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jeudi 30 mai 2019

Dans la série "On marche sur la tête": La France prête 250 millions à la Chine !




Dans la série " on marche sur la tête ":

La France, riche à milliards comme chacun le sait, par l'intermédiaire de l'Agence Française pour le Développement, a décidé de prêter 250 millions d'euros à... la Chine pour l'aider (on croit rêver) a réussir sa... transition écologique !

Un prêt de 100 millions d'euros a été conclu avec la Bank of Nanjing, une banque basée à Nankin (est), afin de financer des projets dans les domaines de l'environnement, du climat ou de l'efficacité énergétique, a annoncé devant la presse le directeur général de l'AFD, Rémy Rioux. «C'est la première fois que l'AFD prête directement à une entité non souveraine», en l'occurrence une banque publique chinoise, a relevé Rémy Rioux.

Un autre prêt, de 50 millions d'euros, est destiné à «un bourg» de la région du Guangxi (sud) pour un projet de «restauration du patrimoine naturel et culturel». Enfin, un prêt de 100 millions d'euros a été signé en faveur d'un projet de «prise en charge du vieillissement» de la population dans la province pauvre du Guizhou (Source: Le Figaro)

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mardi 9 janvier 2018

Macron en Chine, Macron... à la mosquée !

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Ce type, Macron, est tout bonnement incroyable. Le gars va en Chine, l'un des pays les plus peuplés au monde, l'une des 4 grandes puissances et que fait-il quasiment en premier, dès son arrivée ? Je vous le donne en mille! Il va visiter la mosquée de X'ian !

Il est vrai que si la population musulmane chinoise, majoritairement sunnite, représente environ 1,6% de la population totale, ça fait tout de même, selon les estimations, entre 20 à 65 millions d'individus à caresser dans le sens du poil...

On imagine que les muzz de France, du Koweït, de Syrie, d'Arabie Saoudite, de Jordanie ou du Soudan auront été sensibles à ce geste. Gageons que les Iraniens auront fait la gueule !

On notera qu'aucune visite d'église n'a été programmée...


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mercredi 20 septembre 2017

A propos des Rohingyas: Idéologies et approche victimaire...

On nous dit, à grands renforts d'images terribles, que les Rohingyas se font massacrer et fuient la Birmanie par centaines de milliers. C'est vrai mais ce n'est pas aussi simple qu'on voudrait nous le faire croire. Voyez-vous, moi, les conflits qui médiatiquement sortent comme cela du jour au lendemain, ça me travaille, je me dis qu'il y a un loup même si pour une fois rien ne semble flou. Alors, j'ai lu plein de trucs sur ce conflit jusqu'à tomber sur l'article qui suit et qui me semble être la meilleure explication sur ce qui se passe là-bas, vision qui bien évidemment n'est pas celle de nos médias et encore moins celle de notre Président jupitérien (cf. son discours à l'ONU). Prenez le temps de le lire, vous aurez un autre regard sur les Rohingyas, ce conflit et la manière dont il est traité par les médias et certains...

(Manifestation pro-Rohingyas à Dacca (Bengladesh),
par les partisans du mouvement islamiste Hefazat-e-Islam)
" Rohingyas : idéologies et approche victimaire

L’ennui avec une idéologie, quelle qu’elle soit, c’est que son approche de la réalité est rarement conforme avec les faits. Lénine disait qu’il n’y avait que deux idéologies, l’idéologie bourgeoise ou l’idéologie socialiste (1). En cela, comme sur d’autres points d’ailleurs, il avait tort. Il y en a une troisième : l’idéologie de l’Islam militant ou islamisme. Ainsi Jules Monnerot avait-il bien raison de dire que l’Islam serait le communisme du XXème siècle (2). Cette affirmation se révèle et se constate tous les jours. L’actualité nous en donnant des éléments à flot constant. Pour l’illustrer, nous nous pencherons sur ce qu’il se passe en Asie du Sud-Est, précisément au Myanmar, l’ancienne Birmanie. 

Le grand public a découvert ces dernières années et plus encore ces derniers mois, une minorité dont elle ignorait jusqu’à lors l’existence : les Rohingyas. Minorité ethnique et religieuse, elle est une de celles qui composent l’ensemble des habitants du Myanmar, avec la majorité Birmane bouddhiste. Malheureusement, ce public approche le conflit en question, par les informations qui lui sont données, de façon tronquée ; l’explication qui lui est donnée est monocausale. Rien n’est plus faux, surtout en matière géopolitique.

