Affichage des articles dont le libellé est gilets jaunes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est gilets jaunes. Afficher tous les articles

mardi 13 août 2019

La France, tout doucement, sombre dans le chaos...



Article de Guy Millière paru sur le site du Gatestone Institute le 11 août. Traduction de l’article original « France slowly sinking into chaos »:

Paris, Champs-Élysées. 14 juillet. Fête nationale. Juste avant que commence défilé militaire, le président Emmanuel Macron descend l’avenue dans une voiture officielle pour saluer la foule. Des milliers de personnes rassemblées le long de l’avenue crient » Macron démission », huent et lancent des insultes.

À la fin du défilé, quelques dizaines de personnes lâchent des ballons jaunes dans le ciel et distribuent des tracts disant : « Les gilets jaunes ne sont pas morts. » La police les disperse rapidement et fermement. Quelques instants plus tard, des centaines d’anarchistes «Antifa» arrivent, jettent des barrières de sécurité sur la chaussée pour tenter d’ériger des barricades, allument des feux et détruisent les devantures de plusieurs magasins. La police a du mal à maîtriser la situation, mais en début de soirée, au bout de quelques heures, elle rétablit le calme.

Quelques heures plus tard, des milliers de jeunes Arabes de banlieue se rassemblent près de l’Arc de Triomphe. Ils viennent pour « célébrer » à leur manière la victoire de l’équipe de football d’Algérie. Davantage de devantures de magasins sont brisées, et davantage de magasins sont pillés. Les drapeaux algériens sont partout. Des slogans se font entendre : « Vive l’Algérie », « La France est à nous », « A mort la France ». Des panneaux portant des noms de rue sont remplacés par des panneaux portant le nom d’Abd El Kader, le chef religieux et militaire qui s’est battu contre l’armée française au moment de la colonisation de l’Algérie. La police se limite à endiguer la violence afin qu’elle ne se propage pas.

Vers minuit, trois responsables du mouvement « Gilets jaunes » apparaissent à la télévision: ils sortent d’un commissariat et disent à un journaliste qu’ils ont été arrêtés tôt ce matin-là et emprisonnés pour la journée. Leur avocat déclare qu’ils n’avaient rien fait de mal et qu’ils ont simplement été arrêtés « de manière préventive ». Il souligne qu’une loi votée en février 2019 permet à la police française d’arrêter toute personne soupçonnée de vouloir participer à une manifestation ; aucune autorisation d’un juge n’est nécessaire pour cela, et aucun recours n’est possible.

Vendredi 19 juillet, l’équipe de football d’Algérie gagne à nouveau. Des jeunes Arabes se rassemblent en nombre près de l’Arc de Triomphe pour « célébrer » la victoire à nouveau. Les dégâts sont encore plus importants que huit jours auparavant. Davantage de policiers sont présents ; ils ne font presque rien.

Le 12 juillet, deux jours avant le 14 juillet, plusieurs centaines de migrants clandestins entrent dans le Panthéon, le monument qui abrite les tombes de personnes qui ont joué un rôle majeur dans l’histoire de la France. Ils annoncent la naissance du mouvement des « Gilets noirs ». Ils exigent la « régularisation » de tous les immigrants clandestins présents sur le territoire français et la fourniture de logements pour chacun d’entre eux. La police est présente mais n’intervient pas. La plupart des manifestants s’en vont sans être inquiétés. Quelques personnes s’en prennent à la police et sont arrêtées.

La France, aujourd’hui, est un pays à la dérive. Les troubles et l’anarchie ne cessent de gagner du terrain. Le désordre fait désormais partie de la vie quotidienne. Les sondages montrent qu’une large majorité de la population rejette le président Macron, déteste son arrogance et ne lui pardonne pas son mépris pour les pauvres; la façon dont il a écrasé le mouvement des « Gilets jaunes » sans avoir prêté la moindre attention aux demandes les plus modestes des manifestants, telles que la possibilité que soient organisés des référendums citoyen comme ceux qui existent en Suisse. Macron ne peut plus aller nulle part dans un lieu public sans risquer d’être confronté à un mouvement de colère.

Les « Gilets jaunes » ont quasiment cessé de manifester et ont baissé les bras : un trop grand nombre d’entre eux ont été mutilés ou blessés. Leur mécontentement, néanmoins, est toujours là. Et susceptible d’exploser à nouveau.

La police française agit avec férocité face à des manifestants pacifiques, mais elle parvient difficilement à empêcher des groupes tels que les « Antifa » de provoquer des violences. En conséquence, à la fin de chaque manifestation, les « Antifa » agissent.

La police française semble particulièrement prudente face aux jeunes Arabes et aux migrants clandestins. Elle a reçu des ordres à cette fin. Les policiers français savent que les jeunes Arabes et les migrants clandestins peuvent aisément provoquer des émeutes de grande ampleur. Il y a trois mois, à Grenoble, la police a poursuivi des jeunes Arabes qui avaient commis un délit et qui fuyaient sur une moto volée. Ils ont eu un accident au cours de leur fuite. Cinq jours de pillages ont suivi.

Le président Macron a l’allure d’un dirigeant autoritaire face aux pauvres, mécontents. Il n’a jamais dit à ceux qui ont perdu un œil ou une main, ou qui ont subi une lésion cérébrale irréversible, qu’il regrette l’extrême brutalité dont a fait preuve la police. Il a par contre demandé au Parlement français d’adopter une loi qui abolit presque complètement le droit de manifester et la présomption d’innocence, et qui permet d’arrêter n’importe qui, n’importe où, même sans motif. La loi a été adoptée.

En juin, le Parlement français a adopté une autre loi qui punit sévèrement quiconque dit ou écrit quoi que ce soit qui puisse être considéré comme un « discours de haine ». La loi est si vague qu’un juriste américain, Jonathan Turley, s’est senti obligé de réagir. « La France », a-t-il écrit, « est devenue l’une des plus grandes menaces internationales contre la liberté d’expression ».

Macron est beaucoup moins autoritaire lorsqu’il a affaire à des anarchistes violents. Lorsqu’il s’agit de jeunes Arabes et d’ immigrants clandestins, il fait preuve de faiblesse.

Il sait ce que l’ancien Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dit en novembre 2018, lorsqu’il a démissionné du gouvernement :

« Des communautés en France s’affrontent de plus en plus et ça devient très violent… Nous vivons côte à côte, je crains que demain nous ne vivions face à face ».

Macron sait également ce que l’ancien Président François Hollande a déclaré après la fin de son mandat : « C’est ça qui est en train de se produire : la partition du pays ».

