et qui, pour  bon nombre d'entre eux auront beaucoup de pouvoir et sans doute pas mal de pognon.

Ce jour là, c'est le big boss du groupe Danone, entreprise du CAC 40, 22 milliards de chiffre d'affaire en 2015, Emmanuel Faber qui  s'y colle... et qui tient un discours plutôt surprenant et inhabituel devant ce genre de public, poignant...



Étonnant autant que remarquable, non ?

Folie passagère 3226.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 9 juin 2016

Nommer le réel. Dire que la France est un pays d'églises, de cathédrales et d'abbayes...

Il n'y a, pour moi, pas grand chose à jeter dans le discours qui suit...


Mes chers amis,

Je suis Français, vous êtes Français, nous sommes Français.

C'est une chance d'être Français. C'est un privilège d'être Français.

Mais est-ce que nous nous en souvenons assez ? Est-ce que même nous le comprenons ?

Cette identité si précieuse, que nous avons le plus souvent héritée et que nous devrions à chaque instant mériter, avons-nous pleinement conscience de ce qu'elle représente ?

Elle nous accompagne comme l'air que l'on respire.

Nous pensons que c'est ainsi, que ce fut toujours ainsi, que ce sera toujours ainsi.

Est-ce si sûr ?

Depuis plusieurs années, le doute a commencé à naître en nous.

La France, que nous avons cru éternelle comme ses landes de granit breton ou ses grands plateaux de l'Aubrac, la France n'est-elle pas en train de se dissoudre, de s'effacer, de disparaître à coup de renoncements, de lâchetés, de reculs, de démissions ? Cette question est essentielle car elle constitue le véritable sens des échéances politiques qui nous attendent dans moins d’un an.

Dans les années qui viennent, la France restera-t-elle la France ? C'est cela le premier défi. Le plus grand. Le plus fondamental.

C'est cette interrogation qui explique la douleur confusément ressentie par des millions de femmes et d’hommes, nos concitoyens, qui depuis trop d’années, souffrent de ne pas être entendus, de ne pas être compris, de ne pas être représentés.

Cette interrogation se nourrit de cet affaiblissement économique si profond, de cette crise de valeurs si manifeste, de cette perte d'idéal si évidente.

Pourquoi la question de la France et de son identité se pose-t-elle maintenant ?

Parce que la France est de nouveau menacée par cette maladie qui la rattrape de loin en loin et que le général de Gaulle avait appelée « le renoncement ».

A certaines périodes de son histoire, la France se trouve face au péril d’oublier qui elle est, d’abdiquer ses rêves d’unité et de grandeur, de voir sa volonté abolie. Nous sommes, hélas, dans l’une de ses périodes.

Quand, parlant de renoncement, je dis « la France », en vérité, l’expression est inappropriée. Elle peut même être injuste.

Car cette maladie du renoncement n’est pas la maladie du Peuple.

Le Peuple, en la circonstance, est, au contraire, le gardien douloureux de la France, dont il pressent et redoute le déclin, craint le naufrage.

Ce n’est pas le Peuple qui renonce car il a compris de quoi il retournait.

Il est la victime expiatoire de ce désastre. C’est lui qu’on abandonne.

L’esprit de renoncement, c’est la maladie d’une partie des élites, celles qui nous disent comment penser. Celles qui prétendent savoir ce qui est correct. Ce que l’on peut dire et ce qu’il faut taire.

La maladie du renoncement, c’est quand ces élites ne se sentent plus le désir, ni la force de défendre l’histoire de la France, son identité culturelle, son identité morale et même son identité spirituelle, car la France, c’est un corps, c’est un esprit, c’est une âme.

L’esprit de renoncement, c’est un long mouvement commencé il y a près d’un demi-siècle, quand des jeunes gens écrivaient sur les murs de Paris : « jouissons sans entrave », « il est interdit d’interdire ». Ici a commencé à germer le désastre.

La société a pensé qu’elle avait gagné la bataille quand les barricades eurent été démontées et que la vie avait repris son cours. Mais en fait, le poison de cette idéologie se répandait, d’abord souterrain, et puis de plus en plus visible.

Il y eut pourtant de grandes et belles choses dans l’émancipation conquise alors par la jeunesse et surtout par les femmes.

Mais s’il y a une part de lumière dans l’esprit de 68, il y a eu une part d’ombre dont on mesure avec le recul l’importance. Cette part d’ombre a perdu dans la rue et dans les urnes mais elle a gagné progressivement dans les têtes et elle a trouvé un puissant relais, au tournant des années 80, dans le combat communautariste et la société multiculturelle.

La nouvelle idéologie dominante a imprégné bien au-delà des rangs politiques de la gauche. Nombreux furent touchés y compris à droite. Elle a frappé subrepticement en chantant la douce mélodie des « accommodements raisonnables », des reculs prétendument acceptables, du multiculturalisme revendiqué.

Elle a murmuré à l’oreille : « ne vous inquiétez pas, ne soyez pas si pessimistes, acceptez le nouvel ordre des choses ». Au fond, l’esprit de démission était devenu moderne.

Pour ces élites, la Nation ne constituait plus un idéal car ils n’identifiaient plus la Nation avec le progrès.

Ils voyaient dans la Nation un obstacle au progrès. Le mot même a fini, un comble, par devenir sulfureux ! La repentance était devenue le maître-mot.

Dans l’amour charnel de la Patrie, dans la révérence pour son passé plus que millénaire, dans le culte de ses morts, dans l’admiration pour ses paysages, dans la vénération de son héritage, de son patrimoine, de ses mœurs, ils dénonçaient une attitude réactionnaire, un conservatisme de mauvais aloi, une ignorance du mouvement et de l’avenir.

Pour eux, la Nation n’est pas un corps social uni par une histoire, une identité et un rêve communs.

