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dimanche 11 février 2018

Police de la pensée, journalistes en laisse...

Je sais, c'est un peu long mais puisque nous sommes dimanche, prenez le temps; ça date un peu (2016) mais c'est passionnant !


Trahison, chien de garde, luttes des classes, cercle de pouvoir, Bilderberg, Trilatérale, Comité Orwell, mouvement violent, propagande, Etat d'urgence, Patriot act, Police de la pensée, Politique étrangère, Terrorisme, mouvements migratoires, Guerre d'Irak, Libye, éclatement des nations, radicalisation, Snowden, ACRIMED, presse écrite, préconisations... Tout y passe !



Interview réalisée par Thinkerview


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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 15 septembre 2015

L'incroyable chronique d'Olivier Picard: Disons Stop au FN !


N'ayant aucune appétence pour la propagande gauchiste, je n'écoute quasiment jamais France Inter. Je ne sais donc pas qui est Patrick Cohen et je m'en satisfait très bien. Par contre, je lis parfois le Plus du Nouvel Obs et suis tombé par hasard sur une chronique de Olivier Picard. 

Qui est ce Picard ? A priori un journaliste qui a bossé aux Dernières Nouvelles d'Alsace, à FR3, Antenne2, à l'Express et à Public Sénat pour échouer, c'est dire, au Nouvel Obs; bientôt Libé ? Autant dire qu'il n'a pas vraiment le profil pour travailler au Figaro ou à Valeurs Actuelles. Bref, le gars pond un billet parce qu'il n'est pas content, mais pas content du tout, que Patrick Cohen ait reçu ce matin Marine Le Pen. D'ailleurs, il n'y a pas qu'après France Inter et Patrick Cohen qu'il en a, il en a après tous les médias. Oui, oui, après tous les médias qui selon lui invitent trop Marine Le Pen et qui de ce fait accordent trop de visibilité et d'audience " à l'ennemi ". 


Le bougre, d'une plume accusatrice, pointe la direction de la radio: "N’y a-t-il eu personne à la rédaction de France Inter pour prendre la mesure de l’inconscience, voire de l’irresponsabilité, d’une telle invitation ? ". Carrément ! Et il se s'arrête pas en si bon chemin le journaleux. Comprenez qu'avec tout ce qui se passe (le chômage, les migrants, Merkel et toussa), inviter la Marine à causer dans le micro c'est ouvrir un boulevard à la peste brune. Et ça, c'est pas bien, car reconnaissant que la Marine est très bonne et convaincante, le Picard dit clairement qu'en lui donnant la parole, il se pourrait bien que ses idées finissent par, qui sait, un jour, bientôt, l'emporter... Pas cool ! Et, comme selon lui, son " talentueux confrère " Patrick Cohen n'était pas à la hauteur de la puissance de feu de son interlocutrice, ce qui devait arriver, arriva:

 " Non seulement Marine Le Pen s’en est sortie sans une égratignure mais elle a pu dérouler son argumentaire habituel dans un contexte historique qui dédiabolise les concepts les plus xénophobes de son mouvement. La vociférante présidente a même pu, l’air de rien, traiter de dégonflés les jeunes hommes syriens qui fuient leur pays quand ils feraient mieux de se battre contre Daesh (c’est ce qu’elle ferait, elle, a-t-elle fanfaronné). Un désastre en direct. C’était à pleurer. À pleu-rer ! Une véritable déroute journalistique ".

Carrément !

Et non content de se payer son confrère sans réussir à " égratigner " La Marine, voilà t-y pas que le Picard se pose en donneur de leçon: " Cette déroute journalistique devrait servir de leçon et de guide éthique pour notre profession  ! " Délivrons les médias de leur addiction au Front National; de toute façon, on sait de quoi ils vont causer alors stop, que les médias cesse de donner la parole au FN et à sa présidente. Voilà en gros, ce que propose ce journaliste qui assure, sans rire et le plus sérieusement du monde: 

" La vérité, et elle est sombre, c’est que les médias raffolent de l’intensité sulfureuse dégagée par la montée du FN et ils abusent de cet ingrédient dopant pour exciter les audiences. C’est plus fort qu’eux. Plus fort que leurs principes. Plus fort que leurs indignations. Ils ne peuvent pas s’en empêcher. C’est presque de l’ordre de la perversion sexuelle ou de l’addiction.... Faut savoir dire stop ! Disons stop au FN ". Ne lui donnons plus la parole !

Le pire c'est que le bougre n'a pas tout à fait tort, Marine Le Pen, c'est de l'audience assurée mais après tout, les radios, les télés et les journaux n'ont pas vocation à prêcher dans le désert ! Alors, les médias invitent ceux qui comptent, ceux qui ont l'oreille des auditeurs, ceux qui, qu'on le veuille ou non, font bouger la société et ceux qui accessoirement représentent 25% des Français ! Et il faudrait se passer de la Marine ? Quelle curieuse conception du métier (enfin de ce qu'il en reste) de journaliste ! Etrange Picard ! C'est pas comme si nous étions en démocratie, n'est-ce pas ? J’imagine bien que le 11 janvier, vous étiez dans la rue, la plume à la main, pour crier " Je suis Charlie " et " Vive la liberté d'expression ", me trompe-je ?

Alors vous me direz, ce môssieur est un inconnu - n'est pas Barbier qui veut - et il n'a même pas son rond de serviette à C dans l'Air ou chez Itélé ni même sa propre page Wikipedia; oui, possible, mais il est tout de même journaliste, il écrit et est publié et mézavi qu'il n'est pas le seul à penser comme cela.

Fut un temps où un célèbre gauchiste, furibard parce que l'on avait amputé son intervention d'un petit bout s'adressa à son interlocuteur très à droite en ces termes: " Messieurs les Censeurs, bonsoir ! ". Il quitta le plateau.

Il semblerait qu'aujourd'hui les censeurs ne soient plus de droite et ce petit Picard me semble bien se poser pour les représenter. Un vrai  petit Caron !

Folie passagère 2905.
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mercredi 29 juillet 2015

Jean Quatremer, un journaliste en colère. Voilà qui est rigolo !

(Albert Londres)

Il vous faut lire cet article de Libération, si vous en avez le temps. Il nous raconte, par le menu, comment Jean Quatremer, journaliste de son état, est en colère après les réseaux sociaux, après les internautes et finalement après tous ceux qui prennent la parole sur ces mêmes réseaux pour s'ériger en journalistes. Pour Quatremer, toute parole ne se vaut pas.Le journaliste bosse, enquête, étudie, a une connaissance " intime " du sujet et à ce titre ce qu'il dit compte, ce que vous ou moi pourrez dire ne sera que du superfétatoire, de l'approximatif, du ressenti etc, mais rien de rationnel, rien de " sûr ".

