
Tout est fait et bien fait pour que les Français se détournent de Sarkozy, qu'ils apprennent à le détester pour ceux qui ne le haïraient pas déjà. Certains médias, bénéficiant de certaines complicités évidentes, se déchaînent contre lui. Le cabinet noir de l'Elysée, dénoncé par Valeurs Actuelles, se défonce la couenne pour raviver les braises de l'anti-sarkozysme. Des ministres de la République qu'un certain respect de la fonction devrait inciter à rester mesurés n'hésitent plus à insulter vertement, telles des racailles de banlieues, l'ex-Président. Les députés socialistes y vont de leurs bons mots pour dénigrer tout ce qui n'est pas de leurs oeuvres. Les blogueurs de gouvernement sont en pleine érection et seule une mise en examen du "voyou" pourrait leur procurer la jouissance tant attendue. Curée bloguesque, curée médiatique, curée politique, "on" travaille bien pour faire tomber de son piedestal l'ancien président; on peut même parier que parmi ses amis, certains l'imaginent la tête dans le caniveau... L'entreprise de démolition n'est pas engagée, elle ne fait que se poursuivre.
Et pourtant, nombreux sont ceux qui gardent confiance, espèrent le retour de Nicolas Sarkozy, admirent l'homme, le rêvent à nouveau président (au moins avons-nous la certitude qu'il ne ferait pas pire que l'actuel), se ruent dès qu'il apparaît quelque part... Qu'on le veuille ou non, l'homme n'a pas fini de séduire. Je crois même avoir lu que 90% des sympathisants UMP n'imaginent personne d'autre que lui pour re-conquérir le pouvoir.
L'on sait par ailleurs que pour (re)devenir Président ou pour être Président et le rester, tout homme d'Etat emploie quelques procédés pas franchement catholiques. C'est ainsi et ce sera. Il serait illusoire de croire qu'un personnage comme celui qui nous sert actuellement de Président puisse être vertueux, c'est avant tout un politicien. Alors, se formaliser des quelques casseroles qu'auraient au cul Sarkozy, c'est tout juste bon pour donner à manger aux journalistes et aux moralistes à la petite semaine.
Tout cela étant dit et bien dit - n'est-il pas - il m'est venu l'idée de savoir si Sarkozy était réellement, vraiment, toujours... aussi populaire. Il nous donc faut tester sa popularité. Et je vois une excellente opportunité de faire ce test.
Dans un peu plus d'un mois, nous serons le premier mai. L'occasion serait belle de refaire le coup du Trocadéro lors de la campagne présidentielle de 2012. 400 000 personnes, mobilisées en quelques jours, se rassemblent devant le Troca, dans une ferveur assez incroyable. Seuls ceux qui y étaient peuvent comprendre... Je me souviens que certains médias et politiques, y compris à gauche, avaient été surpris de ce succès populaire. Imaginons un instant que l'on remette cela. Refaire la nique aux syndicats et à la gauche en leur rognant leur droit de propriété sur la Fête du Travail, créer l’événement et faire monter Sarkozy à la tribune.
L'UMP y trouverait son compte, elle qui n'a pas été foutue de mobiliser massivement depuis deux ans, et pourrait ainsi montrer qu'elle n'est pas le parti moribond que certains s'imaginent. A trois semaines des élections européennes, l'occasion serait belle de montrer la pugnacité du mouvement. Au moins, les choses pourraient se clarifier: de discours en tirades bien senties, les adhérents et sympathisants pourraient véritablement voir qui soutient pleinement, ou esquive, l'ancien Président. L'UMP aurait une opportunité formidable de renouer avec la base et d'adresser un magnifique doigt d'honneur à tous ceux qui de l'extérieur ou de l'intérieur tentent depuis des mois de la détruire. On verrait aussi qui des cadors de la rue de Vaugirard monteraient à la tribune: Juppé, Fillon,Copé, Raffarin, Peltier ou Tartempion. L'applaudimètre pour juge. Le clou du spectacle, l’événement serait bien évidemment Sarkozy, qui en petite foulée grimperait les marches et accéderait, musique à fond, sur le devant de la scène, avant de démarrer un long discours. Nul ne peut dénier ses qualités de tribun. Il y a fort à parier que ce serait un véritable triomphe. Comme cela fut un premier mai 2012.
Les médias du monde entier en parleraient, toutes les télévisions seraient présentes. Le retour sur la scène politique de Nicolas Sarkozy serait acté, celui de l'UMP aussi. la gauche prise de court n'aurait plus qu'à constater qu'elle aura de nouveau à compter sur celui qu'elle n'aura pas réussi à détruire. Cerise sur le gâteau, étant Président de tous les Français, hollande ne pourrait réagir et l'on se gausse déjà d'imaginer Harlem Désir donner la réplique à Sarkozy.
L'opération, baptisée " Reconquête", ne pourrait être qu'un phénoménal succès et remettrait en branle tout l'échiquier politique. La totale !
Reste à savoir si l'appareil UMP aurait les coucougnettes et l'envie de tenter le coup. Et là, j'ai comme un coup de spleen et de découragement...
C'était la chronique politique fiction du mardi soir... générée par une réflexion, un brin moqueuse, un brin dépitée, entendue dans un bistrot aujourd'hui: "c'est quoi l'UMP ?"
Folie passagère 2190.