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mardi 5 mars 2019

Médiocre, minable, crétin... au choix !



Une copinaute me téléphone ce matin: " Ben alors Corto, qu'est-ce qui se passe, pas de billet depuis près d'une semaine ?". Que lui répondre si ce n'est: " et bien tout va pour le mieux mais comment veux-tu que je fasse un bon billet avec que du médiocre, du minable ou du crétin à se mettre sous la dent ?". Et les exemples ne manquent pas pour illustrer cette déliquescence politique, médiatique ou sociétale...

Parce que franchement, avouez-le, on nage en pleine médiocrité, on est entouré de politichiens minables. J'avais commencé  un billet sur ce crétin de député de LaRem, encore un, qui selon les jours prône de livrer la France à l'Europe ou de construire un maximum de mosquées puis qui déclare que serre-tête et voile islamique c'est du pareil au même ! Crétin, médiocre comme ses collègues à l'Assemblée. Comment faire du bon avec ce ramassis d'incultes, d'irresponsables et de crétins minables: Aurore Bergé, Laetitia Avia, Aurélien Taché, Gilles Legendre, Castaner, Schiappa (qui signifie "nulle" en italien), j'en passe et des pires. A se demander si la médiocrité n'a pas été l'un des critères de recrutement ! Alors j'ai arrêté ce billet et j'ai regardé un film.

Médiocrité ambiante qui veut que l'on se satisfasse sans arrêt de polémiques à deux balles, médiocrité ambiante qui veut que l'on créé de toutes pièces le buzz avec de simples faits divers et que l'on se repaisse, c'est à la mode, de punchlines politiciennes sans intérêt. Des p'tites phrases, rien que des p'tites phrases !

Médiocrité des médias qui à défaut d'informer correctement savent faire de l'audimat avec du rien ou du pas grand chose. Je pourrais dénoncer dans un long billet TF1 qui, dans son JT d'hier, passe complètement sous silence les nuits d'émeutes grenobloises et leurs dizaines de voitures incendiées. A quoi bon ?  Comme j'aurai pu dénoncer le  deux poids deux mesures entre la manière dont Castaner réprime les gilets jaunes et celle avec laquelle il épargne scandaleusement les racailles fouteuses de bronx à Grenoble ou ailleurs. 65 voitures brûlées en 3 nuits à Grenoble, plus que pendant tous les samedis gilets jaunes sur toute la France... Mais chut ! Minable Castaner ! Qui est complice du pire ? Celui qui manifeste pour la défense de son pouvoir d'achat ou la racaille qui incendie ?  Quel "pire" ? Crétin de surcroît notre ministre.

Minables, ces Raffarin qui s'en vont rejoindre la Macronie. De quoi en faire un billet ? certes non si ce n'est à se contenter d'écrire: " au moins les choses sont claires".

Minable Etat français qui construit pour 260 millions d'euros une hydrolienne en 2018 et qui la revend aux enchères en février 2019 pour 1 000 euros !

Médiocre le plan de Macron pour l'Europe. Voudrait-il reproduire à l'échelle européenne ce qu'il tente de faire en France avec ce grand débat à l'issue incertaine ? "Citoyen d'Europe", c'est ainsi qu'il s'adresse à nous alors que nous sommes citoyens français vivant en Europe ou comment instiller doucement, lentement, que les nations européennes devront, avec lui, grâce à lui, s'effacer devant une nouvelle Nation aussi hétérogène qu'hétéroclite, l'Europe. Médiocre et crétin à la fois. Minable président qui dénonce vertement les manipulations qu'il contribue quotidiennement à alimenter. Faire un billet sur cette lettre aujourd'hui publiée ? Ben non, on ne fait pas de billet pour du déjà lu et  du déjà entendu.

Justement, médiocre ce grand débat qui n'en est pas un puisque sujets et questions ont été imposés par les organisateurs. On ne débat, on répond à des questions préalablement" validées". Et combien tous ces meetings de campagne nous coûtent-ils ? Minables journalistes qui ne se posent pas la question ni même soulèvent le problème de cette omni-présence présidentielle télévisée !

Crétins qui veulent  nous empêcher de manger de la viande, crétins encore qui voudraient, histoire de protéger la planète, que l'on créé un "permis de procréer" (sic) !

Crétins ces jeunes lycéens qui décident de marcher chaque vendredi pour le climat aux cris de " moins de riches, plus de ruches " au moins ont-ils l'excuse d'avoir reçu un enseignement qui visiblement ne leur permet pas de voir qu' ils sont manipulés. Même grossièrement.

Record d'audience quand Schiappa, encore elle, s'invite chez Hanouna: plus d'un million de crétins pour regarder.

Minable France Inter qui compare Léonard de Vinci et Michel Ange à nos rappeurs de banlieue castagneurs Booba et Kaaris. Fut un temps, j'en aurai fait un billet, aujourd'hui, ça m'en touche une...

Qu'y a-t-il de plus crétin que ces " Pollution - Ralentir " ?

Autant d'exemples parmi cent, parmi mille, de la médiocrité ambiante, de la nullité de ceux qui normalement devraient tirer le pays vers le haut et de tous ces crétins d'électeurs qui ne votent plus par convictions - quand ils votent - mais parce qu'ils n'ont plus le courage ou les facultés de voir à quel point ils sont manipulés. Votons Macron pour ne pas voter Le Pen, tu parles d'un programme crétin !

Alors oui, désolé ma copinaute mais quand il y a dégoût, y a pas envie, y a plus envie d'écrire de billets dont la substantifique moelle seraient la médiocrité, la nullité de nos dirigeants et la crétinerie ambiante. Je préfère garder le silence et rester en veille en attendant une étincelle: quelque chose d'intelligent dans le PAF.

Pagnol faisait dire à Bachelet: "Le plus affreux avec la médiocrité, c'est qu'on finit par l'accepter", et bien désolé, pas d'accord, je n'accepte plus. Je me contente de rêver d'excellence...


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jeudi 9 février 2017

François Bayrou, le joker d'Emmanuel Macron

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Le lynchage médiatique déclenché par le Canard semblant ne pas suffire pour flinguer François Fillon, nos médias, globalement acquis à la gauche macronesque, ont décidé de dégainer ce qu'ils pensent sans doute être l'arme fatale: François Bayrou. Vous le voyez et l'entendez partout en ce moment avec une mention spéciale à RMC et BFM, toutes deux propriétés du magnat des médias et soutien affiché d'Emmanuel Macron, Patrick Drahi.

Mais que peut-on attendre de François Bayrou ? Qu'a donc la France à gagner avec cet olibrius ? Que représente-t-il ? Qui représente-t-il ? Est-il si puissant pour qu'on lui donne une telle audience ? Le Modem est-il encore un parti avec lequel il faut compter ? Que nenni si on se fie aux chiffres. Le Modem, actuellement, c'est 1 député sur 577, 6 sénateurs sur 348, 4 députés européens sur 74, 0 Présidents de Conseils Régionaux, seuls 51 conseillers régionaux sur 1 722, 1 Présidence de conseil départemental sur 101 et à peine 48 conseillers départementaux sur 4 108 ! Moins de députés nationaux ou européens que le FN ! Un FN qui représente pourtant entre 25 et 30% de l'électorat.

Bayrou, c'était le troisième homme lors de la présidentielle de 2007 avec près de 7 millions d'électeurs et le soutien de Rocard, de Kouchner et de Cohn-Bendit. Il refusera de soutenir Sarkozy pour le second tour ! Bayrou n'est plus que le cinquième homme de la présidentielle de 2012 avec tout juste 3,2 millions de votants (9%), il annonce publiquement qu'il votera pour François Hollande. Quitte à renier les fondamentaux de sa foi catholique.

Bayrou, c'est tout le même le gars qui a raté la réforme du financement de l’enseignement libre en 1994, mettant 1 million de défenseurs de l'école laïque dans la rue. Echec qui lui vaudra de perdre une partie de ses responsabilités ministérielles. Bayrou, c'est le gars qui, malgré 30 ans de vie politique, n'a aucune vraie réforme ou avancée législative à mettre à son actif si ce n'est sa méthode conciliante de négocier... avec les syndicats de gauche. On ne compte plus, par contre, dans son parcours, les coups de gueule et les coups tordus qu'il n'aura de cesse de fomenter contre la droite classique et Nicolas Sarkozy. Il ira même jusqu'à co-signer une motion de censure déposée par le parti socialiste contre le gouvernement Villepin !

