Je fus assez surpris il y a quelques jours lorsque j'entendis, sur LCI, le journaliste faire, en quelque sorte, de la pub pour la pétition demandant qu'il n'y ait pas de statut officiel pour Brigitte. Quoi, quoi, me dis-je, un journaleux qui fait de l'anti-macron même pas voilé? Un signe que les lignes bougent et que, enfin, quelques journaleux aient pris la mesure de l'arnaque dont ont été victimes les Français avec l'élection du gamin ? Mais ma surprise fut encore plus grande lorsque la même scène se reproduisit sur... BFM !
J'avais bien noté que depuis quelques temps certains journalopes semblaient ouvrir les yeux mais là franchement, même sur BFM, on s'en prenait à Macron ouvertement en promotionnant cette pétition et donc en allant contre la promesse qu'avait fait le gars pendant sa campagne, promesse qu'avait soutenu la rédaction de la chaîne, Ruth Elkrief en tête.
Et quasiment tous les journaux de s'extasier sur " l'immense succès " de cette pétition, de ce " triomphe démocratique " qui aura fait reculer Jupiter, celui-ci se contentant, pour sa bourgeoise, d'une simple charte de transparence.
Mais de qui se moque-t-on ? Un immense succès ? Tout juste 300 000 " signatures " à date. Des signatures qui ne sont en fait que de simples clics sur un clavier d’ordinateur, le tout en moins de une minute (je le sais, je l'ai signé avant que LCI en parle). Tous ces journalistes auraient-il oublié les plus de 2 millions de clics contre la loi Travail, pétition initiée par l'affreuse féministe Caroline de Haas ? Auraient-ils oublié les 700 000 vraies signatures (il fallait soi même rédiger le courrier l'affranchir et le poster) contre le mariage zinzin ? Ça, c'étaient de véritables succès pétitionnaires. Alors pensez-vous 300 000, ridicule !
Ridicule de par le nombre, certes, sauf que là où 2 millions de clics ne firent pas broncher le gouvernement d'alors sur la loi El Connerie, sauf que là où 700 000 vraies signatures furent jetées à la poubelle par les pros mariage zinzin, deux vrais échecs démocratiques, avec à peine 300 000 clics, Macron a été obligé de réviser sa copie !
Qu'est-ce qui a donc fait la différence ? Il y a, à mon sens 6 raisons à ce relatif succès numérique qui, contrairement à ce que déclarait Castaner, " ne racontait pas n'importe quoi ".
Son succès médiatique n'aurait sans doute pas été tel si les médias ne l'avaient pas relayé. Il y a donc bien une p'tite fronde médiatique anti-Macron qui émerge (Suffit d'écouter LCI en ce moment, c'est flagrant), fronde médiatique alimentée par ailleurs par le régime sec auquel Jupiter a mis les journalistes.
Deuxième raison, elle confirme tous les derniers sondages: le Président à peine élu est devenu, c'était prévisible, impopulaire, plus impopulaire qu'un Trump chez lui !
Troisième raison, elle a permis aux 306 000 cliqueurs d'exprimer leur mécontentement: Macron, c'est non ! Alors que pourtant, avec cette promesse d'établissement d'un véritable statut pour la première dame, Macron était dans l'air du temps et dans le move de cette exigence populaire de transparence.
Quatrième raison, sons succès montre sans doute là aussi que la Brigitte n'est sans doute pas aussi populaire que l'on voudrait nous le faire croire. Les Français n'ont pas toujours la mémoire courte et les épisodes Trierweiller ou Gayet ont laissé des traces. Quant à Brigitte, sa surexposition médiatique, voulue par l'Elysée, et ses inélégances ont rapidement fatigué la populace.
Cinquième raison, les cliqueurs sont peut-être moins contre ce statut que dans l'attente exaspérante de la résolution des problèmes bien plus importants auxquels ils sont confrontés: chômage, immigration, précarité, etc... Bref, ils ont cliqué en réaction.
Sixième raison. A tort ou à raison et bien plus souvent à raison qu'à tort, d'une manière générale, le peuple se sent dépossédé de son expression démocratique - il suffit de reprendre les résultats des dernières élections, il semble donc s'être laisser contaminer par la pétitionite, un moyen comme un autre de faire entendre sa voix. Non sans succès comme on le voit ici.
Des pétitions à cliquer, j'en reçois trois ou quatre chaque jour, sur tout et sur n'importe quoi. Certaines atteignent à peine les 500 signatures mais nombreuses sont ceux qui dépassent allègrement les 300 000 signatures sans que personne ni aucun média n'en fassent l'écho. Celle-ci, malgré ce nombre de signatures relativement peu élevée - 300 000 à l'ère du numérique et d'internet, c'est rien - a été un réel succès: Elle a fait reculer Jupiter.
Quant à l'utilité de mettre au point un véritable statut pour la première dame, à vrai dire, je n'en sais rien. Je ne vois pas l'utilité de statuer sur un lien familial et jusqu'ici, sans statut pour la première Dame (en attendant la seconde ?), ça a très bien fonctionné, quoiqu'on en dise. Et puis franchement, n'y a-t-il pas d'autres priorités ?
Folie passagère 3406
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