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vendredi 12 décembre 2014

La GPA, c'est maintenant ! Et tant pis si on nous a pris pour des cons.


Les socialistes nous prennent pour des cons. Absolument tous les socialistes nous prennent pour des cons. Tous ceux qui, de Président à Taubira en passant par Valls , Jean-Luc Roméro, Caroline Mécary, Cambadélis et consorts, nous ont affirmé les yeux dans les yeux que la GPA resterait strictement interdite en France nous prenaient et nous prennent encore pour des cons. Tous les politiciens, de droite comme de gauche, qui connaissent sur le bout des doigts les arcanes de Bruxelles et le fonctionnement des règles européennes, nous prenaient pour des cons en affirmant que la GPA c'est et ce serait niet ! Quand le 3 octobre dernier, Manuel Valls déclarait au journal La Croix: "La GPA est une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes, elle est et sera interdite en France. Son interdiction n'est pas remise en cause.", il nous prenait pour des cons. 

Nous savions qu'ils nous prenaient pour des cons mais nous ne pouvions rien faire.


Aujourd'hui, le Conseil d'Etat a validé la circulaire Taubira de janvier 2013, circulaire demandant aux procureurs et aux greffiers de délivrer des certificats de nationalité française aux enfants nés d’une GPA à l’étranger. Un recours avait été déposé contre cette circulaire à la Cour Européenne des droits de l'homme mais cette dernière avait débouté les demandeurs condamnant la France à appliquer la circulaire Taubira. L'Etat français pouvait faire appel de cette condamnation, de mémoire jusqu'en septembre dernier, mais "étonnamment" ne l'a pas fait. La circulaire Taubira n'était qu'une première étape et la greluche guyanaise - qui vient de déclarer qu'elle se réjouissait de cette décision -  le savait bien, Manuel Valls et Président, aussi.

Ainsi maintenant, tout couple homosexuel (qui en a les moyens) pourra aller à l'étranger pour obtenir ce qui est officiellement illégal en France, à savoir acheter - c'est bien de cela qu'il s'agit - un enfant "conçu" par GPA et obtenir pour l'enfant, dès son retour, la nationalité française, un passeport et une carte d'identité. Alors certes et pour être précis, la circulaire Taubira et la décision du CE n'incluent pas l'inscription de l'enfant sur un livret de famille ou sur le registre de l'état civil ni l'ouverture de droits successoraux, il suffit juste de patienter quelques mois, un an, peut-être deux, et la chose  se fera naturellement. Le seul verrou pouvant éventuellement retenir des parents d'aller acheter un enfant à l'étranger était le caractère illégal de la GPA. Dès lors que l'Etat français reconnait l'enfant en lui donnant sans condition la nationalité française, il a fait sauter ce verrou. Dès demain matin, le seul et dernier obstacle pour recourir à la GPA sera la capacité financière des "parents" puisque et d'une, aucune sanction n'a jamais été prise contre les contrevenants (n'est-ce pas Marco) et de deux, l'acquisition de la nationalité vaudra reconnaissance.

Jusque lors, les enfants nés par GPA à l'étranger bénéficiaient d'un passeport étranger, du pays de naissance, sur lequel figurait le nom des parents d'intention (sic).

La seule chose qui demeure interdite et pénalement condamnable est le fait de recourir à la GPA sur le sol français.

Voilà où nous en sommes. Je le savais, nous étions nombreux à le savoir et quelque part nous nous bercions d'illusions en espérant que la GPA ne passerait pas. La voici depuis aujourd'hui installée en France. Il ne reste plus qu'à attendre, impuissants, qu'elle soit légalisée. Et elle le sera. Un jour prochain. Et tant pis si la GPA est une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes.

Quant à ceux, comme par exemple le président de l'Association française des familles homoparentales que je viens d'entendre sur BFM, qui continueront de vous dire que la GPA restera interdite en France ou que l'avis du Conseil d'Etat n'est en rien un premier pas vers la légalisation de la GPA, sachez-le, des fois que vous n'en ayez pas conscience, ils continuent de vous prendre pour des cons.

Combien de temps supporterons-nous encore d'être pris à ce point pour des cons?

Folie passagère 2568.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 9 juillet 2014

Une romance d'aujourd'hui... celle d'un pays qui part en couille


Je me demande parfois pourquoi le blogueur que je suis se casserait la tête à pondre des billets quand l'actu et la presse nous servent d'elles-même, sur un plateau, ce qu'il faut pour étancher notre soif de grosses marades. Lisez donc, c'est un beau roman, une belle histoire, une romance d'aujourd'hui.... 

" C'est une décision sans précédent. Le Conseil d'État a sommé mercredi le gouvernement de délivrer sous 24 heures un visa à un Sénégalais vivant au Maroc pour qu'il puisse se marier samedi à Creil (Oise) avec son conjoint français. Le refus de visa porte "une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de se marier" puisque le Maroc n'autorise pas les unions entre personnes de même sexe, a estimé le juge des référés liberté, saisi pour les cas d'extrême urgence. De plus, a-t-il souligné, la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples homosexuels prévoit que si l'un des époux est ressortissant d'un pays interdisant ces unions, le mariage ne peut pas être célébré par les autorités diplomatiques et consulaires françaises mais doit avoir lieu en France. 