Bayrou, c'est aussi le gars qui réussira la performance d'échouer dans son propre fief des Pyrénées aux législatives de 2012 et qui ne devra son élection à la mairie de Pau que grâce au soutien actif d'Alain Juppé à qui il renverra l’ascenseur en le soutenant lors de la primaire de la droite et du centre contre Sarkozy.

Bayrou, c'est le gars qui n'hésitera pas à faire alliance avec le PS aux municipales de 2008 à Dijon avec Rebsamen, à Marseille avec... Jean-Luc Bennhamias, autre looser et girouette politique s'il en est !

Bayrou, c'est non seulement une succession d'échecs mais c'est aussi toute une série d'alliances ponctuelles avec le parti socialiste. Bref, Bayrou, c'est quasiment plus rien aujourd'hui, si ce n'est, peut-être, une candidature ouvertement anti-Fillon pour la présidentielle et tout juste 5% d'intentions de vote pour le moment.

Mais Bayrou, c'est aussi l'être ou le néant. Quand bien même il ne représente plus personne, il a besoin d'exister, besoin de montrer qu'il bouge encore, "un illuminé " dira de lui Simone Weil ! Mais un illuminé qui pour gagner sa vie, fort bien au demeurant, élève des chevaux de course, des pur-sang uniquement, sur lesquels des dizaines de milliers de dingos des hippodromes miseront chaque semaine des dizaines ou des centaines d'euros. Bayrou n'aime pas l'argent, il le fait courir !

Meilleur allié des socialistes en 2012, c'est à lui qu'on fait appel lorsque la droite est en passe de réussir l'alternance. Parce que quand il s'agit de taper sur la droite, sur Sarkozy, aujourd'hui sur Fillon, il sait ne pas se ménager, il sait porter les coups, il cogne même si souvent il raconte n'importe quoi. Comme dimanche dernier où il réclamait le retrait immédiat de Fillon de la course à la présidence.

Comme hier... N'a-t-il pas déclaré avec hargne et visant Fillon, sans que ni Bourdin ni Elkrief ne le reprennent: " Jamais, dans l'histoire de la République, un candidat au plus hautes fonctions, à la présidence de la République, n'a été ainsi sous influence des puissance d'argent ". A mourir de rire si l'on a connaissance des soutiens dont bénéficie l'autre coqueluche des médias, Emmanuel Macron: Patrick Drahi, Alexandre Bompard (on ne choisit pas sa famille...), Alain Minc, Pierre Bergé (Le Monde, l'Obs, Rue 89), Mathieu Pigasse (Le Monde, les Inrocks, l'Obs) Rothschild, Xavier Niel (Free, l'Obs, Le Monde) Hermand (décédé en novembre), Euro-RSCG qui s'est mis à son service, Pierre Gattaz et le Medef, Bernard Arnault (LVMH), Vincent Bolloré, De Castries (Axa), le trait libéral Institut Montaigne dont le président hébergera le premier QG de Macron, Simonccini (Meetic), Patrick Drahi (RMC, BFM, SFR, Libération, l'Express), Boujnah (Euronext), etc, etc, etc...

Bayrou a annoncé qu'il se prononcerait entre le 15 et le 20 février sur son éventuelle candidature. Il le sait, nous le savons, les médias le savent, il n' a aucune chance de l'emporter. Sa candidature, si elle devait être, ne peut même plus apparaître comme une classique candidature de témoignage tant son discours est connu, si peu de gens il représente (moins de 15 000 adhérents à jour de leur cotisation selon le JDD). Elle est donc purement stratégique et parfaitement cohérente avec le bonhomme: faire échouer la droite et le centre et, par, ricochet permettre à Emmanuel Macron de parvenir au second tour de la présidentielle. Aura-t-il, entre son éventuelle déclaration de candidature et le 17 mars, les 500 parrainages nécessaires ? Rien n'est moins sûr. Peu importe, si il ne les a pas, on peut parier qu'il apportera son soutien à Emmanuel Macron. Si il les a, son score de 5 à 6% sera suffisant pour empêcher Fillon de parvenir au second tour.

Ainsi, en 2017, Bayrou jouera dans l'élection à venir, le même rôle qu'en 2012, celui de joker de la gauche social-démocrate, mondialiste et inféodée aux puissances de l'argent. Étonnant pour un gars qui se dit de la France profonde, non ? Non, rien d’étonnant, c'est du Bayrou, l'incohérence incarnée, la loose en plus

Folie passagère 3448.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 8 mai 2016

Les deux " Chut ! " du jour: Nicolas Sarkozy et Jeannette Guyot

Vous savez ce qu'est un " chut ! " ? Un " chut ! ", c'est un truc ou un événement que l'on tait, une info que l'on ne veut pas trop répandre, que l'on m'a pas envie de répandre. Un " chut ! " c'est un truc qui est tu par les médias, pas relayé. Parfois, on se demande pourquoi et d'autres fois, on n'est même pas surpris...


Aujourd'hui, il y a eu deux " chut ! ", deux " chut ! " qui n'ont aucun rapport entre eux. mais deux " chut ! " quand même. 

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Le premier concerne Nicolas Sarkozy. Pour la première fois, un sondage Ipsos pour le Point révèle que " si la Primaire de la droite et du centre avait lieu dimanche prochain Sarkozy l'emporterait si l'on se réfère aux intentions des 7 % de Français de tous bords, y compris de gauche, qui déclarent avoir la ferme intention de voter à la primaire " !  Et oui, Sarkozy l'emporterait ! Chut ! Pas un mot sur ce sondage ! Et à peine quelques lignes, toutes empreintes de moqueries et de sarcasmes, dans Le Point qui a pourtant commandité le sondage ! Le journal, par la voix de Hugo Domenach, qualifie même ce résultat " d'incroyable, on se pince en lisant les résultats (...) ". Une info " incroyable ", si incroyable qu'on lui donnera... le minimum de retentissement. Rendez-vous compte: Sarkozy qui pourrait battre Juppé, le chouchou des médias, faudrait pas que cela s'ébruite de trop... N'est-ce pas...

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Le deuxième concerne Jeannette Guyot. Vous ne la connaissez pas ? Normal, elle est morte le 10 avril dernier à l'âge de 97 ans. Et on ne l'apprit qu'il y a deux jours grâce à la presse anglaise. Et aujourd'hui, nous sommes le 8 mai, on commémore à tout va la fin de la seconde guerre mondiale, Président fait son show sur les Champs et personne, aucun média en tout cas pour nous parler du décès d'une des plus grande résistante que la France ait compté: Jeannette Guyot. Le lieutenant Jeannette Guyot, Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre avec palmes, British Georges Medal, et, excusez du peu, l'une des rares femmes non américaines à avoir reçu la Distinguished Service Cross pour " son héroïsme extraordinaire lors d'opération militaire ". Une " vie toute entière dédiée au service de la France " trouve-t-on écrit sur la petite page Wikipédia qui lui est consacrée. Ouais, nous sommes le 8 mai, l'occasion aurait été belle, parfaite pour lui rendre hommage, non ? Et bien, non, silence radios, silence médias, silence politiciens. Il est vrai qu'entre temps le Siné a cassé sa pipe et qu'il était juste, n'est-ce pas,  de rendre hommage à l'un de ceux qui font de la grossièreté, de la vulgarité et de coups de crayon leur gagne-pain.

Demain, retour mardi soir, je m'en irais accompagner un " vieux " de 90 ans, l'un des derniers pilotes survivants de cette guerre oubliée, faire une conférence à Bordeaux, conférence dont le thème sera " Pour que l'on n'oublie pas l'Indochine ". Que restera-t-il de l'Indochine dans le crâne des génération suivantes quand celui-ci aussi sera parti...

