Ils n'ont pas attendu longtemps. Non contents d'avoir eu le scalp de Sarkozy, les voilà se déchaîner contre Fillon. De l'extrême-gauche à la gauche droite molle, façon Juppé, haro sur le baudet. C'est en quelque sorte une union nationale qui s'est rapidement mise en place, une union nationale gauchisante qui s'est donné une semaine pour dézinguer le vainqueur du premier tour de la primaire de la droite et du centre.
Et ils n'y vont pas de main morte. Tout et n'importe quoi y passe. Tout et n'importe quoi est dit. Cela n'a pas d’importance, ce qui compte c'est que le brouhaha anti-Fillon soit suffisamment intense pour qu'un pourcentage important d'électeurs se détourne de celui qu'il a porté en tête dimanche dernier. Objectif " Juppé plutôt que Fillon ". Alors on prête à Fillon la volonté d'abolir l'IVG, ce qui est faux. On prétend qu'il va abroger la loi sur le mariage pour tous, ce qui est faux. On claironne à qui mieux-mieux que son programme est irréalisable sans même essayer de le déchiffrer. On va fouiller dans les poubelles du net et tenter de dénicher quelques boules puantes pour essayer de salir un homme qui, à défaut d'être parfait, n'a pour l'instant aucune casserole aux fesses. On récupère des propos datant de plus de vingt ans pour montrer que l'homme n'aurait pas de constance; mais qui , en politique, peut se flatter de n'avoir jamais changé d'avis ou de ne pas avoir, sur un sujet précis, évolué. Journalistes, chroniqueurs patentés, gauchiasses à la petite semaine et pieds-tendres juppéistes semblent découvrir, d'un seul coup, le programme de Fillon: Radical, rétrograde, réac, conservateur, thatchérien,... Voudraient-ils, Tartufes, nous faire croire qu'ils ne l'avaient pas lu avant ? Avant le premier tour. Et Juppé, lui qui n'a jamais revendiqué une quelconque foi, ose se déclarer plus proche d'un Pape présenté comme gauchisant - ce qui est faux - que de Sens Commun, histoire de faire entendre un son de cloche que ne démentirait pas la canaille de Libération ( voir ci-dessous ). Outrageusement, la gauche comparaît en 2012 les meetings de Sarkozy à ceux de l'Allemagne nazie, vous verrez que bientôt, ils seront tentés de comparer ceux de Fillon aux assemblées dominicales de la Fraternité St Pie X.
Mais tous ces Jean-Foutres font fausse route. Ils font fausse route parce qu'ils ne trouveront rien à se mettre sous la dent, rien qui empêchera l'alternance qu'ils redoutent tant. Fausse route parce qu'ils n'ont pas compris que la France avait changé de camp. Fausse route parce qu'ils ne sont pas aperçu que la Manif Pour Tous n'était pas un simple mouvement spontané mais le révélateur, le réveil, d'une France qui n'en pouvait plus de la doxa post-68, d'une France fière de ses racines et de ses traditions, d'une France marquée à jamais par son héritage chrétien, d'une France qui, lassée du tintamarre progressiste, a décidé de faire entendre le sien. La France n'est plus à gauche, si tant est qu'elle le fut, la France est désormais - depuis un moment, en réalité - à droite. Rien ne sert de stigmatiser, de critiquer, moquer, railler, insulter cette France là, cette France dorénavant majoritaire. Elle a décidé de ne plus se taire. Sarko était sans doute trop cash, elle a choisi Fillon, plus arrondi, plus sobre, plus " réfléchi " pour l'emporter. Juppé, Pécresse, Apparu, Raffarin, Copé, Mariton, NKM, de Calan, Lagarde font fausse route en jouant la carte d'une droite modérée, molle, centriste. La recette hollandaise de 2012 ne fonctionne plus. Quant à la gauche, plutôt que de ferrailler contre Fillon, elle ferait mieux, vu l'état dans lequel elle se trouve, de commencer à panser ses plaies et de réfléchir à un nouveau discours. Elle le sait, 2017, c'est cuit pour elle, le moindre mal serait Juppé. Mais cela ne fonctionnera pas. La France a besoin d'autre chose.
Le summum de cette fronde aussi soudaine qu’inappropriée contre Fillon sera sans conteste, selon moi, l'éditorial de cette vieille canaille trotskiste de Laurent Joffrin dans Libération. Tout y est: La haine du catho, la mauvaise foi, l'insulte, les amalgames qui puent, la raillerie surfaite et l'horreur que représente pour lui Fillon ( ses électeurs et la France décrite ci-dessus avec) ), horreur démesurément surjouée. Sacristie qu'il a titré:
" Journée des dupes. Beaucoup d’électeurs ont voulu écarter un ancien président à leurs yeux trop à droite. Impuissants devant la mobilisation de la droite profonde, ils héritent d’un candidat encore plus réac. C’est ainsi que le Schtroumpf grognon du conservatisme se retrouve en impétrant probable. «Avec Carla, c’est du sérieux», disait le premier. Avec Fillon, c’est du lugubre. Bonjour tristesse… La droitisation de la droite a trouvé son chevalier à la triste figure. C’est vrai en matière économique et sociale, tant François Fillon en rajoute dans la rupture libérale, décidé à démolir une bonne part de l’héritage de la Libération et du Conseil national de la Résistance. Étrange apostasie pour cet ancien gaulliste social, émule de Philippe Séguin, qui se pose désormais en homme de fer de la révolution conservatrice à la française. Aligner la France sur l’orthodoxie du laissez-faire : le bon Philippe doit se retourner dans sa tombe. On comprend le rôle tenu par les intellectuels du déclin qui occupent depuis deux décennies les studios pour vouer aux gémonies la «pensée unique» sociale-démocrate et le «droit-de-l’hommisme» candide : ouvrir la voie au meilleur économiste de la Sarthe, émule de Milton Friedman et de Vladimir Poutine. Nous avions l’Etat-providence ; nous aurons la providence sans l’Etat. C’est encore plus net dans le domaine sociétal, où ce chrétien enraciné a passé une alliance avec les illuminés de la «manif pour tous». Il y a désormais en France un catholicisme politique, activiste et agressif, qui fait pendant à l’islam politique. Le révérend père Fillon s’en fait le prêcheur mélancolique. D’ici à ce qu’il devienne une sorte de Tariq Ramadan des sacristies, il n’y a qu’un pas. Avant de retourner à leurs querelles de boutique rose ou rouge, les progressistes doivent y réfléchir à deux fois. Sinon, la messe est dite. "
Joffrin, relique journalistique s'il en est, qui n'ose même plus donner dans le socialisme, préférant parler de progressisme, se trompe jusque dans sa conclusion: Il n'y a pas de " sinon " qui tienne: Ite missa est, la messe est d'ores et déjà dite.
Cette France qu'il vomit et que combat pour le moment Juppé et sa clique et qu'incarne actuellement Fillon gagnera la présidentielle de 2017. Ils font juste mine de ne pas y croire.
On parie ?
(Pour ceux qui iront écrire " mais qui lit encore Libération ? "... Libération, en 2015, c'est en moyenne, 88 000 exemplaires papier vendus chaque jour, 27 000 abonnés papier, 4 millions de visiteurs uniques par jour sur son site et 10 000 abonnés numériques, neanmoins, une diffusion payée en baisse de 20% sur le premier semestre 2016... )
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