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dimanche 31 mai 2015

Les Républicains: J'y étais !


J'étais aujourd'hui au congrès des Républicains. Une excellente journée. Une organisation impeccable. Un très bon moment. J'y étais. De 10h30 à 17h00.  Mes impressions ?...

De ce congrès, j'aurai retenu: 

La proximité des cadors du parti avec les militants. Alors bien sûr, me direz-vous, ils sont en présence d'un public acquis. C'est vrai, il n'empêche, ils sont quasiment tous descendus dans l'arène saluer les militants, serrer des pinces,  faire des bisous, discuter et débattre. Conversation à bâtons rompus, face to face, avec Raffarin, Pécresse, Pelltier, Hortefeux, Daubresse, Fasquelle, Peltier en ce qui me concerne. 3 minutes avec les uns, dix minutes avec l'autre. Ils ont pris le temps. C'est bien.  Ils nous avaient dit "congrès Low Cost "? Si j 'en juge par le temps qu'ont mis Raffarin, Douillet, Péchenard ou Juppé à faire la queue pour se payer un sandwich ou à Darmanin que j'ai saisi, assis sur une caisse, dehors, visiblement épuisé, entrain de fumer une clope, alors oui, c'était bien un congrès low cost.

La popularité auprès des militants de Nicolas Sarkozy. Dès qu'il se pointe, plus rien ne compte. Peu importe les discours à la tribune, Sarko passe... Et moi d'obtenir une invitation à dîner avec dans quelques jours...

La standing ovation réservée à Eric Woerth, tout juste relaxé par la justice après 5 ans de procédure aussi interminable qu'injustifiée pour toute personne sensée. Son émotion ne pouvait pas être feinte.

La popularité auprès d'une partie des militants présents de Jean-François Copé.

La solitude de Balkany...

On ne sait de quoi demain sera fait mais que ce soit Juppé ou Fillon, il ne faudra pas qu'ils comptent sur les militants pour gagner le premier round de la primaire à venir. Sifflés et hués, ils furent mais pas plus que cela, loin de ce dont se repaissent les médias ce soir.

Les médias. ils étaient tous là. Tous. Y compris France 5, Reuters et CNN. On se demande même comment, par exemple, Itélé peut envoyer Julien Arnaud faire la pige toute la journée et nous relater si peu de ce congrès dans ses multiples éditions du soir. Hormis les huées précitées, il semblerait que Domenach, Lavigogne, Bruno Jeudy, Appoline machin, Arnaud, Mazerolles et quelques autres n'aient rien vu ni rien retenu d'autre... Journalistes un jour, journalistes toujours...

Ce petit film d'à peine 5 minutes diffusé. Plutôt bien fait. Ci-dessus en vidéo, à partir de 4:47:16 et cet extrait de " Entre ici jean Moulin... " Histoire de faire la nique au discours de Président au Panthéon.

Les discours. Celui de Bruno Le Maire (bon, très bon, très applaudi), de Daubresse (qui m'a surpris), d'Eric Woerth (très émouvant), de Pécresse (combative), de NKM (soporifique et déplacé), de Raffarin (un brin déjanté ?), de Juppé et de Fillon (peu convaincants et grands perdants à l'applaudimètre) et celui de Sarkozy, comme à l'accoutumée: percutant, enthousiasmant et sincère (du moins me semble-t-il...).

M'apercevoir qu'à deux rangs derrière moi était assis un ex. que je n'avais pas revu depuis douze ans. Séparation très difficile à l'époque, retrouvailles aussi fugaces que glaciales aujourd'hui.

Ce qui restera sans aucun doute pour moi le meilleur moment de la journée: Le discours d'Henri Guaino. A 4:53:00 sur la vidéo. Discours que je me fais fort de me procurer pour le publier dès que possible sur ce blog.

Un nouveau parti est né, nous ont-ils dit. On ne demande qu'à voir mais une certitude si je ne me fie qu'aux discours entendus aujourd'hui: Les Républicains n'ont strictement plus rien à voir avec la défunte UMP.

Folie passagère 2789.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 20 février 2014

Je ne reconnais plus mon pays, ma France


" Je ne reconnais plus mon pays. Il y souffle un vent mauvais, un vent de colères, de divisions, d'antagonismes. Il arase ces digues que l'on nomme respect de l'autre, estime de soi, bienséance, civilité, et qu'une haute civilisation construit et reconstruit patiemment pour canaliser les pulsions et les passions humaines. Il attise un feu de violence et de haine qui couve sous la cendre d'une crise économique, sociale, identitaire aux conséquences profondément délétères sur la cohésion de notre société.

