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vendredi 31 juillet 2015

Une question d'honneur ! ( lettre ouverte au Président de la République )


" Monsieur le Président de la République,

Vous vous apprêtez à prendre une décision définitive sur la livraison des BPC Mistral que la Russie a commandé à la France il y a maintenant quatre ans.

Cette décision marquera votre quinquennat et engagera la réputation de notre pays. Elle aura des conséquences capitales sur notre relation multiséculaire avec la Russie, partie intégrante de la civilisation européenne, notre alliée au cours des deux guerres mondiales, aujourd’hui partenaire naturel et incontournable pour étouffer ce brasier du Proche-Orient qui nous menace.Cette décision dira au monde si la France reste ou non un grand pays, fier de ses savoir- faire, de son indépendance et fidèle à son Histoire. 

La décision russe de commander ces deux bateaux multifonctions à la France, pays pourtant membre de l'OTAN, témoignait d’une confiance particulière envers la patrie du général de Gaulle. Cette commande a permis de sauver les chantiers navals de Saint-Nazaire, des milliers d'emplois et un savoir-faire exceptionnel. C’était la démonstration de la volonté russe d’élargir la coopération à de nouveaux domaines liés aux hautes technologies. Elle donnait à la France la perspective de devenir un partenaire industriel majeur de la Russie, le seul pays industriel où nous détenions, avant les ineptes sanctions européennes, une part prépondérante de parts de marché dans les hautes technologies, l’aéronautique et le spatial. Cette commande a permis à des centaines de marins russes, à la conduite exemplaire, d’être formés pendant des mois en France et qui véhiculeront à l’avenir l'image qu'il vous appartiendra de donner de notre pays.

Ce contrat de 1,2 milliard d'euros est une remarquable réussite industrielle et a permis à des dizaines d’entreprises françaises et russes de coopérer harmonieusement et efficacement, laissant ainsi présager l'intérêt mutuel et le potentiel de la relation franco-russe. Aujourd’hui ces bateaux sont prêts, ils sont à quai, ils sont aux normes russes et portent les beaux et glorieux noms de Sébastopol et Vladivostok.

Si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux, il faudra alors expliquer aux Français pourquoi la France va perdre plus d'un milliard d'euros directement et des milliards indirectement alors que le système des sanctions européennes ne concerne pas ce contrat. Un milliard, c'est plus que le gâchis de l'écotaxe. C’est plus que la baisse des allocations familiales pour les classes moyennes mise en œuvre cette année. Un milliard à l’exportation, ce sont des milliers d'emplois hautement qualifiés,si précieux dans un contexte de chômage endémique. Certes, ce milliard pourrait, par quelques tours de passe-passe, n’apparaitre dans les comptes publics qu'après 2017. Mais dans tous les cas, c’est la France qui paiera, demain ou après-demain.

Si vous décidiez de na pas livrer ces bateaux, il faudra expliquer au monde que la parole de la France peut être remise en cause en cas d’alternance, lorsque les nouveaux dirigeants sont plus sensibles aux pressions de pays qui eux ne transigent jamais sur leurs intérêts nationaux.

Si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux, il faudra expliquer aux Français pourquoi vous avez choisi de conditionner cette vente à un contentieux russo-ukrainien qui n'a rien à voir avec ce sujet. Ces bateaux ne changent strictement rien à l’équilibre des forces, leur livraison ou non n’a pas la moindre influence sur les positions de la diplomatie russe et tout le monde prend conscience aujourd’hui que c’est bien le gouvernement de Kiev qui bloque le volet politique de Minsk 2.

Si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux, il faudra expliquer peut être un jour aux Français pourquoi des bateaux semblables, baptisés également Sébastopol et Vladivostok sortiront des chantiers navals russes, grâce à nous mais sans que nous n’en ayons perçu le moindre bénéfice économique.

Si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux, il faudra expliquer aux ouvriers , techniciens et ingénieurs le sens que vous donnez à la valeur travail quand il faudra casser ce qui a été construit pour rendre aux Russes leurs équipements installé à bord et cela aux frais des contribuables français.

Si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux, il faudra tout au long des prochaines années expliquer aux Français de ce que vous allez faire de ces deux navires invendables en l’état et dont l’entretien à quai coutera plus de 5 millions d’euros par mois.

Si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux, il faudra expliquer aux Français pourquoi vous avez choisi de pousser au divorce entre les deux parties de la civilisation européenne, confirmant ainsi la faute politique de votre absence à Moscou aux cérémonies du 70 ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme pour laquelle le peuple russe a sacrifié plus de 25 millions des siens.