Un tiers exclu

Les Rohingyas sont un sous-groupe du peuple bengalais situé sur le territoire de l’actuel Myanmar suite aux affres de la colonisation britannique. Les Britanniques ayant utilisé les Rohingyas dans la répression contre les Birmans, que ce soit lors de la conquête de ce qui allait devenir le Raj britannique ou au moment de l’indépendance birmane, cette minorité n’a jamais été considérée par la quasi totalité des habitants de la Birmanie (puis du Myanmar) comme faisant légitimement partie des peuples constituant la « nation birmane ». Des groupes ethniques, le Myanmar en compte de nombreux - pas loin de 130 (3) - et pas toujours en sympathie avec le pouvoir de la capitale actuelle, Naypyidaw (4). En effet, que ce soit avec les Chans, les Chins, les Karens bien sûr, de nombreux conflits ont émaillé les rapports avec le pouvoir en place depuis l’indépendance en janvier 1948, notamment sous la junte militaire entre 1962 et 2011 et ce jusqu’à aujourd’hui. 

Les Rohingyas ne parlent quasi exclusivement que le Bengali, et ne sont ni intégrés et encore moins assimilés à leurs compatriotes bouddhistes. Depuis longtemps discriminés et persécutés dans le pays (ils n’ont pas le droit de sortir du Rakhine, n’ont pas de papiers d’identité), ils ne sont pas véritablement des citoyens mais ont le statut d’« associés » à la Birmanie ; bref, ils sont dans une situation bien plus difficile comparativement aux autres minorités ethniques ou religieuses, elles mêmes souvent persécutées. 

Géographiquement, les Rohingyas se regroupent à l’Ouest du Myanmar, près de la frontière avec le Bangladesh, dans le Nord de la province de l’Arakan (Etat de Rakhine), en un territoire ouvert sur le Golfe du Bengale. Ils constituent une des minorités dans la dite province, face aux Arakanais (bouddhistes) majoritaires. 

Minorité ethnique, les Rohingyas sont aussi une minorité religieuse en ceci qu’ils sont musulmans. C’est là qu’intervient l’approche idéologique du conflit (dont nous parlions au préambule), c’est là que les faits sont travestis, que s’ouvre le Story telling. Alors que l’on nous présente le conflit sous un angle exclusivement religieux (gentils musulmans contre méchants bouddhistes), nous pourrions dire en utilisant un terme de juriste, que l’Islam n’est en définitive pas le « fait générateur » du conflit. En effet, il y a d’autres fortes minorités musulmanes au Myanmar : il y a ceux d’origine indienne et ceux d’origine chinoise (Panthays). Or, que constate-t-on ? Que ces deux autres minorités musulmanes du Myanmar n’ont aucun souci d’intégration et qu’elles ne font pas l’objet de discrimination et de mépris de la part du pouvoir et/ou de la population du Myanmar, qu’il n’y a pas de conflit de la nature dont sont partie prenante les Rohingyas. Ainsi, présenter ce qui s’y passe sous l’angle d’une minorité musulmane opprimée du fait seul qu’elle professe l’Islam ne tient pas la route. Par contre, ceux qui ont un intérêt particulier à ce que le conflit soit perçu de la sorte sont les idéologues : les islamistes et les mondialistes. 

Les islamistes 

Les premiers idéologues sont les islamistes, qu’ils soient locaux (Rohingyas, Bangalais), régionaux (du Sud de la Thaïlande, de Malaisie, des Philippines et d’Indonésie) et aussi bien sûr, ceux de la mouvance islamique pro-califat (Al-Qaida, Etat Islamique, Hizb-ut-Tahrir, etc.). Par la mise en avant de cette posture victimaire, « les » musulmans n’apparaissant plus médiatiquement avec le label « barbares terroristes », « oppresseurs » et « sanguinaires » mais comme des opprimés, un statut privilégié qui apitoie l’opinion et exonère de toute analyse (5), tant l’émotion tue la raison. De plus, en appeler à l’action des musulmans du monde contre les responsables au pouvoir à Naypyidaw, permet à ces idéologues non seulement de permettre l’ouverture d’un nouveau foyer-creuset pour combattants djihadistes, mais encore de mobiliser les musulmans du monde (la Oumma) face à l’ennemi impie en une cause transnationale, globale.