Elle ne serait plus qu'un périmètre juridique dans lequel se développerait la liberté des individus et des groupements d’intérêt, les communautés et les minorités.

Aux yeux des idéologues de la gauche mondaine et de la pensée unique, les droits de chacun doivent désormais prévaloir sur les règles qui s’imposent à tous.

Le bon gouvernement est alors devenu, non pas celui qui conduit avec énergie un projet collectif, mais celui qui donne toujours davantage aux groupes et aux individus.

Toujours moins d’intérêt supérieur de la Nation, toujours moins d’autorité de l’Etat, toujours moins de règles communes car elles sont autant de brides sur les individus. On voit le résultat de cette idéologie, aujourd’hui, dans ce climat de désordre et de perte générale d’autorité.

Regardez comme on voudrait que nous traitions la jeunesse. Rien ne parle davantage que cela. Obliger les enfants à apprendre ? Quelle atteinte cruelle à leur libre-arbitre. Mettre des notes ? Quelle épouvantable discrimination. Interdire la consommation du cannabis ? Quel esprit répressif ! Empêcher que l’on rappe et danse à Verdun sur la mémoire de centaines de milliers de soldats morts pour la France ? Quel retour nauséabond de l’ordre moral ! Prohiber le piratage sur Internet ? Quelle vision liberticide ! Considérer que les enfants doivent respect aux professeurs ? Quelle conception archaïque de la relation pédagogique ! Expliquer que les femmes et les hommes, quoiqu’égaux, sont différents ? Quelle docile soumission à la construction sociale des genres !

Je ne serai jamais le chantre du conservatisme, de l’immobilisme, ou d’un ordre réactionnaire qui m’est étranger. Mais j’affirme que l’équilibre entre les droits et les devoirs, l’équilibre entre les droits de l’individu et les impératifs de la société sont en passe d’être rompus Sans ces équilibres, la Nation s’effondre.

Si toujours plus de droits pour chacun, c’est le progrès, alors toujours moins de règles qui s’imposent à tous, c’est l’idéal. Et à l’arrivée, c’est la confusion, la pagaille, le chaos, la loi du plus fort.

Si seul l’individu souverain est sacré, alors ce qui est commun, ce qui unit, ce qui rassemble est désacralisé.

En latin, la chose commune, cela se dit res publica. En français, on dit: la République.

Nous voici au cœur de la problématique.

Ce qui est désacralisé quand on s’attaque à la Nation, c’est la République. Et, ce qui est attaqué quand on désacralise la République, c’est la Nation.

Il n’y a qu’une seule souveraineté, c'est celle du Peuple.

Une partie de nos élites n’aiment pas la communauté nationale qu’ils jugent archaïque et régressive. Mais elles adorent les communautés particulières, au nom de la reconnaissance du droit à la différence. Au fond, pour elles, la Nation se résume à cela : la juxtaposition plus ou moins harmonieuse de communautés reconnues dans leurs droits particuliers. Il n’y a jamais la communauté nationale.

En pensant ainsi, ils abolissent la plus belle conquête de la République: le bien commun, l’unité du peuple par-delà ses différences, la communion en un projet unique, quelles que soient son origine sociale ou ethnique, sa religion ou ses opinions.

Car l’idée que nous nous faisons du bien commun est indifférente à la race ou à l’origine. Être citoyen ne doit rien à notre naissance et tout à notre volonté : la volonté de vivre ensemble, la volonté de s’inscrire dans une histoire, la volonté de suivre les mêmes usages et les mêmes coutumes.

C’est cela la République : le refus de se laisser enfermer dans son milieu social, dans son origine ethnique, dans sa confession religieuse. Ce n’est d’ailleurs pas plus de nier ses différences. C’est, dans l’espace civique, se constituer en égal de chacun comme citoyen, se réunir fraternellement avec tous, permettre de se dépasser dans un avenir commun. C’est cela la République, c’est cela la Nation et c’est cela que je n’accepte pas que l’on veuille détruire sans que nous réagissions.

La vérité c’est que la gauche culturelle, celle qui prétend dominer les esprits, qui veut imposer ses vues à tous, n’aime plus le Peuple.

Car le Peuple est réactionnaire à ses yeux, le Peuple est frileux, le Peuple est sécuritaire. Le Peuple n’a pas compris où était le progrès.

La gauche culturelle a donc trouvé un opprimé de substitution au nom duquel elle peut faire croisade : la minorité.

Puisque le Peuple est devenu réactionnaire, on change son fusil d’épaule, on vénère une nouvelle idole, on professe une nouvelle religion : on se prosterne devant les communautés. Les communautés d’abord, les communautés toujours.

Et quelle est la conséquence de ce communautarisme, reconnu dans toute sa majesté ? C'est la tyrannie des minorités qui fait reculer chaque jour davantage la République.

Si une poignée de lycéens bloque un lycée, il faut se résigner et subir. Si une poignée de zadistes bloque la construction d’un aéroport nécessaire au développement économique de toute une région, il faut se résigner et subir.

Si une poignée de gens du voyage bloque une autoroute, il faut se résigner et subir.

Si une poignée de manifestants et de casseurs bloque une loi de réforme du marché du travail devenue d’ailleurs vide de toute aspérité, il faut se résigner et subir.

Si une poignée d'islamistes radicaux prennent en otage un quartier, il faut s’y résigner.

Et bien moi, je n’accepte pas ces résignations.

C'est d’ailleurs bien pire : car la minorité n'a plus les mêmes droits que les autres, elle en a désormais davantage.

Une minorité a le droit de bloquer des raffineries, la majorité n’a pas le pouvoir de se déplacer.

Une minorité a le droit de prendre en otage la préparation de l’Euro, la majorité n’a le droit que de le subir.

Une minorité peut enfreindre la loi, la majorité se fait, elle, un devoir de la respecter.

Une minorité peut imposer la fermeture d’une centrale nucléaire, la majorité n’aura d’autre choix que de payer.