Que reste-t-il de Jeannette Guyot si même les médias oublient de parler d'elle ?

Pour qu'on n'oublie pas... On ne devrait pas avoir le droit d'oublier ou de passer sous silence ceux qui se sont battus pour le pays, ceux qui ont dédié toute leur vie au service de la France.

Folie passagère 3168.
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dimanche 1 mai 2016

1er mai: des débordements tant désirés...


J'ai pas mal écouté les infos depuis hier, en particulier Itélé et BFM. Ils n'arrêtent pas de nous parler de ce 1er mai, des défilés et autres manifestations traditionnelles et, en boucle, cette interrogation maintes fois répétée: Y aura-t-il des débordements ?  Les télés font venir des " experts " en mouvements sociaux, des flics, des étudiants, des syndicalistes: Alors les gars, c'est quoi qui va se passer ? Débordements ou pas débordements ? Le tout avec une telle insistance qu'on en vient à se poser la question: Les médias ne souhaiteraient-ils pas qu'aujourd'hui, encore, un peu partout en France, ça pète ?

Mettez-vous à leur place. Rien de plus ennuyeux que de devoir couvrir de paisibles manifestations durant lesquelles il ne se passerait strictement rien du tout. Ennuyeux, sans saveur, sans bruit et pas de fureur: Pas bon pour l'audimat, ça, pas bon!

Alors il est vrai que tous les éléments sont réunis pour qu'effectivement et à l'occasion de ces défilés, ça chauffe: chômage, une CGT qui doit montrer qu'elle est toujours vivante, la loi Travail, un gouvernement à la ramasse et qui a démontré à maintes reprises que la contestation y compris violente, ça paye, Nuit Debout, des antifas qui ne risquent finalement pas grand chose à caillasser les flics, des flics à qui on aimerait bien faire payer la perte d'un œil, un muguet tardif qui se vendra sans doute moins bien et plus cher, etc... Oui tout est réuni pour que la colère gronde et s'exprime.

Mais tout de même, est-il bien nécessaire que les médias en rajoutent ainsi. Et puis, encore une fois, mettez-vous à la place des casseurs et autres éléments incontrôlés, va bien falloir qu'ils passent à l'action puisque les médias l'annoncent, non ? Il ne faudrait tout de même pas que demain, l'on puisse titrer: Pas d'incident hier, racaille et extrémistes de gauche étaient à la pêche ou autour du poulet dominical, en famille.

Va peut-être bien falloir un jour se poser la question de la responsabilité des médias dans le bordel ambiant. Non ?

Enfin, pour ce que j'en dis... Et puis zut, que cela pète un bon coup, grave, hein, pas juste un œil poché, voilà qui nous permettra, comme l'autre rillette sarthoise, de dire: " Monsieur Cazeneuve,ça suffit ! "

Folie passagère 3160.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 15 septembre 2015

L'incroyable chronique d'Olivier Picard: Disons Stop au FN !


N'ayant aucune appétence pour la propagande gauchiste, je n'écoute quasiment jamais France Inter. Je ne sais donc pas qui est Patrick Cohen et je m'en satisfait très bien. Par contre, je lis parfois le Plus du Nouvel Obs et suis tombé par hasard sur une chronique de Olivier Picard. 

Qui est ce Picard ? A priori un journaliste qui a bossé aux Dernières Nouvelles d'Alsace, à FR3, Antenne2, à l'Express et à Public Sénat pour échouer, c'est dire, au Nouvel Obs; bientôt Libé ? Autant dire qu'il n'a pas vraiment le profil pour travailler au Figaro ou à Valeurs Actuelles. Bref, le gars pond un billet parce qu'il n'est pas content, mais pas content du tout, que Patrick Cohen ait reçu ce matin Marine Le Pen. D'ailleurs, il n'y a pas qu'après France Inter et Patrick Cohen qu'il en a, il en a après tous les médias. Oui, oui, après tous les médias qui selon lui invitent trop Marine Le Pen et qui de ce fait accordent trop de visibilité et d'audience " à l'ennemi ". 


Le bougre, d'une plume accusatrice, pointe la direction de la radio: "N’y a-t-il eu personne à la rédaction de France Inter pour prendre la mesure de l’inconscience, voire de l’irresponsabilité, d’une telle invitation ? ". Carrément ! Et il se s'arrête pas en si bon chemin le journaleux. Comprenez qu'avec tout ce qui se passe (le chômage, les migrants, Merkel et toussa), inviter la Marine à causer dans le micro c'est ouvrir un boulevard à la peste brune. Et ça, c'est pas bien, car reconnaissant que la Marine est très bonne et convaincante, le Picard dit clairement qu'en lui donnant la parole, il se pourrait bien que ses idées finissent par, qui sait, un jour, bientôt, l'emporter... Pas cool ! Et, comme selon lui, son " talentueux confrère " Patrick Cohen n'était pas à la hauteur de la puissance de feu de son interlocutrice, ce qui devait arriver, arriva:

 " Non seulement Marine Le Pen s’en est sortie sans une égratignure mais elle a pu dérouler son argumentaire habituel dans un contexte historique qui dédiabolise les concepts les plus xénophobes de son mouvement. La vociférante présidente a même pu, l’air de rien, traiter de dégonflés les jeunes hommes syriens qui fuient leur pays quand ils feraient mieux de se battre contre Daesh (c’est ce qu’elle ferait, elle, a-t-elle fanfaronné). Un désastre en direct. C’était à pleurer. À pleu-rer ! Une véritable déroute journalistique ".

Carrément !

Et non content de se payer son confrère sans réussir à " égratigner " La Marine, voilà t-y pas que le Picard se pose en donneur de leçon: " Cette déroute journalistique devrait servir de leçon et de guide éthique pour notre profession  ! " Délivrons les médias de leur addiction au Front National; de toute façon, on sait de quoi ils vont causer alors stop, que les médias cesse de donner la parole au FN et à sa présidente. Voilà en gros, ce que propose ce journaliste qui assure, sans rire et le plus sérieusement du monde: 

" La vérité, et elle est sombre, c’est que les médias raffolent de l’intensité sulfureuse dégagée par la montée du FN et ils abusent de cet ingrédient dopant pour exciter les audiences. C’est plus fort qu’eux. Plus fort que leurs principes. Plus fort que leurs indignations. Ils ne peuvent pas s’en empêcher. C’est presque de l’ordre de la perversion sexuelle ou de l’addiction.... Faut savoir dire stop ! Disons stop au FN ". Ne lui donnons plus la parole !

Le pire c'est que le bougre n'a pas tout à fait tort, Marine Le Pen, c'est de l'audience assurée mais après tout, les radios, les télés et les journaux n'ont pas vocation à prêcher dans le désert ! Alors, les médias invitent ceux qui comptent, ceux qui ont l'oreille des auditeurs, ceux qui, qu'on le veuille ou non, font bouger la société et ceux qui accessoirement représentent 25% des Français ! Et il faudrait se passer de la Marine ? Quelle curieuse conception du métier (enfin de ce qu'il en reste) de journaliste ! Etrange Picard ! C'est pas comme si nous étions en démocratie, n'est-ce pas ? J’imagine bien que le 11 janvier, vous étiez dans la rue, la plume à la main, pour crier " Je suis Charlie " et " Vive la liberté d'expression ", me trompe-je ?

Alors vous me direz, ce môssieur est un inconnu - n'est pas Barbier qui veut - et il n'a même pas son rond de serviette à C dans l'Air ou chez Itélé ni même sa propre page Wikipedia; oui, possible, mais il est tout de même journaliste, il écrit et est publié et mézavi qu'il n'est pas le seul à penser comme cela.

Fut un temps où un célèbre gauchiste, furibard parce que l'on avait amputé son intervention d'un petit bout s'adressa à son interlocuteur très à droite en ces termes: " Messieurs les Censeurs, bonsoir ! ". Il quitta le plateau.

Il semblerait qu'aujourd'hui les censeurs ne soient plus de droite et ce petit Picard me semble bien se poser pour les représenter. Un vrai  petit Caron !