Comment vivre ensemble, comment se sentir solidaires, comment partager, si la détestation s'immisce dans tous les rouages de la société, dans toutes les relations, si elle transpire dans toutes les attitudes, dans tous les comportements ? Comment croire que la légitimité de nos institutions, de nos lois, la solidité de notre démocratie ne s'en trouveraient pas dangereusement affaiblies ?

Je ne reconnais plus mon pays. À qui la faute ?

Quand souffle ce vent mauvais qui précède toujours les grandes catastrophes de l'histoire, c'est à chacun de prendre davantage sur lui-même pour ne pas nourrir les antagonismes, ne pas creuser les fractures, pour apaiser, réconcilier. Chacun a sa part de responsabilité. Elle est d'autant plus grande que l'on occupe dans la société un rang plus élevé, que l'on y exerce un pouvoir plus important.

La démesure est le risque de tout pouvoir. Elle commence quand un pouvoir ne se pose plus la question de sa propre limite, ne s'interroge plus sur les conséquences de ses actes. Un pouvoir sans mesure est un pouvoir qui ne s'interroge jamais pour savoir jusqu'où il ne doit pas aller trop loin vis-à-vis de ceux qui sont en désaccord avec lui, un pouvoir qui n'a conscience que de ses droits et pas de ses devoirs.

Ce rappel vaut d'abord pour les politiciens. Si l'opposition a le devoir de ne pas se laisser aller à toutes les surenchères, de ne pas céder aux extrémistes qui veulent l'entraîner sur des voies où se perdrait son honneur, la majorité du fait du pouvoir qu'elle exerce a une plus lourde responsabilité encore. Que dire d'un pouvoir politique, d'une majorité qui, dans une société malade de toutes les crises, usent tous les jours de la provocation pour servir avec cynisme ses clientèles les plus extrêmes et radicaliser une partie du pays dans le seul but de se maintenir au pouvoir ?

Je l'ai dit jadis sous une autre majorité : chercher à dresser les Français, les uns contre les autres, conduit à la défaite morale et la défaite morale est toujours l'antichambre de la défaite politique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on n'a jamais vu la France aussi divisée et la radicalisation des idées et des comportements autant exacerbée par une entreprise de destruction sans précédent de toutes les institutions et les principes qui nous permettent de vivre ensemble. Ceux qui attisent ainsi les braises qu'ils avaient si solennellement promis d'éteindre doivent être conscients qu'en mettant le feu, ils se brûleront aussi.

Je ne reconnais pas mon pays, ma France. Passionnée, emportée, mais pétrie d'humanisme et de valeurs universelles. Ou plutôt je reconnais dans le visage qu'elle prend, aujourd'hui, celui des mauvais jours, des déchirures et des drames, quand elle n'est plus elle-même, quand elle perd son âme.

La politique n'est pas seule en cause. Nous vivons une époque dangereuse où presque tous les pouvoirs semblent oublier leurs devoirs. Qui ne voit avec consternation et angoisse une certaine dérive de la justice telle qu'elle s'est affichée sur le « mur des cons » , ou telle qu'elle se montre dans la tentation, mortelle pour la Démocratie et la République, de faire trancher les questions politiques par les juges ?

Mais le temps est venu de mettre au pied du mur de ses responsabilités un autre pouvoir, aussi important pour une société de liberté que celui du Parlement, ou des juges. Je veux parler du pouvoir des médias. La société leur confie un pouvoir considérable et le protège.

Ce pouvoir crée aussi à ceux qui l'exercent des devoirs qui dépassent le cadre des lois et des règlements. Les médias ont eux aussi un devoir moral, un devoir de mesure, un devoir de respect. Comme tout pouvoir, celui-ci a le devoir de s'imposer, en conscience, ses propres limites. (...)

Mais il y a des limites à tout. Ou plutôt, il faut mettre des limites à tout. Ne pas tout accepter, ne pas tout supporter, ne pas tout endurer, et s'empêcher soi-même de franchir certaines bornes : l'homme libre, l'homme digne, est un homme qui est capable de dire non. 

L'autre soir, sur ce plateau de télévision, où l'on m'avait invité pour parler de la politique familiale, l'interlocuteur que l'on m'avait choisi n'avait qu'un but, avec la complicité au moins passive des animateurs : faire un débat homosexuel contre hétérosexuel. Ce débat je le récuse, je l'ai toujours récusé, de toutes mes forces. Il est porteur du pire. Je passe sur le mépris, l'impolitesse, la caricature, j'ai l'habitude. Que mon interlocuteur fasse de la cause qu'il prétend défendre un fonds de commerce et qu'il l'abaisse à ce point, après tout c'est son problème même si c'est détestable. Mais accepter les termes de ce débat, supporter que le débat politique soit si profondément dénaturé, entraîné sur des voies si dangereuses où les orientations sexuelles, la couleur de la peau ou les religions deviennent des catégories politiques, ce n'était pas possible. 