Une minorité veut imposer un fondamentalisme religieux et traiter les femmes comme des êtres inférieurs, la majorité des musulmans français, qui ne demandent qu’à s’intégrer, devraient en payer les conséquences.

Le « politiquement correct », c’est la tyrannie des minorités. C’est par exemple de dire : « il n’y a aucun problème d’immigration ». Et si vous pensez qu’il y a un grand problème d’immigration, c’est d’ajouter : « vous êtes xénophobe ». Si vous dites qu’il y a des Molenbeek dans les banlieues françaises, le « politiquement correct », c’est de dire : « vous jetez de l’huile sur le feu ». Une minorité pense qu’il n’y a pas de problème d’immigration, pas de problème de communautarisme, pas de problème de sécurité. La majorité pense le contraire. Mais c’est la minorité qui décide de ce qu’il convient de dire et de penser.

Le « politiquement correct », c’est la police de la pensée exercée par ceux qui sont minoritaires dans le pays mais majoritaires dans les élites.

Nous n’en voulons plus.

Voilà comment nos idéologues prétendument progressistes et bien-pensants vident de toute substance la Nation, justifient le recul de la République, nourrissent l’abandon de l’Etat.

Ils ont trahi la grande promesse du XVIIIe siècle, celle de la Révolution française, par un extrémisme des droits individuels, des droits communautaires, du triomphe des minorités.

Mais ils ont aussi trahi la grande promesse du XXe siècle, celle de la construction européenne, en transformant cette magnifique espérance en un espace vide de légitimité démocratique, un espace impersonnel, anonyme et technocratique.

Est-ce vraiment à l’Europe de réglementer la puissance des aspirateurs ou la taille des mangeoires et des perchoirs à poules dans les élevages?

Est-il tout à fait raisonnable que l’Europe produise tout cela dans une architecture institutionnelle tellement compliquée qu’en dehors des lobbies et des experts, personne n’y comprend rien et surtout que le Peuple en est le grand absent ?

Dans le même temps où l’Europe produit ces milliers de normes sourcilleuses, Schengen est par terre, transformant notre continent en passoire. Dans le même temps où l’Europe produit ces milliers de normes, nous affaiblissons la croissance européenne faute d’être allés assez loin dans la coopération économique et financière. Dans le même temps où l’Europe produit ces milliers de normes, nous sommes incapables de faire face ensemble aux menaces qui pèsent sur notre sécurité collective en en finissant avec ces barbares de l’Etat Islamique au Proche Orient.

L’Europe est tatillonne là où elle est superfétatoire et là où elle serait si nécessaire, elle est inefficace.

Les prétendus progressistes nous avaient proposé de troquer nos Etats Nations, ces vieilleries révolues d’un passé qu’il fallait dépasser. Mais ils n’avaient pas dit que dans cet ensemble nouveau, on passerait le Peuple à la trappe au profit d’une gouvernance anonyme, technocratique, impersonnelle.

Qu’on me comprenne bien : c’est parce que je suis l’avocat déterminé de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen que je ne supporte pas le dévoiement de cet idéal de liberté dans le triomphe des égoïsmes et la tyrannie des minorités.

C’est parce que, hanté par le spectre des tranchées, des charniers et camps de la mort qui ont défiguré notre vieux continent, je suis le militant passionné de l’espérance européenne que je ne supporte pas le dévoiement de cet idéal dans la constitution progressive d’un espace juridique vide et si peu démocratique.

Je veux vous faire partager ce besoin d’agir contre l’abaissement de notre pays, l’urgence de contribuer à ce que notre Nation se relève, renaisse comme communauté nationale consciente d’elle-même, désireuse de se survivre. C'est le ressort de mon engagement. C'est la raison de mon retour parmi vous dans ce combat pour la renaissance de la France.

Il y a peu, quand on parlait de contrôle de l’immigration, quand on parlait d’identité, quand on parlait de déchéance de nationalité, on se faisait traiter de fasciste.

Mais les esprits évoluent, mais la foule se lève, le Peuple se redresse et il dit de plus en plus fort afin qu’on l’entende : ça suffit

Ce qui, paradoxalement, a permis ce réveil de la conscience nationale ? C’est précisément l’immigration et l’islam.

Pendant des décennies, l’intégration c’était le devoir pour le nouvel arrivant sur notre territoire de se fondre dans la communauté nationale, d’adopter notre langue, notre culture, nos mœurs. Le minoritaire s’intégrait dans la majorité et devenait à son tour le légataire de la mémoire et de l’histoire collectives.

Et puis l'ordre des facteurs a été inversé. Nous avons dit aux candidats à l’entrée sur notre territoire : nous allons vous prendre comme vous êtes. C'est nous qui allons nous adapter à vous. Intégrer, désormais cela veut dire : la majorité va s’adapter à ses minorités, accepter leurs langues, leurs valeurs, leurs mœurs et s’excuser d’être elle-même. Et voilà comment nous avons vu des drapeaux étrangers à la place du drapeau tricolore dans nos stades de football où l'on sifflait la Marseillaise, des médecins à qui l’on refusait le droit de s’occuper de femmes dans nos quartiers et des revendications d’horaires différenciés pour les hommes et les femmes dans les piscines.

Cela ne gêne pas nos prétendus progressistes, puisqu’ils considèrent que le dépassement de notre identité est la condition de ce nouvel universalisme, un universalisme qui défait les liens et abolit les frontières.

Cela ne gêne pas nos prétendus progressistes mais cela gêne le Peuple: l’immigration massive et le communautarisme ont créé une prise de conscience du fait qu’il y avait quelque chose qui ne tournait plus rond.