Folie passagère 2905.
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dimanche 19 octobre 2014

Je hais les journalistes


Ce texte - un peu long mais quel régal - n'est pas de moi, il est d'un blogueur que l'on m'a recommandé; j'aurais juste aimé l'écrire...

" Je hais les journalistes. Je leur voue une exécration sans limite. Je ne comprends même pas comment on peut ne pas haïr les journalistes. Comment on peut prononcer ce mot — « journaliste » — sans être parcouru d'un frémissement de dégoût. Ou plutôt si, je le comprends trop bien. C’est même précisément pour ça que j’écris ce texte. 

Bien sûr, on m’objectera que la haine n’est pas un sentiment noble. Qu’elle ne mène à rien. Quelques moutons bêleront même doctement que la haine du journalisme est un marqueur d’extrême-droite. Un signe incontestable de fascisme. Qu’ils aillent expliquer ça à Oscar Wilde, pour qui « le journalisme justifie son existence par le grand principe darwinien de la survie du plus vulgaire » et les journalistes, ces « plumes consciencieuses d’illettrés », ont pour seule fonction de crétiniser et d’avilir les masses (preuve, au passage, que la perception du journalisme comme nuisance majeure ne date pas d’hier, du moins chez les esprits éclairés). Qu’ils aillent expliquer ça à Henri Béraud, qui écrivait que « le journalisme est un métier où l’on passe la moitié de sa vie à parler de ce qu’on ne connaît pas, et l’autre moitié à taire ce que l’on sait ». Qu’ils aillent expliquer ça au général de Gaulle, qui trouvait « impossible d’imaginer une pareille bassesse » que celle des journalistes, et déclarait : « le jour où Le Figaro et l’Immonde [c’est le petit nom qu’il donnait au quotidien de déférence] me soutiendraient, je considèrerais que c’est une catastrophe nationale ». Ces imputations de fascisme sont évidemment pitoyables ; elles procèdent toujours de la même « stratégie » de défense (initiée par nos amis les communistes voilà plus de 80 ans — mais les journalistes, ces grands novateurs, ne s’en lassent pas), cette technique éculée consistant à fasciser ses contradicteurs dans l’espoir de disqualifier d’avance leurs propos et, surtout, de ne pas avoir à les combattre sur le terrain des arguments. 

Je disais donc que je vomissais les journalistes. Bien sûr, pas à titre personnel. Je ne vise aucun journaliste en particulier. Il ne me viendrait pas à l’idée, par exemple, d’appeler à frapper un ou des journalistes. Pour quoi faire, d’ailleurs ? Quel intérêt ? Un journaliste mérite-t-il une telle dépense d’énergie ? Et puis surtout, ce serait trop cruel : le sort où les journalistes sont placés est déjà bien assez horrible. Pas la peine d’en rajouter : leur existence est leur châtiment. Ils sont leur enfer à eux-mêmes. Cette existence de servilité, de lâcheté sans limite, d’avalages continus de chapeaux, d’abdication de toute pensée personnelle au profit de la ligne de leur torche-pétard, ce rabougrissement intellectuel sans fin, cette ruine du discernement par les conditionnements idéologiques, cette anesthésie du sens critique dans la torpeur de l’entre-soi, quelle punition ! Quelle existence de rampant que cette succession de fourberies, de désinformations, de diffamations, de chasses à l’homme ! Quelle fierté peut-on tirer d’une telle « vie » ? Quelle satisfaction peut-on éprouver, sur son lit de mort, après avoir accumulé une somme si vertigineuse de nuisances ? Après avoir collaboré aux plus coupables travestissements de la réalité, relayé les plus répugnantes propagandes, propagé les plus odieuses calomnies sur ceux qui disaient la vérité ? Comment se sent-on, après une telle existence de larbin du système ? Après une telledépersonnalisation ; après un tel renoncement à sa personnalité pour servir les idéologies les plus toxiques ? Quelle sensation cela fait-il, d’avoir été le porte-voix des propagandes les plus abjectes, des entreprises d’endoctrinement les plus vicieuses, des plus pervers projets d’organisation de l’ignorance et du crétinisme des masses ? D’avoir été un bon petit enfumeur, un bon petit endoctrineur ? D’avoir assuré son confort matériel en cumulant les primes au mensonge ? 

Bien sûr, tous les journalistes ne sont pas comme ça. Attention à ne pas généraliser. Pas d’amalgame, comme dirait l’autre. D’ailleurs, j’en connais des très biens. Des individualités qui se distinguent. Des qui ne sont pas nuisibles. J’en connais même des utiles. Mais enfin, il faut bien reconnaître que la secte journalistique les déteste — elle qui passe sont temps à exalter la diversité, à fustiger le repli sur soi et à enseigner la tolérance. Quand je dis « journalistes », ce n’est donc pas de tous les journalistes que je parle, loin s’en faut, mais précisément de cette secte, de cette petite caste hargneuse et arrogante dont le rôle essentiel, si l’on peut dire, est de servir de courroie de transmission aux plus infâmes propagandes, de pilonner les cervelets contemporains de contrevérités fausses à hurler, de truffer les esprits de lieux communs mensongers, d’escamoter des pans entiers de la réalité ; bref, d’uniformiser les masses dans l’ignorance et la sottise. 

Je parle de ces archétypes du conformisme, de ces incarnations du formatage idéologique ; je parle de ces clones incapables de « penser » autrement qu’en troupeau et d’émettre sur leur époque autre chose que la critique scolaire, aseptique et inopérante de leur bréviaire journalistique. Je parle de ces dévots du Progressisme chargés d’en diffuser le catéchisme et de s’assurer que tout le monde le récite bien docilement. Je parle de ces agents zélés du terrorisme intellectuel qui, en fustigeant toute observation, toute idée, tout propos non conformes à leurs diktats, tétanisent la pensée et rendent impossible l’accès à un début de clairvoyance sur l’époque. Je parle de ces sosies embourbés dans leurs concepts obsolètes et refusant que des individus choisissent de penser autrement qu’eux, de ne pas utiliser leurs étiquettes pour décrire le monde et de recourir, pour s’expliquer l’époque, à une autre terminologie que leur langage de morts-vivants. Je parle de ces petits tyrans qui voient d’un très mauvais œil toute attitude qui diffère de leur servitude (comprenons-les : les rares réfractaires au dressage agissent comme un miroir inversé de ces éternels soumis ; ils les renvoient à leur servitude, à leur bassesse, d’où leur fureur). Je parle de ces Tartuffe qui glorifient la diversité mais insultent tous ceux qui ne pensent pas comme eux ; de ces champions du « pas d’amalgame » qui fascisent à tour de bras ; de ces philanthropes de salon qui se décrètent ouverts d’esprit mais tournent colériques, hargneux, tout frémissants de haine à la moindre contradiction. 

Je parle de ces ennemis de la vérité et de la liberté. 

La liste de leurs méfaits est infinie. Mais peu de gens les connaissent. Pourquoi ? Eh bien c’est simple, quand on y réfléchit : les journalistes ont une force, un avantage irrésistibles : ils ont le monopole du récit du monde. Ce sont eux, et eux seuls, qui racontent l’époque. Ce sont eux qui décident de ce qu’il faut dire, ne pas dire, de ce qu’il faut occulter, de ce qu’il faut marteler. L’immense majorité des gens ne connaissent en effet du monde que ce que les médias en disent ; ils ne savent que ce que les médias leur laissent savoir. Aucune curiosité, aucune envie d’en savoir plus ne les anime. Ils ne lisent pas, ils ignorent l’Histoire, ils ne savent pas qu’il existe un monde en dehors des débats politico-médiatiques — le degré zéro de l’observation et de l’analyse. Les médias sont leur seul référent, et cela leur suffit bien ; ils choisissent donc de leur faire confiance, cette forme sournoise de la paresse… 

Rien de plus facile, dans ces conditions, que d’organiser l’ignorance de ses nuisances, et de plonger dans l’oubli ses méfaits passés. D’autant plus que les gens ne demandent que ça, d’oublier, d’avoir l’esprit léger, de ne pas se prendre la tête, n’est-ce pas, de ne pas s’encombrer l’esprit de vérités terrifiantes qui les sortiraient de leur agréable routine d’approbation bovine. Ainsi tout le monde est content : les journalistes conservent leur crédibilité, et les gens s’épargnent l’effort d’exercer leur mémoire et leur esprit critique. 