Macron sait que la partition de la France existe d’ores et déjà. Arabes et Africains, pour la plupart, vivent en France à l’écart du reste de la population dans des zones de non droit au sein desquelles la présence de non-Arabes et de non-Africains est de moins en moins acceptée. Ils ne se définissent pas comme français, sauf lorsqu’ils disent que la France leur appartiendra bientôt. Des enquêtes montrent que nombre d’entre eux sont remplis d’un profond rejet de la France et de la civilisation occidentale. Un nombre croissant d’entre eux placent leur religion au-dessus de leur citoyenneté. Beaucoup sont radicalisés et prêts à se battre.

Macron, lui, ne semble pas vouloir se battre. Il choisit l’apaisement. Il poursuit résolument ses projets d’institutionnalisation de l’islam en France. L’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF) a été créée il y a trois mois. Une de ses branches s’occupera de l’expansion culturelle de l’islam et prendra en charge la lutte contre le « racisme anti-musulman ». Une autre branche sera responsable des programmes de formation des imams et de la construction de mosquées. Cet automne, un « Conseil des imams de France » sera mis en place. Les principaux dirigeants de l’AMIF sont (ou étaient jusqu’à une période récente) membres des Frères musulmans, un mouvement qualifié d’organisation terroriste en Égypte, à Bahreïn, en Syrie, en Russie, en Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis – mais pas en France.

Macron connait les données démographiques. Elles montrent que la population musulmane en France augmentera considérablement dans les années à venir. (L’économiste Charles Gave a écrit récemment qu’en 2057, la France aura sans doute une majorité musulmane). Macron sait qu’il sera bientôt impossible à quiconque d’être élu président sans le vote des Musulmans. Il agit en conséquence.

Il voit sans doute que le mécontentement qui a donné naissance au mouvement « Gilets jaunes » est toujours là. Il semble penser que la répression suffira pour empêcher tout soulèvement ultérieur. Il ne fait donc rien pour remédier aux causes du mécontentement.

Le mouvement des « Gilets jaunes » est né d’une révolte contre des taxes supplémentaires sur les carburants et contre des mesures gouvernementales excessives contre les automobilistes : limitation de vitesse abaissées à 80 km/h sur la plupart des routes,  accroissement du nombre de radars de contrôle de vitesse; forte augmentation du tarif des contraventions, complexification et augmentation du prix des contrôles techniques des véhicules. Les taxes françaises sur les carburants ont récemment augmenté à nouveau, et sont aujourd’hui les plus élevées d’Europe (70% du prix payé à la pompe). Les autres mesures prises contre les automobilistes sont toujours en vigueur et sont particulièrement lourdes pour les gens les plus pauvres. D’autant plus que ceux-ci ont été chassés des banlieues par les immigrants et doivent en conséquence vivre plus loin de leur lieu de travail.

Macron n’a pris aucune décision qui soit à même de remédier à la situation économique désastreuse en France. Lors de son élection, les prélèvements obligatoires représentaient près de 50% du PIB. Les dépenses publiques représentaient 57% du PIB (le plus élevé des pays développés). La dette du pays était proche de 100% du PIB.

Les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques sont aujourd’hui au même niveau et n’ont pas baissé. La dette du pays atteint désormais 100% du PIB. L’économie française ne crée pas d’emplois. La pauvreté reste très élevée: 14% de la population gagne moins de 855 euros par mois.

Macron ne prête aucune attention à l’effondrement culturel croissant qui marque le pays. Le système éducatif se délite. Un pourcentage croissant d’élèves finissent leurs années de lycée sans savoir écrire une phrase grammaticalement correcte, ce qui rend largement incompréhensible ce qu’ils écrivent. Le christianisme est en voie de disparition. Une part croissante des Français non musulmans ne se définissent plus comme chrétiens. L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris était officiellement un « accident« , mais Notre Dame n’a été que l’un des nombreux édifices religieux chrétiens du pays récemment ravagés. Chaque semaine, des églises subissent des actes de vandalisme – dans l’indifférence générale du public. Au cours du premier semestre de 2019, 22 églises ont été incendiées.

La préoccupation principale de Macron et du gouvernement français ne semble pas être le risque d’émeutes, le mécontentement de la population, la disparition du christianisme, la situation économique désastreuse du pays, ou l’islamisation et ses conséquences. Elle est le « changement climatique ». Bien que la quantité d’émissions de dioxyde de carbone de la France soit infinitésimale (moins de 1% du total mondial), la priorité absolue de Macron est de lutter contre le « changement climatique induit par l’homme ».

La Suédoise, Greta Thunberg, âgée de 16 ans, et néanmoins gourou de la « lutte pour le climat » en Europe – a récemment été invitée à l’Assemblée nationale française par des députés qui soutiennent Macron. Elle a prononcé un discours dans lequel elle a affirmé que la « destruction irréversible » de la planète s’enclencherait très bientôt. Elle a ajouté que les dirigeants politiques « ne sont pas assez matures » et ont besoin des leçons des enfants. Les députés qui soutiennent Macron ont applaudi chaleureusement. Elle a reçu un prix de la liberté, qui vient d’être créé, et qui sera remis chaque année à des personnes « qui se battent pour les valeurs de ceux qui ont débarqué en Normandie en 1944 pour libérer l’Europe ». Il est raisonnable de supposer qu’aucun de ceux qui ont débarqué en Normandie en 1944 ne pensait se battre pour « sauver le climat ». Macron et les parlementaires qui le soutiennent ne semblent pas se préoccuper de ce genre de détails.

Macron et le gouvernement français semblent également ne pas s’inquiéter du fait que les Juifs – confrontés à la montée de l’antisémitisme et légitimement inquiets de décisions de justice imprégnées d’un esprit de soumission à un islam violent – continuent à fuir la France.

Kobili Traoré, l’homme qui a assassiné Sarah Halimi en 2017 en scandant des sourates du Coran et en criant que les Juifs sont Sheitan (en arabe: « Satan ») a été déclaré non coupable. Traoré ayant fumé du cannabis avant le meurtre, les juges ont décidé qu’il n’était pas responsable de ses actes. Traoré sera sans doute bientôt libéré de prison. Que se passera-t-il s’il fume à nouveau du cannabis ?

Quelques semaines après le meurtre de Sarah Halimi, trois membres d’une famille juive ont été agressés, torturés et retenus en otages chez eux par un groupe de cinq hommes qui ont affirmé que « les Juifs ont de l’argent » et que « les Juifs doivent payer ». Ces hommes ont été arrêtés. Ils sont musulmans. Le juge qui les a mis en examen a annoncé que leurs actions n’étaient « pas antisémites ».

