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dimanche 3 septembre 2017

L'Armada de la dernière chance



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Une nuit plus tôt, Jean Raspail fit un drôle de rêve dont l'action se déroule en 1991. De ce rêve, il tira une chronique qui parut le 6 mai 1971 dans le Figaro sous le titre L'Armada de la dernière chance. C'est de celle-ci qu'il s'inspira pour écrire Le Camp des Saints publié en 1973.

" L'Armada de la dernière chance

L'autre nuit m'est venue une histoire tout à fait étrange que je voudrais vous conter. Sans doute ce que j'avais lu la veille avait-il déclenché quelque ressort dans ma tête : un reportage sur le Bengale laissant prévoir en vingt ans le doublement — de 70 à 140 millions d'habitants — d'une population qui ne parvient déjà plus à se nourrir, un autre traitant de l'immigration clandestine en Europe et un article sur la famille française moyenne évaluée à 3,37 personnes. Précisons tout de suite que mon histoire se situe au printemps 1991, qu'à cette époque-là je ne serai pas encore un vieillard et qu'il me sera facile alors de compléter ma pensée par une nouvelle chronique : au moins, j'aurai été prévenu à temps…

Se présenta sur les côtes françaises de la Méditerranée, au lendemain de Pâques 1991, une extraordinaire armada, la plus invraisemblable collection de cargos rouillés et de paquebots hors d'âge, tous chargés jusqu'à en couler d'un peuple famélique embarqué par milliers, avec femmes et enfants, quelque part dans le delta du Gange. Las de trop de famines, las de la mort, las de tout, ils avaient rassemblé leurs derniers sous pour s'embarquer vers un monde meilleur, celui où le lait coule à flot et où les gens sont aussi gras que leurs bêtes : l'Occident. Il aurait été intéressant de chercher s'ils avaient obéi à un mouvement spontané ou si, plus vraisemblablement, des meneurs occultes les entraînèrent, en vue de sombres desseins, dans cette espèce de Croisade des pauvres gens. Toujours est-il que l'Occident, pétrifié, suivit avec une angoisse croissante et muette la lente et inexorable progression de « l'armada de la dernière chance ». On se demanda plus tard qui avait trouvé et répandu ce titre-choc dont l'impact paralysa l'Occident? La dernière chance! Est-ce que cela se refuse?

Au large de Ceylan, l'un des cargos fit naufrage et plus de trois mille passagers périrent, car, à cinq cents milles à la ronde, autour de l'armada, la mer s'était vidée de tout trafic, comme si tous les navires du monde avaient fui comme l'on fuit devant un cas de conscience insoluble. Du côté de Socotra, à l'entrée du golfe d'Aden, un torpilleur égyptien tira plusieurs salves dans les mâtures de l'armada, accompagnées d'avertissements par haut-parleurs : le canal de Suez n'était pas sûr, on ne pouvait en autoriser le passage… Et l'armada fit route au sud, tandis que le torpilleur s'enfuyait. Les Afrikanders, aux aguets derrière les fortifications de leur territoire rétréci, découragèrent tout débarquement. Au moins furent-ils plus humains : ils parachutèrent du riz et de l'eau. Passé le cap de Bonne-Espérance, s'établit un long silence pendant lequel le monde entier retint son souffle, jusqu'au jour où Gibraltar annonça l'entrée en Méditerranée de la pitoyable armada. C'était un spectacle atroce! Sur le pont de vingt navires épuisés, prêts à couler à la moindre lame, cent mille malheureux tendaient leurs bras vers la côte européenne. Les radios arabes se réveillèrent toutes en même temps, exhortant leurs frères musulmans à gagner le nord de la Méditerranée, car c'était là seulement que le lait coulait à flot et que commençait l'Occident. Et l'on devinait la peur sous l'accent pathétique des speakers. A Rome, une voix s'éleva, rappelant en cette période pascale les devoirs de la charité et de l'amour du prochain. Alors, l'armada vint s'échouer à cinquante mètres du rivage, entre Cannes et Saint-Tropez.

