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jeudi 18 juillet 2019

Donald Trump est décidément un homme précieux



Un texte d'Aristide Renou:


" Donald Trump est décidément un homme précieux.

Nous en avons encore la preuve en ce moment avec la polémique – déclenchée à son initiative – qui l’oppose à un groupe de Représentantes Démocrates d’extrême-gauche.

Le président des Etats-Unis est un homme précieux car, jour après jour, tweet après tweet, il ose dire tout haut ce que le politiquement correct défend de dire. Il est pratiquement le seul homme politique de premier plan à oser le faire en Occident (Orban et Salvini sont peut-être ceux qui s’en approchent le plus actuellement).

Il le fait sans jamais s’excuser ni reculer. Et lorsque ses adversaires politiques, la presse quasiment unanime, son propre camp même, essayent de le discréditer en le taxant de « racisme » ou autres gentillesses du même genre, il rajoute encore une couche de propos offensants. Trump n’est jamais sur la défensive. Il attaque, toujours, partout. Jamais de pause, jamais de compromis, jamais d’armistice dans la guerre qu’il livre au politiquement correct.

Le politiquement correct est le bras armé du multiculturalisme, ou de l’idéologie diversitaire, pour reprendre le terme forgé par Mathieu Bock-Coté. Or, poussé au bout de sa logique, le multiculturalisme signifie la mort de l’Occident, purement et simplement. La mort de la raison, la mort de la nation, la mort de la liberté politique, la mort de tout ce qui a fait notre richesse intellectuelle et spirituelle.

Donald Trump est donc pratiquement le seul homme politique occidental de premier plan qui défende l’Occident, non pas du bout des lèvres, non pas en entourant cette défense de réserves et de nuances, mais entièrement, sans hésitation ni doute apparent, comme si cette défense allait de soi.

Mais cette manière de présenter les choses est encore inférieure à la réalité. Je l’ai dit, Trump ne connait pas la défensive. Sa défense de l’Occident est donc à proprement parler une offensive, une attaque directe, brutale : elle est l’affirmation non pas d’une innocence mais d’une supériorité. Trump ne se contente pas de dire que l’Occident est innocent des crimes qui lui sont imputés, il affirme sans aucun ambages la supériorité de la civilisation occidentale sur toutes les autres.

De manière appropriée, cette défense de l’Occident se présente sous la forme de l’apologie d’un pays en particulier, son pays, les Etats-Unis, car la vitalité de l’Occident et le génie de la liberté politique qui lui est propre sont inséparables de sa division en nations jalouses de leur indépendance, et parfois rivales.

Donald Trump apparait d’abord et avant tout comme un patriote. Et un patriote, au plein sens du terme, n’est pas seulement quelqu’un qui aime le pays dans lequel il est né, c’est aussi quelqu’un qui est convaincu au fond de lui-même que l’on vit mieux en cet endroit de la terre que n’importe où ailleurs. Trump affirme donc à chaque fois qu’il en a l’occasion que les Etats-Unis sont un grand pays, en fait le plus grand pays que la terre ait jamais porté. Les Etats-Unis peuvent perdre temporairement cette grandeur, sous l’effet notamment de mauvais gouvernements, mais elle leur appartient pour ainsi dire de droit. Ce pourquoi son slogan de campagne proposait de « rendre » sa grandeur à l’Amérique. L’Amérique, selon Trump, est essentiellement grande, même si elle peut être accidentellement petite.

Mais cette apologie tonitruante d’une nation particulière revient à une apologie de l’Occident, car ce qui rend l’Amérique plus grande que toutes les autres nations, c’est qu’elle applique mieux que les autres les « découvertes » qui caractérisent la civilisation occidentale. Et en faisant l’éloge de son pays, Trump défend inévitablement l’idée même de nation. Par son patriotisme flamboyant, il légitime implicitement le patriotisme de tous les autres peuples.

Nous pouvons être en total désaccord avec Donald Trump sur le fait que l’Amérique soit la plus grande nation que la terre ait jamais porté, mais nous lui sommes tous redevables d’oser exprimer ce sentiment alors que tout concours à rendre le patriotisme anathème.