Pis, ce brave monsieur est en colère et s'énerve car il n'admet pas que son travail puisse être discuté, controversé, jugé, critiqué car forcément, " Ceux qui le prennent à partie en vociférant le font avec leur sentiment et leur passion, sans fait à leur disposition. "

L'article de Libération pose, pour une fois, parfaitement le problème et résume ainsi le courroux de Quatremer qui " reproche 3 choses aux réseaux sociaux: de mettre sur le même plan journaliste et internautes, de rendre visible une haine très minoritaire et de remplacer le débat par l’insulte. "

Ben oui, si depuis des lustres, les journalistes avaient bien fait leur boulot, à savoir informer objectivement, sans doute les internautes et autres glandus du web comme votre serviteur n'auraient pas eu le besoin et l'envie de se mettre à " jouer " les journalistes et de contester l'info officielle dispensée par l'élite médiatique. C'est bien parce que internet nous met à disposition sensiblement les mêmes informations que celles dont disposent les " journalistes " que chacun, aujourd'hui, peut produire de l'information. Et je comprends parfaitement que cela puisse perturber l'establishment. M'avait profondément marqué cette réflexion du président de l'association de la presse présidentielle ( rien que le nom, déjà, vaut coups de bâton ) lors d'une conférence de presse de Président. Devant la vacuité des questions posées à Président, il tweeta un truc du genre: " qu'Albert Londres nous pardonne ! ". Voilà qui en disait long sur l'état de déliquescence et/ou de vassalité au pouvoir de cette profession. Autre anecdote ? Que penser de Elkabach, vieille journalope s'il en est, qui, au micro d'Europe 1, ose débuter une ITW de Marine Le Pen par " N"avez-vous pas honte ? " Il n'était plus journaliste, au mieux procureur, au pis, petit Robespierre. Lorsqu'une vieille croûte comme Laurent Joffrin compare les catholiques intégristes à des salafistes, normal qu'il se fasse insulter en retour tant son affirmation relève soit d'un délire post-fumette soit d'une parfaire ignorance de ce que peut être un catho intégriste ( espérons qu'il ait une vague connaissance de ce que peut être un djihadiste) soit d'une provocation stupide. Dans les trois cas, Joffrin n'est plus journaliste.

Alors oui, les journalistes - et vous l'aurez bien compris ce n'est pas spécialement Quatremer que je vise - par leurs outrances, par les autorisations qu'ils se donnent et par leur manque flagrant d'objectivité ne récoltent en retour que ce qu'ils méritent; au choix: indifférence, insultes, les réseaux sociaux s'y prêtent bien, détestation voire de la haine... à force... Et oui, à force et malheureusement, les outrances de la profession font, qu'en réaction, plus aucun débat n'est possible avec ces gens-là, hors l'insulte. J'aimerais débattre avec Joffrin , Plenel, Elkabach ou Quatremer... Peine perdue, a-t-on déjà vu un journaliste admettre qu'il puisse avoir tort ? Non. Jamais. A-t-on déjà vu un journaliste faire son mea culpa pour une info qu'il aurait colporté ou transmise alors que selon toute vraisemblance, le pékin moyen savait qu'elle ne pouvait qu'être fausse ? Non, Jamais. Quatremer ou Julien Arnaud ont-ils dénoncé le fait qu'Edwy Plenel fraude le fisc avec Médiapart ? Non, jamais, la corpo se protège.

Le problème des réseaux sociaux, pour les gens comme Quatremer, c'est qu'effectivement ils ont libéré la parole. Chacun peut aujourd'hui dire ce qu'il pense puisqu'il ne pense plus grand bien de ce que peuvent leur raconter ceux qui sont supposés les informer. La confiance est rompue parce qu'internet nous permet souvent de démonter en deux coups de cuillère à pot les dires, les sous-entendus, les non-dits ou les assertions d'un journaleux. Où était Quatremer lors des émeutes récentes à Roubaix ? Quasiment aucun journaliste n'en a fait état; alors les réseaux sociaux s'en sont emparés... puis et seulement après, quelques  journalistes. Où était Quatremer lorsqu'il eut s'agit de dire oui nous nous sommes trompés, Eric Woerth ne méritait pas notre vindicte ? Nulle part. Où était Quatremer lorsqu'il eut été de bon ton que des journalistes ayant une connaissance intime du sujet démontrent qu'il était débile de grimer un ex-chef de l'Etat en Pétain et en Hitler ? Nulle part.

Les internautes, les twittos et les blogueurs, eux étaient là, et non seulement, devant ces mille et une non-informations flagrantes, ils ont su ouvrir les yeux mais ils ont su aussi se rendre compte de la désinformation dont étaient victimes ceux qui, hélas, se laissaient engourdir par une profession gauchisante à 85%. C'est au final (coucou Didier Goux) peut-être bien ce qui gêne le plus Quatremer: Les journalistes n'ont plus le monopole de l'information. Les internautes et consorts font aussi l'information; et hélas pour eux, aucun ne bénéficie d'un abattement fiscal de 7 500 euros.

Alors, qui sait, Quatremer est peut-être un bon journaliste puisqu'il nous le dit, l'important est qu'il comprenne que la profession à laquelle il appartient mérite tout notre courroux et parfois notre haine tant elle a réduit à rien du tout la noblesse de l'art qu'elle était sensée défendre et porter. Il serait temps que la profession dont il est un digne représentant se remette en question car sinon, sous peu, elle ne vaudra plus un clou, n'aura plus l'oreille du public; à charge pour ce dernier de s'informer et c'est tant mieux, internet est là pour ça !

Folie passagère 2862.
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jeudi 26 mars 2015

Crash A320: La photo du jour


Cette banderole accrochée sur les grilles du lycée allemand où étudiaient 16 des victimes du crash. Elle s'adresse aux journalistes de toutes nationalités:

" Cessez de proposer de l'argent aux enfants pour les interviewer " !

Cela me rappelle cette nuit terrible lorsque j'habitais à Lille. Un immeuble prit feu juste en face du mien. Il y eut de mémoire 6 morts dont 4 mineurs handicapés. De mes fenêtres, surplombant la scène, je pouvais tout voir. Y compris la sortie des corps. Un " spectacle " particulièrement horrible. L'entrée de la rue, à 20 mètres, avait été barrée par la police et les pompiers. Je me souviens encore de ce journaliste, il y avait un autocollant FR3 sur sa caméra, qui me voyant à ma fenêtre me fit un signe évocateur de la main, mimant des billets que l'on froisse. Bref, il me proposait de l'argent pour que je le fasse entrer chez moi pour pouvoir filmer... Je luis fis un magnifique doigt d'honneur. Je me souviens aussi de cet autre journaliste qui avait réussi à se glisser sous un camion de pompier et qui de là, allongé par terre, filmait ce qu'il pouvait filmer...

Quel curieux métier !

Folie passagère 2711.
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dimanche 19 octobre 2014

Je hais les journalistes


Ce texte - un peu long mais quel régal - n'est pas de moi, il est d'un blogueur que l'on m'a recommandé; j'aurais juste aimé l'écrire...

" Je hais les journalistes. Je leur voue une exécration sans limite. Je ne comprends même pas comment on peut ne pas haïr les journalistes. Comment on peut prononcer ce mot — « journaliste » — sans être parcouru d'un frémissement de dégoût. Ou plutôt si, je le comprends trop bien. C’est même précisément pour ça que j’écris ce texte. 