La côte était déserte. Tout le monde avait fui en silence, honteusement, bouclant villas et magasins. En équipement de combat, l'armée tenait le rivage. Bravant le mépris universel, le gouvernement avait ordonné la fermeté, au nom de… Au nom de quoi, justement? Et quand, par milliers, des femmes et des enfants squelettiques se ruèrent vers le rivage, c'est une armée saisie de pitié, malade de culpabilité, qui ouvrit ses rangs et les laissa passer. Ce ne fut pas la fin du monde, mais tout au plus, la fin d'un monde.

Quand la nouvelle se répandit par toute la terre cinq flottes semblables prirent la mer, depuis l'Afrique, l'Inde et l'Asie. Alors seulement fut comprise de tous la force irrésistible du tiers monde. "

Jean Raspail, Le Figaro, 6 mai 1971.


Pour mémoire, la population du Bangladesh (qui n'est pas tout à fait le Bengale d'alors) était d'un peu plus de 50 millions en 1960, de près de 65 millions en 1970, de 106 millions en 1990, de 140 millions en 2004...

En 1960, la population de l'Afrique était de 285 millions d'habitants, de 632 millions en 1990, d'1,2 milliard en 2016 avec une prévision de 2,5 milliards en 2050.

En 1991, le futur Pape François n'avait alors que 55 ans et ne serait élu Pape que 22 ans plus tard en 2013.

En 2015, le taux de fécondité d'une femme française (de souche) est de 1,96. En 2016, il est estimé, en Afrique à 4, 7. En 2012, le taux de fécondité au Niger s'élève à 7,6 enfants par femme !

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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 1 septembre 2015

Migrants: A flot continu...

Cette vidéo est terrible, terrifiante. Jean Raspail* s'était trompé sur un point: il ne pouvait imaginer que les Européens iraient jusqu'à affréter leurs propres bateaux pour aider au grand déferlement... 




Et nous, nous allons les accueillir, pour partie d'entre eux; les accueillir parce que l'hystérique de Matignon l'a dit. Combien ? Peu importe, il semblerait que cela n'ait pas d'importance. 350 000 aurait déjà fait le voyage pour l'Europe depuis le début de l'année. L'Allemagne s'attend à en recevoir 800 000. Alors, nous allons les accueillir. Parce que nous n'avons, parait-il, pas le choix. Parce que ce sont nos frères. Parce que nous ne pouvons pas laisser cette misère se répandre anarchiquement. Parce que sécurité, parce qu'hygiène, parce que solidarité, parce que... Soit. Et que pour ceci faire, quand ils auront, pour quelques centaines ou milliers d'entre eux, à nouveau échoués à Calais, la France, aidée par l'Europe, va construire en 2016 - on se demande bien d'ailleurs pourquoi pas dès maintenant - un camp d'hébergement de 1 500 places. Oups, pardon, un campement humanitaire, faut-il dire, avec 120 grandes tentes de 12 places. Ça tombe bien, ils sont déjà 3 500 dans ce que Manuel Valls appelle " la lande ", faute d'oser, comme tout le monde là-bas, parler de jungle... Et quand ils seront 5 000, 10 000 ou 100 000, on fera quoi ? Un autre campement humanitaire ? 

Parce que, hein, franchement avec toutes ces bonnes nouvelles et ces gentils discours, vous croyez que cela va les décourager de venir par ici ? Que nenni, la rumeur courre déjà à coup de sms, de djembés, de tam-tam et de passeurs aussi ignobles que cupides: " A Calais, on nous accueille et ils construisent des camps avec des douches et on nous donnera des vêtements, à manger et un petit pécule, viendez ! ". Ce à quoi, l'un de nos politocards ou l'un des membres de ces gentilles associations humanitaires répondra en écho: " Bienvenue chez vous ! ". 

