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mardi 18 novembre 2014

Un député, ça assume, ça ne s'abstient pas !


Sans surprise, les députés ont adopté le projet de budget pour l'année 2015. Par 266 voix pour et 247 contre et 56 abstentions parmi lesquelles 37 députés socialistes et 14 écolos sur 18 membres que compte le groupe EELV. Deux députés socialistes ont voté contre, parait-il par erreur.

On ne dira pas grand chose de ce budget dont on sait par avance qu'il ne sera pas tenu, ne serait-ce qu'avec les dépassements certains du budget des opérations militaires extérieures.

Ce qui me surprend plutôt, une  nouvelle fois, devrais-je dire, c'est le nombre d'abstentions. 57 députés, majoritairement des socialistes, se sont abstenus soit près de 10% du "corps électoral". On pourrait se dire qu'ils ont préféré s'abstenir parce que n'y connaissant rien questions pépétes, ils ont préféré ne pas se prononcer mais ce serai imaginer qu'une partie des Français auraient voté pour des incompétents... Impossible ! D'ailleurs ces mêmes députés, comme tous les députés, lorsqu'ils se présentent devant les électeurs nous le disent: nous sommes les meilleurs pour vous représenter. Donc exit la supposition d'incompétence. 

Ce sont donc d'autres motivations qui les ont poussé à s'abstenir. 

Lesquelles ? Et bien pardi, ils se sont abstenus parce qu'ils ne sont pas d'accord avec ce budget, la manière dont il est construit et la politique qu'ils sous-tend; s'ils étaient d'accord, ils auraient voté "pour". Vous me direz, s'ils ne sont pas d'accord, c'est qu'ils sont "contre". Le budget, c'est un truc rationnel, des additions de chiffres, des recettes et des dépenses, ne parlons même pas d'équilibrer les deux, ça tout le monde y a renoncé depuis 40 ans. Pas de problème de cas de conscience en principe, on n'est pas sur un truc "sociétal". Alors, si ces gens-là sont "contre" puisqu'ils ne sont pas "pour", pourquoi se sont-ils abstenus ? Nous, ce qu'on veut c'est que nos représentants, ceux pour qui on a voté, parlent, prennent position et votent pour nous, pas qu'ils s'abstiennent.

Vous l'aurez compris, quand un député s'abstient, c'est qu'il veut montrer au gouvernement qu'il n'est pas d'accord sans prendre le risque de faire tomber le dit gouvernement. Parce que si le gouvernement "tombe", forcément, l'assemblée "tombe" et si celle-ci "tombe", il y a fort à parier que bon nombre des députés devenus sortants ne seront pas réélus. Et qui dit perdre son mandat de député, c'est perdre tous les avantages, privilèges, prestige et les rémunérations accrochés à la fonction. C'est perdre la gamelle en argent et la cuillère qui va avec. Alors, plutôt que d'affirmer haut et fort leur désaccord, plutôt que de défendre fermement leurs convictions, ils s'abstiennent pour continuer à encaisser. Ils font en gros ce qu'ils reprochent aux Français lorsqu'ils disent, pas piteux mais avec raison, le premier parti de France, c'est l’abstention !

Et bien je propose qu'ils montrent l'exemple en votant une loi qui interdirait à tous les parlementaires, députés comme sénateurs, de s'abstenir. Quand on est élu par le peuple, on prend ses responsabilités, on est "pour" ou on est "contre" mais on ne se débine pas avec un peut-être ben que oui, peut-être ben que non. On assume.

Je suis prêt à parier qu'en supprimant aux parlementaires le droit de s'abstenir, les lois votées seraient bien plus carrées, forcément plus consensuelles.

Ben quoi, on a le droit de rêver, non ?

Sur ce bonne soirée à tous, même en Socialie !

Folie passagère 2540.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 24 octobre 2014

C'est tellement banal que nous n'avons pas à savoir


Banal, banale. Si j'en crois Larousse, la définition de ce mot est: Qui ne s'écarte pas du cours normal des choses ; courant, ordinaire :Un incident banal.


"Banale", c'est ainsi que Président a qualifié la lettre que lui a adressé Bruxelles, lettre dans laquelle la Commission lui demande des précisions quant au budget de la France pour 2015. Si j'en crois le Figaro ou Les Echos, dans cette missive, "La Commission souligne pourtant les lacunes du projet de budget de la France pour 2015, dans des termes qu'on imagine potentiellement embarrassants pour le gouvernement."

L'Italie en a reçu une aussi et Mattéo Renzi l'a fait paraître sur le site du gouvernement. Ce qui permet à Renzi de faire preuve de transparence tout en prenant son opinion publique à témoin: Voyez ce que nous demande Bruxelles, nous ne manquerons pas de réagir et voici comment...

Chez nous, c'est différent: Il est tellement "banal" de recevoir une lettre "banale" de Bruxelles qui, en ayant assez que le pays ne tienne pas ses engagements, demande, comme les traités l'y autorisent, des explications que Président ne juge pas nécessaire de la dévoiler aux Français. Nous n'avons pas à savoir ce que la Commission reproche à la France et lui demande de faire.

Alors de deux choses l'une: ou bien cette lettre "banale" est tellement "banale" et dans ce cas pourquoi ne pas nous montrer à quel point la Commission se contente, sur de tels enjeux, de banales banalités, un moyen comme un autre de minimiser cette même Commission; il ferait ainsi preuve de transparence, il aime tant la transparence... Ou bien elle n'est pas si "banale" que cela, cette lettre, et dans ce cas, au nom de quoi n'aurions nous pas le droit de savoir à quelle sauce la Commission voudrait nous accommoder ?

