Najat Vallaud-Belkacem ( Vallaud pour l'intégration, Belkacem pour ne pas oublier le bled ) s'est encore fait remarquer avec une déclaration qui titille les réacs-plus-réacs-que-moi. L'occasion faisant le larron, certains en profiteront pour balancer quelques saloperies homophobes, mais bon..., n'est pas parfait qui veut. Mais revenons à NVB, qu'a donc dit ce modèle d'intégration ? " Aujourd'hui, ces manuels scolaires s'obstinent à passer sous silence l'orientation LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) de certains personnages historiques ou auteurs, même quand elle explique une grande partie de leur œuvre comme Rimbaud. "
Passons sur l'appellation moderneuse LGBT, sans doute aurait-elle pouffer de rire Rimbaud et Verlaine, et concentrons-nous sur le propos. Il s'agirait donc de signifier aux élèves que si Rimbaud est Rimbaud, Verlaine, Verlaine et Cocteau, Cocteau, c'est parce qu'ils étaient gays. Une partie de leur génie viendrait de leur homosexualité; ne pas le savoir, ne pas l'apprendre serait méconnaitre l'auteur et apprécier faussement leurs œuvres.
Et alors, il est où le problème ? Qu'est-ce qui peut donc ascagasser nos réacs dans les propos de la Najat ? Je ne comprends pas vraiment. Comme l'écrivait l'étrange Gripari, cité par l'Amiral, : " Avant tout, il faut mettre chaque chose à sa place. La sexualité joue un rôle important dans la vie, c’est vrai, mais elle n’est pas la vie. La vie, la vraie, c’est aussi tout le reste : le métier, le travail, les loisirs, les arts, les sciences, la politique, le sport, et aussi l’œuvre à faire " . N'y-a-t-il pas contradiction à dire dans la même phrase que la sexualité joue un rôle important dans la vie et lui dénier juste après cette importance ?
La sexualité est fondamentale dans le comportement, la construction, la réalisation et l'accomplissement de chacun. Si elle n'est pas toute la vie, elle est partie intégrante. La sensibilité homosexuelle, que d'aucuns qualifieront de sensibilité féminine, influe incontestablement sur la vie et l’œuvre des personnes homosexuelles. Jean Paul Gaultier ne serait pas Gaultier sans cela. Cocteau, Colette, Yourcenar, Cambacérès, Wilde, Proust, Kierkegaard, Genet, Foucault ( Michel ), Le Luron ou Klaus Nomi... non plus. N'y-avait-il pas une part de génie ou un brin de folie créatrice chez tous ces gens-là ? Comment bien saisir la justesse des Amitiés Particulières, de Querelle de Brest, d'A la recherche du temps perdu ou du Portrait de Dorian Gray en faisant l'impasse sur la spécificité des auteurs ?
J'ai souvenir que lorsque j'eus à passer le bac de Français, il nous fallait tout savoir des auteurs étudiés mais à l'époque, et de chaque côté de l'estrade, il n'eut pas été de bon goût d'évoquer le particularisme de certains auteurs. Avec le recul et mon émancipation, force était de constater qu'à relire ces gens-là, sachant, les histoires racontées prenaient un tout autre sens. Bien plus vrai. Occulter, cacher ou taire l'homosexualité de ces personnages ( écrivains, artistes, stylistes, peintres, politiques...) serait falsifier leurs histoires et ne pas chercher à véritablement les comprendre. Un mensonge par omission. Indubitablement, c'est leur orientation sexuelle qui a fait les génies ( bons ou mauvais ) qu'ils sont devenus.
Pour toutes ces raisons, NVB a, pour une fois, parfaitement raison. L'orientation sexuelle des personnages historiques, écrivains ou artistes ne peut plus aujourd'hui être passée sous silence lorsqu'ils sont enseignés. Il ne s'agit pas de faire leur coming-out, les 3/4 sont 6 pieds sous terre et se foutent royalement de ce qu'on pourrait dire à leur sujet, juste de ne pas nier leur réalité. Si par contre, par ce biais, il s'agit de faire la " promotion " de l'homosexualité - et connaissant nos socialistes boboïdes... - nous serions sur une toute autre mayonnaise: la perversion ( ou détournement ) de la vérité.
Folie passagère 1403.