Soulignons que dans ce conflit, les armes ne sont pas que d’un seul côté. Les Rohingyas ne sont pas que des victimes, tuant et détruisant eux aussi ; et ce, avec autant de sauvagerie et de haine que les extrémistes birmans bouddhistes, civils ou militaires. Les Rohingyas ne sont pas épars et sans structures combattantes. Ils ont des groupes armés, mobiles et entraînés, dont le Harakah al-Yaqin qui se fait appeler Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) lorsqu'il communique avec des journalistes occidentaux. Enfin, ce conflit n’est pas circonscrit aux seules limites du territoire birman de l’Arakan. Un certain nombre de combattants Rohingyas sont des djihadistes militants, en liaison étroite avec le Harakat al Jihad al Islami du Bengladesh voisin, ayant été entraînés par l’ISI (les Services pakistanais), souvent passés par les madrassas pakistanaises et ayant connu le théâtre afghan. Des liens ont été observés, par ailleurs, notamment entre les insurgés des trois provinces du Sud thaïlandais et les musulmans birmans des organisations Rohingya Solidarity Organization (RSO), Arakan Rohingya Islamic Front (ARIF) et de l’Arakan Rohingya National Organization (ARNO). Il est à noter, au passage, que la plupart de ces groupes islamistes armés ont leur siège au Bengladesh et qu’ils bénéficient de la bienveillance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. 

Les mondialistes 

Les autres idéologues sont les mondialistes. Ces derniers utilisent, eux, un autre ressort idéologique : les « droits de l’Homme », ceci pour de simples mais colossaux intérêts financiers. Ces mondialistes appartiennent à deux groupes qui ne sont pas sans liens : des intérêts privés et des intérêts étatiques. Les premiers étant de grands groupes pétroliers (notamment britanniques et américains, tels Exxon, British Petroleum, mais aussi Shell, etc.). En effet, on constate que le groupe Total présent au Myanmar depuis 1992, subit depuis deux décennies des attaques incessantes via des ONG anglo-saxonnes, des organisations « humanitaires » poussées et financées par les groupes pétroliers ; le but de ces actions aux paravents « droits de l’hommistes » étant d'accuser le groupe français de "collusion avec le régime birman sanguinaire" et ainsi d’évincer au final Total de sa licence d’exploitation des ressources en hydrocarbure (gaz et pétrole) au Myanmar et en particulier du champ gazier off shore de Yadana (dont Total est opérateur à hauteur de 31,2 %)(6), une éviction qui se ferait au profit de ses concurrents (7). 

Les autres mondialistes étant les Etats-Unis dans une action visant non pas Naypyidaw directement en tant que tel, mais bien plutôt la Chine, pilier du régime birman, en un jeu de billard à plusieurs bandes. Rappelons qu’un pipe-line a été construit, reliant le Yunan (Kunming) aux rives du Golfe du Bengale (port de Kyaukphyu, dans la province de l’Arakan) ; un pipeline financé par les Chinois et qui compte beaucoup en tant que voie d’acheminement énergétique pour Pékin. Il est aisé de comprendre que des troubles dans la région, un conflit armé et un pipeline endommagé et/ou rendu inopérant, un pays (le Myanmar) mis au ban des nations pour ses exactions directes ou indirectes sur une partie de sa population, gênerait la République Populaire de Chine (8). 

Ces deux types d’idéologues, par delà leurs motivations respectives, ne peuvent donc qu’applaudir si ce n’est pousser à la mise en avant de ce conflit (au détriment d’autres sur la planète), car pour l’un, il mobilise au niveau mondial non seulement la Oumma, mais la tendance islamiste radicale et djihadiste en un nouvel abcès de fixation et de trouble régional ; et pour l’autre, il permet d’avancer des intérêts économiques et de déstabiliser un rival de poids, ceci par le biais d’organisations relais aux intentions « humanistes » qu’ils financent et qu’ils manipulent (9). 

Jusqu’à lors louée par les capitales occidentales, Aung San Suu Kyi se voit reprocher aujourd’hui de ne rien dire sur ce conflit. Il faut dire que l’ancienne égérie des mondialistes - coqueluche des droits de l’hommistes, enfant chérie de l'hyper-classe et lauréate du Prix Nobel de la Paix - qui avait été utilisée pour diminuer le pouvoir de la junte dans les années 1990-2010, étant Birmane et bouddhiste ne peut se désolidariser de la majorité de son peuple composé à 88 % de bouddhistes. Par ailleurs, elle sait l’importance de Pékin et de l’aspect vital du pipeline chinois. Elle mesure également l’influence au sein de la population des bouddhistes nationalistes, qu’ils soient du Mouvement 969 du moine Ashin Wirathu ou de la Fondation Philanthropique Buddha Dhamma dirigée par le moine Tilawka Biwuntha. Ainsi, Aung San ne défendra-t-elle jamais la cause des Rohingyas et son éclat d’icône de la démocratie bâtie dans les années 90 sera vraisemblablement de plus en plus terni dans les médias mainstream. Il est donc fort à craindre que ces affrontements ne cessent, compte-tenu du fait qu’ils sont nourris et souhaités tant en interne, par des extrémistes bouddhistes et militaires ainsi que des Rohingyas, qu’à l’extérieur du pays par des idéologues islamistes et mondialistes. "