La prise de conscience est aussi née de la confrontation avec un Islam Identitaire. Je ne parle pas de l’Islam que l’on confesse dans l’intimité de la vie privée. Je parle de l’Islam militant qui se présente à nous comme un bloc et qui impose à ses fidèles des règles de vie contraignantes, dirigeant fermement leurs comportements et leur dictant leurs mœurs. De l’Islam prosélyte et intégriste qui vous dit comment manger, comment vous habiller, quel rapport entretenir avec le sexe opposé, quels rituels doivent scander votre journée, bref, qui classe votre vie quotidienne entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Le problème c'est que ces mœurs si contraignantes ne sont pas celles de notre tradition.

Chacun a le droit de vivre sa religion, les musulmans comme les autres, mais, cher François Baroin, dans la conformité stricte aux principes de laïcité et dans l’harmonie avec le mode de vie français. Jamais je n’accepterai que les Français de confession musulmane soient stigmatisés, amalgamés à quelques barbares djihadistes. Jamais je n’oublierai le sacrifice et le sang versé des musulmans français lors des deux guerres mondiales. Jamais je n’oublierai la dette que nous avons contractée à l’endroit des Harkis. Cher Gérald Darmanin, nous devons urgemment fixer les règles d’un nouvel Islam de France, sinon notre société courra de grands risques d’affrontement.

La confrontation a été saisissante : d’un côté, notre société qui ne se reconnaît plus d’autres règles que les droits de chaque individu à vivre selon son bon plaisir ; de l’autre, la contre-société d’un Islam fondamentaliste qui voudrait assujettir ses fidèles à une loi dont l’empire est intraitable. D’un côté, notre société qui est prête à sacrifier sa cohésion sur l’autel de la liberté des individus qui la composent ; de l’autre, une contre-société qui, au contraire, voudrait sacrifier la liberté de chacun de ses membres sur l’autel de l’unité des mœurs qu’elle leur impose.

Cette double confrontation à une immigration massive et communautarisée et à un Islam intégriste minoritaire a souligné par contraste la dissolution de nos liens, l’affaiblissement de nos institutions, la remise en cause de nos modes de vie.

Combien de fois ai-je entendu le cri de souffrance de femmes et d’hommes de bonne volonté qui sentent confusément que le pays dans lequel ils sont nés et qui donne sens à leur vie, qu’ils ont reçu de leurs parents et qu’ils voudraient transmettre à leurs enfants, est en train de disparaître.

L’immense ethnologue Claude Lévi-Strauss disait que le souci d’un peuple, attaché à sa culture, à son style de vie, de veiller sur son particularisme n’est en rien pathologique, il est au contraire plein de vitalité.

Pourquoi, dans la société multiculturelle, tout le monde aurait-il le droit de cultiver sa différence, tout le monde sauf la majorité, tout le monde sauf le Peuple français qui commettrait un crime contre l’altérité en voulant demeurer lui-même ?

Nous n’avons pas plus de droits que les autres, mais j’affirme que nous n’en avons pas moins.

On pourra lutter contre tout cela en prenant telle ou telle mesure particulière : en interdisant le voile, en enseignant la laïcité, en étant plus ferme.

Mais ce sera vain si nous ne renouons pas avec notre histoire, avec notre identité, avec notre projet en tant que Nation.

Il ne s’agit en aucune manière de revenir à un nationalisme d’exclusion intérieure et d’agression extérieure dont nous avons vu les horreurs défigurer le XXème siècle. Et pas davantage d'épouser un nationalisme de repli et de recul. Jamais je n’accepterai la moindre complaisance avec les dirigeants du Front National, et avec leur idéologie. Il y a une ligne rouge qui ne peut pas être franchie.

Le réveil de la Nation auquel je vous appelle de toutes mes forces, c’est le réveil de la Nation avec ses valeurs de liberté, de tolérance, de fraternité, de solidarité, de laïcité, de la République.

C’est le réveil de la Nation qui tiendrait compte de l’immense espérance européenne.

C’est pour cela que je combats la société multiculturelle que nous propose la gauche, autant que la société isolée, repliée, sclérosée que nous propose l’extrême-droite.

Je ne crois ni en la dissolution naïve de la Nation, ni en son rétrécissement mesquin et craintif.

Nous n’avons pas à avoir peur du monde. Si la France est puissante économiquement, si elle est unie autour de ses valeurs, si elle est sûre d’elle-même, elle peut affronter le vent du large sans crainte, elle peut dialoguer avec le reste du monde, elle peut s’ouvrir à l’innovation et au progrès. Elle doit être audacieuse. C’est cela son destin véritable et c'est cela qui est conforme à son tempérament et à son histoire.

Il y a des moments de notre histoire où, au plus profond de l’adversité, se lève une voix intérieure qui nous dit : « Debout, peuple de France ».

C’est Jeanne d’Arc qui marche sur Orléans.

C’est Dumouriez qui arrête les Prussiens avec ses soldats aux pieds nus.

C’est Bonaparte saisissant la hampe du drapeau à Arcole et marchant à la tête de ses troupes.

C’est le Tigre qui reprend le flambeau et galvanise les Français pour qu’un jour « des rafales d’acclamation accueillent nos étendards vainqueurs, tordus dans le sang et dans les larmes ».

C’est De Gaulle seul à Londres, entouré de quelques aristocrates, de quelques marins pêcheurs, de quelques têtes brûlées et qui dit : « je suis la France combattante et la France ne se rendra jamais ».

L’heure a sonné de nous remettre debout, d’être de nouveau « les fils d’une vieille histoire qui sera continuée ».

Levons-nous, c’est au peuple auquel nous devons consacrer toute notre attention. Le peuple veut que nous rétablissions la sécurité en mettant hors d’état de nuire les délinquants, l’ordre public en arrêtant les casseurs, l’identité nationale contre le communautarisme, l’autorité contre la chienlit et la pagaille d’aujourd’hui où la CGT voudrait imposer sa loi contre la majorité.

C’est ce que nous ferons, de toute notre force, de tout notre cœur, j'en fais ici le serment.