Le 25 juillet 2019, l’équipe de football israélienne Maccabi Haifa devait participer à un match à Strasbourg, le gouvernement français a limité le nombre de supporters israéliens dans le stade à 600, pas un de plus. Un millier d’entre eux avaient acheté des billets d’avion pour venir en France assister au match. Le gouvernement français a également interdit la présence de drapeaux israéliens dans le stade, ou ailleurs dans la ville. Néanmoins, au nom de la « liberté d’expression », le ministère français de l’Intérieur a autorisé les manifestations anti-israéliennes devant le stade. Des drapeaux palestiniens et des banderoles portant la mention « Mort à Israël » étaient présents. La veille du match, dans un restaurant proche du stade, des Israéliens ont été violemment agressés. « Alors que les manifestations appelant à boycotter Israël sont autorisées au nom de la liberté d’expression, les autorités interdisent aux supporters du Maccabi Haïfa d’afficher notre drapeau national. Un deux poids deux mesures inacceptable », a déclaré Aliza Ben Nun, ambassadrice d’Israël en France.

Voici quelques jours, un avion rempli de Juifs français quittant la France est arrivé en Israël. D’autres Juifs français suivront. Le départ des Juifs vers Israël implique des sacrifices : certains agents immobiliers français profitent du souhait de nombreuses familles juives de partir, et achètent ou vendent des propriétés appartenant à des Juifs à un prix très inférieur à leur valeur marchande.

Macron restera président jusqu’en mai 2022. Plusieurs dirigeants de partis de centre-gauche (Parti Socialiste) et de centre-droit (Les Républicains) ont rejoint La République en marche, le parti qu’il a créé il y a deux ans. Le Parti Socialiste et Les Républicains se sont effondrés. Le principal adversaire de Macron en 2022 devrait être le même qu’en 2017: Marine Le Pen, présidente du mouvement populiste Rassemblement National.

Bien que Macron soit largement impopulaire et détesté, il utilisera probablement les mêmes slogans qu’en 2017: il dira qu’il est le dernier rempart face au « fascisme » et au risque du « chaos ». Il a de fortes chances d’être réélu. Quiconque lit le programme politique du Rassemblement National peut voir que Marine Le Pen n’est pas fasciste. Quiconque examine la situation en France peut se demander si la France n’a pas déjà commencé à sombrer dans le chaos.

La triste situation qui règne en France n’est pas si différente de celle de nombreux autres pays européens. Il y a quelques semaines, un cardinal africain, Robert Sarah, a publié un livre intitulé Le soir approche et déjà le jour baisse. " À la racine de l’effondrement de l’Occident ", écrit-il, " il y a une crise culturelle et identitaire. L’Occident ne sait plus qui il est, parce qu’il ne sait plus et ne veut pas savoir qui l’a façonné, qui l’a constitué, tel qu’il a été et tel qu’il est. (…) Cette auto-asphyxie conduit naturellement à une décadence qui ouvre la voie à de nouvelles civilisations barbares. "


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

samedi 6 avril 2019

Le Grand Débat National, un succès ? Vraiment ?

Résultat de recherche d'images pour "grand débat"

Ça y est le Grand Débat, c'est fini. Et vous l'avez entendu comme moi: c'est un véritable succès ! Un véritable succès ? Vraiment ?

Déjà, pour commencer, on s'aperçoit que dans les bouches des uns ou des autres, les chiffres ne sont pas les mêmes. Pour Emmanuelle Wargon, citée par le journal La Provence, ce sont près de deux millions de contributions qui ont été laissées sur la plateforme internet par plus de 500 000 personnes. Parallèlement, les 10 134 réunions ont rassemblées 500 000 personnes sur tout le territoire. Pour France Info, 450 000 personnes ont participé  aux 10 300 réunions et 1 500 000 contributions ont été laissées sur la plateforme. 1,5 million de contributions d'un côté, deux millions de l'autre... 500 000 personnes d'un côté, 450 000 de l'autre... Le Grand débat étant fini, la plateforme bouclée, les chiffres devraient être les mêmes mais tant pis, prenons la version haute de Wargon et admettons que les Français ayant laissé une contribution ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été aux réunions, ce sont donc 1 000 000 de personnes qui ont pris part de manière formelle au GD. 1 million de participants sur une population de 66 millions d'habitants soit à peine 1,5% de la population totale; un peu léger tout de même, non ?

16 000 cahiers doléances ont été remontés et numérisés en 400 000 pages, pages qui seront analysées non une par une mais à l'aide de mots clés sélectionnés par on ne sait trop qui. Les mots destitution et dissolution seront-ils pris en compte  ? J'ai comme qui dirait un doute... En gros, vous avez émis des doléances, laissez nous faire le tri à notre convenance.

Après quoi, on s'aperçoit que 77% des participants ont plus de 50 ans et que les moins de 35 ans ne représentaient que 11% des participants. 65% des personnes présentes aux réunions possèdent un diplôme de l'enseignement supérieur. On voit clairement que les participants à ce GD ne sont guère représentatifs de l’ensemble de la population et certainement pas des gilets jaunes pourtant déclencheurs d'une certaine manière de ce grand débat. Il s'agissait de faire oeuvre de démocratie participative, on a eu démocratie sélective.

Un grand débat qui aura donc certes réuni du monde, une première dans le genre, mais dont les conclusions et les mesures prises par la suite risque de décevoir fortement une bonne partie des Français. Le premier ministre, dans un français approximatif, a même annoncé la couleur: "Le risque déceptif(1) est important quant à la sortie (...) Il faut préparer nos concitoyens à ce que les propositions à la sortie du Grand débat national ne seront pas les réponses à toutes les remontées du grand débat". Sensé, pour une part, apaiser la colère des gilets jaunes, il y a fort à parier que ce ne sera pas le cas.

Le gouvernement se réjouit de ce qu'il présente comme un succès mais un succès à 12 millions d'euros tout de même ! 12 millions d'euros pour une grosse déception à venir, ça fait cher le bout mais comme disait l'autre, c'est pas cher, c'est l'Etat qui paie ! Plus de la moitié de cette somme a été financé par le ministère de la transition écologique; pas sûr que, contrairement à ce que l'on nous rabâche, la transition écologique soit la principale préoccupation des Français, encore moins celle des gilets jaunes ! Les gilets jaunes et les Français attendent des mesures concrètes, pas sûr que les 4 thèmes retenus par Macron - la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté - permettent de répondre à ces attentes. Quid, par exemple, du pouvoir d'achat, du chômage, de l'immigration,... ?