Philippe RaggiChercheur en géopolitique, spécialisé sur l’Asie du Sud-Est. Chef du département Asie du Sud-Est, à l’Académie Internationale de Géopolitique. Chargé de recherche au Centre Français de Recherches sur le Renseignement

(NB: Notes, sources et références sur le billet original: ICI)



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lundi 8 août 2016

Le jour où je fus Alain Delon et autres chinoiseries

à la demande de GG...,



Pendant une bonne dizaine d'années, entre 1996 et 2005, j'allais régulièrement en Chine pour le boulot. J'allais acheter là-bas à un prix dérisoire ce que nous vendrions 10 fois plus cher aux consommateurs européens ravis. Mes fournisseurs, comme tout  bon fournisseur avec un bon client, faisaient généralement bien les choses pour qu'on ne les oublient pas. Et à vrai dire, comme tout bon acheteur et tant que cela restait dans le cadre d'une certaine éthique, je ne me privais pas d'accepter quelques gentillesses mais jamais d'argent. J'aurais peut-être du comme certains de mes petits camarades. Mais bon...

L'un d'eux essaya pourtant. Ce tout petit bonhomme, 1m40 au garrot tout au plus, était à la tête d'une grosse usine d'électro-portatifs. Il s'était acheté à grand prix une Lincoln Continental comme celle-ci, la grande frimeAlors que nous faisions la route entre Shanghai et Wu Xi, vautrés à l'arrière de ce char d'assaut, lui, les pieds ne touchant pas la moquette, nous nous arrêtâmes pour que je puisse me soulager d'une envie pressante. Direct aux urinoirs, la lance en action, je vois mon petit bonhomme arriver en courant, se caler sur la pointe des pieds dans l'urinoir d'à-côté et regardant ostensiblement la différence qu'il pouvait y avoir entre nous, il me dit avec un large sourire, si vous voulez, sur les prix, je surfacture de 2 ou 3% et je vous verse la différence sur un compte à HK. Naturellement, je déclinais l'offre en lui disant,en anglais s'il vous plait, que moi, j'avais contrairement à lui tout ce qu'il fallait là où il le fallait. Je cessai de travailler avec lui.

Ainsi, ce jour où l'un de mes chinois, à Hong Kong, me promit un magnifique cadeau. Je lui dis que je n'avais pas le droit. Il me rétorqua, vous verrez, celui-ci, vous pourrez l'accepter sans problème. Faîtes moi confiance. Sûr ? Oui, vous pouvez me faire confiance. Okay, donc. Et le voilà appeler son chauffeur avec la limousine qui va bien, nous montons dans la voiture, une Mercedes à rallonge, et nous voilà partis. Cinq minutes plus tard, nous descendons dans un parking privé, au 5ème ou 6ème sous-sol; nous étions arrivés. Le gars me dit, le voilà votre cadeau, prenez le temps que vous voulez, profitez-en et admirez. Il me fut donné l'occasion d'admirer la plus belle collection privée de voitures d'exception qu'il m'ait été donné de voir: Maserati, Lamborghini, Lotus, Rolls, Phaeton, une Maybach et même une vieille Ford T en parfait état de marche. Que du bonheur. Il faut s'être assis dans une Maybach pour avoir une idée précise de ce que peut être le grand luxe. Le reste de la soirée fut consacré à la pêche aux seiches sur le yacht du bonhomme.

Un autre jour, cet autre Chinois m'inviter dans un restaurant où en guise d'animation musicale, il y avait un orchestre symphonique d'une cinquantaine de musiciens en smoking qui, au fur et à mesure que la soirée se déroulait, se transformait de manière presque imperceptible en orchestre de rock. L'apéro sur du Mozart, le digestif sur, cerise sur le gâteau, du Queen. Aussi incroyable que le foie gras dégueulasse.

