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mercredi 27 mars 2013

Les délires de Jean-Marie Colombani


Qui est Jean-Marie Colombani ? Un journaleux, de gauche, soutien de hollande, ancien patron du Monde et membre du très select club Le Siècle. Ce fameux cénacle qui regroupe les z'élites, de droite comme de gauche, de notre république. Il est aussi le patron du site Slate.fr. Son dernier article est un monument du genre, question mauvaise foi. Colombani est fâché par ce qu'il désigne comme étant " l'hystérisation de la droite ". D'un même jet de plume, il s'en prend au magazine, gauche light, L'Express qui, à propos d'hollande, titre: " La débâcle ". 

Selon wikipédia, restons basiques, l'hystérie est une névrose touchant les femmes et les hommes, aux tableaux cliniques variés, où le conflit psychique s'exprime par des manifestations fonctionnelles (anesthésies, paralysies, cécité, contractures...) sans lésion organique, des crises émotionnelles avec théâtralisme, des phobies. L'hystérie décrit un ou plusieurs excès émotionnels incontrôlables.

Nous serions donc, à droite, de grands malades en pleine de crise d'hystérie. La cause, selon Colombani, de cette hystérie serait due à une certitude partagée à droite comme à l'Express: l'illégitimité de la gauche au pouvoir. (Je note au passage qu'une fois encore, quelqu'un pose le problème de la dite légitimité de hollande ). " Pour beaucoup de leaders de droite en effet, la gauche est faite pour s’opposer, pour critiquer, mais certainement pas pour gouverner. " écrit-il. " Le rassemblement contre le mariage homosexuel, dont les organisateurs disent eux-mêmes qu’ils en attendent une cristallisation de tous les mécontentements pour bousculer François Hollande. "

Bref, notre supposée hystérie ne serait due qu'au fait que nous n’accorderions aucune compétence à la gauche pour gouverner et elle se manifesterait, par exemple, lors de grands rassemblements populaires. Il est vrai que la grandeur de ces rassemblements est sciemment minimisée par les autorités; avant de les ignorer complètement ?

Pauvre cloche, ai-je envie de lui répondre car Colombani confond de façon magistrale hystérie et exaspération ou colère.

La mise en examen de Sarkozy n'est pas choquante en soi, c'est " l'abus de faiblesse " qui a outré les gens de droite. La hausse du chômage continue depuis 10 mois malgré les promesses de lendemains qui chantent nous exaspère. Les mensonges, les reniements, les couacs, les promesses non tenues, les projets de loi ( non prioritaires compte tenu du marasme économique ) remettant en cause ce que nous considérons comme des fondamentaux, les ministres qui étalent au grand jour leurs dissensions, un premier ministre incapable de tenir sa classe, l'amateurisme, le sectarisme idéologique d'un Peillon ou d'une Taubira, l'écoute portée à des lobbies ultra-minoritaires, les blagounettes à pépère, le manque de respect des socialistes pour qui ne pense pas comme eux, la perte de leadership en Europe et dans le monde, ... etc... oui tout cela sont autant de raisons d'être exaspéré dans les grandes largeurs; non pas hystériques, ce serait admettre que nous n'avons plus toute notre tête, non, juste exaspérés et en colère car réalistes. Nous fonçons droit dans le mur et Colombani parle d'hystérie à droite...

Oui, monsieur Colombani, nous sommes en colère, nullement hystériques, lorsque, par exemple, Pierre Bergé, éminente personnalité de gauche, tient des propos outranciers qu'aucun de vos amis n'a jugé bon de condamner.

Notre mot d'ordre, à droite, serait de " dramatiser ". Mais ne vivons-nous pas un véritable drame à plusieurs facettes ? Chômage, précarité, rigueur, économie en berne, investisseurs effrayés par les paroles et la vindicte gauchiarde...

Oui, nous avons manifesté contre le mariage pour tous. Oui, nous avons constaté que les CRS avaient " gazés " des femmes et des enfants, ce juste mot relayé par tous les médias. Oui, nous sommes en colère lorsque le préfet de police confirme contre toute évidence qu'il n'y a eu que 300 000 manifestants dimanche; les mensonges d'Etat nous insupportent. Oui, nous sommes en colère car nous ne voyons pas, et rien ne nous indique que hollande et sa clique le sachent eux-mêmes, où nous allons si ce n'est, faute d'explications convaincantes, dans le mur.

" La situation objective du pays mérite-t-elle une telle dégradation de son climat politique? " nous dit le bobo journaleux. Sait-il seulement ce qu'il en est de la situation objective du pays, une fois passé le périphérique, et de ses 11 millions de personnes vivant dans la précarité? A qui la faute si le climat politique est si dégradée ? A une droite exaspérée ou bien à une gauche plurielle prise dans ses contradictions et ses querelles intestines ?  Selon Colombani, " nous ne serions qu'en stagnation " et il faudrait s'en réjouir lorsque d'autres pays progressent et connaissent la croissance; des pays où l’ostracisation des gens qui réussissent et qui investissent n'est pas de mise.