5 millions d'euros qu'il a obtenu notre Premier de Bruxelles pour aider à la construction de ce camp. Mais aussi - et ça, il ne s'en est pas trop vanté - pour " soutenir le transport des demandeurs d'asile de Calais vers d'autres destinations en France " ! D'autres destinations en France ? Oui, oui, vous avez bien lu. Où ? Ce n'est pas votre problème ! " D'autres destinations en France " vers lesquelles on peut supposer que sous peu il faudra construire d'autres camps d'hébergement, en attendant de leur donner les moyens de repeupler nos campagnes... 

Déferlement, repeuplement, remplacement... 

Et puis tant pis si on ne demande pas aux Français ce qu'ils en pensent. Et tant pis si les Calaisiens n'en peuvent plus de voir leur ville envahie par les réfugiés, désertée par les touristes et le prix de l'immobilier chuter. Et tant pis si cela va nous coûter un bras. Et tant pis si... On ne nous demande pas votre avis, on vous demande juste de les accueillir, et si possible avec le sourire. 

Moi je me dis que les Français ont maintenant, et de plus en plus, une nouvelle conception du droit d'asile et de l'accueil: Okay venez, refaites-vous une santé, on régale et basta, dehors, retour à l'envoyeur, allez où vous voulez mais pas chez nous

Et je me dis que ces mêmes Français, c'est un tout autre discours qu'ils attendent de nos dirigeants, un discours ferme avec des mesures concrètes et rapidement exécutables: Comment va-t-on faire pour enrayer de manière définitive, à la source, ce flot continu de migrants-réfugiés ? Quid de la surveillance de nos cotes ? Quid des moyens employés pour obtenir des pays expéditeurs qu'ils gardent chez eux leurs populations ? Quid des décisions prises pour empêcher les embarquements ? Quid de l'action de la France au niveau européen, hormis les effets d'annonces de futurs sommets internationaux sur le sujet ? On nous dit que la lutte contre les passeurs s'intensifie et que nombreux sont ceux qui ont été arrêtés. Okay, vous les avez vu ces passeurs arrêtés ? Vous avez lu leurs noms ? Vu leurs visages ? Moi pas. 

Les élections régionales approchent, le FN se frotte les mains... 

Le problème n'est pas que Français, me direz-vous. Absolument. Et alors ? Devons-nous pour autant accepter cette invasion ? Accepter que la Macédonie chère à Président et la Hongrie chargent des trains entiers pour dégager au plus vite ces migrants vers les pays d'après ? Et pourquoi ne nous les imiterions pas en chargeant nos Eurostar, direction Douvres et Saint Pancras ? Cela fait des semaines et des mois qu'on les entend nos dirigeants, Français ou Européens, nous parler d'une crise migratoire sans précédent, d'un drame humanitaire, de pays en guerre, d'une situation difficile et extrêmement complexe mais à part cela ? A part parler ? L'hystérique de Matignon, le menton toujours à la pointe du combat, a déclaré hier, à Calais, que " tous ceux qui n'avaient pas droit à l'asile seront reconduit à la frontière ". Quelle frontière ? En Italie ? En Belgique, en Suisse d'où ils reviendront aussitôt avec la bénédiction ou la complicité des dits gouvernements. En Syrie ? En Érythrée ? En Afghanistan ? Depuis quand n'avons-nous pas vu un avion ou un bateau chargés de déboutés du droit d'asile repartir dans l'autre sens ? 

Il en va de la responsabilité de nos dirigeants de préserver, si tant est que cela soit encore possible, nos équilibres, notre sécurité et notre identité - ils ont été élus pour cela - alors de deux choses l'une, ou ils sont à la hauteur pour résoudre ce merdier, mais dans ce cas, ils doivent nous le prouver dès demain ou bien ils en sont incapables, ce dont je ne doute pas, et dans ce cas, ils doivent dégager tout aussi urgemment. 

Aux prétendants à la succession de nous démontrer par les engagements qu'ils prendront, des engagements gravés dans le marbre, pourquoi pas validés par un référendum, qu'ils peuvent être à la hauteur. 