Bref, comme d'habitude, ça en devient banal, Président joue la dissimulation et l'esquive.

NB: A notre plus grand étonnement, Le Monde n'a pas eu encore accès à cette lettre...

Folie passagère 2508.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 7 octobre 2014

Budget 2015: Carton rouge pour François Hollande ?


A propos du budget 2015 que notre équipe de clampins-dirigeants prépare, Manuel Valls a déclaré cet après-midi à l'Assemblée Nationale: "Le budget de la France, c'est le budget qu'il faut pour le pays". Soit, je veux bien mais alors pourquoi la quasi-totalité des pays européens le dénoncent et pourquoi la Commission Européenne s'apprête-t-elle à le retoquer, retoquage qui humilierait comme jamais la France sur le plan national et international ?

En signant le fameux traité européen, l'ensemble de nos dirigeants et parlementaires (élus par vous et moi) ont accepté que notre budget soit annuellement évalué par Bruxelles et éventuellement rejeté. Ils ont accepté d'exposer la France à de sérieuses sanctions financières - on parle de 4 milliards d'euros - si le budget n'était pas conforme aux attentes et exigences communautaires ainsi qu'aux engagements pris par le pays. En ne renégociant pas le TSCG, François Hollande a, de fait, accepté de soumettre le pays à ces nouvelles règles de transparence budgétaires européennes. Nos politiques ont donc accepté que la France ne soit plus la seule à décider du budget dont elle a besoin, du budget qu'il lui faut. On peut le regretter, je le regrette, mais c'est ainsi.

Qu'est-il reproché à "ce budget qu'il faut pour le pays" ? 

La Commission estime que dans la présentation du projet de budget 2015, le compte n’y est pas. Il ne s’agit pas d’exiger un respect des normes, tout le monde sait en Europe que dans la conjoncture actuelle ce serait suicidaire. Non, il s’agit de vérifier si les efforts, promis de façon à amorcer un processus de redressement, sont vérifiés dans les chiffres. Il y avait eu un compromis de trouvé. Or, le projet de budget est encore loin de ce compromis. En gros, la commission tolère des marges d’erreur de 0,5% par rapport aux engagements. La France devait organiser une baisse de 0,8% de son déficit structurel, c’est-à-dire corriger les effets de la conjoncture. Concrètement donc, les experts ne demandent pas à la France de faire ce que la conjoncture ne permet manifestement pas de faire. Ces derniers s’étaient donc mis d’accord avec Paris pour une baisse de 0,8%. Quand les documents sont arrivés à Bruxelles, la baisse n’était pas de 0,8% mais de 0,2%, c’est-à-dire inférieure à la marge d’erreur, ça fait désordre. La Commission européenne, soutenue par toutes les capitales de la zone euro, parait décidée à renvoyer la copie à Paris. Du coup, ça va entrainer des tractations à n’en plus finir pour échapper à des sanctions et une crédibilité bien entamée (source: JMS)

Viennent ensuite, constatés par Eric Verhaeghe, les 4 mensonges ou omissions de ce budget 2015. Le premier est d'écrire noir sur blanc que l'Etat n'est pour rien dans l'incapacité de la France à réduire ses déficits ! Le deuxième est d'annoncer qu'en 2015, il n'y aura aucune hausse d'impôts. Mécaniquement avec 0,4% de croissance prévue, ils augmenteront en volume. Troisième mensonge: Dire que les dépenses de l'Etat vont baisser. Certes, Manolito annonce 21 milliards d'économies - en oubliant de dire que pour l'essentiel ces économies devront venir d'organismes que l'Etat ne maîtrise pas: collectivités locales, Unedic ou régimes complémentaires de retraite - mais il est capable dans la même phrase de dire que ces économies permettront de ramener le taux de croissance de la dépense publique à 1,1 % !! Il annonce donc bien une hausse de la dépense publique (+13 milliards !) quand tout le monde attend une baisse drastique. Quatrième mensonge: L'Etat n'embauchera pas alors que la lecture du projet de loi de finance 2015 montre qu'au moins 5 000 emplois nouveaux seront créés par les opérateurs d'Etat comme par exemple les universités.

Si à tout cela, plus ce que j'aurais pu oublier, vous ajoutez le fait que depuis plus deux ans, le pouvoir en place ballade Bruxelles en repoussant ses objectifs de ramener à 3% du  PIB le déficit public et en se plantant régulièrement sur ses prévisions de croissance ou de réduction du chômage, on comprend aisément que Bruxelles, tenu d'appliquer à tous les pays les mêmes règles, soit tenté d'infliger à la France un putain de carton rouge ! On imagine tout aussi aisément que les agences de notation n'attendent que ce carton rouge pour dégrader à nouveau la France; ne l'ont-elles pas déjà toutes mises en perspective négative...

Doit-on se réjouir de cette humiliation à venir ? Certainement pas pour la France. Par contre, elle signifiera de manière éclatante au pays et au monde entier que nous sommes dirigés par des amateurs et des incompétents. Il y a des domaines où un carton rouge vaut expulsion; en politique et en gestion des deniers publics, cela donnera lieu à des joutes oratoires rigolotes ou ridicules entre politiciens, mais au bout du bout, une  certitude: C'est nous qu'on va trinquer !

Quand à François Hollande, si ce carton rouge venait à nous être infligés, comme tous les médias l'annoncent, il ne vaudra plus un clou, ce qui est déjà le cas mais là au moins tout le monde devrait pouvoir le comprendre...

Folie passagère 2485.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.