Comme l’a dit fort justement un observateur américain : « Les qualités de Trump sont son courage, son bon sens, et sa rhétorique. Il va à l’essentiel, à ce dont personne d’autre ne parlera de peur d’être traité de « raciste » ou de « fasciste », ou d’une autre de ces injures qui excitent la foule des lyncheurs vertueux. »

Ces qualités sont cruciales, indispensables, dans le contexte politique actuel. Toutefois elles ont aussi leurs limites. Trump a les défauts de ses qualités. Parce qu’ils sont ceux d’un guerrier, qui considère que l’attaque est la meilleure défense, ses propos sont souvent brutaux. Parce qu’ils sont ceux d’un homme qui, à juste titre, méprise la classe des intellectuels et plus généralement la classe jacassante, ses propos sont souvent mal dégrossis. Ils contiennent souvent des vérités précieuses, mêlées à beaucoup d’impureté qui parfois peuvent les cacher. Trump ne s’embarrasse pas de nuances ni d’explications, et peut-être d’ailleurs n’est-il pas vraiment capable de fournir des explications approfondies. On peut difficilement être à la fois le roi du tweet et le roi de la dialectique.

Pourtant les explications sont aussi nécessaires pour gagner durablement les esprits et transformer des victoires rhétoriques temporaires en gains politiques plus durables. Et le tempérament bagarreur qui peut séduire une partie de l’opinion publique risque aussi, à la longue d’en rebuter d’autres segments, tout aussi considérables, et pour des raisons qui sont loin d’être entièrement mauvaises. Bref, il ne suffit pas de se battre. Pour gagner ce genre de combat il faut aussi être capable d’expliquer pourquoi sa cause est juste.

Autrement dit, Trump aurait besoin de gens qui soient capables d’assurer régulièrement son service après-vente.

Pour nous en persuader, il suffit d’examiner la polémique en cours.

Celle-ci a commencé lorsque le président des Etats-Unis a tweeté la chose suivante : « « Il est tellement intéressant de voir des élues “progressistes” démocrates du Congrès, qui à l’origine venaient de pays dont les gouvernements sont des catastrophes sans mélange, qui sont les pires, les plus corrompus et les plus ineptes au monde (à supposer même qu’ils aient seulement un gouvernement qui fonctionne) venir maintenant expliquer bruyamment et perfidement au peuple des Etats-Unis, la plus grande et la plus puissante nation du monde, comment son gouvernement devrait fonctionner. Pourquoi ne retournent-elles pas dans ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent pour aider à les remettre en état ? Elles pourraient ensuite revenir et nous montrer comment il faut faire. Ces endroits ont vraiment besoin de votre aide, il faut y aller au plus vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi sera très contente d’organiser sans délai des voyages gratuits. »

Les élues auxquelles Trump fait allusion sont essentiellement quatre : Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan). Ces quatre femmes sont rentrées au Congrès à l’occasion des dernières élections, en 2018. Ce qui les rapproche est, d’une part, leurs positions politiques, très à gauche au sein d’un parti Démocrate qui s’est lui-même continuellement déporté vers la gauche depuis les années 1960. Et d’autre part qu’elles sont des femmes « de couleur » dont la famille est arrivée récemment aux Etats-Unis pour trois d’entre elles. Rashida Tlaib est fille d’émigrés palestiniens. Ilhan Abdullahi Omar est originaire de Mogadiscio et a obtenu le statut de réfugié politique aux Etats-Unis en 1995. Alexandria Ocasio-Cortez, la plus connue des trois, a une mère porto-ricaine et un père dont les parents étaient porto-ricains. Par leur statut revendiqué de « porte-parole des minorités visibles » et par leur opinions politiques d’extrême-gauche, ces quatre nouvelles élues sont très représentatives de la frange la plus dure du parti Démocrate, la grande question étant de savoir si cette frange dure, c’est-à-dire ouvertement multiculturaliste et socialiste, ne va pas devenir purement et simplement le parti Démocrate. Leur proximité idéologique est d’ailleurs attestée par le fait qu’elles ont constitué un groupe informel, nommé « The squad », dont le but non avoué, mais très clair, est de prendre à terme la tête de leur parti.

A travers elle, Trump a donc ciblé précisément la pointe avancée du multiculturalisme. Sans les nommer expressément, il s’en est pris aux gardiennes les plus féroces du dogme diversitaire.

Comme souvent, la saillie trumpienne a provoqué une consternation mal déguisée dans son propre camp, pour des raisons essentiellement mauvaises.