Alors un succès ce Grand Débat (2) mené de bout en bout par Macron et LaRem ? Nous verrons mais j'ai une certitude, ce n'est pas cela qui apaisera la colère des gilets jaunes (mais pas que) tant la déception risque d'être énorme. 61% des Français estiment d'ailleurs que  les propositions qui émaneront de ce GD n'infléchiront pas la politique du gouvernement, 57% des Français estiment que la synthèse qui sera restituée par Edouard Philippe lundi prochain ne sera pas "transparente et impartiale"; scepticisme de rigueur donc ! Alors pour ne pas être déçu, il fallait faire comme moi, déserter absolument un grand débat organisé à la hâte, ne surtout pas y participer. Je dois d'ailleurs signaler que dans mon entourage proche ou lointain interrogé, je ne connais absolument personne qui y ait participé...

"Enfin, nous connaissons le coût du Grand Débat" s'est exprimé Julien de Normandie. C'est vrai, "enfin" mais précisons tout de même que ce coût ne prend absolument pas en compte les 15 pérégrinations régionales de Macron, pérégrinations dont je suis prêt à parier là aussi que le coût total dépasse celui de ce grand débat. Il serait pourtant indispensable que nous ayons connaissance de celui-ci, histoire de l'imputer aux comptes de campagne de LaRem pour les élections européennes... Je sais, on peut rêver !

(1) Le mot déceptif , néologisme et faux ami signifiant tromperie, est ici employé à tort par Philippe selon l'Académie Française
(2) Lorsque l'on tape sur Google Image "grand débat national", il est amusant de constater que l'essentiel des photos montrent Macron en action lors de ses pérégrinations et non pas des photos des 10 134 réunions organisées partout en France.

Résultat de recherche d'images pour "grand débat"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 19 mars 2019

Monsieur Macron (ou le Gorafi incarné), il faut partir, rendez les clés !

Hier soir, Sa Majesté qui n'a rien d'autre à faire a débattu - enfin débattre... -avec une soixantaine d'intellectuels invités au palais après avoir été préalablement triés sur le volet (Finkie et Onfray, par exemple, n'étaient pas invités). Le "débat" a duré 8 heures et 10 minutes pour s'achever à plus de deux heure du matin.


Frédéric Lordon, économiste-philosophe-sociologue d'extrême gauche, n'a pas répondu favorablement à cette invitation et, pour s'en expliquer, a écrit à Macron la lettre suivante. Tout gauchiste qu'il soit, comment ne pas se régaler...



" Cher Monsieur Macron,

Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron [2], je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous réattaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau.

En réalité, sur la manière dont vous utilisez le langage pour « débattre » comme vous dites, nous sommes assez au clair depuis longtemps. C’est une manière particulière, dont on se souviendra, parce qu’elle aura fait entrer dans la réalité ce qu’un roman d’Orwell bien connu avait anticipé il y a 70 ans très exactement – au moins, après la grande réussite de votre itinérance mémorielle, on ne pourra pas dire que vous n’avez pas le sens des dates anniversaires. C’est une manière particulière d’user du langage en effet parce qu’elle n’est plus de l’ordre du simple mensonge.

Bien sûr, dans vos institutions, on continue de mentir, grossièrement, éhontément. Vos procureurs mentent, votre police ment, vos experts médicaux de service mentent – ce que vous avez tenté de faire à la mémoire d’Adama Traoré par experts interposés, par exemple, c’est immonde. Mais, serais-je presque tenté de dire, c’est du mensonge tristement ordinaire.

Vous et vos sbires ministériels venus de la start-up nation, c’est autre chose : vous détruisez le langage. Quand Mme Buzyn dit qu’elle supprime des lits pour améliorer la qualité des soins ; quand Mme Pénicaud dit que le démantèlement du code du travail étend les garanties des salariés ; quand Mme Vidal explique l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers par un souci d’équité financière ; quand vous-même présentez la loi sur la fake news comme un progrès de la liberté de la presse, la loi anti-casseur comme une protection du droit de manifester, ou quand vous nous expliquez que la suppression de l’ISFs’inscrit dans une politique de justice sociale, vous voyez bien qu’on est dans autre chose – autre chose que le simple mensonge. On est dans la destruction du langage et du sens même des mots.

Si des gens vous disent « Je ne peux faire qu’un repas tous les deux jours » et que vous leur répondez « Je suis content que vous ayez bien mangé », d’abord la discussion va vite devenir difficile, ensuite, forcément, parmi les affamés, il y en a qui vont se mettre en colère. De tous les arguments qui justifient amplement la rage qui s’est emparée du pays, il y a donc celui-ci qui, je crois, pèse également, à côté des 30 ans de violences sociales et des 3 mois de violences policières à vous faire payer : il y a que, face à des gens comme vous, qui détruisent à ce point le sens des mots – donc, pensez-y, la possibilité même de discuter –, la seule solution restante, j’en suis bien désolé, c’est de vous chasser.

Il y a peu encore, vous avez déclaré : « Répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Mais M. Macron, vous êtes irréparable. Comment dire : dans un Etat de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses qui sont inacceptables. À une morte, 22 éborgnés et 5 mains arrachées, vous vous repoudrez la perruque et vous nous dites : « Je n’aime pas le terme répression, parce qu’il ne correspond pas à la réalité ». La question – mais quasi-psychiatrique – qui s’en suit, c’est de savoir dans quelle réalité au juste vous demeurez.

Des éléments de réponse nous sont donnés par un article publié il y a de ça quelques jours par le Gorafi sous le titre : « Le comité de médecine du ministère de l’intérieur confirme que le LBD est bon pour la santé ». On peut y lire ceci : « Christophe Castaner s’est réjoui des résultats des tests du comité de médecins et a aussitôt signé une ordonnance qualifiant de rébellion et outrage à agent toute personne qui mettrait en cause la fiabilité de cette étude ». M. Macron, voyez-vous la minceur de l’écart qui vous tient encore séparé du Gorafi ? Vous êtes la gorafisation du monde en personne. Sauf que, normalement, le Gorafi, c’est pour rire. En réalité, personne ne veut vivre dans un monde gorafisé. Si donc le macronisme est un gorafisme mais pour de vrai, vous comprendrez qu’il va nous falloir ajuster nos moyens en conséquence. Et s’il est impossible de vous ramener à la raison, il faudra bien vous ramener à la maison.

Tous les glapissements éditorialistes du pays sur votre légitimité électorale ne pourront rien contre cette exigence élémentaire, et somme toute logique. En vérité, légitime, vous ne l’avez jamais été. Votre score électoral réel, c’est 10%. 10% c’est votre score de premier tour corrigé du taux d’abstention et surtout du vote utile puisque nous savons que près de la moitié de vos électeurs de premier tour ont voté non par adhésion à vos idées mais parce qu’on les avait suffisamment apeurés pour qu’ils choisissent l’option « ceinture et bretelles ».