Bien sûr, on m’objectera que la haine n’est pas un sentiment noble. Qu’elle ne mène à rien. Quelques moutons bêleront même doctement que la haine du journalisme est un marqueur d’extrême-droite. Un signe incontestable de fascisme. Qu’ils aillent expliquer ça à Oscar Wilde, pour qui « le journalisme justifie son existence par le grand principe darwinien de la survie du plus vulgaire » et les journalistes, ces « plumes consciencieuses d’illettrés », ont pour seule fonction de crétiniser et d’avilir les masses (preuve, au passage, que la perception du journalisme comme nuisance majeure ne date pas d’hier, du moins chez les esprits éclairés). Qu’ils aillent expliquer ça à Henri Béraud, qui écrivait que « le journalisme est un métier où l’on passe la moitié de sa vie à parler de ce qu’on ne connaît pas, et l’autre moitié à taire ce que l’on sait ». Qu’ils aillent expliquer ça au général de Gaulle, qui trouvait « impossible d’imaginer une pareille bassesse » que celle des journalistes, et déclarait : « le jour où Le Figaro et l’Immonde [c’est le petit nom qu’il donnait au quotidien de déférence] me soutiendraient, je considèrerais que c’est une catastrophe nationale ». Ces imputations de fascisme sont évidemment pitoyables ; elles procèdent toujours de la même « stratégie » de défense (initiée par nos amis les communistes voilà plus de 80 ans — mais les journalistes, ces grands novateurs, ne s’en lassent pas), cette technique éculée consistant à fasciser ses contradicteurs dans l’espoir de disqualifier d’avance leurs propos et, surtout, de ne pas avoir à les combattre sur le terrain des arguments. 

Je disais donc que je vomissais les journalistes. Bien sûr, pas à titre personnel. Je ne vise aucun journaliste en particulier. Il ne me viendrait pas à l’idée, par exemple, d’appeler à frapper un ou des journalistes. Pour quoi faire, d’ailleurs ? Quel intérêt ? Un journaliste mérite-t-il une telle dépense d’énergie ? Et puis surtout, ce serait trop cruel : le sort où les journalistes sont placés est déjà bien assez horrible. Pas la peine d’en rajouter : leur existence est leur châtiment. Ils sont leur enfer à eux-mêmes. Cette existence de servilité, de lâcheté sans limite, d’avalages continus de chapeaux, d’abdication de toute pensée personnelle au profit de la ligne de leur torche-pétard, ce rabougrissement intellectuel sans fin, cette ruine du discernement par les conditionnements idéologiques, cette anesthésie du sens critique dans la torpeur de l’entre-soi, quelle punition ! Quelle existence de rampant que cette succession de fourberies, de désinformations, de diffamations, de chasses à l’homme ! Quelle fierté peut-on tirer d’une telle « vie » ? Quelle satisfaction peut-on éprouver, sur son lit de mort, après avoir accumulé une somme si vertigineuse de nuisances ? Après avoir collaboré aux plus coupables travestissements de la réalité, relayé les plus répugnantes propagandes, propagé les plus odieuses calomnies sur ceux qui disaient la vérité ? Comment se sent-on, après une telle existence de larbin du système ? Après une telledépersonnalisation ; après un tel renoncement à sa personnalité pour servir les idéologies les plus toxiques ? Quelle sensation cela fait-il, d’avoir été le porte-voix des propagandes les plus abjectes, des entreprises d’endoctrinement les plus vicieuses, des plus pervers projets d’organisation de l’ignorance et du crétinisme des masses ? D’avoir été un bon petit enfumeur, un bon petit endoctrineur ? D’avoir assuré son confort matériel en cumulant les primes au mensonge ? 

Bien sûr, tous les journalistes ne sont pas comme ça. Attention à ne pas généraliser. Pas d’amalgame, comme dirait l’autre. D’ailleurs, j’en connais des très biens. Des individualités qui se distinguent. Des qui ne sont pas nuisibles. J’en connais même des utiles. Mais enfin, il faut bien reconnaître que la secte journalistique les déteste — elle qui passe sont temps à exalter la diversité, à fustiger le repli sur soi et à enseigner la tolérance. Quand je dis « journalistes », ce n’est donc pas de tous les journalistes que je parle, loin s’en faut, mais précisément de cette secte, de cette petite caste hargneuse et arrogante dont le rôle essentiel, si l’on peut dire, est de servir de courroie de transmission aux plus infâmes propagandes, de pilonner les cervelets contemporains de contrevérités fausses à hurler, de truffer les esprits de lieux communs mensongers, d’escamoter des pans entiers de la réalité ; bref, d’uniformiser les masses dans l’ignorance et la sottise. 

Je parle de ces archétypes du conformisme, de ces incarnations du formatage idéologique ; je parle de ces clones incapables de « penser » autrement qu’en troupeau et d’émettre sur leur époque autre chose que la critique scolaire, aseptique et inopérante de leur bréviaire journalistique. Je parle de ces dévots du Progressisme chargés d’en diffuser le catéchisme et de s’assurer que tout le monde le récite bien docilement. Je parle de ces agents zélés du terrorisme intellectuel qui, en fustigeant toute observation, toute idée, tout propos non conformes à leurs diktats, tétanisent la pensée et rendent impossible l’accès à un début de clairvoyance sur l’époque. Je parle de ces sosies embourbés dans leurs concepts obsolètes et refusant que des individus choisissent de penser autrement qu’eux, de ne pas utiliser leurs étiquettes pour décrire le monde et de recourir, pour s’expliquer l’époque, à une autre terminologie que leur langage de morts-vivants. Je parle de ces petits tyrans qui voient d’un très mauvais œil toute attitude qui diffère de leur servitude (comprenons-les : les rares réfractaires au dressage agissent comme un miroir inversé de ces éternels soumis ; ils les renvoient à leur servitude, à leur bassesse, d’où leur fureur). Je parle de ces Tartuffe qui glorifient la diversité mais insultent tous ceux qui ne pensent pas comme eux ; de ces champions du « pas d’amalgame » qui fascisent à tour de bras ; de ces philanthropes de salon qui se décrètent ouverts d’esprit mais tournent colériques, hargneux, tout frémissants de haine à la moindre contradiction. 

Je parle de ces ennemis de la vérité et de la liberté. 

La liste de leurs méfaits est infinie. Mais peu de gens les connaissent. Pourquoi ? Eh bien c’est simple, quand on y réfléchit : les journalistes ont une force, un avantage irrésistibles : ils ont le monopole du récit du monde. Ce sont eux, et eux seuls, qui racontent l’époque. Ce sont eux qui décident de ce qu’il faut dire, ne pas dire, de ce qu’il faut occulter, de ce qu’il faut marteler. L’immense majorité des gens ne connaissent en effet du monde que ce que les médias en disent ; ils ne savent que ce que les médias leur laissent savoir. Aucune curiosité, aucune envie d’en savoir plus ne les anime. Ils ne lisent pas, ils ignorent l’Histoire, ils ne savent pas qu’il existe un monde en dehors des débats politico-médiatiques — le degré zéro de l’observation et de l’analyse. Les médias sont leur seul référent, et cela leur suffit bien ; ils choisissent donc de leur faire confiance, cette forme sournoise de la paresse… 

Rien de plus facile, dans ces conditions, que d’organiser l’ignorance de ses nuisances, et de plonger dans l’oubli ses méfaits passés. D’autant plus que les gens ne demandent que ça, d’oublier, d’avoir l’esprit léger, de ne pas se prendre la tête, n’est-ce pas, de ne pas s’encombrer l’esprit de vérités terrifiantes qui les sortiraient de leur agréable routine d’approbation bovine. Ainsi tout le monde est content : les journalistes conservent leur crédibilité, et les gens s’épargnent l’effort d’exercer leur mémoire et leur esprit critique. 