Il y eut ce moment très drôle, un soir, où dans un karaoké, Cognac millésimé noyé sous les glaçons, il me fallu décliner, pour d'évidentes raisons, l'assortiment de nanas qui m'était proposé pour agrémenter ma nuit. Et cet idiot de chinois qui n'a pas pensé un instant que si l'on m'avait présenté un plateau de gars bien faits, j'aurais peut-être eu la main un peu plus lourde sur le carnet de commande...

Les chinois qui ont réussi, réussite qui ne dure que le temps que les autorités autorisent, aiment étaler souvent de manière grotesque leur fortune. Il y eut donc ce fournisseur qui m'invita à dîner chez lui dans sa somptueuse demeure. Marbre partout, boiseries, tapis persans ( je suppose ), tableaux de maîtres, des nanas un peu partout et comme il se doit, parmi les convives, un général de l'armée rouge. Un dîner fastueux: langoustes, caviar et tout le tremblement. La seule faute de goût fût ces merveilleux vieux Bordeaux, certains plus âgés que moi, qui nous furent servis dans de tout aussi merveilleux verres en cristal de Baccarat mais... avec glaçons d'office. En guise de cadeau de fin de soirée, me fut remis une cartouche de cigarettes dont le nom m'échappe, un koala ou un panda comme logo, dont on n'omit pas de me préciser que le paquet de vingt valait l'équivalent de 250 Francs Français !

Il y eut cet autre fournisseur de Ningbo avec qui j’échange encore de temps en temps tant il était sympa qui m'invita à son mariage: le jour d'avant, le jour J et le jour d'après. De ce dernier, je ne me souviens de rien, des deux précédents: du faste, des dizaines de serveurs en livrées d'époque et perruque, des feux d'artifice, la télé locale et le père de Louis distribuant à qui voulait des liasses de billets de banque de 1 000 francs chacune.

Et puis il y eut cet escapade dans un coin reculé pour visiter un très vieux temple à 200 ou 300 km de Nanjing. Mon fournisseur m'avait promis que le lieu valait le détour et que là-bas ne vivaient que des chinois d'avant. Nous étions à deux voitures et comme il se doit des grosses Mercedes noires. Tout juste sortis de réunion, nous étions encore en costards cravates. Arrivés sur les lieux, genre convoi officiel qui s'arrête, nous débarquions, j'étais le seul occidental. Alors que nous visitions les lieux, un premier gars vint me saluer, puis un deuxième, puis plusieurs, des vieilles paysannes aussi, en tout plus d'une cinquantaine de personnes du coin. Je m'enquis auprès de mon gars des raisons de cet engouement pour mon humble personne; une fois renseignement pris, il apparut que tous ces gens-là dont je parierai qu'aucun n'avait la télé tant ils étaient guenillards m'avaient pris pour celui qui est en Chine (comme au Japon) une véritable icône avec qui seul Mao peut rivaliser: Alain Delon. Et c'est ainsi que je me retrouvais à signer des autographes, à faire des bises et des courbettes: J'étais Alain Delon, il me fallait assurer. Ceci dit, la photo ci-dessus de cette journée prouve sans aucun doute que ces chinois là devaient être soit mirauds, soit, je ne l'ai jamais su, payés par mon fournisseur pour que je puisse être un instant Alain Delon.

On pourrait croire, à la lecture de ce billet, que je n'aime pas trop les Chinois et m'en moque allègrement. Faux; de tous les fournisseurs que j'ai eu, ce n'étaient peut-être pas les plus rigoureux mais aucun ne m'a jamais fait faux bond. Ce fut un vrai plaisir que de bosser avec eux. Je n'en dirais pas autant des Italiens ou des Roumains...

Allez, sur ce bonne soirée, même en Socialie.

Folie passagère 3267.
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lundi 5 octobre 2015

La Syrie, Assad, Daesh... et François Hollande qui n'a toujours rien compris...

Rappelez-vous, c'était il y a quelques jours à la tribune de l'ONU. Celui qui nous sert de Président avait déclaré à propos de la Syrie et d'Assad: " On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau " puis d'ajouter " Assad est une partie du problème, il ne peut pas faire partie de la solution. Ce n'est pas parce qu'il y a un groupe terroriste qu'il y aurait une forme de pardon et d'amnistie pour le régime qui a créé cette situation ". Président affirmait ainsi haut et fort sa volonté que jamais Assad ne puisse de près ou de loin être soutenu par la coalition internationale en lutte contre Daesh. La voix de Président se devait de porter, il devait être entendu par le monde entier.