Tout le monde s’est empressé de faire remarquer que ces quatre femmes ne viennent pas « d’ailleurs » puisque trois d’entre elles sont nées aux Etats-Unis. Qu’elles n’ont donc pas « d’autre pays » dans lequel elles pourraient aller. Et que par ailleurs il était inadmissible de dire à une réfugiée politique qu’elle devrait « retourner chez elle ».

Mais ce genre de réaction revient à regarder obstinément le doigt qui montre la lune. Ce qu’a dit Donald Trump n’est sans doute pas d’une exquise précision linguistique, mais la pensée, ou plutôt les pensées qu’il voulait exprimer, sont parfaitement claires pour n’importe qui ayant un peu d’intelligence et de bonne foi.

En ces quelques lignes de tweet, Donald Trump a rappelé trois choses simples et très importantes.

D’abord, il existe bien des pays « merdiques » (shithole), pour reprendre une autre expression trumpienne. Ces pays sont merdiques non pas à cause de la couleur de peau des gens qui y vivent, mais parce que ces peuples ont à leur tête des gouvernements corrompus, inefficaces, despotiques, parce que la criminalité y fait rage et que le niveau de vie y reste désespérément bas. Porto-Rico, la Somalie et la Palestine sont en effet de très bon exemples de pays particulièrement merdiques. Les pays merdiques sont ceux dont les gens émigrent s’ils le peuvent, pour se diriger vers des pays où il fait bien meilleur vivre. Il existe donc d’un côté les pays merdiques et de l’autre les pays qui font rêver ceux qui vivent dans des pays merdiques. Au premier rang de ces pays qui font rêver se trouvent les Etats-Unis. Les gens viennent du monde entier pour s’installer aux Etats-Unis, alors que personne ne se bouscule pour s’installer en Somalie, à Porto-Rico ou en Palestine.

Autrement dit, Trump a rappelé à « The squad » qu’il existe une hiérarchie objective des régimes politiques, par conséquent aussi une hiérarchie objective des civilisations, et que les Etats-Unis sont en haut de cette hiérarchie, comme le prouve incontestablement le parcours familial de trois des membres du « squad ». D’où le rappel, parfaitement approprié, de l’origine étrangère de ces trois femmes.

Première leçon de philosophie politique élémentaire.

D’autre part les Etats-Unis sont un pays libre (à la différence des pays merdiques), ce qui signifie notamment qu’il est toujours possible de quitter les Etats-Unis, en emportant ses biens, pour s’installer ailleurs si l’on estime que l’herbe y est plus verte. Dans les pays gouvernés tyranniquement cette liberté n’existe pas. On ne peut donc pas présumer que ceux qui y vivent ont envie d’y vivre. En revanche, celui qui vit aux Etats-Unis est présumé être raisonnablement satisfait du régime dans lequel il vit. Celui qui ne cesse de dénoncer les Etats-Unis comme un pays essentiellement raciste, oppressif, criminel, etc. mais qui persiste à y vivre, est nécessairement un hypocrite ou un lâche. Tout particulièrement s’il profite dans le même temps des possibilités offertes par ce régime pour s’élever aux plus hauts postes d’honneur et de responsabilité.

Deuxième leçon de philosophie politique élémentaire.

Il découle du deuxième point qu’être Américain ne signifie pas seulement avoir une carte d’identité américaine mais implique d’être loyal envers les Etats-Unis. Être loyal envers un pays signifie considérer que son sort personnel est indissolublement lié à celui de la nation tout entière, c’est faire allégeance de manière exclusive à cette communauté politique particulière et considérer que celle-ci est essentiellement bonne. La loyauté est donc compatible avec la critique, y compris la critique sans concession, du gouvernement de son pays, avec la reconnaissance des fautes passées de sa nation, elle n’est pas compatible avec la conviction que cette nation est irrémédiablement mauvaise, que son histoire n’est qu’une longue suite de crimes, que ses principes fondamentaux de gouvernement sont injustes, et que le monde se porterait mieux sans elle. Autrement dit, l’Amérique, tu l’aimes ou tu la quittes. Ce qu’a résumé Trump en répondant aux accusations de « racisme » suite à son tweet : « Ce groupe de quatre personnes (...), elles se plaignent constamment (…) Ce sont des gens qui haïssent notre pays. Elles lui vouent une haine viscérale. Elles peuvent partir si elles veulent. »

Troisième leçon de philosophie politique élémentaire.