Nous devrons restaurer la représentativité. C'est le principe de "tout dire avant pour tout faire après" afin de recevoir un mandat clair du Peuple et de ne recevoir de mandat que du Peuple. C'est le recours au référendum chaque fois que nécessaire pour retremper la légitimité du gouvernement dans le suffrage universel. C'est réformer notre démocratie sociale pour interdire que des organisations minoritaires bloquent les réformes nécessaires.

Cette politique de la Nation devra défendre nos us et coutumes, notre langue, nos traditions culinaires, nos habitudes vestimentaires. Elle devra revendiquer notre culture et notre histoire.

Nommer les choses sans détour. Nommer le réel. Dire que la France est un pays d'empreinte et de tradition chrétiennes, un pays qui est né du baptême de Clovis il y a plus de 1500 ans. Un pays d'églises, de cathédrales, d'abbayes, de calvaires. Un pays dont tant de grands philosophes furent des penseurs chrétiens.

Les chrétiens ne gouvernent pas la France : c'est cela la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la définition même de la laïcité. Chacun y est libre de pratiquer le culte de son choix mais les religions n’ont rien à voir avec le pouvoir temporel.

Mais c'est un pays chrétien dans sa culture et dans ses mœurs, c’est un pays ouvert, accueillant, tolérant, et c'est ce pays que doivent respecter ceux qui veulent y vivre.

Nos compatriotes de confession juive, qui sont présents sur notre sol depuis près de 2000 ans, qui ont tant enrichi nos sciences, nos arts, nos industries, qui ont donné si souvent leur sang pour le drapeau, dont les ancêtres reçurent la Croix de Saint Hélène, reposent dans le sanctuaire de Douaumont ou furent ensevelis sur les chemins du Vercors, ils le savent bien et cela ne les a jamais empêchés d'être pleinement juifs et d'être pleinement français.

Cette politique de la Nation devra défendre les droits essentiels de notre régime politique.

L'égalité entre les hommes et les femmes : il n'est pas acceptable dans notre pays qu'on veuille interdire aux jeunes filles de porter des pantalons ou des jupes courtes, qu’on les injurie au motif qu'elles sont amoureuses de l'homme de leur choix, qu’on refuse de leur serrer la main, qu’on leur impose le port du voile. Si vous vivez en France, l’égalité entre les hommes et les femmes, vous devez la respecter car telle est notre identité, non négociable.

Tout comme est non-négociable la liberté d'opinion et d'expression, droit essentiel y compris pour critiquer la religion dès lors qu'on respecte ceux qui croient.

Je suis chrétien. Les plaisanteries de mauvais goût contre l'Eglise ne me font pas rire. Mais je suis Français : je me battrai pour qu'on ait le droit de faire ces caricatures. Ce qui est vrai du catholicisme est vrai de l'islam. Je n'accepte pas cette police de la pensée qui, sous prétexte d'islamophobie, voudrait restaurer le délit de blasphème. En France, on a le droit de critiquer les religions. Qui ne le comprend pas ne mérite pas d'être Français. Le racisme contre les personnes ? Insupportable. Le droit à critiquer les croyances, les doctrines, les idéologies quelles qu'elles soient ? Imprescriptible. Si vous vivez en France, vous respectez cela car telle est notre identité.

Cette politique de la Nation devra reconstruire l'école. Je parle de l'école comme creuset de la Nation et fabrique de citoyens. Depuis des décennies, les militants du parti pédagogique, au nom de l'adaptation à la diversité des origines et des parcours, au nom de la lutte contre la discrimination, se sont échinés à détruire méthodiquement le respect de l'autorité, l'apprentissage de la langue, la transmission de notre histoire nationale, de nos mœurs, de nos valeurs, de nos manières de vivre. Ils ont détruit ce qu’on appelait les humanités. Nous les reconstruirons car l'école doit être le conservatoire de la culture française, des valeurs de la République, du savoir-vivre français.

Cette politique de la Nation devra consacrer la restauration de l'autorité. Je m'inscris dans une tradition politique qui, de Bonaparte au Général de Gaulle, considère que l'autorité est la condition de la liberté. Sans l'autorité, c'est la loi de la jungle et la loi de la jungle, elle est dure pour le faible. Sans l'autorité, le casseur ou le braqueur fracasse la vie du paisible commerçant, le petit voyou terrorise le sage adolescent, les bandes de bons à rien empêchent le citoyen ordinaire de dormir et l'intimident pour lui interdire de se plaindre. Sans l'autorité, une poignée de gauchistes séquestrent un petit patron et bloquent une usine, une poignée de salafistes répandent une idéologie délétère. L’autorité je la revendique et je l’assume. Je respecte la liberté, je respecte la contradiction, je respecte le débat. Mais force doit rester au Peuple souverain et à la loi.

J'ai été le Chef de l'Etat. J'ai exercé le pouvoir pendant cinq ans dans des conditions terribles, celles de la plus grave crise économique et financière traversée par le monde depuis 1929.

Aujourd'hui, quel gâchis ! Avec des taux d'intérêt qui n'ont jamais été aussi bas, avec un prix du pétrole extrêmement compétitif, avec un taux de change particulièrement favorable, avoir une croissance si faible, un taux de chômage si élevé malgré les radiations et les stages bidons - deux fois celui de l'Allemagne ou du Royaume Uni - quel épouvantable gâchis. Heureusement que les socialistes n'étaient pas aux manettes en 2009 ! Que serait devenue la France ?

Être Président de la République française, c'est se tenir au niveau de l'Histoire, surtout quand un vent mauvais souffle sur la vénérable Nation dont nous sommes les héritiers.

Pour présider ce pays, il faut de la lucidité, il faut du courage, il faut de l'autorité.

Il faut se tenir au-dessus des petits compromis, des petits calculs et des petits arrangements pour n'avoir qu'une fidélité, la fidélité au peuple souverain et n'avoir qu'une obsession, celle de la grandeur nationale.