* Les chiffres de cette migration sont par contre tout à fait à la hauteur de ce qu'écrivait Jean Raspail en 1973, d'une justesse qui fit dire à Jean Cau le gauchiste, à peine la lecture du livre terminée: " Et si Raspail, avec "Le Camp des Saints", n'était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? " et à Henri Amouroux rencontrant le même Raspail: " Ah, mon Dieu, je n'ai jamais vu de prophète de ma vie, vous êtes le premier! " 

Folie passagère 2887.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 18 juin 2015

Quand la patrie est trahie par la République ( Jean Raspail )


Il me semble que la date du jour, le 18 juin, convient parfaitement à la lecture de ces quelques lignes de Jean Raspail...

" Quand la patrie est trahie par la République 

J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé. Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité. 

D’autant plus qu’en 1973, en publiant « Le Camp des saints », j’ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites. Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu’« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié – la plus âgée – de la population du pays, le reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer. 

Toute l'Europe marche à la mort

La France n’est pas seule concernée. Toute l’Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas – rapport de l’ONU (qui s’en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l’Ined pousse à la désinformation.

Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque.

Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme. Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de « l’accueil à l’autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les bras et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050.

La première hypothèse: Les isolats résistants

Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français – et pas nécessairement tous de race blanche – qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de génération en génération.

Cela ne leur sera pas facile.

Face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte – je cherche un terme approprié – d’une communauté de la pérennité française.

Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

Cela ne plaira pas.

Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés.

Et ensuite ?

Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom.

Ce processus est déjà amorcé.

La seconde hypothèse: La " Reconquista "

Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de « Reconquista » (lire « De la Reconquête Française » – de Marc Noé) sans doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus.

Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné.

Son auteur n’est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr.

Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France (évitons le qualificatif d’«éternelle» qui révulse les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé.

Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’État (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.

Les renégats de la France

Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot « renégat », mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure.

Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde. Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossiers à l’appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts. Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République. »

Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure :

« Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974.)

Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. » "

Par Jean Raspail, pour le site Nouvelles de France, le 18 juin 2015.

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mardi 8 octobre 2013

Lampedusa, c'est encore Jean Raspail qui en parle le mieux


Alors que sur la plage, l'invasion a commencé et que des centaines, voire des milliers de migrants débarquent, le vieux professeur voit sa tranquillité perturbée par un ravi de passage...

" Depuis le petit escalier donnant sur la ruelle, le jeune homme était arrivé sans bruit sur la terrasse. En jeans et baskets délavés, les cheveux longs, blonds et sales, l’aspect général négligé, le regard trahissant l’avachissement de l’âme, il représentait assez bien ces marginaux parasites que l’Europe a sécrétés par centaines de milliers et qui forment déjà en son sein, comme un cancer, une sorte de tiers monde volontaire.