C’est ainsi qu’on entend des hordes infinies de couillons ânonner que Le Monde, quotidien idéologisé jusqu’au trognon, « est un journal neutre, impartial, objectif », et se nourrir chaque jour de sa prose diarrhéique en la prenant pour parole d’évangile. 

Il serait pourtant instructif de se souvenir des complaisances répétées du Monde pour le communisme (l’idéologie la plus criminelle du XXème siècle, et de loin, quoi qu’en disent les négationnistes autorisés). De rappeler que ce journal assimilait Soljenitsyne décrivant l’abomination communiste aux collaborateurs « qui accueillaient les nazis en libérateurs ». De signaler que ce grand quotidien neutre et indépendant paraphrasait les communiqués russes pendant le blocus soviétique de Berlin. Qui se souvient que le correspondant duMonde en Chine frétillait d’allégresse quand il évoquait la Révolution Culturelle de Mao (ce qui valut au quotidien de révérence ce joli surnom : « Le Monde, principal quotidien maoïste paraissant hors de Chine ») ? 

Plus récemment, que n’a-t-on entendu comme contrevérités sur les si mal-nommés « printemps arabes » ? Pourquoi, au lieu d’un examen rationnel et lucide des acteurs en présence, nos grands médias nous inondèrent-ils d’un charabia lyrique, d’un éloge grandiloquent de la révolution relevant du puérilisme le plus intense ? Pourquoi enrobèrent-ils les évènements d’un brouillard lyrique, de vagues envolées poétiques sur la beauté de la Rébellion, sur le Peuple qui se soulève toujours pour son bien, sur la sacro-sainte Démocratie en marche, sur les Droits de l’Homme qui avancent, et tout ce pathos vaporeux ? 

Pourquoi, au lieu d’une présentation objective des faits, cette déferlante d’enthousiasme niais et d’utopisme infantile, qui noya les mises en garde des observateurs avisés ? Lesquels prévenaient que dans leur principe même, ces prétendus « printemps arabes » étaient voués à tourner à l’hiver islamiste. Mais personne ne voulait les entendre… Ou plutôt, personne ne pouvait les entendre. Il ne fallait surtout pas inviter ces rabat-joie, il ne fallait pas les laisser gâcher la fête des bons sentiments, le festival des illusions, le grand moment d’ivresse droit-de-l’hommiste orchestré en sous-main par DJ Djihad. Et tant pis si maintenant, la gueule de bois n’est pas près de passer… 

On se dit quand même qu’il eût été utile que les médias opposent quelques faits aux délires libyens de Saint Bernard-Henri et de son disciple Sarkozy. On eût aimé qu’ils relaient ce que tous les géopoliticiens hurlaient dans le désert, à savoir que la chute de Kadhafi — nonobstant l’antipathie que ce personnage suscite légitimement — ferait sauter tous les verrous de la barbarie, ouvrirait la voie à un déchaînement de sauvagerie sans précédent et aux torrents de sang qui, hélas, ne manquent pas de se répandre aujourd’hui. Et on souhaiterait, maintenant, qu’ils nous prouvent que l’information est leur vocation en nous expliquant par le menu ce qui se passe là-bas — et qu’ils ont approuvé, soit par leurs applaudissements, soit par leur silence complice. Qu’ils nous décrivent dans le détail le paradis que nous promettait le grand visionnaire BHL ; qu’ils nous racontent ces viols, ces décapitations, ces égorgements quotidiens ; qu’ils évoquent le lynchage des Noirs et le supplice des minorités. 

On se demande quand même où est passé l’humanisme de ces belles âmes, qui n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger l’autoritarisme de Kadhafi, mais n’évoquent qu’à demi-mots les atrocités que commettent les milices sanguinaires qui terrorisent le pays, et font de la Libye un enfer (auprès duquel l’ère Kadhafi ressemble rétrospectivement au monde des Bisounours). Pourquoi, si volubiles quand il s’agissait de dénigrer Kadhafi pour justifier l’erreur monumentale de sa destitution, sont-ils subitement si laconiques ? Pourquoi tant de pudeurs ? 

On observe un phénomène étrangement analogue en Syrie, où Bachar el-Assad est présenté par nos médias impartiaux (la propagande, c’est toujours chez les autres) comme un monstre absolu, tandis que les exactions perpétrées par les « rebelles » sont occultées le plus possible et, quand il n’est vraiment plus possible de les nier, édulcorées, euphémisées, présentées comme le fait de « quelques extrémistes » évidemment non représentatifs, puisqu’on vous le dit. Pourquoi, alors qu’on ne cesse de nous parler avec horreur des armes chimiques du régime, n’évoque-t-on pas les exploits de ces émouvants rebelles, de ces sympathiques Jean Valjean moyen-orientaux qui s’amusent à dévorer le foie de leurs ennemis ? Qui relate les tortures ahurissantes de cruauté que subissent les Chrétiens ? Qui parle de ces Chrétiens crucifiés ? Et puis, assez étrangement, on n’entend pas beaucoup évoquer ce projet de pipeline que les Etats-Unis souhaitent faire passer par la Syrie, et auquel s’oppose el-Assad… 

Plus près de nous — beaucoup plus qu’on ne le croit — il est une réalité dont peu de Français ont connaissance. Une réalité enfouie sous d’immenses couches de propagande, elles-mêmes enveloppées d’épais rideaux de fumée, et gardées par de redoutables colleurs d’étiquettes. Une réalité dont il est formellement interdit de parler, sous peine de mort sociale : les colleurs d’étiquettes veillent, et ils sont enragés : raciste, fasciste, néofasciste, nauséabond, intolérant, islamhomophobe, voilà la mitraille d’injures qu’ils réservent à quiconque ose effleurer le sujet. Game over. 

Il est pourtant important, ce sujet. Il est capital. Il n’y a peut-être pas de sujet plus important (hormis bien sûr celui qui le sous-tend, à savoir la déroute de la civilisation européenne). Ceux qui sont en position de le faire connaître — journalistes, politiques, acteurs du débat public — et non seulement s’y refusent, mais insultent ceux qui ont le courage de braver leur loi du silence, auront une responsabilité historique dans les horreurs qui résulteront de leurs mensonges. De leurs silences. C’est en effet un silence de mort qui entoure la vie dans les « quartiers ». Bien sûr, tout le monde, même le plus formaté des bobos, évite instinctivement ces quartiers ; mais tout le monde, surtout le plus formaté des bobos, soutient également qu’il n’y a pas de réel problème dans ces quartiers. Il faut dire qu’il est difficile de faire autrement, d’une part en raison des chantages au fascisme évoqués plus haut, d’autre part à cause de l’interdit de représentation qui régit les médias officiels sur le sujet. 