Mais quand bien même on vous accorderait cette fable de la légitimité électorale, il n’en reste plus rien au moment où vous avez fait du peuple un ennemi de l’État, peut-être même un ennemi personnel, en tout cas au moment où vous lui faites la guerre – avec des armes de guerre, et des blessures de guerre. Mesurez-vous à quel point vous êtes en train de vous couvrir de honte internationale ? Le Guardian, le New-York Times, et jusqu’au Financial Times, le Conseil de l’Europe, Amnesty International, l’ONU, tous sont effarés de votre violence. Même Erdogan et Salvini ont pu s’offrir ce plaisir de gourmets de vous faire la leçon en matière de démocratie et de modération, c’est dire jusqu’où vous êtes tombé.

Mais de l’international, il n’arrive pas que des motifs de honte pour vous : également des motifs d’espoir pour nous. Les Algériens sont en train de nous montrer comment on se débarrasse d’un pouvoir illégitime. C’est un très beau spectacle, aussi admirable que celui des Gilets Jaunes. Une pancarte, dont je ne sais si elle est algérienne ou française et ça n’a aucune importance, écrit ceci : « Macron soutient Boutef ; les Algériens soutiennent les Gilets Jaunes ; solidarité internationale ». Et c’est exactement ça : solidarité internationale ; Boutef bientôt dégagé, Macron à dégager bientôt.

Dans le film de Perret et Ruffin, un monsieur qui a normalement plus l’âge des mots croisés que celui de l’émeute – mais on a l’âge de sa vitalité bien davantage que celui de son état civil –, un monsieur à casquette, donc, suggère qu’on monte des plaques de fer de 2 mètres par 3 sur des tracteurs ou des bulls, et que ce soit nous qui poussions les flics plutôt que l’inverse. C’est une idée. Un autre dit qu’il s’est mis à lire la Constitution à 46 ans alors qu’il n’avait jamais tenu un livre de sa vie. M. Macron je vous vois d’ici vous précipiter pour nous dire que voilà c’est ça qu’il faut faire, lisez la Constitution et oubliez bien vite ces sottes histoires de plaques de fer. Savez-vous qu’en réalité ce sont deux activités très complémentaires. Pour être tout à fait juste, il faudrait même dire que l’une ne va pas sans l’autre : pas de Constitution avant d’avoir passé le bull.

C’est ce que les Gilets Jaunes ont très bien compris, et c’est pourquoi ils sont en position de faire l’histoire. D’une certaine manière M. Macron, vous ne cessez de les y inviter. En embastillant un jeune homme qui joue du tambour, en laissant votre police écraser à coups de botte les lunettes d’un interpellé, ou violenter des Gilets Jaunes en fauteuil roulant – en fauteuil roulant ! –, vous fabriquez des images pour l’histoire, et vous appelez vous-même le grand vent de l’histoire.

Vous et vos semblables, qui vous en croyez la pointe avancée, il se pourrait que vous finissiez balayés par elle. C’est ainsi en effet que finissent les démolisseurs en général. Or c’est ce que vous êtes : des démolisseurs. Vous détruisez le travail, vous détruisez les territoires, vous détruisez les vies, et vous détruisez la planète. Si vous, vous n’avez plus aucune légitimité, le peuple, lui, a entièrement celle de résister à sa propre démolition – craignez même que dans l’élan de sa fureur il ne lui vienne le désir de démolir ses démolisseurs.

Comme en arriver là n’est souhaitable pour personne, il reste une solution simple, logique, et qui préserve l’intégrité de tous : M. Macron, il faut partir. M. Macron, rendez les clés."

Résultat de recherche d'images pour "frederic lordon"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr


samedi 16 mars 2019

mardi 22 janvier 2019

Emmanuel Macron, vous nous fatiguez !

Par Floris de Bonneville pour Boulevard Voltaire



" Votre grand débat est peut-être une excellente idée ; en tous cas, c’est une idée qui vous permet de gagner du temps en tentant de fatiguer les marcheurs en jaune, mais en fait, c’est vous qui nous fatiguez. Certes, personne n’est obligé de regarder votre performance sur les chaînes d’information en continu. BFM TV, LCI, CNews vont d’ailleurs, elles aussi, très vite se fatiguer de perdre à jet continu leurs téléspectateurs, car pour le commun des mortels, ce one-man-show est insupportable. Vous me direz que rien ne nous interdit de « zapper » votre plan de com’. 

Car il s’agit bien, là, d’un plan de communication doublé d’une campagne électorale pour les élections européennes avant l’heure. Aller de ville en ville à travers la France que vous désignez sous le nom impersonnel de « territoires », entouré de 500 à 600 maires qui viennent vous exposer leurs problèmes quotidiens et auxquels vous allez répondre avec talent, il faut le reconnaître, pendant de longues heures, alors que, dehors, un millier de gendarmes vous protègent de la vindicte populaire, cela s’appelle un plan de com’. C’est triste à écrire, mais si vous acceptez de rencontrer ces maires, vous ne semblez pas vouloir affronter une petite centaine de gilets jaunes ou d’habitants des villes que vous avez sélectionnées. 

Vous savez, bien sûr, que ces Français d’en bas, ces gens qui ne sont rien, ces gilets jaunes qui, depuis plus de deux mois, se gèlent sur les ronds-points quand vous ne les en avez pas chassés, vous auraient interpellé avec vigueur. Tandis qu’entouré des maires qui vous posent des questions locales, pour la plupart, vous vous délectez de leur répondre sur le ton doctoral, professoral, voire liturgique. 

Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas inviter un maire RN mais de nombreux élus n’ont pas la langue de bois. Ceux-là représentent, avec leur accent, la France profonde, la France des terroirs et pas celle des territoires, la France d’en bas. Par contre, vos réponses que vous déclinez pendant des heures ne peuvent que découler d’un bla-bla dont vous êtes un adepte – j’allais dire un accro. 

Mais, M. Macron, nous n’avons pas besoin d’un marathonien de la jactance. Nous n’avons pas besoin de vous regarder discourir pendant des heures alors que vous avez été plutôt silencieux depuis que les gilets jaunes, dont vous évitez de prononcer le nom, vous font tourner en bourrique autour des ronds-points. Nous n’avons nul besoin de vous regarder sourire et répondre à des dizaines de questions en sachant pertinemment que vous ne pouvez pas décider de tout. De faire arrêter un train dans un village. De remettre le 90 sur une route de campagne. De rouvrir une classe fermée pour une mauvaise raison. De convaincre un médecin d’exercer dans tel bourg. 