C’est ainsi qu’on entend des hordes infinies de couillons ânonner que Le Monde, quotidien idéologisé jusqu’au trognon, « est un journal neutre, impartial, objectif », et se nourrir chaque jour de sa prose diarrhéique en la prenant pour parole d’évangile. 

Il serait pourtant instructif de se souvenir des complaisances répétées du Monde pour le communisme (l’idéologie la plus criminelle du XXème siècle, et de loin, quoi qu’en disent les négationnistes autorisés). De rappeler que ce journal assimilait Soljenitsyne décrivant l’abomination communiste aux collaborateurs « qui accueillaient les nazis en libérateurs ». De signaler que ce grand quotidien neutre et indépendant paraphrasait les communiqués russes pendant le blocus soviétique de Berlin. Qui se souvient que le correspondant duMonde en Chine frétillait d’allégresse quand il évoquait la Révolution Culturelle de Mao (ce qui valut au quotidien de révérence ce joli surnom : « Le Monde, principal quotidien maoïste paraissant hors de Chine ») ? 

Plus récemment, que n’a-t-on entendu comme contrevérités sur les si mal-nommés « printemps arabes » ? Pourquoi, au lieu d’un examen rationnel et lucide des acteurs en présence, nos grands médias nous inondèrent-ils d’un charabia lyrique, d’un éloge grandiloquent de la révolution relevant du puérilisme le plus intense ? Pourquoi enrobèrent-ils les évènements d’un brouillard lyrique, de vagues envolées poétiques sur la beauté de la Rébellion, sur le Peuple qui se soulève toujours pour son bien, sur la sacro-sainte Démocratie en marche, sur les Droits de l’Homme qui avancent, et tout ce pathos vaporeux ? 

Pourquoi, au lieu d’une présentation objective des faits, cette déferlante d’enthousiasme niais et d’utopisme infantile, qui noya les mises en garde des observateurs avisés ? Lesquels prévenaient que dans leur principe même, ces prétendus « printemps arabes » étaient voués à tourner à l’hiver islamiste. Mais personne ne voulait les entendre… Ou plutôt, personne ne pouvait les entendre. Il ne fallait surtout pas inviter ces rabat-joie, il ne fallait pas les laisser gâcher la fête des bons sentiments, le festival des illusions, le grand moment d’ivresse droit-de-l’hommiste orchestré en sous-main par DJ Djihad. Et tant pis si maintenant, la gueule de bois n’est pas près de passer… 

On se dit quand même qu’il eût été utile que les médias opposent quelques faits aux délires libyens de Saint Bernard-Henri et de son disciple Sarkozy. On eût aimé qu’ils relaient ce que tous les géopoliticiens hurlaient dans le désert, à savoir que la chute de Kadhafi — nonobstant l’antipathie que ce personnage suscite légitimement — ferait sauter tous les verrous de la barbarie, ouvrirait la voie à un déchaînement de sauvagerie sans précédent et aux torrents de sang qui, hélas, ne manquent pas de se répandre aujourd’hui. Et on souhaiterait, maintenant, qu’ils nous prouvent que l’information est leur vocation en nous expliquant par le menu ce qui se passe là-bas — et qu’ils ont approuvé, soit par leurs applaudissements, soit par leur silence complice. Qu’ils nous décrivent dans le détail le paradis que nous promettait le grand visionnaire BHL ; qu’ils nous racontent ces viols, ces décapitations, ces égorgements quotidiens ; qu’ils évoquent le lynchage des Noirs et le supplice des minorités. 

On se demande quand même où est passé l’humanisme de ces belles âmes, qui n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger l’autoritarisme de Kadhafi, mais n’évoquent qu’à demi-mots les atrocités que commettent les milices sanguinaires qui terrorisent le pays, et font de la Libye un enfer (auprès duquel l’ère Kadhafi ressemble rétrospectivement au monde des Bisounours). Pourquoi, si volubiles quand il s’agissait de dénigrer Kadhafi pour justifier l’erreur monumentale de sa destitution, sont-ils subitement si laconiques ? Pourquoi tant de pudeurs ? 

On observe un phénomène étrangement analogue en Syrie, où Bachar el-Assad est présenté par nos médias impartiaux (la propagande, c’est toujours chez les autres) comme un monstre absolu, tandis que les exactions perpétrées par les « rebelles » sont occultées le plus possible et, quand il n’est vraiment plus possible de les nier, édulcorées, euphémisées, présentées comme le fait de « quelques extrémistes » évidemment non représentatifs, puisqu’on vous le dit. Pourquoi, alors qu’on ne cesse de nous parler avec horreur des armes chimiques du régime, n’évoque-t-on pas les exploits de ces émouvants rebelles, de ces sympathiques Jean Valjean moyen-orientaux qui s’amusent à dévorer le foie de leurs ennemis ? Qui relate les tortures ahurissantes de cruauté que subissent les Chrétiens ? Qui parle de ces Chrétiens crucifiés ? Et puis, assez étrangement, on n’entend pas beaucoup évoquer ce projet de pipeline que les Etats-Unis souhaitent faire passer par la Syrie, et auquel s’oppose el-Assad… 

Plus près de nous — beaucoup plus qu’on ne le croit — il est une réalité dont peu de Français ont connaissance. Une réalité enfouie sous d’immenses couches de propagande, elles-mêmes enveloppées d’épais rideaux de fumée, et gardées par de redoutables colleurs d’étiquettes. Une réalité dont il est formellement interdit de parler, sous peine de mort sociale : les colleurs d’étiquettes veillent, et ils sont enragés : raciste, fasciste, néofasciste, nauséabond, intolérant, islamhomophobe, voilà la mitraille d’injures qu’ils réservent à quiconque ose effleurer le sujet. Game over. 

Il est pourtant important, ce sujet. Il est capital. Il n’y a peut-être pas de sujet plus important (hormis bien sûr celui qui le sous-tend, à savoir la déroute de la civilisation européenne). Ceux qui sont en position de le faire connaître — journalistes, politiques, acteurs du débat public — et non seulement s’y refusent, mais insultent ceux qui ont le courage de braver leur loi du silence, auront une responsabilité historique dans les horreurs qui résulteront de leurs mensonges. De leurs silences. C’est en effet un silence de mort qui entoure la vie dans les « quartiers ». Bien sûr, tout le monde, même le plus formaté des bobos, évite instinctivement ces quartiers ; mais tout le monde, surtout le plus formaté des bobos, soutient également qu’il n’y a pas de réel problème dans ces quartiers. Il faut dire qu’il est difficile de faire autrement, d’une part en raison des chantages au fascisme évoqués plus haut, d’autre part à cause de l’interdit de représentation qui régit les médias officiels sur le sujet. 

