Voilà pourquoi mon " combat " pour le mariage gay s'arrêtera ici, ce jour.
Un tweet, un simple tweet de Bruno Masure, has been s'il en est de la télé à papa, à propos du mariage gay et de la position de l'Eglise catholique, suffit à expliquer mon renoncement: " Quelqu'un peut expliquer aux arriérés de l'Épiscopat français que le
mariage homo existe dans la (très) catholique Espagne depuis 2005 ? "
Fut un temps, il me paraissait évident que la législation devait évoluer en donnant à deux personnes de même sexe les mêmes droits ( héritage, réversion, éducation si présence d'enfant...) qu'aux hétéros. Reconnaissance sociale et légale par le mariage. Terme que j'aurai souhaité différent: union civile, contrat d'union... afin qu'il soit parfaitement dénué de toute connotation religieuse. Il ne s'agissait pas pour moi d'une démarche militante, juste une question d'égalité au sens noble du terme.
Et puis les choses ont évolué. hollande, qui se fout du mariage hétéro comme de sa première poule, a fait du mariage gay une promesse électorale démagogique. Et la Socialie toute entière d'en faire une question de principe: le mariage gay, une question de justice, d'égalité et de progrès.
Alors, on nous a vendu le truc d'une façon simpliste en occultant sciemment la foultitude de problèmes qu'il faudrait régler de facto en accordant cette " égalité ": l'adoption des enfants, l'éducation, la procréation, le lignage, le devenir de la notion de famille, etc... Bref diluer par la loi et dans le temps ce qui faisait le ciment de notre société: la famille. Cette même famille dont on ne peut plus parler sans lui accoler quelques adjectifs: famille classique, famille traditionnelle. Par opposition à ce qui est ou serait le nec plus ultra du progressisme: famille recomposée, homoparentale, moderne... C'est ainsi qu'au fur et à mesure que l'échéance se rapproche et que la concrétisation semble inévitable, le débat a pris forme, les questions se posent, la réflexion s'affûte et force est de constater que la chose n'est pas aussi simple que cela. Même Tartuffe 1er et Ayrault renoncent par exemple à la PMA. Les problèmes administratifs et moraux s'avèrent bien plus aigus: Parent 1, Parent 2, Parent 3... Et l'on s'aperçoit des dérives et évolutions éventuelles auxquelles on n'avait pas pensé. C'est vrai quoi, si on l'accorde aux homos, pourquoi ne pas l'accorder à d'autres minorités " folkloriques " au nom de l'égalitarisme: le mariage polygame, le mariage pour trois, le mariage mixte ( 2 personnes homos et 1 hétéro ) etc... D'ailleurs, les gauchisses ne préparent-ils pas le terrain en transformant insidieusement le mariage gay en mariage pour Tous, ce Tous qui m'apparait bien plus nivélateur qu’égalitaire.
Alors, on réfléchit, on évolue et on se dit: au nom de quoi, pour satisfaire l'exigence ( manipulée ? ) d'une minorité devrait-on modifier la généralité ? Sans même se poser la question de savoir si l'on ne pourrait pas agir, présentement, au cas par cas compte tenu du peu de gens concernés.
Par delà toutes ces questions morales, éthiques et philosophiques qui peuvent être discutées, la tournure qu'a pris ce débat ne me plaît pas. Le tweet sectaire de Masure a été ce matin une espèce de révélateur. Le Camp du Bien et des Progressistes détiennent la Vérité: Être pour le mariage pour tous, c'est être moderne, c'est aller de l'avant, faire fi des conventions et envoyer paître la tradition. Tout opposant à ce projet est forcément et en vrac: arriéré, catho, réactionnaire, néo-con, sectaire ( un comble ), nul et conservateur... Le top du top étant " homophobe " ! Tu es contre le mariage homo parce que t'es homophobe ! Et on en arrive à des aberrations: le croirez-vous, j'ai lu des gays se faire traiter d'homophobes parce qu'ils n'envisagent pas le mariage pour tous comme LA solution. !
Ainsi, d'un débat qui aurait pu être intéressant, on a fait pour des raisons douteuses un combat du Bien ( la gauche, les modernoeuds et les minorités agissantes ) contre le Mal: les cathos ou tous ceux qui, par conviction, par foi ou par respect des traditions n'approuvent pas cette évolution.
Sauf qu'en l’occurrence et pour peu que l'on prenne le temps de bien expliquer les choses et de mesurer à leur juste valeur les impacts à venir sur la société, l'on s'aperçoit que le tendance n'est pas forcément le mieux; j'en veux pour preuve la baisse dans les sondages du nombre de Français favorables au mariage pour tous. Et plus cette baisse de s'accentuer, plus je constate la montée en puissance d'une certaine agressivité et des propos homophobes de plus en plus présents. La tension et les invectives s'accroissent et pourrissent le débat.
En résumé que peut-on dire ?
Que le mariage " gay " ne peut pas se limiter uniquement à l'union de deux personnes de même sexe, le sujet est bien plus vaste et plus risqué dans ses conséquences pour notre société et notre devenir.
Que ce débat révèle in fine de quelle manière les forces gauchisantes ont manipulé le débat: d'une idée qui tenait la route, elles ont fait un débat politique clivant. Il ne doit y avoir que les pour et que les contre. Les Pour ayant forcément raison et les Contre étant obligatoirement des arriérés.
Que pour des raisons électoralistes et stupidement idéologiques, sous la pression de quelques lobbies et autres associations militantes, on voudrait imposer l'exigence d'une minorité au plus grand nombre.
Que pour faire triompher le " Bien ", on est en train de diviser la population, un peu comme on le fit avec le débat sur l'identité nationale.
Qu'en commençant cependant à exposer les tenants et les aboutissants du zinzin, on s'aperçoit que l'adhésion au projet s'émousse.
Pire à mes yeux, ce débat a permis de révéler au grand jour, chez certains, de plus en plus nombreux, une homophobie latente qui n'attendait que l'occasion pour s'exprimer ouvertement; l'exact contraire de ce que l'on pouvait espérer attendre. De la même manière qu'il a mis sous les projecteurs le sectarisme affligeant de ceux, tels Bruno Masure, qui se sont toujours présentés comme le must question " ouverture d'esprit ".
Pour toutes ces raisons, j'ai décidé, hélas, de ne plus prendre part à ce débat. Le mariage pour tous se fera ou ne se fera pas, mais ce sera sans moi.
Folie passagère 1422.