Faut-il donc se laisser glisser sur cette pente fatale où la vieille lutte des classes aux effets si néfastes laisserait la place à pire encore : la guerre des religions, des sexualités, des mémoires, des origines, au choc haineux de tous les intégrismes et de tous les racismes ?Faut-il donc être le complice de cette transformation de la politique en entreprise de délégitimation morale systématique de celui qui ne partage pas les idées de quelques minorités plus agissantes que d'autres ? 

Qui ne voit que ce dévoiement de la politique dessine les contours du plus dangereux des communautarismes, celui du rejet, du dénigrement, du mépris de l'autre ?

Non, ce n'était pas possible. Ce n'était intellectuellement, moralement pas possible. Je suis parti. Que faire d'autre ?

Beaucoup de Français qui n'en peuvent plus du climat de notre vie publique m'ont approuvé. D'autres ont condamné mon geste. C'est la loi du genre. On ne peut pas être d'accord avec tout le monde. Mon inquiétude est ailleurs : ceux qui dans des émissions grand public, dès le lendemain, m'ont traîné dans la boue parce que j'avais osé dire « ça suffit ! » , ceux-là se rendent-ils compte à quel point est dangereuse la mise en scène de ce genre d'affrontement qui nourrit les pires antagonismes ?

J'ai envie de leur dire : avez-vous conscience que vous jouez avec le feu ? Avez-vous conscience que vous avez aussi une responsabilité dans le vent mauvais qui souffle sur la France, que vous avez aussi des devoirs et pas seulement des droits ? Même vous, oui, même vous ! Vous d'abord qui êtes les garants du pluralisme démocratique ! Vous qui avez ce privilège de pouvoir tous les jours parler à tous les Français !

Quand viendra, à force de souffler sur les braises, le temps de la violence et de la haine, croyez-vous que vous pourrez dire : « Nous n'y sommes pour rien » ?

Souvenez-vous que ce ne sont pas les prophètes de malheur qui sont responsables des grandes catastrophes mais ceux qui ricanent cyniquement quand tous les éléments du drame se mettent en place. Parce qu'ils ont laissé faire...

Je ne reconnais plus mon pays et vous y êtes aussi pour quelque chose."

" Adresse à tous ceux qui jouent avec le feu " par Henri Guaino. Pour le Figaro du samedi 15 février 2014. A lire en intégralité ICI.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 2 juillet 2013

Justice indépendante. Mais c'est bien sûr...


Si un mec de droite vous dit que la justice n'est pas indépendante, le mec de gauche rigolera et vous dira qu'il ne faut pas voir du complot partout, que avant c'était pire et puis que de toute façon, toussa, c'est la faute à Sarko...

On se souvient que Pépère, en campagne, s'était " engagé à rendre la justice indépendante et à garantir un état impartial. "

On se souvient du mur des cons, oeuvre picturale assez dégueulasse qui décorait les locaux du SM, syndicat de la magistrature.

On se souvient que dimanche dernier, sur le plateau de BFM, la greluche guyanaise qui nous sert de ministre de la justice, les yeux dans les yeux, nous garantissait une justice indépendante du pouvoir; "pas comme avant" !

On se souvient avec quelle énergie et quelle virulence Henri Guaino s'insurgea de la mise en examen pour abus de faiblesse de Sarkozy dans l'affaire Bettencourt et comment il s'en prit au juge Gentil, l'accusant de manière à peine voilée d'être aux ordres du pouvoir en place. Certains annoncèrent qu'il porterait plainte contre Guaino pour outrage à magistrats. Ce fut le cas de Christophe Régnard, président de l'Union Syndicale de la Magistrature.

Ce même Christophe Régnard qui déclara le 20 juin dernier sur France Info:
 " Bah, c'est-à-dire qu'on sait très bien que les magistrats du parquet en France n'ont pas une très grande indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et que l'ensemble des magistrats du parquet général de la Cour de cassation ont été nommés selon un processus qui ne garantit peut-être pas complètement leur indépendance. "
Au moins les choses sont-elles claires !

Laissons donc à Christophe Régnard le soin de porter plainte contre lui-même pour outrage à magistrats !

Folie passagère 1783.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.