Ainsi, combien de petits marquis parisiens savent qu’à moins de dix kilomètres du restaurant bio et équitable où ils récitent, Libé en main, que l’immigration est une chance pour la France, le communautarisme un fantasme d’extrême-droite et l’insécurité une fable de vieux réac paranoïaque, des jeunes filles tournent toute la nuit dans des caves ou des locaux à poubelles après s’être fait casser le nez et les côtes ? Croient-ils qu’un problème cesse d’exister parce que les journaux n’en parlent plus ? Ces perroquets des médias ont-ils conscience que pendant qu’ils lèvent un toast à la Diversité, des blancs se font tabasser aux cris de « Bâtard, sale blanc, sale Français de merde. On va te brûler et violer ta salope de mère. » Comprennent-ils que quand Le Figaro écrit « Paul-Louis, 18 ans, déjà connu des services de police pour 22 faits de violence, est soupçonné d’avoir énucléé puis carbonisé une jeune fille de 17 ans qui refusait ses avances », le délinquant ne s’appelle pas vraiment Paul-Louis ? Savent-ils que pendant qu’ils s’extasient sur les merveilles de l’immigration massive et du multiculturalisme, des quartiers tombent sous la coupe de musulmans rigoristes, pas vraiment en pointe dans la sacro-sainte lutte contre les violences faites aux femmes, dans la déconstruction des stéréotypes sexistes, ni tout à fait gay-friendly ? Mais chut, il ne faut pas le dire, car ça fait le jeu du FN... Et ça, alors, vous comprenez, c’est vraiment odieux, de faire le jeu du FN. Il faut vraiment être sans cœur, hein, il faut vraiment être cynique, pour faire le jeu du FN… Parce que le vrai danger, ce n’est pas la fragmentation communautariste de la société, ce n’est pas la défiance croissante que se témoignent différentes fractions de la collectivité, ce n’est pas la barbarie qui monte, ce n’est pas l’effondrement de la civilisation. Non. C’est de faire le jeu du FN. Nos philanthropes assermentés et leurs laquais comprendront un jour, mais trop tard, toujours trop tard — c’est leur caractéristique, d’avoir toujours un combat de retard — que leur déni de réalité fait surtout le jeu des pires barbares. Une fois que le cauchemar se sera étendu, irréversible — car il faut être fou pour croire qu’il restera éternellement circonscrit aux « cités » — ils comprendront. Mais, répétons-le, il sera trop tard… 

Cela dit, leur pire nuisance, c’est encore dans la vie intime des gens que ces faussaires l’exercent. Car ce n’est pas assez, pour eux, de couvrir les abominations passées, présentes et à venir ; ce n’est pas assez de tromper les gens, de leur mentir, de les culpabiliser odieusement s’ils osent utiliser leur propres yeux — et non les lunettes médiatiques — pour regarder le monde ; ce n’est pas assez de les obnubiler sur de faux enjeux, et de leur imposer un langage, des concepts, des grilles d’analyse impuissants à expliquer le monde ; ce n’est pas assez de les maintenir dans l’ignorance crasse, les préjugés grotesques et le chaos mental ; il faut encore que leurs relations les plus intimes soient infectées par le mensonge. 

Combien de familles divisées, en effet, combien d’amitiés aigries, envenimées, dissoutes par les mensonges médiatiques ? Combien de carrières entravées, de réputations ruinées à cause de la vision caricaturale que propagent les médias ? L’oncle qui vote FN, ce facho, et qu’on n’invite donc plus aux repas — bah oui : il est intolérant — sinon pour se le faire. L’ami d’enfance à qui on ne parle plus depuis qu’il s’est déclaré opposé au mariage homosexuel (via une controverse de haut vol sur Facebook ou Twitter), révélant ainsi son indéniable homophobie. Le collègue un peu louche, à surveiller, qui fait une drôle de tronche quand on lui vante les bienfaits de l’immigration… Et cet autre, alors, qui critique l’euro, comme Marine Le Pen, tu te rends compte?!! (alors que l’euro nous protège, on le sait bien, on ne sait pas pourquoi mais on le sait bien) Et je ne parle pas l’autre excité, un vraiment gratiné celui-là, qu’on a entendu à la machine à café critiquer l’islamisation de certains quartiers. Un vrai discours nauséabond, quoi. L’intolérance dans toute son horreur. L’archétype de l’immonde repli sur soi. Bref, un facho doublé d’un raciste. Et vice-versa. 

Combien de médisances, combien de personnes salies, humiliées, rentrées dans des cases infamantes par la masse des crédules qui reprend à son compte les caricatures des médias ? Combien de relations brisées à cause de l’adhésion servile au credo médiatique ? Combien de controverses hargneuses, de sottes criailleries, combien de brouilles et de ruptures pourraient être évitées si les journalistes faisaient leur travail, à savoir informer ? Et non pas militer, donc occulter et falsifier ? Ainsi la lucidité ne passerait plus pour de la folie ; ceux qui décrivent le réel ne seraient plus tenus pour de grands dérangés, tandis que les idéologues, les sophistes et les enfumeurs seraient traités avec le mépris qu’il méritent. L’exact inverse de ce qui se passe aujourd’hui. 

Qu’on mesure bien la situation, en effet : une petite caste d’idéologues gâteux, uniformisés jusqu’à la moelle, cherche à imposer ses délires à toute une population. De leur salle de rédaction, ces sosies décrètent ce qu’il faut dire, penser, et même ce qu’il faut voir. Rien ne doit dépasser : il faut que tout le monde souscrive à leurs analyses miteuses et à leurs critiques ignorantes, se prosterne devant leurs idoles en carton et leurs experts appointés, récite leur catéchisme ringard et leurs poncifs éculés. Toute attitude distanciée, critique, un tant soit peu libre par rapport à leurs dogmes les horripile, et déclenche en eux des réactions d’une violence inouïe. Ils sacrifient les mal-pensants sur l’autel de leur Tolérance, conspuent les non-alignés tout en clamant leur amour de la Diversité, rejettent les sceptiques en condamnant le rejet de l’Autre. Ils ne reculent devant aucune méthode pour rééduquer les masses : mensonges, chantages, intimidations, menaces. Rien, pas même de semer la zizanie dans la sphère privée des gens, ne saurait les faire renoncer à leurs projets d’endoctrinement. Ils feront tout ce qui en leur pouvoir — lequel est colossal — pour refiler leur sectarisme et leur confusion mentale à un maximum de personnes. 

Il est donc urgent de les dénoncer ; plus que jamais, il importe de les montrer en pleine lumière, de démasquer leurs impostures, de faire savoir de quelles exactions ils se sont rendu complices. Surtout, il faut de toute urgence envoyer paître ces flics médiatiques et leurs intimidations ridicules ; opposer une indifférence de fer à leurs menaces et à leurs chantages. Se dépêtrer de leurs grilles d’analyse obsolètes et de leurs débats retardataires ; cesser de regarder le monde avec les lunettes médiatiques. Remettre en question le langage des perroquets des médias, systématiquement et inlassablement. Refuser d'utiliser leurs concepts morts pour décrire le monde ; s'élever au-dessus des enjeux politiques et médiatiques pour enfin parler du réel. C’est un effort permanent, mais c’est la seule façon d’espérer accéder à une compréhension lucide de l’époque. La vérité, et la liberté, sont à ce prix."





D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 20 février 2014

Je ne reconnais plus mon pays, ma France


" Je ne reconnais plus mon pays. Il y souffle un vent mauvais, un vent de colères, de divisions, d'antagonismes. Il arase ces digues que l'on nomme respect de l'autre, estime de soi, bienséance, civilité, et qu'une haute civilisation construit et reconstruit patiemment pour canaliser les pulsions et les passions humaines. Il attise un feu de violence et de haine qui couve sous la cendre d'une crise économique, sociale, identitaire aux conséquences profondément délétères sur la cohésion de notre société.

Comment vivre ensemble, comment se sentir solidaires, comment partager, si la détestation s'immisce dans tous les rouages de la société, dans toutes les relations, si elle transpire dans toutes les attitudes, dans tous les comportements ? Comment croire que la légitimité de nos institutions, de nos lois, la solidité de notre démocratie ne s'en trouveraient pas dangereusement affaiblies ?

Je ne reconnais plus mon pays. À qui la faute ?

Quand souffle ce vent mauvais qui précède toujours les grandes catastrophes de l'histoire, c'est à chacun de prendre davantage sur lui-même pour ne pas nourrir les antagonismes, ne pas creuser les fractures, pour apaiser, réconcilier. Chacun a sa part de responsabilité. Elle est d'autant plus grande que l'on occupe dans la société un rang plus élevé, que l'on y exerce un pouvoir plus important.

La démesure est le risque de tout pouvoir. Elle commence quand un pouvoir ne se pose plus la question de sa propre limite, ne s'interroge plus sur les conséquences de ses actes. Un pouvoir sans mesure est un pouvoir qui ne s'interroge jamais pour savoir jusqu'où il ne doit pas aller trop loin vis-à-vis de ceux qui sont en désaccord avec lui, un pouvoir qui n'a conscience que de ses droits et pas de ses devoirs.