— Je viens d’en bas, dit le jeune homme. Fabuleux ! Enfin ! J’attendais cela !
— Vous êtes seul ?
— Pour le moment. Sauf des copains qui se trouvaient déjà sur la côte. Mais d’autres descendent. À pied. Tous les cochons filent vers le nord ! Pas une auto dans l’autre sens ! Vont être crevés, mais ne voudraient pas manquer ça.
— En bas, vous êtes-vous approché ?
— Tout près, oui, mais pas longtemps. J’ai reçu des coups de crosse. Un officier m’a traité de vermine. Mais j’ai vu des soldats qui pleuraient. C’est bon ! Demain, on ne reconnaîtra plus ce pays. Il va naître.
— Avez-vous vu ceux qui arrivent, ceux des bateaux ?
— Oui.
— Et vous croyez que vous leur ressemblez ? Vous avez la peau blanche. Vous êtes sans doute baptisé. Vous parlez français, avec l’accent d’ici. Vous avez peut-être des parents dans la région ?
— Et alors ? Ma famille, c’est celle qui débarque. Me voilà avec un million de frères, de soeurs, de pères, de mères et de fiancées. Je ferai un enfant à la première qui s’offrira, un enfant sombre, après quoi je ne me reconnaîtrai plus dans personne.
— Vous n’existerez même plus. Vous serez perdu dans cette multitude. Ils ne feront même pas attention à vous.
— Je ne demande que ça. Mes parents sont partis ce matin, avec mes deux soeurs qui ont subitement eu peur d’être violées. Défigurées par la trouille. Ils les rattraperont. Tout le monde sera rattrapé. Ils ont beau foutre le camp, ces gens-là sont finis. Si vous aviez vu le tableau ! Mon père entassant les godasses de son magasin dans sa jolie camionnette, ma mère faisant le tri en chialant, les moins chères qu’ils abandonnaient, les plus chères qu’ils emportaient, mes sœurs déjà installées sur la banquette avant, collées l’une contre l’autre et me regardant avec horreur, comme si c’était moi qui allais les violer en premier ; et moi, enfin, me marrant comme un fou, surtout lorsque mon père a baissé le rideau de fer et empoché sa clef. Je lui ai dit : « Si tu crois que ça servira à quelque chose ! Ta porte, moi je l’ouvre sans clef et ce sera fait demain. Et tes godasses, je crois qu’ils pisseront dedans ou bien qu’ils les boufferont, car ils marchent pieds nus ! » Alors il m’a regardé et il m’a craché dessus. Je lui ai renvoyé un gros crachat qu’il a reçu en plein dans l’oeil. C’est comme cela qu’on s’est quitté.
— Et vous ? Qu’est-ce que vous êtes venu faire ici ? Dans ce village ? Chez moi ?
— Je pille. À part l’armée, vous, et des copains, je crois qu’il n’y a plus personne à cent kilomètres à la ronde. Alors je pille. Mais je n’ai plus faim, j’ai déjà trop mangé. À dire vrai, je n’ai pas besoin de grand-chose et d’ailleurs, tout est à moi. Demain, c’est moi qui leur offrirai tout cela. Je suis une sorte de roi et je ferai don de mon royaume. Il paraît que c’est Pâques, aujourd’hui.
— Je ne comprends pas.
— Il y a un million de Christs à bord de ces bateaux, qui ressusciteront demain matin. Alors, le vôtre, tout seul... fini, lui aussi.
— Vous êtes croyant ?
— Pas du tout.
— Et ce million de Christ, une idée à vous ?
— Non. Mais dans le genre curé, je la trouve assez jolie. Elle me vient d’ailleurs d’un curé. Je l’ai rencontré il y a une heure. Je montais par ici, lui descendait comme un fou. Pas si paumé, plutôt bizarre. De temps en temps il s’arrêtait, il levait les bras au ciel, comme les autres, en bas, et puis il criait : « Merci, mon Dieu ! » et se remettait à cavaler vers la plage. Il paraît qu’il en descend d’autres.
— D’autres quoi ?
— D’autres curés du même genre. D’abord, vous m’ennuyez. Je n’étais pas venu pour parler. Et puis vous n’êtes plus qu’un fantôme, qu’est-ce que vous faites encore ici ?
— Je vous écoute.
— Cela vous intéresse, toutes mes conneries ?
— Prodigieusement.
— Vous n’êtes qu’un pourri. Vous réfléchissez encore. Il n’y a plus à réfléchir, cela aussi, c’est fini. Allez-vous-en !
— Oh ! mais non !
— Tenez ! vous et votre maison, vous vous ressemblez ! On dirait que vous êtes là depuis mille ans, tous les deux.
— 1673, exactement, dit le vieux monsieur en souriant pour la première fois.
— Trois siècles de certitude héréditaire. Écœurant. Je vous regarde et je vous trouve parfait. C’est pourquoi je vous hais. Et c’est chez vous, ici, que je conduirai les plus misérables, demain. Ils ne savent rien de ce que vous êtes, de ce que vous représentez. Votre univers n’a aucune signification pour eux. Ils ne chercheront pas à comprendre. Ils seront fatigués, ils auront froid, ils feront du feu avec votre belle porte de chêne. Ils couvriront de caca votre terrasse et s’essuieront les mains aux livres de votre bibliothèque. Ils cracheront votre vin. Ils mangeront avec leurs doigts dans les jolis étains que je vois à votre mur. Assis sur leurs talons, ils regarderont flamber vos fauteuils. Ils se feront des parures avec les broderies de vos draps. Chaque objet perdra le sens que vous lui attachiez, le beau ne sera plus beau, l’utile deviendra dérisoire et l’inutile, absurde. Plus rien n’aura de valeur profonde, sauf peut-être le bout de ficelle oublié dans un coin et qu’ils se disputeront, qui sait ? en cassant tout autour d’eux. Cela va être formidable ! Foutez le camp !
— Encore un mot : eux vont détruire sans savoir, sans comprendre. Mais vous ?
— Moi, parce que j’ai appris à haïr tout cela. Parce que la conscience globale du monde exige
que l’on haïsse tout cela. Foutez le camp ! Vous m’emmerdez !
— Comme vous voudrez.