Et depuis, il a été entendu... Voyez donc avec ce petit tour d'horizon:

Le ministre espagnol des affaires étrangères, a déclaré: " Une des parties impliquées, c'est le gouvernement de Bachar al-Assad qui personnellement ne me plaît absolument pas (...) mais la paix se fait toujours avec les ennemis, il faudra négocier.

Le ministre autrichien des affaires étrangères Sebastian Kurz a également proposé que les puissances occidentales impliquent le président syrien dans la lutte contre le groupe Etat Islamique. 

L'affreux Erdogan qui tenait un meeting islamo-électoral ce week-end à Strasbourg, jusqu'ici farouche adversaire d'Assad, a déclaré que celui-ci " pourrait faire partie d'une période de transition dans le cadre d'une solution de la crise syrienne ". 

Malgré le jeu trouble de la Turquie dans le conflit civil syrien, l'Arménie a annoncé soutenir Assad.

Si Obama et David Cameron restent farouchement opposés à Bachar El Assad et ont réclamé maintes fois son départ, ils semblent avoir eux aussi évolué puisqu'ils ont, chacun de leur côté, annoncé qu'un calendrier prévoyant " éventuellement " un départ d'Assad pourrait être l'objet de négociations. Ce qui en langage commun peut être traduit par: Le départ d'Assad n'est plus une urgence.

Les ministres des affaires étrangères russe et américain ont annoncé que leurs militaires se rencontreraient pour mettre au point, non pas des opérations communes anti-Daesh, mais une organisation technique afin que dans le ciel syrien leurs avions ne se gênent pas mutuellement. La première réunion a eu lieu jeudi dernier.

L'Iran a annoncé vouloir s'engager, aux côtés des Russes, dans la lutte contre Daesh, possiblement par le biais du Hezbollah, et considère Assad comme un allié objectif pour éradiquer Daesh. Dès 2012, Le chef des unités d'élite de l'armée iranienne, Ghassem Soleimani, déclarait: " Nous soutiendrons jusqu'au bout la Syrie de Bachar El Assad".

Angela Merkel a quant à elle fait un superbe pied de nez à Président en déclarant jeudi dernier: " Il faut parler avec de nombreux acteurs, et cela implique Bachar al Assad, mais il y en a d'autres. "

Poussés par les diasporas syriennes locales, le Brésil, le Vénézuela et l'Argentine ne cachent plus aujourd'hui soutenir Assad, considéré dans ces 3 pays comme le seul rempart de protection pour les minorités religieuses.

La Chine a envoyé un porte-avion ( quand Hollande a fait rapatrier le Charles de Gaulle ) qui mouille maintenant à quelques encablures des côtes syriennes. Elle a annoncé vouloir prendre part à la lutte anti-Daesh aux côtés des Russes et confirme avoir fait parvenir des armes au régime de Damas. 

Les Russes ne font pas dans la dentelle et bombardent à tour de bras les positions de l'EI ( et sans doute aussi quelques positions rebelles ) avec, déployés en Syrie, 28 avions quand la France n'en a que 12 pour toute la région. Poutine n'a jamais caché qu'il soutenait le régime syrien et qu'une pacification de la région ne pouvait se faire " pour le moment " sans Assad. 

Etc, etc, etc... 

Bref, comme vous pouvez le constater, quoi qu'ait pu dire la semaine dernière notre Président à la tribune de l'ONU, le monde entier s'en fout royalement. Il peut continuer à rabâcher à qui souhaite encore l'entendre que Assad ne fait pas partie de la solution, Hollandouille n'est plus dans le mouv'; tous les grands dirigeants occidentaux et quelques autres semblent avoir enfin compris, parfois avec des motivations opposées, que l'éradication de Daesh comme la pacification de la Syrie ne pouvaient se faire sans Assad. 

Tous l'ont compris et l'admettent, parfois à demi-mots. Tous sauf un et il a fallu que cela soit le notre... Quelle pitié !

NB: à lire, en complément, pour ceux qui l'ont, l'excellent article d'Alexandre Adler paru dans le Figaro Magazine et intitulé: " L'inquiétant amateurisme de François Hollande. "

Folie passagère 2923.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 29 août 2014

Vladimir Poutine s'attaque aux pétrodollars...



La Chine et la Russie ont signé mercredi 21 mai 2014 un énorme accord de fourniture de gaz qui offre au premier consommateur mondial d'énergie une précieuse source d'approvisionnement et à Moscou un débouché bienvenu à un moment de tension avec ses traditionnels clients européens.