Ce rappel vaut d'abord pour les politiciens. Si l'opposition a le devoir de ne pas se laisser aller à toutes les surenchères, de ne pas céder aux extrémistes qui veulent l'entraîner sur des voies où se perdrait son honneur, la majorité du fait du pouvoir qu'elle exerce a une plus lourde responsabilité encore. Que dire d'un pouvoir politique, d'une majorité qui, dans une société malade de toutes les crises, usent tous les jours de la provocation pour servir avec cynisme ses clientèles les plus extrêmes et radicaliser une partie du pays dans le seul but de se maintenir au pouvoir ?

Je l'ai dit jadis sous une autre majorité : chercher à dresser les Français, les uns contre les autres, conduit à la défaite morale et la défaite morale est toujours l'antichambre de la défaite politique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on n'a jamais vu la France aussi divisée et la radicalisation des idées et des comportements autant exacerbée par une entreprise de destruction sans précédent de toutes les institutions et les principes qui nous permettent de vivre ensemble. Ceux qui attisent ainsi les braises qu'ils avaient si solennellement promis d'éteindre doivent être conscients qu'en mettant le feu, ils se brûleront aussi.

Je ne reconnais pas mon pays, ma France. Passionnée, emportée, mais pétrie d'humanisme et de valeurs universelles. Ou plutôt je reconnais dans le visage qu'elle prend, aujourd'hui, celui des mauvais jours, des déchirures et des drames, quand elle n'est plus elle-même, quand elle perd son âme.

La politique n'est pas seule en cause. Nous vivons une époque dangereuse où presque tous les pouvoirs semblent oublier leurs devoirs. Qui ne voit avec consternation et angoisse une certaine dérive de la justice telle qu'elle s'est affichée sur le « mur des cons » , ou telle qu'elle se montre dans la tentation, mortelle pour la Démocratie et la République, de faire trancher les questions politiques par les juges ?

Mais le temps est venu de mettre au pied du mur de ses responsabilités un autre pouvoir, aussi important pour une société de liberté que celui du Parlement, ou des juges. Je veux parler du pouvoir des médias. La société leur confie un pouvoir considérable et le protège.

Ce pouvoir crée aussi à ceux qui l'exercent des devoirs qui dépassent le cadre des lois et des règlements. Les médias ont eux aussi un devoir moral, un devoir de mesure, un devoir de respect. Comme tout pouvoir, celui-ci a le devoir de s'imposer, en conscience, ses propres limites. (...)

Mais il y a des limites à tout. Ou plutôt, il faut mettre des limites à tout. Ne pas tout accepter, ne pas tout supporter, ne pas tout endurer, et s'empêcher soi-même de franchir certaines bornes : l'homme libre, l'homme digne, est un homme qui est capable de dire non. 

L'autre soir, sur ce plateau de télévision, où l'on m'avait invité pour parler de la politique familiale, l'interlocuteur que l'on m'avait choisi n'avait qu'un but, avec la complicité au moins passive des animateurs : faire un débat homosexuel contre hétérosexuel. Ce débat je le récuse, je l'ai toujours récusé, de toutes mes forces. Il est porteur du pire. Je passe sur le mépris, l'impolitesse, la caricature, j'ai l'habitude. Que mon interlocuteur fasse de la cause qu'il prétend défendre un fonds de commerce et qu'il l'abaisse à ce point, après tout c'est son problème même si c'est détestable. Mais accepter les termes de ce débat, supporter que le débat politique soit si profondément dénaturé, entraîné sur des voies si dangereuses où les orientations sexuelles, la couleur de la peau ou les religions deviennent des catégories politiques, ce n'était pas possible. 

Faut-il donc se laisser glisser sur cette pente fatale où la vieille lutte des classes aux effets si néfastes laisserait la place à pire encore : la guerre des religions, des sexualités, des mémoires, des origines, au choc haineux de tous les intégrismes et de tous les racismes ?Faut-il donc être le complice de cette transformation de la politique en entreprise de délégitimation morale systématique de celui qui ne partage pas les idées de quelques minorités plus agissantes que d'autres ? 

Qui ne voit que ce dévoiement de la politique dessine les contours du plus dangereux des communautarismes, celui du rejet, du dénigrement, du mépris de l'autre ?

Non, ce n'était pas possible. Ce n'était intellectuellement, moralement pas possible. Je suis parti. Que faire d'autre ?

Beaucoup de Français qui n'en peuvent plus du climat de notre vie publique m'ont approuvé. D'autres ont condamné mon geste. C'est la loi du genre. On ne peut pas être d'accord avec tout le monde. Mon inquiétude est ailleurs : ceux qui dans des émissions grand public, dès le lendemain, m'ont traîné dans la boue parce que j'avais osé dire « ça suffit ! » , ceux-là se rendent-ils compte à quel point est dangereuse la mise en scène de ce genre d'affrontement qui nourrit les pires antagonismes ?

J'ai envie de leur dire : avez-vous conscience que vous jouez avec le feu ? Avez-vous conscience que vous avez aussi une responsabilité dans le vent mauvais qui souffle sur la France, que vous avez aussi des devoirs et pas seulement des droits ? Même vous, oui, même vous ! Vous d'abord qui êtes les garants du pluralisme démocratique ! Vous qui avez ce privilège de pouvoir tous les jours parler à tous les Français !

Quand viendra, à force de souffler sur les braises, le temps de la violence et de la haine, croyez-vous que vous pourrez dire : « Nous n'y sommes pour rien » ?

Souvenez-vous que ce ne sont pas les prophètes de malheur qui sont responsables des grandes catastrophes mais ceux qui ricanent cyniquement quand tous les éléments du drame se mettent en place. Parce qu'ils ont laissé faire...

Je ne reconnais plus mon pays et vous y êtes aussi pour quelque chose."

" Adresse à tous ceux qui jouent avec le feu " par Henri Guaino. Pour le Figaro du samedi 15 février 2014. A lire en intégralité ICI.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 11 février 2014

Les médias seraient-ils devenus le meilleur allié de Sarkozy ?


Nicolas Sarkozy est allé hier soir au gymnase Japy à Paris pour soutenir NKM qui tenait son premier meeting de campagne pour l'élection municipale. L'arrivée de l'ancien président coïncidait peu ou prou avec l'arrivée de ce qui nous sert de président aux Etats Unis. 

Quand il s'agit de politique, je ne crois jamais au hasard. 

L'ancien président a fait une arrivée triomphale au meeting, n'a pour ainsi dire pas parlé si ce n'est pour assurer NKM de son amitié et est reparti comme il est venu dans un grand capharnaüm fait de caméras, de micros et de journalistes en délire.

La couverture médiatique ahurissante de cet événement a toutefois permis d'éclipser en partie l'arrivée de Président aux States. C'est bien.

Nicolas Sarkozy, NKM (et moi-même) tenions à remercier les médias pour le zèle et la folie douce avec lesquels ils ont couvert ce déplacement donnant ainsi à l'ancien président l'occasion d'apparaître gratuitement sur tous les écrans, de prouver encore une fois l’engouement qu'il suscite et offrant de facto une publicité inespérée et toute aussi gratuite au meeting de NKM.

Après avoir sans vergogne contribué à la diabolisation et à la critique partiale du personnage lors de la dernière campagne présidentielle, les médias seraient-ils devenus le meilleur allié de l'ancien président...

Folie passagère 2133.
hollande sarkozy
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mercredi 29 janvier 2014

Jour de Colère: Les identités des interpellés révélées par la presse. Une première !


Revenons un peu sur cette monstrueuse manifestation de dimanche dernier qui a vu des cohortes entières de nauséabonds descendre dans la rue pour crier: " hollande dégage! " et souvenez-vous de ce que vous avez entendu aux infos le soir: "déchaînements de violence, la police prise pour cible, 262 interpellations... etc... ".

Et 19 policiers blessés, certes, mais aucun n'a eu de blessure suffisamment grave pour nécessiter une hospitalisation ou la moindre ITT.

La justice a rendu avec une diligence peu coutumière ses verdicts. Sur la masse des dangereux individus interpellés, elle n'a pu en condamner que 4 à des peines, somme toute assez sévères, de deux mois de prison avec sursis (du ferme était requis par le procureur), une cinquième personne a été exemptée de peine pour vice de forme dans la procédure. 17 000 manifestants selon la police, 262 interpellations, 4 condamnations... Les chiffres parlent d'eux-mêmes: Nous sommes loin des "hordes de fascistes-casseurs".