Il faut mettre le peuple au cœur de tout.

Ce Peuple, le Peuple Français, je veux non seulement que nous lui rendions la parole, et donc la dignité, mais je veux aussi que nous lui rendions l’hommage qu’il mérite.

Oui, hommage au Peuple Français qui a façonné nos paysages de ses mains et ensemencé la terre de sa peine.

Oui, hommage au Peuple Français qui, génération après génération, a conquis sa liberté sur les servitudes, sur les corvées et sur tous les privilèges.

Oui, hommage au Peuple Français qui a vu parfois mourir le plus beau de sa jeunesse pour que la jeunesse à venir, celle qui n’était encore qu’une possibilité, puisse naître libre et Française.

Oui, hommage au Peuple Français qui sait qu’il va devoir transformer la France et la transmettre plus forte.

Oui, hommage au Peuple Français qui veut que l’on s’adresse à lui comme à un grand peuple et non pas comme à un conglomérat de clientèles électorales.

Oui, hommage au Peuple Français qui veut entendre la vérité et refuse d’être bercé par ces mensonges qui rabaissent la France.

Oui, hommage à ce Peuple Français auquel nous devons rendre les sacrifices qu’il n’a jamais refusé à la France

Le peuple veut l’autorité de l’Etat, nous la rétablirons.
Le peuple veut que soient reconnus le travail et le mérite, nous les réhabiliterons.
Le peuple veut que l’on soit intraitable sur le respect de nos valeurs, nous le serons.
Le peuple veut qu’il n’y ait pas de droits sans devoirs, nous refonderons notre système social autour des droits et des devoirs.
Le peuple n’en peut plus de la multiplication des taxes et des impôts, nous mettrons fin au matraquage fiscal des classes moyennes.
Le peuple n’en peut plus de l’impuissance face au chômage de masse, nous mettrons les entreprises au cœur de notre projet car sans entreprises, il n’y a pas d’emploi.
Le peuple veut la fin des zones de non-droit, nous rétablirons la République sur tout le territoire.

Battons-nous pour la France qui nous dépasse et nous sublime, battons-nous pour notre langue et notre culture, battons-nous pour nos parents qui nous ont transmis notre patrie, battons-nous pour que nos enfants retrouvent confiance en l’avenir, battons-nous que la France soit une terre d’espérance, battons-nous pour que la France retrouve sa vocation universelle et sa place en Europe, battons-nous pour que vive la France et pour que vive la République.
Nicolas Sarkozy, le 8 juin 2016.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 29 septembre 2015

Mais que s'est-il donc passé à l'ONU hier ?


Puisque l'on nous avait dit que cette assemblée générale était importante, j'ai essayé de suivre ce qui s'y passait et je dois vous dire que je n'ai pas tout compris...

Obama a fait un beau discours, il a traité Assad de tous les noms d'oiseaux mais a quand même laissé entendre que lutter contre l'auto-proclamé Etat Islamique ne pouvait se faire sans Assad. Après, une fois le monstre terrassé - quand ? comment ? on ne sait pas - on réglerait le sort du tyran syrien. Il en a profité pour dire qu'il voulait, enfin, lever l'embargo sur Cuba; mais ça, on s'en fout.

Poutine, lui, droit dans ses bottes, a clairement dit qu'il n'y avait pas de solution là-bas sans recourir à Assad, incontournable. On sait maintenant, images à l'appui, que la Russie a déployé armes, soldats et avions en Syrie, ce qu'il n'a pu faire sans l'accord de Bachar. Les Russes devraient donc incessamment sous peu prendre part au conflit ou à la coalition internationale; mais en fait, on ne sait pas trop ce qu'il veut faire. Poutine a même ajouté qu'il n'y avait pas de lézard, l'Iran pouvait être aussi un allié de circonstance pour lutter contre l'EI.

J'ai cru comprendre que le Chinois, lui, ne voyait pas d'inconvénient à ce que Iran, Russie, Arabie Saoudite, Turquie, France et qui veut travaillent de concert pour lutter contre les méchants terroristes.

Les Anglais, je ne sais pas, sans doute suivront-ils les Ricains, comme d'habitude.

La Turquie devrait, en toute logique, continuer à prétexter la lutte contre Daesh pour bombarder les Kurdes dans l'indifférence générale. 

Quant à la France... La France... Ben, Président a parlé, sans doute encore tout émoustillé par sa rencontre, la veille sur un trottoir, avec les filles du Moulin Rouge... Il a dit qu'il fallait lutter contre le monstre, source de tous nos malheurs, mais qu'il ne fallait pas compter sur lui pour que Assad-le-bourreau de son peuple prenne part au combat et que la France combattrait Daesh (que cette andouille appelle Dache) tout en combattant Assad. Grosse marade tout de même quand il a confirmé que 6 n'avions à nous avaient bombardé un camp d'entraînement de terroristes grâce aux missions de reconnaissance qu'avaient effectuées les mêmes 6 avions, 5 Rafale et un Mirage, pendant 15 jours. 15 jours pour trouver un camp d'entrainement que les américains et les anglais, présents depuis des mois, n'auraient jamais repéré ! On se marre ! Camp d'entraînement qui, à priori, était vide... On se marre mais au moins Président a-t-il eu la satisfaction de pouvoir dire au monde entier que lui-la-France était capable de prendre part à l'éradication de Dache tout seul comme un grand. La grandeur de la France retrouvée... carrément, le gars ose tout !

Bon, ils ont tous aussi, plus ou moins, parlé du climat qui se réchauffe à cause de l'Homme et toussa mais visiblement, à part pour notre grand homme à nous, et dans une moindre mesure pour Obama, ce n'est pas le sujet qui semblait passionner les foules.  Mais Président a dit qu'il allait lâcher 5 milliards pour la cause ! Il semblerait qu'il n'y ait que lui pour savoir où il allait dénicher ces 5 milliards...