A quoi on pourrait ajouter une quatrième leçon, qui est une leçon de bon sens : la critique est aisée, l’art est difficile, surtout l’art politique. Vous, mesdames, qui n’arrêtez pas de critiquer l’Amérique, qui êtes perpétuellement indignée de ce que sont les Etats-Unis, qui par conséquent critiquez perpétuellement le gouvernement américain, pourquoi ne nous montrez-vous pas vos talents en matière de gouvernement ? Vos critiques présupposent qu’il serait possible de faire beaucoup mieux et que vous savez comment faire beaucoup mieux. Montrez-nous ce qu’il en est. Prouvez-nous que vos critiques sont le fruit d’un vrai savoir et d’une vraie compétence, et non pas la conséquence de votre totale ignorance de ce que signifie gouverner un pays et de vos conceptions politiques chimériques.

Voilà, en substance, ce que contenait la charge de Trump contre « The squad ». Une charge, on le voit, parfaitement justifiée et hautement nécessaire.

En les attaquant Trump a, une nouvelle fois, allègrement piétiné nombre d’interdits édictés par le politiquement correct : 1) Il a attaqué des femmes 2) Il a attaqué des femmes « de couleur » 3) Il a affirmé que la vérité existe 4) Il a affirmé qu’il est possible d’établir une hiérarchie objective des régimes politiques 5) Il a affirmé que les Américains sont fondés à attendre des nouveaux-venus qu’ils ne contentent pas de respecter les lois du pays mais qu’ils en adoptent aussi les mœurs, à commencer par un patriotisme sourcilleux.

C’est beaucoup pour un tweet, et c’est même assez remarquable.

On pourrait bien sûr regretter que Trump, plutôt que de produire des tweets rageurs, ne fasse pas de grands discours à la Lincoln dans lesquels il rappellerait aux Américains les principes fondamentaux de leur gouvernement, dans lesquels, en somme, il expliquerait posément ce qu’il se contente de sous-entendre dans ses saillies verbales ou sur les réseaux sociaux.

On peut regretter bien des choses au sujet de Donald Trump. Seulement voilà, presque au même moment, en France une vidéo circulait sur Twitter dans laquelle un supporter de l’équipe de foot algérienne affirmait : « Regarde, regarde, filme tout autour de toi. Il y a des Algériens, il y a des Tunisiens, il y a des Marocains, il y a des Sénégalais. Il n’y pas une bagarre, il n’y a pas une embrouille, il n’y a rien qui brûle. On n’est pas des Gilets jaunes, on n’est pas les black blocs. On n’est là, et on restera là. On est Français, on est nés en France. Mais on reste Africains, et on va rester.» Et il ajoutait : « On a pris Paris en trois heures, plus vite que les Allemands. »

Ce genre de sentiments, on le sait, est très répandu au sein d’une certaine jeunesse nominalement française mais dont le cœur et la loyauté sont manifestement ailleurs.

Y-a-t-il eu un seul homme politique français de premier plan pour réagir comme Donald Trump l’aurait fait ? Y-a-t-il eu un seul homme politique français de premier plan pour répondre à cette attaque contre la France ? Y-a-t-il eu un seul homme politique français de premier plan pour se saisir de l’occasion de ces émeutes de supporter afin de rappeler les points fondamentaux que j’ai énuméré précédemment, dans un tweet ou dans un discours, peu importe ? A ma connaissance, même Marine Le Pen s’est contentée de protester contre les dégradations matérielles.

Personne. Rien. Nada.

Alors oui, certes, on peut regretter bien des choses au sujet de Donald Trump, à commencer par le fait qu’un tel homme soit devenu nécessaire, mais moi, mon plus grand regret, c’est que nous n’ayons pas un Donald Trump."

Aristide Renou
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 30 janvier 2017

Des murs, partout, partout et c'est qui le méchant ? Trump !

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Ah ces Américains ! Qu'est-ce qu'ils me font rire, parfois. Pas tous, certains. Hier je regardais les manifestations qui avaient lieu dans plusieurs aéroports américains afin de protester contre le décret signé par Trump visant à interdire l'entrée sur le territoire US aux ressortissants de 7 pays musulmans. Ces manifestants étaient quasiment tous estampillés démocrates ou, c'est selon, "progressistes". Des tordus du ciboulot à l'indignation bien sélective ! Tenez les ressortissants israéliens sont interdits dans 16 pays au monde et là, curieusement, cela ne choque personne.