Ainsi, combien de petits marquis parisiens savent qu’à moins de dix kilomètres du restaurant bio et équitable où ils récitent, Libé en main, que l’immigration est une chance pour la France, le communautarisme un fantasme d’extrême-droite et l’insécurité une fable de vieux réac paranoïaque, des jeunes filles tournent toute la nuit dans des caves ou des locaux à poubelles après s’être fait casser le nez et les côtes ? Croient-ils qu’un problème cesse d’exister parce que les journaux n’en parlent plus ? Ces perroquets des médias ont-ils conscience que pendant qu’ils lèvent un toast à la Diversité, des blancs se font tabasser aux cris de « Bâtard, sale blanc, sale Français de merde. On va te brûler et violer ta salope de mère. » Comprennent-ils que quand Le Figaro écrit « Paul-Louis, 18 ans, déjà connu des services de police pour 22 faits de violence, est soupçonné d’avoir énucléé puis carbonisé une jeune fille de 17 ans qui refusait ses avances », le délinquant ne s’appelle pas vraiment Paul-Louis ? Savent-ils que pendant qu’ils s’extasient sur les merveilles de l’immigration massive et du multiculturalisme, des quartiers tombent sous la coupe de musulmans rigoristes, pas vraiment en pointe dans la sacro-sainte lutte contre les violences faites aux femmes, dans la déconstruction des stéréotypes sexistes, ni tout à fait gay-friendly ? Mais chut, il ne faut pas le dire, car ça fait le jeu du FN... Et ça, alors, vous comprenez, c’est vraiment odieux, de faire le jeu du FN. Il faut vraiment être sans cœur, hein, il faut vraiment être cynique, pour faire le jeu du FN… Parce que le vrai danger, ce n’est pas la fragmentation communautariste de la société, ce n’est pas la défiance croissante que se témoignent différentes fractions de la collectivité, ce n’est pas la barbarie qui monte, ce n’est pas l’effondrement de la civilisation. Non. C’est de faire le jeu du FN. Nos philanthropes assermentés et leurs laquais comprendront un jour, mais trop tard, toujours trop tard — c’est leur caractéristique, d’avoir toujours un combat de retard — que leur déni de réalité fait surtout le jeu des pires barbares. Une fois que le cauchemar se sera étendu, irréversible — car il faut être fou pour croire qu’il restera éternellement circonscrit aux « cités » — ils comprendront. Mais, répétons-le, il sera trop tard… 

Cela dit, leur pire nuisance, c’est encore dans la vie intime des gens que ces faussaires l’exercent. Car ce n’est pas assez, pour eux, de couvrir les abominations passées, présentes et à venir ; ce n’est pas assez de tromper les gens, de leur mentir, de les culpabiliser odieusement s’ils osent utiliser leur propres yeux — et non les lunettes médiatiques — pour regarder le monde ; ce n’est pas assez de les obnubiler sur de faux enjeux, et de leur imposer un langage, des concepts, des grilles d’analyse impuissants à expliquer le monde ; ce n’est pas assez de les maintenir dans l’ignorance crasse, les préjugés grotesques et le chaos mental ; il faut encore que leurs relations les plus intimes soient infectées par le mensonge. 

Combien de familles divisées, en effet, combien d’amitiés aigries, envenimées, dissoutes par les mensonges médiatiques ? Combien de carrières entravées, de réputations ruinées à cause de la vision caricaturale que propagent les médias ? L’oncle qui vote FN, ce facho, et qu’on n’invite donc plus aux repas — bah oui : il est intolérant — sinon pour se le faire. L’ami d’enfance à qui on ne parle plus depuis qu’il s’est déclaré opposé au mariage homosexuel (via une controverse de haut vol sur Facebook ou Twitter), révélant ainsi son indéniable homophobie. Le collègue un peu louche, à surveiller, qui fait une drôle de tronche quand on lui vante les bienfaits de l’immigration… Et cet autre, alors, qui critique l’euro, comme Marine Le Pen, tu te rends compte?!! (alors que l’euro nous protège, on le sait bien, on ne sait pas pourquoi mais on le sait bien) Et je ne parle pas l’autre excité, un vraiment gratiné celui-là, qu’on a entendu à la machine à café critiquer l’islamisation de certains quartiers. Un vrai discours nauséabond, quoi. L’intolérance dans toute son horreur. L’archétype de l’immonde repli sur soi. Bref, un facho doublé d’un raciste. Et vice-versa. 

Combien de médisances, combien de personnes salies, humiliées, rentrées dans des cases infamantes par la masse des crédules qui reprend à son compte les caricatures des médias ? Combien de relations brisées à cause de l’adhésion servile au credo médiatique ? Combien de controverses hargneuses, de sottes criailleries, combien de brouilles et de ruptures pourraient être évitées si les journalistes faisaient leur travail, à savoir informer ? Et non pas militer, donc occulter et falsifier ? Ainsi la lucidité ne passerait plus pour de la folie ; ceux qui décrivent le réel ne seraient plus tenus pour de grands dérangés, tandis que les idéologues, les sophistes et les enfumeurs seraient traités avec le mépris qu’il méritent. L’exact inverse de ce qui se passe aujourd’hui. 

Qu’on mesure bien la situation, en effet : une petite caste d’idéologues gâteux, uniformisés jusqu’à la moelle, cherche à imposer ses délires à toute une population. De leur salle de rédaction, ces sosies décrètent ce qu’il faut dire, penser, et même ce qu’il faut voir. Rien ne doit dépasser : il faut que tout le monde souscrive à leurs analyses miteuses et à leurs critiques ignorantes, se prosterne devant leurs idoles en carton et leurs experts appointés, récite leur catéchisme ringard et leurs poncifs éculés. Toute attitude distanciée, critique, un tant soit peu libre par rapport à leurs dogmes les horripile, et déclenche en eux des réactions d’une violence inouïe. Ils sacrifient les mal-pensants sur l’autel de leur Tolérance, conspuent les non-alignés tout en clamant leur amour de la Diversité, rejettent les sceptiques en condamnant le rejet de l’Autre. Ils ne reculent devant aucune méthode pour rééduquer les masses : mensonges, chantages, intimidations, menaces. Rien, pas même de semer la zizanie dans la sphère privée des gens, ne saurait les faire renoncer à leurs projets d’endoctrinement. Ils feront tout ce qui en leur pouvoir — lequel est colossal — pour refiler leur sectarisme et leur confusion mentale à un maximum de personnes. 

Il est donc urgent de les dénoncer ; plus que jamais, il importe de les montrer en pleine lumière, de démasquer leurs impostures, de faire savoir de quelles exactions ils se sont rendu complices. Surtout, il faut de toute urgence envoyer paître ces flics médiatiques et leurs intimidations ridicules ; opposer une indifférence de fer à leurs menaces et à leurs chantages. Se dépêtrer de leurs grilles d’analyse obsolètes et de leurs débats retardataires ; cesser de regarder le monde avec les lunettes médiatiques. Remettre en question le langage des perroquets des médias, systématiquement et inlassablement. Refuser d'utiliser leurs concepts morts pour décrire le monde ; s'élever au-dessus des enjeux politiques et médiatiques pour enfin parler du réel. C’est un effort permanent, mais c’est la seule façon d’espérer accéder à une compréhension lucide de l’époque. La vérité, et la liberté, sont à ce prix."





D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 29 mars 2014

La plume dans la plaie ou Tintin ?