La question des réfugiés a aussi été évoquée, pas vraiment par Poutine qui s'en tape, mais par Obama et Président. Le Premier a dit qu'il allait faire des efforts pour en accueillir quelques uns et le second a dit qu'il fallait que tous les pays du monde se donnent la main pour gérer et, qui sait, solutionner le problème. Un vrai bisounours !

Et puis voilà, la journée fut bien remplie à New York, les lampions s'éteignirent et l'on se pose encore la question, ce matin, de savoir à quoi cette grande messe a servi et à quelle sauce Assad et Daesh seraient mangé demain.

Daesh qui dans son coin doit bien se marrer en constatant, comme nous nous le constatons atterrés, l'inertie de la communauté internationale...

Folie passagère 2917.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 26 septembre 2014

Revoir le discours de Sarkozy à Lambersart. Que faut-il en retenir...

Hier, Nicolas Sarkozy a tenu son premier meeting de campagne en vue de l'élection à la présidence de l'UMP. Un discours destiné avant tout à des militants et sympathisants.


Bien évidemment, chacun jugera en fonction de ses affinités politiques et de ce qu'il pense du bonhomme. Personnellement, je l'ai trouvé excellent ! Un homme de convictions au charisme évident. 

"Durant deux ans, j'ai assisté, silencieux et triste, à la destruction systématique de tout ce que nous avions fait, non parce que c'était mal, non parce que ça ne marchait pas, mais parce que c'était nous ! Cette fascination pour la revanche de François Hollande a précipité notre pays dans la stupéfaction d'abord, dans l'indignation ensuite (...) Aujourd'hui se répand en France une sourde colère... Et que dire des comportements qui abaissent la fonction publique ? La présidence normale ? On imagine ce que cela aurait été si cela ne l'avait pas été ! Le comportement exemplaire des ministres ? Le président qui ne se mêlera pas de tout ? La vie privée qui n'interviendra pas dans le débat public ? Que reste-t-il du moi président ?... " 

Que faut-il retenir de ce discours ? 

- La minute de silence pour Hervé Gourdel. Quelques gauchistes comme cet abruti de Yann Galut déploreront cette "appropriation à des fins politiques"... oubliant le jour où Hollande , pas encore président, s'invita à Montpellier avec sa drôlesse pour rendre hommage aux victimes de Merah... 

- Les charges percutantes contre la clique hollandaise, 

- La volée de bois vert à l'encontre de Marine Le Pen dont 40% des électeurs ont voté pour Hollande en 2012 mais rien contre Bayrou qui lui a clairement appelé à voter Hollande, 

- La confirmation que pour 2017 il y aura des primaires pour désigner le candidat de la droite, sans préciser pour l'instant si elles seront ouvertes à tous ou " fermées", 

- Donner à la France la possibilité de s’intéresser de beaucoup plus près à l’exploitation du gaz de schiste, 

- Une harmonisation fiscale à l'échelon européen, 

- Le refus de se prononcer pour l'instant sur une éventuelle abrogation de la loi sur le mariage zinzin, position qui sera adoptée ultérieurement après consultation de "tous", 

- L'idée de mettre fin à "l'emploi à vie" chez les fonctionnaires, 

- Rationaliser le temps de travail de la fonction publique et réduire le nombre de fonctionnaires, 

- Une charge contre les corps intermédiaires et les syndicats qui confondent défense des intérêts des salariés et activisme politique partisan, 

- Plus de RSA sans contreparties,  

- Refus d'accepter qu'un chômeur de longue durée puisse refuser une activité rémunérée en cas de persistance de sa période d'inactivité, 

- Tout au long du discours, l'expression de la nécessité impérieuse de rassembler au sein de la famille "UMP", y compris avec ceux qui aujourd'hui se sont déclarés soit candidat à la présidence du mouvement soit à la présidentielle, 

- La proposition de deux référendum. L'un sur la réduction du nombre de parlementaires, l'autre sur la réforme territoriale (fusion des conseils généraux avec les conseils départementaux). 

Et bien, il est en forme le Sarkozy, quasiment rien à jeter ! 

Et vous, vous en pensez quoi ? 

Folie passagère 2473.
Nicolas Sarkozy lors de son premier meeting à Lambersart (Nord), jeudi 25 septembre 2014. (PHILIPPEHUGUEN/AFP)
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 8 avril 2014

Discours de Manuel Valls: La parole publique est devenue langue morte !


J'ai donc écouté le discours de politique générale de notre nouveau Premier. Alors autant le reconnaître de suite, il est nettement moins pénible à écouter que son prédécesseur; nous avions un grand mou nantais, nous avons maintenant un nerveux catalan. Voilà, j'en ai fini avec les compliments. Passons au reste.

Et le reste est plutôt inquiétant. Car oui, il y a de quoi être inquiet lorsque le chef de gouvernement nous annonce que les 50 milliards d'économies promis se feront de la façon suivante: cure d'amaigrissement de 19 milliards pour l'Etat, de 10 milliards sur la sécurité sociale et de 10 milliards sur les collectivités territoriales... et se rendre compte que 19 + 10 + 10 font 39 milliards et pas 50 ! Et hop ! 11 milliards d'escamotés ! Pour les 19 milliards d'économies attribués à l'Etat, il en va comme pour les 10 de la sécu et les 10 des collectivités, aucune précision: Qui va trinquer ? Quand? Comment ? Avec quelles conséquences ? Là mystère. Un mystère auquel nous devrions nous habituer puisque cela fait depuis le 14 janvier que Hollande, Valls maintenant, nous promène sur le sujet; pas de quoi non plus rassurer Bruxelles.