Les Américains, Obama et vedettes du show-biz en tête, et tous ceux qui, de par le monde y compris en France, s'élèvent contre l'autre décret de Trump visant à "construire" un mur à la frontière mexicaine me font rire; pas possible autrement, ils ont le ridicule chevillé au corps ! Pourquoi ?

D'abord parce que ce mur existe déjà (près de  1 500 km, 1 800 miradors et 18 000 hommes pour le surveiller), pas sur la totalité de la frontière mais presque. Lorsqu'il a fallu le construire, en 2006, devinez un peu qui a approuvé le "Secure Fence Act " de Georges W. Bush, je vous le donne en mille: Pas moins de 26 sénateurs démocrates dont... tadam... un certain Barack Obama et la sénatrice de l'Etat de New-York Hilary Clinton. Deux ans plus tard, le premier devint POTUS et la seconde secrétaire d'Etat. Et pendant 8 ans, l'administration américaine continuera de bâtir ce mur et financera son entretien. Trump ne fait rien d'autre, avec son décret, que de rénover, d'entretenir et de prolonger ce mur. Rigolo, non ? D'autant plus que le Mexique en construit un au sud du pays et que là, personne ne dit rien.

Comme personne ne dit rien des murs qui ont poussé ou poussent un peu partout dans le monde. Y en a partout et sous toutes les formes, en Israël, en Hongrie, en Serbie, en Roumanie, à Chypre, entre le Maroc et l'Espagne à Melilla et Ceuta, entre la Bulgarie et la Turquie, celui entre le Koweit et l'Irak érigé en 1991 et sans cesse consolidé depuis 2004, entre l'Arabie Saoudite et l'Irak depuis 2014 et bientôt au sud vers le Yémen, entre la Corée du Sud et celle du Nord, entre le Botswana et le Zimbabwe, entre l'Inde et le Pakistan, à Djibouti, etc... la liste n'est pas exhaustive, y en a partout. Tenez, même en France, on en a construit un du côté de Calais.

Alors c'est vrai, tous n'ont pas été érigés pour les mêmes raisons ni aux mêmes époques. Tantôt, c'était entre pays belligérants, parfois pour se protéger, souvent entre deux pays irréconciliables se partageant des bouts de territoires, pour limiter autant que faire se peut l'immigration clandestine, etc... autant de raisons, bonnes ou mauvaises, de construire des murs. Ils ont tous cependant un point commun: Empêcher "les gens" de circuler à leur guise, empêcher "les gens" d'entrer chez autrui sans autorisation. Nous avons bien des portes à nos maisons et des clôtures à nos jardins, non ?

Si après ce beau billet matinal, comme moi, vous n'êtes pas pliés de rire en contemplant ces limités du bulbe manifester contre les décrets Trump, c'est à désespérer !

Et puis, un Président qui tient ses engagements de campagne, c'est tellement rare que ça vaut le coup de le signaler !

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samedi 12 mars 2016

La machine à broyer du Donald Trump se serait-elle mise en route ?


Depuis deux, trois mois,  je suis, d'une oreille, la campagne pour la primaire US de Donald Trump. Et j'avoue que je ne cesse d'être surpris par l'acharnement des médias français à son encontre.

Bon, okay, le gars est un drôle de numéro qui n'est pas à une outrance près. Il est moche et a une coupe de cheveux à désespérer les meilleurs coiffeurs de la planète. Il choque, éructe, se moque, tape sur les immigrés, accepte le soutien d'un ancien ponte du KKK, assume pleinement son populisme, etc, etc, etc... Pas de doute, vous êtes priés de le croire, le bonhomme est une ordure. Une ordure qui a réussi, mais une ordure.