L'accord, fruit de plus de 10 ans de négociations, prévoit l'exportation vers la Chine de 38 milliards de mètres cubes de gaz russe par an pendant trois décennies, pour un montant total estimé à plus de 400 milliards de dollars américains.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping ont applaudi en assistant à la signature, à Shanghai, de l'accord entre Gazprom et China National Petroleum Corp (CNPC). L'accord est un triomphe personnel pour Vladimir Poutine, qui courtise de nouveaux partenaires en Asie au moment où l'Europe tente réduire sa dépendance au gaz russe pour conserver sa crédibilité dans le bras de fer qui l'oppose à Moscou au sujet du conflit ukrainien. (sources: Radio Canada et tous ceux qui ouvrent un peu plus les yeux que nos media sur ce qui se passe en Ukraine)


Après que Vladimir Poutine ait annoncé le 14 août dernier que la Russie voulait désormais vendre son gaz en devises nationales et non plus en dollar US, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que Moscou mette au point un accord global avec la Chine allant en ce sens.

Selon RIA Novosti qui cite la revue Kommersant, le gouvernement russe a d’ores et déjà expédié deux navires vers l’Europe avec à leur bord 80 000 tonnes de pétrole en provenance de Novoportovskoye, un champ d’extraction situé dans l’Arctique. Ces deux livraisons seront réglées en roubles et non en dollars, du jamais vu. La Russie livrera aussi du pétrole via le Pipeline Est-Sibérien / Océan Pacifique (ESOP) à destination de la Chine qui sera réglé en yuans chinois.

Selon Kommersant, il s’agit là d’une mesure de “protection” de la Russie consécutive aux sanctions prises par les USA à son encontre.

Il semble donc que le seul résultat tangible de la politique de sanctions contre la Russie soit un véritable ébranlement de l’hégémonie du dollar US dans les transactions internationales et une remise en question enfin ouverte de son rôle de monnaie de réserve planétaire. Une hégémonie jamais contestée depuis 1945.

Désormais, la Chine, première puissance économique du monde à partir de 2014, et la Russie – respectivement premier et deuxième producteur de pétrole et de gaz de la planète – vont désormais réaliser leurs échanges dans leurs devises respectives. Un développement qui redéfinit complètement l’ordre politique et économique international. (sources: Breizatao, Ria Novotsi, Kommersant).

Deux "brèves" dont on a même pas entendu parler aux JT de TF1,de France 2, sur Itélé ou sur BFM et qui pourtant préfigurent bien un nouvel ordre économique mondial et la remise en cause de l'hégémonie du dollars sur nos économies. En prendre connaissance, c'est peut-etre aussi mieux comprendre ce qui se passe en Ukraine, en Irak et en Iran, pays où l'activisme américain semble avoir repris du poil de la bête depuis quelques temps...

Folie passagère 2430.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 26 avril 2013

Ce type est vraiment une bille !


Le record de 1997 a donc été battu: Au mois de mars 2013, la France compte 3 224 600 demandeurs d'emplois inscrits à Pôle Emploi en catégorie A soit + 11,5% en 1 an.

Toutes catégories et territoires confondus, la France compte 5 millions de demandeurs d'emplois. C'est tout simplement du jamais vu !

Tu parles d'un record ! Une catastrophe, un désastre, oui. Mais bon, Pépère semble aimer battre des records: popularité désastreuse, mensonges, reniements, chômage, pression fiscale... Un vrai petit cumulard !

Mais il n'y a aucune raison de s'affoler d'abord parce que Pépère nous l'a maintes fois promis, la courbe va s'inverser à la fin de l'année et ensuite parce que son ministre du travail, Michel Sapin, nous l'assure: " tous les leviers de la politique de l'emploi sont désormais opérationnels : emplois d'avenir, contrat de génération, sécurisation de l'emploi. Leur montée en puissance au cours des prochains mois est désormais l'enjeu majeur pour tous les acteurs de terrain ".

Le seul vrai levier en matière de création d'emploi, c'est la croissance mais sans doute Sapin l'a-t-il oublié ou perdu de vue et en matière de croissance, rien n'est " opérationnel ".

De Chine où il est parti pour une visite zip, Pépère a déclaré - les usages veulent qu'on ne parle pas de problèmes domestiques quand on est à l'étranger - que ce qu'il voulait " c'est que les Français puissent se rassembler sur cette seule cause nationale : la lutte contre le chômage. C'est le seul rassemblement qui convienne. " Alors, si après avoir divisé les Français pendant 6 mois avec le mariage zinzin, Pépère veut maintenant nous rassembler, hein, pourquoi pas, mais j'ai comme qui dirait des doutes.