Puisqu'il est à peu près, mais pas tout à fait, interdit de parler politique aujourd'hui et jusque demain vingt heures - les gauchiards veillent, je le sais - laissez-vous tenter par la lecture de cette passionnante interview de Pierre Péan parue dans le Figaro:

Juste avant les municipales, les «affaires» se sont succédé. Qu'en pense l'enquêteur?

Sur ces affaires, je n'ai pas mené l'enquête. Mais elles témoignent d'une évolution du métier qui existe depuis des années. Les principes qui guident la profession de journaliste semblent avoir profondément changé. Si l'on part de très loin, on peut dire que nous assistons à une inversion de ce qu'avaient prévu les législateurs le 26 Aout 1789 qui, dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen avait mis la présomption d'innocence au 9ème article, la liberté de la presse , deux articles plus loin, à l'article 11. Aujourd'hui la liberté de presse prime, dans les faits, sur la présomption d'innocence. Ces affaires témoignent du fait qu'on assiste de plus en plus à l'association de deux pouvoirs: le pouvoir judiciaire et le pouvoir médiatique. Cela n'est pas sain dans une démocratie d'avoir deux pouvoirs qui font alliance. En tant que citoyen, quelque chose me dérange profondément: aujourd'hui, un certain journalisme se fonde sur la violation de la loi. Toutes les grandes affaires que vous évoquez sont basées sur la violation du secret de l'instruction. Le journaliste dit «d'investigation» a des pouvoirs et des moyens exorbitants du droit commun. En publiant une écoute, c'est comme s'il avait la possibilité d'écouter, de perquisitionner. Cela pose le problème de la défense du justiciable. Les politiques ne sont pas des sous-citoyens, ils méritent une protection de leur intimité, comme tout le monde.

La loi autorise parfois les écoutes…

Je suis étonné que la profession ne se pose pas des questions sur la mise en pâture des écoutes. J'ai feuilleté un livre, récemment, qui s'appelle Les mots volés. Il est d'Edwy Plenel. En voici un extrait:

«Un dialogue au téléphone, c'est comme une conversation avec soi-même. Si l'interlocuteur est un intime, on s'y livre, on s'y met à nu, on y pense tout haut, on parle trop vite, on exprime ce qu'on ne pense pas vraiment, on ment, on profère des bêtises, on dit n'importe quoi, on affirme comme une vérité ce dont on doute profondément, ; on émet des hypothèses, on tâtonne et on trébuche, on est parfois désagréable avec son meilleur ami (…) bref on se croit chez soi, à l'abri, dans une intimité protectrice, délaissant les apparences, oubliant les convenances, perdant toute réserve, faisant fi des rôles que l'on joue à l'extérieur, au travail ou dans la rue».

C'est très bien dit, n'est-ce pas?

Mais après une instruction, l'inculpé peut être innocenté?

Dans un tel système ,si le jugement innocente la cible des journalistes, celle-ci n'aura droit qu'à quelques lignes dans les journaux. Et cette innocence judiciaire ne rééquilibrera pas la culpabilité installée dans l'opinion publique. 

Justement, dans le cas précis des écoutes Sarkozy, quel peut être selon vous le canal qui mène du cabinet du juge d'instruction aux journaux?

Pour que les écoutes atterrissent sur le bureau d'un journaliste, il faut qu'il y ait une volonté des deux côtés. Qui peut avoir une idée pareille? Le point d'origine est forcément l'autorité judiciaire. Soit c'est l'autorité judiciaire qui estime dans sa stratégie d'instruction qu'il est utile que les écoutes soient connues publiquement, soit il s'agit d'un acte militant, destiné à nuire.

Etes-vous un journaliste «d' investigation»?

Ça fait des années que je m'évertue à répéter que je ne me reconnais pas sous le vocable de «journaliste d'investigation». «Investigation», c'est la traduction d'une expression américaine policière. Je préfère le mot «enquête». Je me définirai plutôt comme un «enquêteur d'initiative sur sujets sensibles». Attendre sur son bureau les PV des juges, ce n'est pas ce que j'appelle de l'enquête, mais de la simple gestion de fuites. Le journaliste devient un pion, rentrant dans les objectifs des uns et des autres, devenant l'outil de vengeances ou de stratégies judiciaires. Je revendique de prendre l'initiative, je ne suis pas un auxiliaire de justice, je n'ai pas besoin de la justice pour déterminer le sujet de mes enquêtes.

Justement, comment choisissez-vous les sujets de vos enquêtes?

Depuis le début de ma carrière, je fais grosso modo la même enquête. J'ai commencé comme journaliste économique, et plus précisément pétrolier. Le pétrole, c'est le Moyen-Orient et l'Afrique. Qui le protège? Les services secrets. Quelle était la grande entreprise? ELF. Qui était la grande figure de la Quatrième et Cinquième République, qui a fait EDF, la bombe, l'indépendance énergétique nationale, c'était Pierre Guillaumat. C'est en enquêtant sur Guillaumat que j'ai fait les Emirs de la République. Ensuite j'ai fait mon plus beau scoop: comment la France a donné la bombe atomique à Israël. A chaque fois je retombais sur Guillaumat et sur ELF. Je tombe ensuite sur les «avions renifleurs», toujours ELF. De fil en aiguille on passe d'une affaire à l'autre. Je m'intéresse à l'Afrique, donc j'enquête sur Jacques Foccart le «monsieur Afrique» des services secrets. J'entends parler pendant l'enquête d'un docteur Martin, fondateur de la Cagoule. J'écris sur le docteur Martin. La fille du docteur Martin me raconte que Mitterrand était dans la voiture avec les gens qui ont mis la bombe à la confédération générale du patronat français, rue de Presbourg. J'ai donc enquêté sur Mitterrand (Une jeunesse française)… J'ai été passionné par l'histoire de la tragédie rwandaise, écrit un livre et du coup je me suis intéressé à Kouchner. Et dans Un monde selon K j'écris tout naturellement un chapitre sur le Kosovo. Dès lors ma mécanique se met en route pour approfondir cette incroyable histoire de la guerre du Kosovo et en fais un livre sur le Kosovo. Et ainsi de suite…

Combien de temps consacrez-vous à vos enquêtes?

Le temps c'est la clé. A compétences égales, c'est le temps qui fera la différence. On est dans un système aujourd'hui de réduction du temps dans les journaux. Je me souviens de L'Express au début des années 1970: il y avait de l'argent autant qu'on voulait pour faire des enquêtes. Ceci dit je n'ai pas à me plaindre. Dans Paris je suis un des journalistes qui a le plus les moyens pour mener des enquêtes. Je peux partir à l'autre bout de la planète si je veux quand je veux. On ne peut dégager du temps que si on a de l'argent: je réinvestis l'argent de mes livres dans mes enquêtes. Aujourd'hui les journalistes n'ont plus le temps.

Avez-vous subi des pressions lors de vos investigations?

Bien sûr! Un journaliste qui n'a pas de pressions, c'est qu'il fait mal son boulot! Le problème c'est quand les pressions vont trop loin. Que les gens essaient par tous les moyens de m'empêcher d'écrire, c'est normal, c'est le jeu: j'emmerde le monde! Je ne vais quand même pas crier au scandale et à l'atteinte à la démocratie! Quand la menace est physique en revanche ça devient compliqué: j'ai eu des menaces de morts, des tentatives d'assassinat, des écoutes, etc..

Qu'est-ce qui doit animer un enquêteur?