30 milliards de baisse des charges pour diminuer le coût du travail et la même faim de savoir: Supportés par qui ? Ou ? Quand ? Comment ? Le flou demeure. Encore et toujours; faut-il y voir le signe que Manuel Valls aurait été touché par la grâce de hollande: quand y a du flou, c'est qu'il y a un loup... Le loup, c'est peut-être cette promesse de suppression des charges pour l'employeur d'un salarié payé au Smic dès 2015 qui devrait sans nul doute booster l'augmentation du nombre de salariés payés au Smic. Un comble !

Les régions ? Diviser par deux leur nombre d'ici 2017. Bâtir de grosses entités régionales suffisamment puissantes pour contrebalancer le pouvoir central. A terme, la disparition de l'Etat-Nation au profit d'une Europe des régions ! Il ne faudrait pas me pousser beaucoup plus pour voter FN aux Européennes ! Quant aux départements, Valls nous annonce leur quasi suppression d'ici 2021!  Pense-t-il faire fi des résistances des élus locaux pour parvenir à ses fins ?

L'objectif de réduire la part du nucléaire à 50% en 2025 est maintenu sans que l'on sache trop comment il va s'y prendre. 11 ans pour y parvenir ? Mais qui peut croire en cela ? Les seuls écolos peut-être et les adeptes des moulins à vent par dizaines de milliers défigurant plus encore nos paysages... De la même façon, comment peut-on croire que d'ici l'été, un projet de loi sur la transition énergétique sérieux peut être présenté...

La réforme des rythmes scolaires ne sera pas remis en cause mais son "cadre réglementaire" pourra être adapté après consultation avec des parent, des enseignants et des élus. Autrement dit, on déboucle ce qui avait été bouclé.

Et c'est à peu près tout. Pas tout à fait cependant car en préambule, il reconnaît que "la parole publique est devenue une langue morte" et bien voilà un point sur lequel nous sommes d'accord ! Et son discours tout d'imprécisions,de formules toutes prêtes et de démagogie fait n'est pas prêt de la ressusciter. J'aurais aimé un discours de vérité, n'est-ce pas ce qu'il promettait en introduction, je reste sur ma faim et avec cette impression curieuse d'un discours mal préparé. De l’efficacité dans la parole, certes, mais je crains que de la parole aux actes, Valls n'aie pas le loisir de faire ses preuves. Comme à l’Intérieur. 

Mais ne soyons pas chien, laissons à Manuel Valls le soin de conclure ce billet: "Je ne suis pas sûr de savoir très exactement quelle est l'attente de nos concitoyens."

Folie passagère 2221.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 12 octobre 2012

Le discours d'Hollande à Dakar: soporifique et sans surprise


Difficile d'écouter l'hollande pérorer à Dakar. D'abord parce qu'il me semble qu'il est aussi efficace qu'une barrette de Stillnox mais aussi et surtout parce que son discours est creux, bien-pensant... En un mot comme en cent, l'hollande est soporifique.

Je l'écoute comme ça, en fond. Que c'est plat, banal, fade, attendu.

En vrac:

Je ne suis pas venu pour délivrer ( sic ) une leçon [Tiens, Sarko, prends ça dans les dents]. L'esclavage, c'est pas bien, il faudra s'en souvenir. L'Afrique, quel continent ! Quel potentiel ! Vous avez tout pour réussir et je vais vous aider. Le futur de l'Afrique se bâtira par le renforcement de la capacité des Africains à gérer les crises qu'ils traversent. Par 2 fois au cours du dernier siècle, le sang africain a été versé pour la liberté du monde. Je ne l'oublierai jamais. la France ne fera pas obstacle à la récupération par le Sénégal des biens mal acquis. La corruption, ce n'est pas bien. Le Mali, c'est pas cool ce qui s'y passe. Nous sommes obligé d'agir. La drogue est un fléau mondial [ sans déconner ? ]. La Françafrique, c'est fini. Je ferais en sorte que soit facilité le déplacement des artistes. J'ai débloqué un budget de 100 patates. Il faut de grandes universités africaines. Il faut que les jeunes sortent de vos propres écoles ...zzzz...  Il faut permettre la mobilité .... zzzzz .... Moi-Je m'engage à ce qu'il n'y ait plus d'officines pratiquant la corruption ....zzz...  dans aucun de [mes] ministères..... Vous amis Sénégalais, tant de valeurs ancrées chez vous et qui doivent se développer dans toute l'Afrique! ...zzz...zzz.... J'ai mis du temps à vous rejoindre, y avait beaucoup de monde pour m'accueillir à ma descente de mon super avion.... Nous avons tout pour réussir ensemble. Youkaïdi, aïdi, aïdo !

C'est beau. Ah attendez... 

Mes chers amis, je ne veux pas trop m'installer à cette tribune où vous m'accueillez, vous êtes une grande nation qui m'accueillez comme des amis. Tellement conscient de ce que nous avons à faire ensemble. [Il paye, ils encaissent] Vous pouvez être fiers de vous et de votre jeunesse qui s'impatiente

zzzz.... zzzz.... Je vous remercie, on a tant à faire ensemble...zzz... Epaule contre épaule, faire avancer la France et le Sénégal ensembleeeeeeeeeeeeeeeee. Merci. zzz....zzzzzzzzzzzz  L'Afrique, sa jeunesse est l'avenir du monde.

Ah, chouette, c'est fini. Réveil !

Affligeant de banalités et de creutitudes. Et quelle prestance, quelle tenue, quelle cravate encore de travers.

J'ai repensé, forcément, comme tout le monde, au discours de Sarkozy. J'avais aimé la franchise et le réalisme de celui-ci lorsqu'il prononça cette phrase devenue célèbre: " Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ". C'est si vrai et toujours autant d'actualité. Relisez son discours d'alors et comparez.

hollande me fait honte.

Le discours de hollande est fini depuis moins de 10 minutes; les commentateurs de BFM, D'Itélé et de LCI sont déjà passés à autre chose.

Folie passagère 1384.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.