Le vieux monsieur entra dans la maison, puis en ressortit aussitôt, un fusil de chasse à la main.

— Que faites-vous ? demanda le jeune homme.
— Je vais vous tuer, bien sûr ! Le monde qui est le mien ne vivra peut-être pas au-delà de demain matin et j’ai l’intention de profiter intensément de ses derniers instants. Je vais vivre une seconde vie, cette nuit, sans bouger d’ici et je crois qu’elle sera plus belle encore que la première. Comme mes semblables sont partis, j’ai l’intention de la vivre seul.
— Et moi ?
— Vous, vous n’êtes pas mon semblable. Vous êtes mon contraire. Je ne veux pas gâcher cette nuit essentielle en compagnie de mon contraire. Je vais donc vous tuer.
— Vous ne saurez pas. Je suis certain que vous n’avez jamais tué personne.
— C’est exact. J’ai toujours mené une vie paisible d’un professeur de lettres qui aimait son métier. Aucune guerre n’a eu besoin de mes services et les tueries d’apparence inutile m’affligent physiquement. J’aurais probablement fait un bien mauvais soldat. Toutefois, avec Actius, je crois que j’aurais joyeusement tué du Hun. Et avec Charles Martel, lardant de la chair arabe, cela m’aurait rendu fort enthousiaste, tout autant qu’avec Godefroi de Bouillon et Baudoin le lépreux. Sous les murs de Byzance, mort aux côtés de Constantin Dragasès, par Dieu ! que de Turcs j’aurais massacrés avant d’y passer à mon tour ! Heureusement que les hommes qui ignorent le doute ne meurent pas si facilement ! Aussitôt ressuscité, me voilà taillant du Slavon en compagnie des Teutoniques. Je porte la croix sur mon manteau blanc et je quitte Rhodes l’épée sanglante au poing, avec la petite troupe exemplaire de Villiers de L'Isle-Adam. Marin de don Juan d’Autriche, je me venge à Lépante. Belle boucherie ! Puis l’on cesse de m’employer. Seulement quelques broutilles qui commencent à être mal jugées, de l’histoire contemporaine, une triste plaisanterie, je ne m’en souviens déjà plus très bien. Tout cela devient si laid : plus de fanfares, plus d’étendards, plus de Te Deum. Pardonnez la pédanterie d’un vieil universitaire radoteur. Évidemment je n’ai tué personne, mais toutes ces batailles dont je me sens solidaire jusqu’au plus profond de mon âme, je les revis toutes en même temps, j’en suis l’unique acteur, avec un seul coup de feu. Voilà !

Le jeune homme s’écroula gracieusement, glissant le long de la balustrade où il se tenait adossé, et se retrouva assis sur ses talons, les bras pendant le long du corps, dans une position qui lui semblait familière. La tache rouge sur le sein gauche s’élargit quelque peu, puis cessa très vite de saigner. Il mourut proprement. Les yeux que ferma le professeur, d’un geste doux du pouce et du majeur, n’avaient même pas l’air étonné. Pas d’étendards, pas de fanfares, une victoire à l’occidentale, aussi définitive qu’inutile et dérisoire. C’est en paix avec lui-même, une paix tellement suave qu’il ne se souvenait pas en avoir jamais éprouvé d’aussi achevée, que le vieux M. Calguès tourna le dos à ce mort et rentra dans la maison.