" Une droite responsable devrait s’abstenir de juger un quinquennat qui n’en est qu’à son début " Certes mais comment ne pas douter de ce qui reste de ce quinquennat lorsque ses dix premiers mois n'amène rien de ce qui a été promis si ce n'est des "erreurs de prévisions " et ce qui s'apparente comme méthode de gouvernance à de la méthode Coué version psychotique ? Il appartient effectivement à la droite de se restructurer, de repenser son programme et d'imaginer d'autres solutions. C'est vrai mais la droite a elle 5 ans pour le faire, elle n'est pas " en responsabilité ", elle n'est pas aux affaires. la gauche hollandaise, si et que nous offre-t-elle ? Rien, aucune vision claire de ce que sera demain.

Avouez, monsieur Colombani, qu'il y a de quoi être sérieusement en colère, nullement hystérique. Les petites phrases ou les dérapages de personnalités de droite comme de gauche ne sont que des artifices pour attirer les projecteurs. Vous le savez parfaitement. Un Mélenchon - hystérique lui aussi? - n'a rien à envier à un Pascal Cherki ou à un  Montebourg  qui en a marre " qu'Ayrault fasse chier avec son aéroport ".

Notre colère, monsieur Colombani, est aussi émotionnelle car nous aimons, à droite, notre pays et nous n'aimons pas ce qui, pour lui, se dessine depuis 10 mois. Pour l'instant, nous contrôlons nos émotions. Jusqu'à quand ?

" La débacle " de L'Express vous défrise, monsieur Colombani, posez-vous plutôt la question de savoir ce qui peut pousser un magazine à titrer ainsi. Plutôt que de disserter sur une supposée hystérisation de la droite, posez-vous la question de savoir pourquoi hollande est maintenant sérieusement taclé par les siens.

Monsieur Colombani, hollande avait promis une France apaisée, force est de constater qu'il n'en est rien; cette hystérie que vous imaginez là où je ne vois, moi, qu'une colère de plus en plus prégnante, est la preuve d'un profond mécontentement que la gauche, aujourd'hui à la manœuvre avec tous les pouvoirs, ne devrait nullement railler ou minimiser.

A défaut, il est à craindre que ce mécontentement et ce " climat d'affrontements " ne s'expriment de manière plus violente. Dans la rue, par la rue.

Folie passagère 1636.
 
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 1 octobre 2011

Juste une petite rumeur

La rumeur, ce mal insidieux.



Vendredi, des milliers de lycéens et collégiens se sont mis à la rue. Ils ont manifesté pour protester contre...une rumeur. On ne sait trop comment ni d'où venait la chose mais par sms et via Facebook, un bruit étrange circulait: Sarkozy préparait la suppression d' un mois de congés vacances scolaires. Comme cela, en lousdé, sans prévenir ni consulter. Bon sang de lycéens non manipulés ne saurait mentir, il fallait débrayer et manifester haut et fort le mécontentement. Poubelles incendiées, voitures vandalisées, dégâts urbains et une vingtaine d'arrestations toutes provisoires. Du presque normal, en somme. Si ce n'est que ni les lycéens interrogés, ni la police, ni la préfecture, ni le rectorat ne savent d'où a bien pu partir cette rumeur infondée. Ça, c'est en gros la relation du phénomène tel que décrit par Libération. On est Libé ou on ne l'est pas alors, un petit coup sur la tête à Toto Sarko, même pas mal. Le titre de l'article est conforme aux faits: " Des milliers de lycéens dans la rue «contre la suppression d'un mois de vacances» "

Dans Le Monde, c'est un peu différent. C'est Po-li-ti-que ! Foin de rectorat, de police ou de lycéens, la parole est donnée à Victor Colombani, le jeune président de l'UNL. L'accroche et l'approche sont différentes: " Des lycées bloqués contre une rentrée catastrophique ". "Plusieurs dizaines de lycées ont été bloqués, vendredi 30 septembre, notamment dans le Nord, à Paris ou à Grenoble, pour protester contre une rentrée plus que jamais catastrophique et pas seulement contre le raccourcissement des congés d'été." La rumeur est à peine évoquée, la mayonnaise ne monte pas de la même façon au Monde. Les choses sont claires, ces manifestations brouillonnes de vendredi sont le signe " d'un mécontentement vis à vis des conditions de rentrée qui sont vraiment très dures". M'enfin, puisqu'il faut parler de " cette rumeur qui n'est pas le motif unique de cette mobilisation ", Colombani prévient et avertit sèchement le gouvernement: " Pas question de toucher aux congés, cela constituerait de facto une attaque au droit au repos ". Une attaque au droit au repos... qu'il a dit Victor Colombani, 18 ans, lycéen. J'en suis resté comme deux rond de flan !

Alors, d'un côté juste une rumeur à la con comme les affectionnent nos lycéens et de l'autre, un combat politique et parait-il une rumeur. Un fait, 2 versions, 2 journaux. Rien d'inhabituel. Par contre, et ça oui, c'est inquiétant:

Si même une rumeur en vient à s'en prendre au repos des lycéens, moi j'dis qu'on est mal barré.

Folie passagère 850.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.