Nous avons besoin d’un Président qui dirige avec l’assentiment du peuple, et pas contre ses intérêts. D’un Président, par exemple, qui ne doit pas signer en catimini un pacte de Marrakech qui va forcément encourager l’immigration quand il faut y mettre un terme, ou engager la France, à travers un nouveau traité d’Aix-la-Chapelle, dans un bien curieux germano-centrisme. Au passage, sait-on que ce traité prévoit que, régulièrement, un ministre allemand participera au Conseil des ministres à l’Élysée (il est vrai avec réciprocité) ? 

M. le Président de la République, arrêtez de monopoliser les chaînes d’actu pour tenter de remonter la pente de votre impopularité. Si les premiers de cordée vous suivent encore, les autres n’en peuvent plus."

Floris de Bonneville, journaliste.


A propos du traité d'Aix la Chapelle:


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 10 janvier 2019

Dans ma tête, c'est le grand chamboule tout.



Si je ne suis pas contre un petit peu de bordel de temps en temps, j'ai toujours - enfin, disons, depuis très longtemps - été un fan de la police et de la gendarmerie;  j'aime que l'ordre règne et que l'autorité soit respectée. Que l'ordre règne, c'est à dire que personne ne m'emmerde quand je sors en ville, que je puisse aller et venir, quelque soit l'heure, en me sentant en sécurité, bref que ma liberté n'empiète sur celle de personne et que personne ne vienne empiéter sur ma liberté de me promener (ou de penser). Que l'ordre règne, c'est à dire que le fonctionnement de la vie de tous les jours ne soit pas altérée par des blocages, des grèves qui s'éternisent ou par une poignée de syndicalistes ringards (pléonasme) semant le chaos dans les transports en commun. Que l'autorité soit respectée, c'est à dire que quelque soit le détenteur légitime d'une autorité légitime, celle-ci ne puisse être discutée ou pis, remise en cause. Ainsi, l'élève turbulent qui ne respecte pas son prof: out !  Le gars qui fait un bras d'honneur à un flic: out ! Quant à celui, quelque soit son âge, qui brave l'autorité légitime tout en foutant le bordel en ville et en cassant du flic: au gnouf, direct !

C'est pour toutes ces raisons et quelques autres que, par exemple, je n'ai pas aimé les manifestations contre la loi Travail, que je n'ai pas aimé les zadistes de NDDL, que je n'aime pas les antifas, les pouilleux de Sud Rail, les blacks blocs, la France Insoumise et autres perturbateurs "endocriniens" de notre vie quotidienne. En clair, je soutiens la police, force doit rester à la loi, ordre républicain et respect de la légitimité acquise par le suffrage universel.

Et puis sont arrivés Emmanuel Macron et les gilets jaunes. Autant (ou si peu) pour me chambouler la tête.

Comment accepter et respecter un gars sorti de nulle part, aussi mal élu, arrogant, suffisant, hors-sol, inexpérimenté et supposé incarner l'autorité suprême ? Comment respecter une autorité dont on a du mal à croire qu'il puisse ramener l'ordre (sans parler du reste) ? Too much, trop difficile. Impossible. Et comment respecter ses sous-fifres dès lors que l'on ne respecte pas celui qui les a nommé.  Là aussi, impossible. Le premier pilier de mes convictions s'effritait. 

Les gilets jaunes auraient du m'énerver. Qu'ont-ils apporté depuis qu'ils se sont mis en branle ? Des perturbations à tous les niveaux de notre vie quotidienne, des violences, des destructions, une occupation médiatique quasi permanente; des perturbations qui feraient passer celles des grèves dures d'Air France ou des cheminots pour des chicailleries de cours d'école. L'ordre ne règne plus les samedis, l'ordre ne régnera pas samedi prochain. Et pourtant, je n'arrive pas à leur en vouloir puisque je les comprends ( les gilets jaunes, pas les casseurs) et que faute de participer, je les soutiens totalement. Et parce que j'ai vu la totalité de la scène en vidéo, je n'arrive pas à en vouloir vraiment à Christophe Dettinger.  Me voici soutenir "la chienlit". Le deuxième pilier de mes convictions, lui aussi, s'effrite.

Soutenir les forces de l'ordre, la police et la gendarmerie, cela devrait être. Mais là aussi l'effort est difficile. Comment les soutenir lorsque l'on constate, de visu, de quelle manière elles répriment le mouvement des gilets jaunes. Depuis quand n'avions nous pas vu lors d'un mouvement social une si sévère répression, autant de morts (12), autant de blessés et autant d'arrestations pour la plupart arbitraires ? Vous me direz, ils ne font qu'obéir aux ordres, certes, mais quelque autorité aurait ordonné expressément de viser à la tête ? Non, aucune. Réprimer ferme, certes, mais je n'ose pas croire que la chaîne de commandement ait pu ordonner de tirer au flashball, en tir tendu, délibérément, dans la tronche des gars d'en face. Je ne veux pas croire que les autorités ait pu permettre que les goldoraks de la police se déchaînent, sans ménagement, à coup de tonfas, de coups de poing,  de grenades de désencerclement et de gaz lacrymo sur des milliers de manifestants pour la plupart pacifiques (et non pacifistes comme on l'entend si souvent ces jours-ci). Les forces de l'ordre que je vois à l'oeuvre dans cette histoire de gilets jaunes ne me plaisent pas,  ce ne sont pas les forces républicaines que je chéris d'habitude, ce n'est pas la police que j'aime. Le troisième pilier, à son tour se lézarde.

Avouez que tout cela à de quoi tournebouler. Dans ma tête, c'est le grand chamboule tout.

Résultat de recherche d'images pour "répression policière gilets jaunes"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 8 janvier 2019

Ils veulent se venger !

Une autre vision du mouvement des Gilets Jaunes qui n'est pas pour me déplaire...



Par Ulysse Lorn, sous le titre : "Gilets Jaunes: Tisiphone Edition"

" Ce qui se produit est fascinant, non parce que c'est complexe, mais parce que c'est terriblement simple. Après 40 années passées à tenter par tous les moyens de dissoudre le peuple français en le soumettant à des superstructures technocratiques impersonnelles seulement indexées à de vils intérêts financiers, à organiser sa submersion par le tiers-monde islamisé en une sorte de rite expiatoire à échelle continentale, à avoir systématiquement favorisé les facteurs objectifs précipitant son abrutissement, son abêtissement, sa dévirilisation, à avoir par tous les moyens tenté de lui faire intérioriser le caractère souhaitable et-ou inéluctable de sa propre disparition, à lui avoir fabriqué un terrifiant Surmoi d'esclave en forme d'équation (-se défendre = mal = fascisme = nazisme = poubelles de l'Histoire = vous avez de la chance d'être en vie = fermez-la-) voici donc qu'en deux mois, ce qui demeure du peuple français aura eu démontré son caractère infracassable, irréductible, insubmersible. C'est fascinant, parce que c'est simple, que c'est laid, et que c'est inexorable. Ils avaient prévu l'habile combine du putschiste éduqué, les tours spéculatifs du conspirateur, les magouilles paramilitaires de l'Identitaire, ils avaient fabriqué l'épouvantail populiste en forme de parti à flamme tricolore... Mais voilà, ils n'avaient pas prévu la vaillance du Smicard. Ni son insurrection hebdomadaire en forme d'exutoire, lorsqu'il ne peut pas aller faire ses courses au Super-Casino. 