Le requérant, un Sénégalais résidant à Casablanca, avait entamé des démarches pour épouser son compagnon français à l'été 2013, peu après l'adoption de la loi dite Taubira. Le 26 mai, il avait déposé une demande de visa court séjour au consulat de Casablanca et avait essuyé un refus le 16 juin. Il avait alors fait appel en urgence devant le tribunal administratif de Nantes, qui avait rejeté sa demande et avait ensuite saisi le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative. 

Lors de l'audience, mardi, le ministère de l'Intérieur a justifié le refus de visa en évoquant "les antécédents migratoires" du requérant et mis en doute "la sincérité de l'union du requérant et de son compagnon", notamment en raison d'une différence d'âge importante (35 ans). Dans sa décision, le juge a souligné que les deux hommes partageaient depuis quatre ans un appartement à Casablanca, où le requérant a un emploi stable, et que les visas de court séjour sollicités par le Sénégalais depuis 2010 visaient à lui permettre de passer des vacances en France avec son ami. 

En conséquence, ni son âge ni le fait qu'il ait été sans papiers en France en 2010 "ne sont sérieusement de nature à faire regarder sa demande de visa comme ayant un autre objet que celui de la célébration de son mariage", a-t-il conclu en ordonnant au ministère de l'Intérieur de lui délivrer un visa sous 24 heures et de lui verser 5 000 euros. La loi ne prévoit pas de visa spécifique en cas de mariage. Dans le cas de couples hétérosexuels, il est fréquent que les consulats refusent de délivrer les visas pour venir célébrer les unions en France. Mais ces couples mixtes peuvent se marier à l'étranger et obtenir la transcription de leur mariage." (sce: Le Point

C'est un beau roman, c'est une belle histoire, c'est une romance d'aujourd'hui... Celle d'un pays qui part en couille... 

(nb: La version de cette belle histoire par le site internet Sénégo : "L'Etat Français sommé de délivrer un  visa à un homosexuel sénégalais pour son mariage samedi avec un Français" )

Folie passagère 2368.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 24 juin 2014

Le Conseil d'Etat a décidé : Vincent Lambert doit mourir

(Vincent Lambert,  CHU de Reims, 2012)

Qui pouvait en douter, c'est tellement dans l'air du temps. Comme on dit... 

"Vincent Lambert ne sera pas maintenu artificiellement en vie. Le Conseil d'État l'a décidé. Après quatre jugements en faveur de son maintien en vie en un an et demi, la justice française a validé la légalité du processus de mort entrepris par deux fois par le CHU de Reims, ordonnant ainsi l'arrêt de l'alimentation de ce jeune handicapé, devenu tétraplégique après un accident de la route en 2008. Les dix-sept juges ont ainsi suivi la position du rapporteur public Rémi Keller, qui, vendredi dernier, avait préconisé l'arrêt des soins de Vincent Lambert. Le Conseil d'État a jugé que sans capacité de communication, avec un état de conscience dégradé et aucun espoir d'amélioration, le maintien de l'alimentation et de l'hydratation du jeune homme avait pour seul effet de le maintenir artificiellement en vie, ce qui constitue pour eux une «obstination déraisonnable», contraire à la loi. (...)."

Peu importe la position que l'on peut avoir vis à vis de l'euthanasie, voilà que c'est à l'Etat que l'on demande de se prononcer sur la vie ou sur la mort d'un individu. L'Etat, encore et toujours, toujours plus intrusif, toujours plus prégnant. Et ces mots qui ont quelque chose d'insupportable: Le conseil d'Etat a décidé,  la justice française validant la légalité d'un processus de mort,... Lisez ces mots à voix haute, entendez-vous ? L'Etat décide, la justice valide un processus de mort. Cette même justice, ce même Etat qui s’enorgueillissaient d'avoir aboli la peine de mort en 1981. Trente ans après, un père, une mère et une partie de la fratrie perdent leurs droits à continuer un bout de chemin avec Vincent parce que l'Etat et la justice en ont décidé ensemble. 

Vincent qui n'avait jamais exprimé par écrit quelles seraient ses volontés au cas où...

Beaucoup de dégoût et de colère à l'annonce de ce jugement. "Obstination déraisonnable" qu'ils ont dit et n'est-ce pas complètement déraisonnable que l'Etat et des juges interviennent dans une pareille histoire ? N'y-a-t-il pas une obstination totalement déplacée de la part des juges à se mêler à ce point de l'intimité d'une famille. Pouah !

Combien de temps faudra-t-il attendre avant qu'il ne s'invite plus encore, l'Etat, dans nos foyers, dans nos vies, dans nos chambres ? A quand la fin de vie décidée en haut lieu d'un enfant avec une maladie "incurable" (comme en Belgique) ? A quand la validation d'un processus de mort pour des personnes lourdement handicapées ? Quand cesserons-nous de déléguer à cette puissance supérieure les responsabilités que l'on ne veut pas prendre ?

Non, ce n'est pas juste, ce n'est pas à un Etat sans foi ni amour que l'on peut demander de valider un processus de mort sur un ami, un frère ou un compagnon.

Je ne sais plus quoi dire si ce n'est qu'avec ce genre de décision, l'avenir n'est pas serein. N'est-ce pas Mauricette ?

Folie passagère 2345.
D'accord, pas d'accord: atoillhonneur@voila.fr

France, 2019.