Avec la paix de l’âme, le professeur sentit une faim bien franche lui mordre l’estomac..."

Oui, Lampedusa, c'est encore Jean Raspail qui en parle le mieux... avec juste 40 ans d'avance.

Extrait du livre de Jean Raspail, Le Camp des Saints. 1973. Editions Robert Laffont



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mardi 21 mai 2013

On est bien peu de choses... ( R.I.P. Dominique Venner )


" Une figure de l'extrême-droite se suicide dans Notre-Dame de Paris.

Un homme de 78 ans s'est donné la mort dans la cathédrale Notre-Dame mardi en se tuant par balle. Il s'agit d'un écrivain d'extrême-droite, proche des opposants au mariage homo. " 

C'est par ces mots que BFM annonce le suicide, cet après-midi, à Notre Dame de Paris de Dominique Venner. "Avec un pistolet ancien "... Et aussitôt le net et la  twittosphère de s'emparer de cette triste nouvelle - le suicide d'une personne ne peut être qu'une triste nouvelle - pour ne retenir, épiloguer et amalgamer à loisir et facilement que sur " extrême-droite, opposant au mariage gay ". 

Mais qui était donc Dominique Venner ? 

Il eut été intéressant que tous les empressés de la nécrologie à deux balles, vite fait-mal faite, aillent jeter un coup d’œil sur la bio du personnage. Certes, c'était un gars très, très à droite, ancien de l'OAS et à ce titre emprisonné pendant 18 mois. Il se mettra en retrait de tout militantisme dans les années 70 pour se consacrer à l'écriture de divers ouvrages sur notre histoire contemporaine, se spécialisant sur la seconde guerre mondiale et les périodes suivantes. Son livre " Histoire de l'Armée Rouge " sera récompensé du prix Prix Broquette-Gonin d'histoire de l'Académie française en 1981. Il fonde par la suite une revue d'histoire très prisée La Nouvelle Revue d'Histoire, rebaptisée par la suite NRH, revue à laquelle participent des personnes éminentes telles que Alain Decaux ou Jacqueline de Romilly. Il animait régulièrement une émission sur Radio-Courtoisie. Il aura écrit une cinquantaine d'ouvrages. Dominique Venner se référait souvent à Renaud Camus et à Jean Raspail pour leurs visions prémonitoires sur le Grand Remplacement dont la France serait victime depuis des années, condamnant ainsi, pour faire simple, les vagues d'immigrations récentes qui réduiraient peu à peu l'identité historique française.

Bref, tous ces éjaculateurs précoces de bio-express auraient pu faire le même travail que moi et se rendre compte que Dominique Venner ne peut se résumer aux simples qualifications d'extrémiste anti-mariage pour tous. Il était bien plus.

Dans le dernier billet qu'il publia aujourd'hui même avant d'interrompre son parcours, il appelle les manifestants du 26 mai prochain à ne pas se satisfaire d'une simple manif anti loi Taubira, relevant lui aussi, comme moi, que ce mouvement dépasse depuis plusieurs semaines le simple cadre d'une opposition au mariage pour tous et relève tout autant, voire bien plus, d' une crise identitaire ( au sens premier de l'expression ) et d'une remise en cause de certaines valeurs imposées depuis des lustres par la gauche et son cortège de droitsdelhommistes progressistes.

"  Il ne suffira pas d’organiser de gentilles manifestations de rue pour l’empêcher [ce grand remplacement]. C’est à une véritable « réforme intellectuelle et morale », comme disait Renan, qu’il faudrait d’abord procéder. Elle devrait permettre une reconquête de la mémoire identitaire française et européenne, dont le besoin n’est pas encore nettement perçu. 

Il faudra certainement des geste nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines. Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes. 

Il faudrait nous souvenir aussi, comme l’a génialement formulé Heidegger (Être et Temps) que l’essence de l’homme est dans son existence et non dans un « autre monde ». C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde ultime a autant d’importance que le reste d’une vie. C’est pourquoi il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartient d’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien. " ( Dominique Venner 1935 - 21 mai 2013 ).


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