On touche à l'os désormais. 

On touche à une forme de présence qu'on ne peut pas conditionner. Ni intimider, ni manipuler, ni ignorer. La techno-oligarchie inhumaine fait face à une forme de présence minimale, misérable, humaine elle, dans son désespoir, qu'elle ne pourra que TUER. Exterminer purement et simplement si elle veut s'en débarrasser. Mais cela s'effectuera alors au risque d'agréger dans une même haine tous les groupes insurrectionnels et de précipiter une Révolution ou une sécession. Les Gilets Jaunes ne sont ni essoufflés, ni radicalisés. De facto minoritaires, ils sont la racine du peuple autochtone historique qui ne veut pas être arrachée, et ils ont le second souffle que donne seulement la fureur de vivre. Ils sont le peuple français compris dans sa forme immanente la plus pure, non civilisée, inculte, non calculatrice, et donc non manipulable.

Facteur aggravant pour ce gouvernement d'autistes et de novhommes à processeurs intégrés : les Gilets Jaunes ont pris goût à la violence. Et cela, les conseillers de Trogneux-Premier feraient bien d'y penser. Semaine après semaine, les manifestants ont intériorisé l'idée que la violence était nécessaire et ils ont pu jouir de succès non négligeables. C'est absolument décisif : une part importante d'entre eux aime ce qui advient - aime le danger, aime la confrontation, l'adrénaline, le frisson de la fin de semaine, comme des gosses trop longtemps privés d'attention et d'amour et qui, dans le déploiement de la colère injuste, trouvent le remède à la frustration et à l'aigreur d'avoir été méprisés. Et cela, à mon sens, compagnons, est un paramètre capital qu'apparemment personne n'aperçoit : en cherchant une demi-mesure occidentaliste minable, c'est-à-dire en faisant comme s'il laissait faire les manifestations (et se contentait d'en contenir les éventuels débordements), ce gouvernement a favorisé la croissance d'une joie tapageuse et d'un plaisir subjectif à défier son ordre. Incapable d'admettre qu'il aurait dû s'incliner immédiatement en authentifiant une crise de régime, et en mettant en place une alternative à la mascarade de la représentation post-démocratique, il a endurci ses adversaires. Mais surtout, il leur a donné ce gain d'autant inestimable qu'ils ne l'attendaient sans doute pas : la joie d'éprouver qu'un homme libre peut tout abandonner et mettre sa vie en péril s'il pense que c'est l'instant propice et que sa survie l'exige. La HAINE ne faiblira pas, parce qu'au fond, (ainsi qu'en toutes les occurrences où elle advient comme la passion brûlante qui annonce le retour du refoulé), elle fait du BIEN. La digue a cédé. Les chantages moraux ne fonctionnent plus. Les intimidations juridiques ou racailleuses s'écrasent contre l'esprit borné de celui qui n'a plus rien à perdre. Et qui, à tout prendre, préfère flamber que flancher, attaquer à mains nues un CRS casqué, tout foutre en l'air, quitte à s'enterrer.

Ces gens, ce peuple auquel j'appartiens, n'ont rien de radicaux. De factieux, de fascistes, ou autres balivernes béchamelliennes.

Il est complètement imbécile de vouloir théoriser ou intellectualiser le mouvement de la Bile Jaune en sériant ses demandes, ses représentations, ses attentes, ses désirs, ses exigences... On entend un peu partout que les Gilets Jaunes aspireraient à plus de justice sociale, d'équité, de pouvoir d'achat etc. Tout cela est exact, mais n'est pas vrai. Ces gens ne veulent pas débattre, entamer un dialogue, ou entretenir des conversations sur la hiérarchie axiologique des modes de distribution de la richesse. On ne débat pas avec Gros-Jean-Louis, et on ne partage pas des vues métaphysiques avec Nadine-Legging. Non, mon compagnon d'Odyssée : ils s'en branlent de l'ISF, ou bien de savoir s'il faut augmenter ou diminuer la CSG, si le mariage homosexuel est une bonne chose qui authentifie l'assomption des droits de l'homme, ou bien une abomination qui en accuse l'imposture...

Ces gens veulent tout autre chose que la Justice bien comprise...

Quelque chose de beaucoup plus simple.

Ils savent que rien du mal qui leur a été infligé pendant des décennies et que j'évoquais au début du texte ne sera soulagé. Qu'aucune des épreuves que leurs familles ont traversées -la haine raciale des immigrés qu'on leur a imposée chez eux en leur demandant de la fêter, les vexations gouvernementales, les coups de poignards fiscaux- ils savent bien que JAMAIS ils n'obtiendront réparation pour tout cela, que JAMAIS les institutions qui ont causé sciemment leur perte pourraient comme par magie vouloir décidément leur bien... Ces gens ne veulent pas la Justice, au sens où celle-ci ne peut s'établir que moyennant la reconnaissance et l'obéissance à un ordre institutionnel posé comme légitime. 
Ils savent bien que celui qui vous a passé à tabac ne risque pas de vous dédommager et de demander pardon.
Ces gens ne veulent pas la Justice.

Ils veulent se VENGER.

_____________


C'est l'animal maltraité qui détruit le salon.
Le chien dénutri qui mord la main qui va pour le caresser.
Le clébard qu'on n'a pas sorti qui défèque sur le lit.
Les Gilets Jaunes sont un esprit vengeur - un égrégore sorti tout droit des inter-mondes entre banlieue et campagne que personne ne visitait plus. On lui propose un grand débat, il annonce le grand débarras. On lui annonce qu'on va taper plus fort, il répond d'accord, à la semaine prochaine.
C'est extrêmement dangereux, et comme tout ce qui implique le spectre du péril, potentiellement salutaire.
Entre celui qui lutte pour maintenir son existence, et celui qui lutte pour se venger de la destruction de la sienne, je ne crois pas, toutefois, qu'il y ait le moindre doute -à long terme- sur l'issue du combat.
"



Ulysse Lorn
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 6 janvier 2019

Pour une dissolution immédiate de l'Assemblée Nationale


Alors que depuis quelques jours les gars qui nous servent de ministres nous annonçaient un mouvement des gilets jaunes en train de s'essouffler, force est de constater que ces derniers ont encore une fois pris de court les autorités et la police. Parce qu'hier, que ce soit à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux ou dans de nombreuses villes, ce sont les gilets jaunes qui ont , dans un premier temps, mené la danse...