Par contre, et là, la chose est totalement nouvelle*, le nom, l'âge et même le cursus universitaire des condamnés ont été communiqués à la presse qui s'est fait un plaisir de les rapporter dans leurs colonnes. La France, les voisins, les familles, les éventuels futurs recruteurs peuvent donc savoir qui sont les dangereux fauteurs de troubles. Le Parisien, France TV Info et bien d'autres journaux vous parlent donc de X.  (20 ans), de Y. (18ans), de Z (18 ans) ou de W. De "biens immatures jeunes gens" selon le parquet...

Si je vous dit que le Figaro a fait de même, hier soir, avant de corriger ce matin son article pour ne plus laisser apparaître que les initiales des jeunes gens, j'espère que vous me croirez, c'est l’exacte vérité (note à moi-même: apprendre à faire des captures d'écran).

Alors tenez-le vous pour dit, manifester en France aujourd'hui, reste encore permis. Se faire gauler par la police pour troubles à l'ordre public, aussi. La nouveauté, et vous êtes maintenant prévenus, c'est que si vous vous faîtes poisser vos noms, âges et qualités seront transmis aux médias. Et que pour faire bonne mesure, les commentaires du parquet seront eux-aussi transmis, histoire de faire savoir à tous que vous êtes un branquignol immature !

Communiquer le nom des "accusés", les transmettre à la presse, que celle-ci s'empresse de les imprimer, c'est nouveau, c'est valls... On aimerait qu'il en soit ainsi pour toutes les affaires criminelles, braquages, les règlements de compte ou les saccages de préfecture par des syndicalistes... Non ?

Pour ceux qui auraient l'intention de manifester dimanche prochain, sachez-le, vos noms prénoms, âges et qualités pourront éventuellement, si vous vous faites interpeller, à tort ou à raison, être communiqués à la France entière !

(* Pour le coupeur de cheveux en 4 à venir, le cas de Nicolas Bernard-Buss est totalement différent des cas évoqués ici)

Folie passagère 2112.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 8 janvier 2014

Médias: Pigasse, Bergé, Niel, seuls maîtres... à gauche


Tout le monde en a parlé ou presque aujourd'hui, Claude Perdriel a cédé 65 % du capital du magazine Le Nouvel Observateur au trio d'hommes d'affaires Mathieu Pigasse, Xavier Niel et Pierre Bergé pour environ 14 millions d'euros.

En soi la nouvelle n'a rien d'extraordinaire: un journal change de propriétaires. Sauf que là, ce n'est pas aussi simple. Avec ce rachat se constitue, en France, le plus gros pôle de presse - et de facto, un énorme groupe de pression médiatique - depuis la fin de l'empire Hersant. Alors, il est certain que ce n'est pas tout à fait comme cela que l'on nous présente la chose. On nous parle juste de 3 hommes d'affaires qui font... des affaires. Mais à y regarder de plus près...

Avec Le Nouvel Observateur (500 000 exemplaires hebdo), nos trois papivores sont quasiment les seuls maîtres à bord de:  Le Monde (300 000 exemplaires quotidien), Télérama (600 000 ex.hebdo), Courrier International (175 000 ex. hebdo), La Vie (100 000 ex. hebdo), Les Inrockuptibles (50 000 ex. hebdo), Le Monde Diplomatique (100 000 ex. mensuel), Le Monde des Religions (32 000 ex. mensuel), Manière de Voir (20 000 ex. mensuel), rien que pour la presse-papier à laquelle il faut rajouter les différents sites internet des mêmes journaux mais aussi - qui le sait ? - le site Rue 89 et ses 1,8 millions de visiteurs uniques par mois pour 40 millions de pages vues ainsi que le Huffington Post (dont Le Monde est propriétaire à 34% et Pigasse à 15%) avec ses 2,5 millions de visiteurs uniques mensuels. Sans compter les quelques autres participations minoritaires... Nous le voyons, et les chiffres parlent d'eux-mêmes, un véritable monstre médiatique s'est mis en place avec l'aide indirecte de l'Etat puisque à eux seuls, Le Monde, Télérama et Le Nouvel Obs perçoivent la bagatelle de 35,3 millions d'euros de subventions publiques !

Pigasse, Bergé et Niel se trouvent donc à la tête d'un véritable empire médiatico-financier qui devrait nous amener à nous poser certaines questions, pas tant sur l'indépendance de la presse, sujet maintes fois abordé, mais aussi et surtout sur l'indépendance du pouvoir en place vis à vis de ces 3 personnes.

Pierre Bergé, socialiste, animateur et financier de la communauté LGBT française n'a pas ménagé ses efforts pour aider François hollande à parvenir au pouvoir suprême et a su se rendre indispensable au milieu "culturel" français. Il finança les soirées festives célébrant l'adoption de la loi Taubira et celle, dernièrement au Théatre du Rond Point, célébrant à nouveau Taubira et la lutte contre le racisme. L'un de ses meilleurs amis n'est autre que le trésorier de campagne de François hollande, Jean-Jacques Augier, éditeur à ses heures et ami de 30 ans de... Pépére. Pierre Bergé, la gauche bobo et sectaire dans toute sa splendeur. On se souviendra de ses tweets appelant à la mort des manifestants opposés au mariage zinzin. On se souviendra aussi de ses menaces sur la rédaction du journal La Vie pas assez pro-mariage zinzin à son gout.

Matthieu Pigasse, financier de haut vol, directeur général de la banque Lazard, artisan de la mise sur pied du bébé à Pépère la Banque Publique d'Investissement dont Ségolène Royal deviendra vice-présidente, propriétaire des Inrocks, soutien affiché de hollande pendant la campagne présidentielle, présent à la Bastille, comme Bergé, le soir de la victoire. Au cours de sa carrière ou à travers des nombreux clubs dont il est membre, Pigasse a croisé ou travaillé avec tout ce que la socialie compte de cadors: DSK, Fabius, Delanoé, Royal ou encore Manuel Valls. Surnommé "le banquier de la gauche", il financera avec Pierre Bergé un mega-concert en 2011 pour fêter les 30 ans de l'accession de Mitterrand au pouvoir.

Xavier Niel, passé sulfureux, est la 10ème fortune française. Il est le fondateur d'Iliad et de Free. Après avoir fricoté avec Sarkozy, il rompt avec pertes et fracas tous liens avec ce dernier lors de l'adoption de la loi Hadopi. Il soutient activement François hollande en 2012. Après avoir annoncé en 2010 ses intentions de devenir un "incontournable de l'information", il devient actionnaire du Monde et investi dans Mediapart. Moins marqué politiquement à gauche, il défend avec énergie une politique sociale-libérale.

Nous avons donc 3 personnages propriétaires ou actionnaires d'un véritable empire médiatique et qui assument publiquement leur soutien à la gauche et à François hollande. De quoi, compte tenu des proximités affichées, se poser la question de l'indépendance de celui-ci vis à vis des ces trois-là, non ? Notons que le pouvoir actuel n'a, pour le moment, émis aucune réserve sur le rachat du Nouvel Obs.

Alors, en ce qui concerne cet ensemble, doit-on parler d'une presse dépendante du pouvoir ou bien plutôt d'un pouvoir qui ne peut absolument rien refuser à 3 personnages devenus incontournables à gauche ? De la dernière campagne présidentielle, tout le monde reconnait aujourd'hui que la presse et les médias n'ont fait absolument aucun cadeau à Sarkozy, il n'y a pas de raison que cela change et nous verrons lors des prochains scrutins électoraux que Le Monde, les Inrocks, Télérama ou le Nouvel Obs ne ménageront pas leurs efforts pour soutenir la gauche " sociale-libérale " de François hollande.

Rien n'étant gratuit en ce bas monde, on se posera juste la question de savoir: en échange de quoi ?

( note: les chiffres de diffusion des différents journaux disponibles ici)

Folie passagère 2077.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.