Si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux, il faudra expliquez aux Français pourquoi vous refusez de coopérer avec la Russie, alors que vous vous enorgueillissez de vendre de armes offensives à des régimes obscurantistes qui nourrissent idéologiquement et matériellement le terrorisme islamique.

Monsieur le président, à la veille d’une décision historique, je rappelle à votre mémoire les paroles du général de Gaulle : "Pour la France et la Russie, être unies, c’est être fortes, être désunies, c’est être en danger ".

Au plus fort de la guerre, le chef de la France libre avait constitué l’escadrille Normandie-Niemen. 70 ans plus tard, chaque Russe la garde en mémoire comme le glorieux symbole de l’amitié entre nos deux pays. Il serait affligeant que pour les décennies à venir, vous laissiez se substituer à ce symbole le refus de livraisons de Mistral. "

Tribune de Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la France et de Thierry Mariani, député des Français de l’Etranger, Les Républicains, publiée sur le site Atlantico, le 31 juillet 2015.

Le seul truc qui déconne dans cette tribune que j'approuve de A à Z, c'est que des gens comme Thierry Mariani ou Nicolas Dupont Aignan puissent croire un instant que ce qui nous sert de Président ait un tant soit peu d'honneur...

Folie passagère 2864.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr                                                        Jour J - 6 ...

mardi 25 novembre 2014

Navires Mistral: les toilettes seront-elles bouchées en 2017 ?


Je sais bien qu'avec Hollande, nous ne sommes pas à une connerie près mais tout de même... Annoncer qu'il reporte sine die la livraison des Mistral à la Russie, quelle connerie ! Sauf à considérer que sine die dans la bouche de Président signifie date butoir figurant sur le contrat. Parce que dans cette histoire, il y a tout de même quelque chose de surprenant: Personne, pas un journaliste, pas un expert (de ceux qu'on entend sur Itélé) ne connait cette date. 

Dans tous les contrats commerciaux et industriels, qui plus est ce type de contrat, il y a écrit noir sur blanc une date de livraison et une date butoir à partir de laquelle l'acheteur insatisfait peut demander des compensations, elles aussi prévues au contrat. Et que sait-on ? Que nous dit-on ? Que le premier Mistral devait être livré fin octobre, le suivant l'année prochaine. Que constate-t-on ? Que les Russes menacent mais que finalement depuis quelques semaines, cela ne va guère plus loin. Ne serions-nous pas tout simplement dans un jeu d'intox réciproque entre la France et la Russie ?

Admettons, par exemple, que la date butoir de livraison pour le premier Mistral soit fixée à fin janvier. Pas de quoi s'affoler quand à d'éventuelles pénalités. Et Hollande aurait tort de ne pas profiter de notre ignorance pour jouer les gros bras avec Poutine et du même coup montrer aux USA qu'il tient ses engagements: ne pas livrer tant que la situation en Ukraine ne s'améliore pas. Tenez, et qui nous dit que la date butoir n'est pas liée à l’exécution pleine et entière du contrat, à savoir la livraison du deuxième Mistral ?

Bref, nous serions dans un jeu de manipulation de l'opinion publique (et des alliés de la France) parfaitement orchestrée, en l’occurrence et pour une fois, par l'Elysée. Nous ne connaissons pas, journalistes y compris pour l'instant, les tenants et les aboutissants de ce contrat, l'Elysée a donc beau jeu de dire ce qu'il veut et de montrer sa pugnacité, à sa place, j'en ferais peut-être autant.

Sauf que j'ai une toute autre idée de l'importance que j'accorde à ma signature. 

En refusant de livrer le premier Mistral, la France, pardon, Président remet en question un contrat signé, contrat que le client, la Russie, a honoré pour sa part en réglant la facture rubis sur l'ongle. Comment ne pas y voir une remise en cause de la crédibilité de la France? Aux yeux du monde (des affaires), la France n'aura pas tenu ses engagements. Et président prend un triple risque: la décrédibilisation totale de la parole de l'Etat français, le remboursement et/ou des pénalités conséquentes à payer à la Russie. On parle de près de 2 milliards d'euros.

Et un troisième risque dont on ne parle pas ou peu: Le "rétrécissement" de la zone commerciale de la France. Souvenez-vous, je vous parlais récemment de la création d'une banque commune aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ); imaginer que certains accords exclusifs de fournitures d'armes (ou autres) liant ces 5 pays aient été mis dans la corbeille n'est pas stupide. Imaginer que la Russie séduise l'Inde pour que finalement elle n'achète pas les 126 Rafale à la France, ou que cette même Russie, la Chine, voire l'Inde ou le Brésil choisissent autre chose que notre TGV pour équiper leurs territoires, non plus.  Souvenez-vous comment, quasiment du jour au lendemain, le Brésil laissa tomber les Rafale pour acheter finalement des Gripen suédois.