Le seul rassemblement qui conviendrait, c'est celui de ses affaires, oui, qu'il rassemble ses affaires et autres effets personnels ( Trierweiler inclue ), qu'il fasse ses valises et tchao pantin !

Correction, patientons encore un petit peu avant de lui demander de dégager, je suis trop impatient et curieux de voir comment  à la fin de l'année, lorsque nous constaterons tous que la courbe du chômage, loin de s'être inversée, est toujours à la hausse, Pépère viendra nous expliquer le truc.

Ce type est vraiment une bille ! Et nouveauté, même dans son propre camp, ils commencent à s'en rendre compte. Mieux vaut tard que jamais...

Folie passagère 1681.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 29 octobre 2011

La Chine au secours de l'euro, pourquoi pas ?

(vue d'une petite partie du port de Shanghai )

François Hollande qui semble avoir une vision de l'économie mondiale particulière a déclaré qu'il ne fallait pas pavoiser à propos des accords de Bruxelles; ceux-ci consacraient " la dépendance de la France à l'Allemagne et à la Chine ".

Pour l'Allemagne, rien de nouveau, ils sont économiquement et socialement plus fort que nous. Hollande fustige surtout la dépendance nouvelle vis à vis de la Chine puisque ces fameux accords autoriseraient l'injonction de pognon bridé dans le FESF. Bref, grâce à Sarko (et Angela), les chinois vont nous bouffer tout crû. Sans doute le candidat "normal" et tous ceux qui abonderaient dans son sens ont-ils la vue basse: Cela fait bien longtemps que nous nous sommes vendus aux capitaux chinois. Ces mêmes capitaux que nous avons, nous même et avec bonheur, contribué allègrement à faire grossir depuis des années.

Actuellement, dans le monde, 40% des produits manufacturés, 70% de ces fameuses ampoules basse consommation, 60% des biens d'équipement électronique, 60% de nos téléviseurs etc... proviennent de Chine ( Hong Kong inclus ). Nous achetons chinois avec gourmandise goinfrerie , parce qu' à des prix défiants toutes concurrences, téléphones portables, perceuses électriques, outillages, vaisselle, chaussettes, radios, téléviseurs, batteries, tenez, même du caviar, des morilles et de la truffe noire. Main d’œuvre pas chère et malléable, conditions de travail difficiles ( je le sais, j'ai visité des dizaines d'usines, là-bas ), travail des enfants, respect douteux de l'écologie et de l'environnement dans les processus industriels, absence de syndicalisme etc... nous avons globalement fermés les yeux sur tout cela depuis des années, trop contents de nous payer le dernier smartphone à moins de 99 euros...

Ben oui, grâce à nous, grâce à la consommation effrénée des Français et du monde occidental, nous avons engraissé l'économie chinoise sans rechigner. Alors, pourquoi s'étonner que ces sacrés bridés, bosseurs comme pas 10 frenchies, deviennent en moins de 20 ans les banquiers du monde libre ? Quelle ironie ! 3 300 milliards de dollars de réserve qu'ils ont les salauds ! Ces mêmes chinois qui s'offrent chaque jour un peu plus d'Afrique, qui se payent à l'encan le port du Pirée, les mêmes qui viennent gonfler de leurs achats compulsifs les résultats de l'industrie française du luxe !

Alors, si en retour, et de manière tout à fait intéressée, les capitaux chinois peuvent venir au secours de nos économies moribondes, pourquoi pas ? Et surtout pourquoi s'en étonner ou tel le Hollande moyen s'en offusquer ? La question n'est même pas là: Nous avons besoin d'argent et les Chinois en ont à plus savoir qu'en faire !

Moi, au pognon chinois, je dis Mi Hao, Welcome, Bonjour et Bienvenue. Autant qu'il serve à quelque chose plutôt qu'il ne dorme ou n'aille se loger ailleurs. Oui autant en profiter dès aujourd'hui. En 2016, la Chine deviendra membre à part entière de l'OMC; son statut d'économie de marché dominante ne pourra plus être remis en cause, y compris à des fins politiciennes. Remises en cause et refonte totale de notre système économique et social que nous refusons de rénover, réformer étant un trop vilain mot.

Au retour de mon premier voyage en Chine, en 1995, alors que l'on me demandait ce que je pensais de ces foutus bridés, je répondais à qui voulait l'entendre, c'est à dire pas grand monde: " Vous verrez dans 10 ou 20 ans, ce seront les banquiers du monde..."

Folie passagère 891.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.