«La plume dans la plaie» comme disait Albert Londres ? En vérité, ce n'est pas cet esprit qui m'anime. Ce qui m'anime, c'est la curiosité, l'envie d'aller voir ce qui se passe derrière le mur, de plonger dans les coulisses. Essayer de comprendre. On va se moquer de moi, mais au fond, il y a un référence importante chez moi: c'est Tintin. Et au fond ,je suis encore en culottes courtes, j'adorais les jeux de piste, trois petits bouts de bois dans un rectangle et une flèche qui indiquait qu'à trois mètres, j'aurais une autre indication et de fil en aiguille, dans la forêt, j'arrivais au trésor. Bref, la chasse au trésor…journalistique. Je peux parfois avoir du ressentiment quand ça va trop loin. Mais généralement ça ne dure pas. Il m'arrive assez souvent de devenir proche de gens qui m'ont attaqué ou que j'ai attaqués. Je ne n'ai pas dans les tripes l'envie de faire tomber des têtes. Je ne suis pas un militant. J'aime traquer les vérités qu'on me cache, mais je n'ai pas envie de tuer, j'ai envie de comprendre. Je ne cherche pas à trainer les gens sur les bancs de la justice, à les faire condamner. Je ne me vois pas comme le bras armé de la justice. Ce n'est pas ma vocation. Je ne suis pas là pour faire mettre les gens en taule.

La transparence, pour vous, ce n'est pas une valeur?

Cela ne me pose aucun problème que l'Etat m'oppose le secret d'Etat, si ce secret d'Etat est justifié. Mais si ,comme le cas des «avions renifleurs», le secret d'Etat dissimule une combine, alors là je vais le briser sans aucun problème. Mais la transparence absolue, pour moi, c'est la dictature absolue.

Etre bon enquêteur, c'est mettre à mal les puissants …

Il m'est souvent arrivé de mettre à mal le pouvoir en place. Mais je n'ai pas de point de vue moral. Ma motivation, c'est plus le Vrai que le Bien, même si évidement ils sont liés. Ne nous racontons pas d'histoires, le journaliste n'est pas un saint, il se salit les mains. Laissons la morale à d'autres. J'essaie d'utiliser le moins possible d'adjectifs dans mes livres, ce qui m'importe ce sont les faits, rien que les faits. Même si une juxtaposition de faits particulière fait toujours émerger une idée bien précise. Je ne conclus pas mes enquêtes. Le dernier chapitre d'Une jeunesse française reprend pour titre une citation de Flaubert: «la bêtise, c'est de conclure». Je laisse aux autres l'interprétation des faits que je livre dans mes enquêtes.

Quand vous enquêtez, comment faites-vous la part entre information et manipulation?

Je ne travaille que dans l'ère manipulatoire. Toute personne que je rencontre essaie de me manipuler, c'est le jeu. C'est à moi de faire la part des choses, d'avoir suffisamment de lucidité pour comprendre quand et comment on veut m'utiliser. Je suis toujours dans la manipulation, c'est le propre de ce métier. Il y a un aspect qu'on ne veut jamais dire dans le journalisme: on utilise les faiblesses des uns et des autres. Mais c'est nous qui avons la maitrise des mots dans l'espace public: on peut transformer ce qui n'est qu'une dénonciation en «révélation», au service du Bien et de la République.

Quelles sont les lignes rouges que vous vous interdisez de franchir lors d'une enquête?

Ma règle essentielle n'est pas propre au journalisme: je tiens à me regarder dans la glace le matin sans dégout. Il y a des choses que je ne fais pas. Tous les secrets ne doivent pas être mis sur la table. J'estime que j'ai le droit, voire le devoir de ne pas tout dire ce que j'ai trouvé. Je décide ce que je vais sortir. Il m'est arrivé d'avoir des gros scoops et de ne pas les sortir, car cela pouvait avoir des conséquences terribles sur des personnes. Je me pose toujours la question: quel va être l'impact de ce que je vais dire? Exemple: l'affaire des Irlandais de Vincennes .J'avais le scoop, bien avant Le Monde. Je ne l'ai pas sorti car je pensais que cela pouvait avoir un risque sur la vie même de Bernard Jégat,un des acteurs de l'affaire.

Avez-vous l'impression que nous sommes mieux informés aujourd'hui qu'auparavant?

Avec le culte de l'immédiateté et les chaines d'information continue, on a l'impression d'en savoir plus, d'être informés en permanence sur tout ce qui se passe. Mais pour être réellement informé, il faudrait que chaque citoyen soit un rédacteur en chef très pointu, qui puisse faire le tri dans tout ce qui sort. Dans cette masse effrayante d'informations, la manipulation est plus facile, et finalement le citoyen est,me semble-t-il, moins bien informé qu'il y a 25 ans. Avant vous saviez très bien en achetant vos journaux quelle grille de lecture du monde vous alliez avoir. Il suffisait alors d'acheter le Figaro et l'Humanité pour se faire une opinion, en croisant les informations. Aujourd'hui pour avoir sa propre opinion, c'est plus compliqué. La culture du scoop, du clash, de l'incident, de l'immédiateté bouleverse de façon mécanique l'agenda politique, et transforme les politiques, non plus en gouvernants, mais en communicants.

Selon vous, quand s'est installée cette uniformisation du discours médiatique?

La prégnance absolue de la vision droit-de-l'hommiste et l'installation d'une chape de plomb de ce qu'on appelle «pensée unique», date, selon moi, de la chute du mur de Berlin. La disparition de la menace rouge a accouché d'un système apparemment plus ouvert, mais avec une emprise extraordinaire et croissante du pouvoir des associations parallèlement à une baisse du pouvoir des Etats. On a vu émerger la clé victimaire. Le pouvoir des associations et des acteurs intermédiaires de la société civile est devenu paradoxalement plus totalitaire que celui des Etats. Pour le Rwanda, j'ai eu un procès d'une violence folle, on m'a accusé de négationnisme, de révisionnisme voire d'antisémitisme. On a été jusqu'à me comparer à Goebbels et à Faurisson! J'ai la peau dure, j'ai eu au moins une cinquantaine de procès, mais celui-là m'a fait particulièrement mal. Il y a toujours eu de la censure, mais aujourd'hui on a une censure diffuse mais extrêmement forte. (...)

Vous qui avez travaillé sur le Kosovo, que pensez-vous du traitement médiatique de la crise ukrainienne?

Je suis estomaqué du traitement médiatique. Ces cris d'orfraie sont scandaleux. Si on fait une petite analyse, et qu'on regarde ce que fait l'OTAN depuis les années 1990 pour réduire le champ d'influence russe, on ne peut pas s'étonner que Poutine réagisse ainsi. Quelle fausse naïveté, ou ignorance! Nous sommes face à un deux poids deux mesures qui témoigne de la faiblesse de la capacité d'analyse de beaucoup de nos confrères.

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Voilà, c'est tout pour le moment et demain, n'oubliez pas, allez voter, votez pour qui vous voulez mais votez à droite ! Pour les socialistes, la raclée, c'est maintenant !

Folie passagère 2206.
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samedi 26 mai 2012

Journalisme et Socialie: Séduction,mansuétude et allégeance


Je me suis souvent plaint pendant la dernière campagne électorale du rôle des médias et des journalistes. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils n'ont pas ménagé leurs efforts pour que leur champion, l'hollande, gagne les élections.