Alors, oui, Président se la joue belle en suspendant sine die la livraison des Mistral. A court terme. Si in fine, ils ne livrait pas, il faudra qu'il nous explique ce qu'il compte faire de ces deux navires qui ont été spécialement conçus pour les mers froides. A moyen et long terme, la France, en ne respectant pas les délais et sa parole, a beaucoup plus à perdre que ce que peut lui rapporter aujourd'hui cette manipulation politico-médiatique.

Vous me direz que les notions de moyen et long terme semblent étrangères à Président, sa spécialité c'est de laisser pourrir les situations compliquées, il se contentera donc de refiler la patate chaude à son successeur, assuré qu'il est de quitter le pouvoir dans un peu plus de deux ans.

Après tout, en quittant le siège du parti socialiste, n'avait-il pas laissé les toilettes bouchées...

Folie passagère 2550.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 18 mars 2014

Montebourg, Fabius: Les apprentis sorciers


Du temps où je travaillais avec beaucoup d'industriels de différents pays, ceux-ci me disaient souvent qu'ils se méfiaient du marché français: partenaires peu fiables, manque de rigueur, changements politiques et immixtion du politique dans le business, lourdeurs administratives, etc...  Une bonne partie de mon boulot consistait à les rassurer: Dans ma boîte, on n'était pas comme ça... jusqu'au jour où un deal passé et signé avec une entreprise américaine fut annulé à cause de pressions politiques: un industriel Français (du côté de Limoges) fit pression suffisamment haut pour que l'on soit obligé de travailler avec lui quand bien même il était plus cher que celui que nous avions retenu; l'Américain évincé injustement ne manquât pas de nous rappeler qu'il avait raison de se méfier des Français... Pendant des années, sur ce marché précis, nous eûmes mauvaise réputation, grillés.

Deux événements bien distincts aujourd'hui ont fait resurgir cette anecdote.

Le premier c'est d'apprendre que Patrick Drahi, le financier français installé en Suisse qui veut s'offrir SFR malgré l'opposition de notre gouvernement montebourgeois, n'a pas annoncé depuis huit jours ses intentions qu'il se prend une enquête fiscale diligentée ouvertement par le gouvernement. Son tort ? Sans rien préjuger des résultats de cette enquête? Ne pas être le candidat souhaité par le gouvernement pour ce deal à  plus de 11 milliards. Le meilleur conseil que je puisse donner à Patrick Drahi ? Qu'il plie les gaules illico, totalement, je suis sûr et certain que ses milliards trouveront ailleurs des cieux bien plus hospitaliers.

Le deuxième, c'est l'annonce stupide de Laurent Fabius. Celui-ci menace en guise de représailles dans le dossier criméen de ne pas livrer à la Russie deux frégates commandées à la France en 2011 et sur le point d'être livrées. On supposera que l'annonce de Fabius a reçu l'aval de Président. Par delà les dommages économiques et les risques sur l'emploi qu'engendreraient l'application de cette décision, voilà la France revenir, une nouvelle fois, sur la signature d'un contrat et sur ses engagements. Non seulement cette annonce est idiote, avec ses 300 navires de guerre, la Russie pourra éventuellement se passer de ces 2 frégates mais elle donne l'occasion au vice-premier ministre russe de déclarer urbi et orbi: " La France commence à trahir la confiance qu'on place en elle comme fournisseur fiable ". Et encore une fois, la politique met son nez là où elle ne devrait pas.

D'autant plus stupide l'annonce de notre Fabius qu'on apprend le jour même que la France a invité très officiellement le 6 juin prochain... Vladimir Poutine himself à l'occasion de je ne sais plus quelle commémoration.

Elle est où la cohérence ? De deux choses l'une: Ou bien nous sommes très mécontents des agissements russes en Crimée et dans ce cas, on met le paquet en annulant absolument tout ou bien on se fout de la gueule du monde en faisant des menaces à la con d'annulation de contrats tout en invitant dans le même temps le Diable à un raout de première garde !

Quelle image déplorable est ainsi donnée de notre pays, de ses politiques et de son économie sous surveillance renforcée du politique... et de Bruxelles.

Et pendant que nos dirigeants jouent les apprentis sorciers, notre économie continue de sombrer.

Pauvre France.

Folie passagère 2188.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.