Trêve des confiseurs terminée, retour de vacances, ils étaient là par milliers, tellement nombreux que Castaner a eu du mal à les compter: 25 000 à 18h00, 50 000 à 19h00, dommage qu'on ne lui ai pas reposé la question à 20h00... Une chose est certaine, les vidéos vues sur les réseaux sociaux ne laissent aucun doute: les chiffres sont scandaleusement bidonnés. Mais de cela on a l'habitude...

Ce dont on a moins l'habitude, c'est de voir avec quelle violence la police riposte, avec quelle hargne les CRS frappent, avec quelle brutalité les gardes mobiles chargent. Du jamais vu, je pense, depuis l'épisode Malik Oussekine en 1986. Alors, vous me direz, les flics ripostent à hauteur de ce que les gilets jaunes leur font endurer; c'est vrai mais pas seulement comme le prouve la vidéo ci-dessus, une parmi tant d'autres, où des gilets jaunes à terre et somme toute pas bien méchants se font tabasser sans vergogne par des CRS. Et c'est bien cela qui me chiffonne: non pas d'en vouloir aux keufs, ils font le boulot pour lequel ils ne sont pas lourdement payés, mais cette certitude qui est la mienne qu'ils ont reçu l'ordre de ne pas se ménager pour casser du gilet jaune. Et cet ordre ne peut venir que du plus haut niveau... Après tout, me direz-vous là aussi, le kéké de Forcalquier, Griveaux, Nunez avaient prévenu: la radicalité allait changer de camp. Sus aux gilets jaunes et pas de quartier ! Ou comment attiser la colère et la haine...

Et bien forcément, quand on les tape, les plus hardis, les plus courageux, les plus radicaux des gilets jaunes, aidés en cela par des casseurs et des flics en civils, ripostent à leur tour et à leur façon et cela donne ce à quoi on a assisté hier: 

L’image contient peut-être : feu, ciel, nuage, crépuscule et plein air L’image contient peut-être : feu et plein air

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, feu et plein air L’image contient peut-être : feu et nourriture

Résultat de recherche d'images pour "passerelle leopold sedar senghor gilets jaunes" Résultat de recherche d'images pour "passerelle leopold sedar senghor gilets jaunes"
(les 4 premières photos: C. Demassieux pour Riposte Laïque)

Une fois encore, la France défigurée aux yeux du monde: du feu, du sang, des larmes, des scènes d'émeute, des violences partout et ce sentiment qui laisse aussi amer qu'inquiet: rien ne semble pouvoir endiguer les choses, rien ne semble pouvoir faire entendre raison aux uns ou aux autres. La rupture est totale entre les gilets jaunes et le pouvoir. Une police totalement dépassée hier: seules 34 arrestations à Paris hier ! Et un Castaner, un Griveaux, un Nunez et un Delpuech pour courir les écrans télés et nous dire que force doit rester à la loi (poil au doigt). Et un Macron absent si ce n'est par  l'émission d'un pet sur les réseaux sociaux pour s'élever contre ces casseurs de République.

Griveaux dont les bureaux ont été attaqués et qui a du être exfiltré manu militari a osé déclarer: "Ce n'est pas moi qu'on a attaqué, c'est la République !". Mon con, heureusement que la République ce n'est pas toi, on serait mal barré. Mais quelque part, il n' a pas tort: que des gars, gilets ou pas gilets, s'en prenne ainsi à un symbole si petit soit-il de la République (les bureaux d'un ministre) montre à quel point le malaise est grand, à quel point la colère est grande, à quel point le divorce est acté entre le " pouvoir " et une bonne partie du peuple.

Alors comment sortir de l'impasse ? Comment retrouver le calme ? Comment apaiser les choses ? Comment contenter les gilets jaunes ? Visiblement, tout ce qui leur a déjà été accordé n'a pas suffi. L'espèce de débat national que veut entamer le Macron semble avoir avorté avant même d'avoir commencé. Dans les mairies les cahiers de doléances se noircissent à vue d’œil avec moultes propositions aussi intéressantes que nulles pour certaines sans que l'on sache très bien ce qu'il adviendra de ces cahiers et de leurs contenus. La violente répression policière ne suffit pas non plus. Alors ? Si rien de ce qui a été fait , accordé et ordonné ne suffit à calmer la fronde, c'est bien la preuve que la solution est ailleurs. Laquelle ?

La démission de Macron ? Il n'y a actuellement personne de suffisamment crédible et costaud pour prendre sa place. Une liste Gilets Jaunes aux Européennes ? Pour quoi faire si ce n'est diluer les voix et puis, une fois à Bruxelles, ils feront quoi  les éventuels gilets élus (loin de Paris, loin du cœur. remember Edouard Martin.) ? Le retour de l'ISF, l'un des impôts les plus stupides qui soit ?

Non, la solution radicale me semble être la dissolution immédiate de l'Assemblée Nationale. Procéder à de nouvelles législatives. Pas besoin de proportionnelle intégrale, la déliquescence des partis actuels devrait se traduire de fait par une proportionnalité des résultats. Le résultat de celles-ci donnant forcément une plus juste représentativité du peuple et mettrait fin à la domination écrasante de cette majorité LaRem composée de bric et de broc, d'amateurs, d'imposteurs, voire de débiles totalement incapables de composer avec des gilets jaunes. L'élection de cette nouvelle assemblée entraînerait la nomination d'un nouveau gouvernement que l'intelligence, certes complexe mais réelle, d'Emmanuel Macron voudra plus ouvert et plus représentatif de la population.  Un gouvernement qui devra nécessairement être bien plus expérimenté que la ribambelle de clampins que nous avons actuellement. La suffisance, l'arrogance, le mépris, l'amateurisme n'ont jamais fait de bons politiques, tout cela génère l'incompréhension et la colère de ceux (i.e.: le peuple) qui doivent subir les orientations prises par les autorités. Un gouvernement qui, là aussi, devra être bien plus représentatif de la population que celui que nous avons actuellement.

Parce qu'à bien écouter les gilets jaunes, de quoi souffrent-ils en dehors de tout ce qui a été déjà dit ici ou ailleurs ? Que veulent-ils de plus que ce qui leur a déjà été accordé ? Ils veulent être entendus, compris, pris en compte. Ils veulent exister. Ils ne veulent plus être ignorés. Ils veulent être représentés. Tout simplement.

Une chose est sûre, sans décision radicale du petit prince, le pays court à une catastrophe certaine, catastrophe qui fera passer mai 68 pour de la gnognotte.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.