Réalité ou fiction ?

Ainsi, nous avons vu Mazerolle, dégoulinant d'antizarkozysme, avoir table ouverte sur BFM. BFM qui, et encore hier, arbore fièrement, en bas de ses écrans "Hollande Président "! De la même façon que Nicolas Domenach et son vieux copain Maurice Szafran, tous les deux journaleux à Marianne, se repaissaient sur Itélé de leurs chroniques acerbes et totalement partisanes contre l'ex-président. On vit même la Sinclair commenter la soirée électorale du 1er tour sur BFM. Sur France 2, c'est Elise Lucet, ancienne présidente du Press Club de France ( club chargé de faire se côtoyer journalistes et personnalités politiques ou du monde des affaires ) qui se charge des opérations anti-Sarko. Libération, L'Humanité, Marianne se jettent sans retenue dans la bataille.

Dans son n° 209 d'avril 2001, le journal Marianne concluait ainsi une enquête sur les appartenances politiques des journalistes: " Les journalistes sont, à une écrasante majorité de gauche. L’écart avec la population est ici maximal: au total 6% de journalistes pensent voter à droite, contre au moins 50% dans le peuple français. " Dans la promotion 1985 de l'école de journalisme de Tours, Eric Brunet rapporte, pour l'exemple, que 31 étudiants sur 34 étaient encartés à gauche ou à l’extrême gauche. Ils exercent tous aujourd'hui dans les grands médias audiovisuels.

Ainsi, peu à peu, les idéologies de gauche investissaient peu à peu le journalisme et, logiquement, tous les organes d'informations alors que dans le même temps, allez savoir pourquoi, la droite se retrouvait réduite à sa plus simple expression: le Figaro, TF1, Valeurs Actuelles...France Antilles... What' else ? rien.

Ne restait plus aux journalistes de gauche qu'à conquérir les premiers cercles du pouvoir, c'est à dire, l'Etat. C'est chose faite aujourd'hui et les commentaires ou reportages dithyrambiques  sur les premiers jours de Moi-Je-Président et de son gouvernement confirment cette main-mise. Hollande en concubinage avec la féroce Trierweiler. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Progressif, et sa compagne Audrey Pulvar, l'anti-raciste patentée qui aimerait qu'on oublie qu'elle dinait régulièrement avec Boris Vallaud, nouveau conseiller de... Montebourg et accessoirement mari de... Najat-Vallaud-Belkacem. Vincent Peillon dont l'épouse, Nathalie Bensahel, est rédactrice en chef du pas vraiment droitier Nouvel Obs. Michel Sapin, lui, a épousé Valérie de Senneville, responsable de la rubrique Justice (sic) des Echos... 

Comment imaginer que la profession puisse s'en prendre aux époux ou concubins de leurs collègues bien aimés. Les rares à avoir essayé, même pour de rire, s'en mordent les doigts. Le premier mort au champ du " déshonneur " de cette corporation: Pierre Salviac. La Rott' veille au grain: solidarité avec la nouvelle équipe ou la mort...professionnelle !  Couchage, copinage et mansuétude seront donc le ferment de la profession et le serment d’allégeance au nouveau pouvoir en place. L'hollande le sait fort bien et dès les primaires socialistes, bien coaché par la Rott', a su se faire de la corporation journalistique son meilleur allié. Un exemple: les niches fiscales inférieures à 10 000 euros ne seront pas touchées par le nouveau pouvoir, l'abattement d'un autre temps dont bénéficient les journalistes est de 7 650 euros.

Ainsi, nous, gens de droite et à l'aune de ce nouveau quinquennat, devront compter quasiment que sur nous-mêmes pour rester vigilant sur l'ensemble de l'action de l'équipe hollandaise. La tache sera rude ! Il nous faudra ne rien laisser passer sans réagir. Nos blogs peuvent aussi servir à cela.

Folie passagère 1171.
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jeudi 16 juin 2011

Le journaliste, un travailleur fatigué


Hier ou avant hier, une nouvelle importante est tombée: Guy Birenbaum, las, au bout du rouleau, cramé, arrêtait de bosser pour Arrêts sur Images. Il n'est pas journaliste, disons juste, assimilé. Comme lui, les journalistes sont fatigués. Ce sont les enseignements d'une enquête effectuée fin 2010 par le cabinet Technologia, spécialisé dans l'évaluation des risques professionnels, dont les résultats sont dévoilés ces jours-ci. " L’occasion de rappeler le lien entre qualité de l’information et santé de la démocratie ". L'heure est grave, les amis, les biquets sont épuisés, la république est en danger. Les journalistes considèrent qu'ils travaillent davantage, plus rapidement et que leur fatigue a augmenté.

Mon Dieu, j'ai mal pour eux. Il paraîtrait donc que la surcharge de travail s'est accrue ces 5 dernières années et qu'elle serait due au manque d'effectifs. Et pourtant dans le même temps, l'offre et la demande informationnelle n'ont cessé de se développer: on a besoin de plus en plus de journalistes. Un journal dégraisse mais 5 autres se sont créés. Un chaîne télé réduit ses effectifs mais nous avons vu depuis le nombre de chaînes multiplié par 10. Donc, il y a du boulot pour tout le monde apparemment, beaucoup de boulot même. C'est peut-être pour cela qu'ils sont fatigués, va savoir.

Et puis, en fouillant dans cette enquête, on comprend qu'en fait, ils sont fatigués parce qu'on leur demande de travailler plus et plus vite: "On nous demande d'être plus productifs, plus polyvalents. Il faut être présent sur tous les supports, sur Internet et sur papier ". Bref, les mecs sont obligés de se battre sur tous les fronts. L'augmentation de la productivité qui leur est demandé tue nos journaleux à petits feux.
Comme ils doivent travailler plus et plus vite, 55% des répondants à l'enquête considèrent que leur travail et les conditions de travail qu'ils subissent ont une incidence négative sur leur santé. Ils découvrent donc que plus on travaille, plus on fatigue... Sacrée découverte.
Ils ont même des inquiétudes. Non, pas la pression du patronat, ni celle des annonceurs, encore moins celle du pouvoir politique, non, 54% craignent la pression induite par l'évolution de leur lectorat: " Les entretiens permettent d'exprimer le sentiment qu'ont les journalistes de courir après un lecteur qui s'échappe ". La vache, j'en suis tout retourné, les journalistes découvrent qu'un lecteur est aussi et peut-être avant tout un client qu'il faut satisfaire. L'enquête révèle aussi qu'ils seraient en proie à des questions existentielles: quitter ou ne pas quitter le métier. Mais dans le même temps, ils avouent à 50% s'auto-censurer pour ne pas risquer de perdre leur emploi. Dur, dur...

Compatissons les amis, compatissons, les journalistes sont fatigués. Fatigués comme tous ceux qui bossent finalement. Ils découvrent peu à peu le monde impitoyable du travail avec son lot de satisfactions, de contraintes, d'heures passées à se ruiner au taf; le lot quotidien de beaucoup en somme.

Tiendront-ils le coup ? Il le faut, ne sont-ils pas " les garants de notre démocratie " ? ... 
 

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France, 2019.