Les preuves ? Il propose de construire un mur le long de la frontière mexicaine pour stopper l'invasion migratoire en provenance d'Amérique du Sud. C'est pas chrétien, c'est pas progressiste, ça ! Et pas un journaliste pour nous rappeler que ce mur existe déjà en partie sur plusieurs centaines de kilomètres ! Et puis, c'est quoi qu'on fait nous, en Europe, en ce moment ? De partout, on monte des murs, en Macédoine, en Hongrie, en Grèce et quand on ne les a pas encore construit, on referme les frontières. Il accepte le soutien d'un ancien boss du KKK, c'est moche, c'est sûr, mais qui pour nous rappeler qu'en France, l'extrême-gauche a appelé à voter pour Hollande, cette même extrême gauche qui soutient aujourd'hui Jean-marc Rouillan, l'ancien terroriste qui a rendu hommage ces derniers jours aux islamistes du Bataclan. Il pue du bec le Trump parce qu'il ose dire, paraphrasant Mussolini, qu' il vaut mieux vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton. Et pourtant, nonobstant son auteur, elle est placée au coin du bon sens cette phrase. Après les attentas en France du 13 novembre, Il a dit qu'il fallait stopper immédiatement l'entre de musulmans aux USA:  méchant raciste, scandale, tollé général ! Et tout le monde a oublié la fin de sa phrase: le temps que les élus comprennent ce qui se passe. Et bien nous, en France, le 5 janvier n'a pas suffit et, à vérifier, la moitié des islamo-terroristes du 13 novembre venaient de l'extérieur du pays, de Belgique, d’Autriche, et pour au moins deux d'entre eux de Syrie via la Grèce ! Il faut croire que nos dirigeants n'avaient pas compris ! Etc, etc, etc... Le gars Donald est une horreur, c'est ainsi que le qualifiait hier matin une chroniqueuse d'Itélé à grosses lunettes noires.

Enfin, bref, je me disais, depuis quelques temps, mais combien de temps l'establishment ( américain ou européen) va-t-il le laisser grimper et engranger, élections après caucus et Super Tuesday, autant de délégués pour la future convention républicaine avant de réagir ? D'une manière ou d'une autre, la machine va s'enclencher pour le contrer. J'imaginais même qu'une balle perdue le choppe au passage... Et bien, il me semble que le moment est arrivé !

Hier, et alors que jusqu'ici tous ses meetings s'étaient plutôt bien passés, sans heurts, d'un seul coup, des incidents ont eu lieu. Des bagarres curieusement spontanées entre pro et anti Trump ont éclaté; comme ça, du jour au lendemain ! Des incidents suffisamment graves pour que les services secrets US lui intiment l'ordre d'annuler son rassemblement. Et hop, tout le monde pour enquiller: Voilà qui va lui coûter cher et lui fera perdre des points ! " C'est possiblement le début de la fin de cette ascension fulgurante " a déclaré le spécialiste des USA à la coupe de cheveux étrange qui sévit régulièrement sur BFM. Et comme par hasard, Itélé nous pond LE sondage du jour, lui aussi spontané: 87% des Français ont une mauvaise opinion de Trump.  Comment pourrait-il en être autrement ? La machine à broyer du Trump, avec bien du retard, s'est mise en marche; cette impression étrange que quelqu'un ou quelques uns, quelque part, ont appuyé sur le bouton. Prière de détester Trump, l'homme grossier qui génère du désordre public ! Et Mézavi que ce n'est qu'un début.

Alors attention, qu'on ne se méprenne pas, je ne cherche pas à défendre cet étrange personnage. Je vois juste que cet " iconoclaste " séduit une grande partie de l'électorat américain simplement parce que les autres, ses concurrents, y compris ceux de son camp, ne séduisent plus, que ses discours ressemblent étrangement à certains de ceux que nous entendons en Europe et qui trouvent un écho de plus en plus large.

Presque à s'y méprendre, ce qui fait le succès de Donald Trump a fait le succès du FN en France, d'Orban en Hongrie, de Dahl au Danemark, de Sipila en Finlande, d'Aube Dorée en Grèce, de Jensen en Norvège, de Vilders aux Pays-bas, ... : Immigration galopante, montée des communautarismes, Islam,  crise économique qui n'en finit pas, chômage, classe politique au pouvoir déconnectée de la vraie vie,...

Trump parle comme les gens ont envie qu'on leur parle avec SES vérités, vérités séduisantes et acquises par tous ceux qui en ont ras le bol d'un ordre établi - de " l'establishment " comme on dit aux States, terme qu'employait régulièrement Jean-Marie Le Pen - depuis si longtemps qu'il a fini par oublier totalement le peuple. Le peuple, ou tout du moins une partie, se réveille, voilà qui a de quoi faire peur aux z'élites. Comme chez nous !

Je ne cois pas un instant que Trump puisse l'emporter et devenir le 45 ème Président des Etas-Unis. La " gauche " locale, les Démocrates, l'emporteront, Trump est leur meilleur atout et Hillary Clinton entrera à la Maison Blanche.

Toute ressemblance avec ce qui pourrait se passer par chez nous serait purement fortuit.

Folie passagère 3093.
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France, 2019.