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mardi 28 avril 2015

Agnès Saal se souvient-elle de Christian Blanc ?


Agnés Saal, la patronne de l'INA, nommée par la gauche en remplacement de Mathieu Gallet parti lui à Radio France, a été pris la main dans le pot de confiture. Alors qu'elle a voiture de fonction et chauffeur à sa disposition, elle a trouvé le moyen de dépenser avec l'argent du contribuable 40 000 euros de taxis en dix mois, dont un peu plus de 6 500 euros par son fils à qui elle avait passé sa carte d'abonnement.

Selon elle, c'est " une maladresse " et elle s'est engagée à en rembourser une partie, un tiers, les deux tiers, elle ne sait pas encore; elle a pour cela besoin du temps nécessaire à faire le ménage dans ses reçus pour savoir ce qui relève des trajets privés ou des trajets professionnels... pauvre chérie.

Une certitude, pour l'instant, elle n'a pas annoncé qu'elle démissionnerait et je parie dix euros que dans 15 jours on aura oublié, les médias auront oublié, et qu'elle sera sans doute encore en poste.

Se souvient-elle de Christian Blanc ? La gauche morale d'aujourd'hui se souvient-elle aussi de Christian Blanc ?


En 2010, alors que celui-ci est secrétaire d'Etat au développement de la région capitale, sous Fillon et Sarkozy, le Canard dénonce sa consommation excessive de cigares payés par la République. La polémique enfle et enfle, dure des jours et des jours, il suffit pour s'en souvenir de taper  sur gogol " Blanc et cigares " pour le vérifier. La gauche se déchaîne. Les médias embrayent, l'homme est crucifié sur place pour 12 000 euros (14 000 selon d'autres versions) de cigares. Il accepte d'en rembourser une partie correspondant à sa consommation privée, hors réception, soit 3 500 euros. Le reste ? On ne sait pas.


Mais ce que l'on sait, c'est que la polémique aura été si bien montée en mayonnaise et le scandale vendu comme tellement énorme que Sarkozy n'aura pas d'autre choix que de lui demander de démissionner. Ce qu'il fera le 4 juillet 2010 soit plus de quinze jours après le début de " l'affaire ".

Agnès, si tu me lis, rendez-vous dans un mois. Auras-tu démissionné ? De ton propre chef ou parce que Président te l'auras demandé ? Nous verrons.

Allo Agnès ? Allo ?

ADDENDUM de 17h32: Je dois faire amende honorable: à la demande de sa ministre de tutelle, Agnès Saal vient d'annoncer qu'elle remettait sa démission. C'est bien et c'est la moindre des choses.

Folie passagère 2752.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 25 mars 2015

Mathieu Gallet, une erreur de casting manifeste...


Du temps où je bossais encore en entreprise, il m'arrivait régulièrement de recruter des collaborateurs. Le recrutement faisait partie intégrante de ma mission, comme le fait de m'avoir recruté était dans la fonction de mon supérieur hiérarchique. Mon évaluation annuelle prenait donc en compte mes bons ou malheureux recrutement. Le big-boss de ma boîte ( dont j'ai parlé récemment dans un billet ) avait coutume de dire qu'il n'y avait pas de mauvais employés, il n'y avait que de mauvais recruteurs...

Pourquoi je vous parle de cela ? Parce que... Mathieu Gallet ! Qui est Mathieu Gallet ? 

Beau cul, belle gueule, il fut précédemment chef de cabinet de Frédéric Mitterrand au ministère de la culture. Il est l'un des artisans de la loi qui attribue la nomination du président de Radio France et de France Télévisions au président de la République ( tiens, tiens...) Il est nommé en 2010 par Nicolas Sarkozy à la présidence de l'INA, maison plutôt réputée pour le calme qui y règne. 

Le tout jeune patron de Radio France depuis à peine 1 an; patron à 37 ans d'un nid de syndicalistes, à la tête d'un budget de financement d'environ 800 millions d'euros et d'une bonne dizaine d'antennes différentes, locales, nationales et internationales ( France Inter, France Bleu, Radio France, France Cu, Mouv', Fip, 107,7FM et 15% de Arte ). Autant dire que le gars, il a intérêt à avoir les épaules solides et nul ne peut douter que son recrutement a du être longuement étudié. 

Depuis quelques temps, Mathieu Gallet alimente la chronique, victime sans doute de quelques plats qui se mangent froid et apparemment du syndrome Thierry Le Paon : bureau rénové pour 105 000 euros, un coach personnel (recruté sans appel d'offre) chargé de gérer son image pour 90 000 euros par an, un changement de voiture de fonction avec remplacement des fauteuils en tissu par des en cuir, etc... Bref, un petit gars qu'en veut et qui a chopé le melon plus vite que le temps nécessaire à prendre en compte l'ampleur de sa mission. Cerise sur le gâteau, Gallet semble savoir gérer les conflits sociaux comme moi la machine à coudre de ma grand-mère; une bonne partie de la galaxie Radio France est en grève depuis plus de trois semaines laissant dans la détresse et l'ennui des millions d'auditeurs dont curieusement quelques réactionnaires nauséabonds de ma connaissance. 

Enfin, bref, face à tout ce bordel et autres dépenses somptuaires ( avec vos sous ), le gars est convoqué par l'actuelle ministre de la culture, Fleur de Jasmin, pour s'expliquer et " proposer un " plan stratégique ". Il a été reçu et n'a semble-t-il pas convaincu. Mézavi que ses jours sont comptés... mais pour l'instant, il reste et les antennes du groupe diffusent toujours de la musique d'ascenseur, même la radio Mouv' semble avoir perdu son âme suite aux changements de tonalité imposés par ... Gallet. 

Où voulais-je en venir, vous dîtes-vous... Et bien je veux en venir au fait que je suis tombé sur le décret de nomination de Mathieu Gallet à la tête de Radio France. C'est à se faire dessus... Quand je vous parlais en intro de recrutement... 

Le gars a été recruté par le CSA, candidature validée par le président du dit CSA, Olivier Schrameck, vieux copain de Hollande et par l'ex-ministre de la culture, Filippetti, donc par Président. Et que lit-on dans ce décret: 

- " Qualité indéniable " des différentes candidatures, et en ce qui concerne Mathieu Gallet: 

- " Le conseil a porté son choix sur M. Gallet, dont le projet stratégique ainsi éclairé lui est apparu comme le mieux à même de préparer Radio France à résoudre les questions auxquelles elle sera confrontée au cours des cinq années à venir", 

- " Le Conseil a vivement apprécié ses engagements en faveur d'une forte exigence pluraliste, tant en matière d'information indépendante, dynamisée et rigoureuse que d'offre culturelle riche et diversifiée, particulièrement dans le domaine musical ", 

- " Ce projet est porté par une vision claire de la gouvernance de l'entreprise, de la politique de ressources humaines et du dialogue social. Le choix d'une organisation mieux coordonnée, d'une direction resserrée et de dirigeants de proximité responsabilisés est apparu au conseil comme la garantie d'une cohérence des orientations stratégiques. Le conseil a retenu comme autant d'engagements l'attention portée à la diversité des origines et des compétences, à la parité entre les femmes et les hommes, fondée sur la reconnaissance de l'effort et du mérite ", 

- " Le Conseil tient compte en particulier de la compétence managériale dont il a fait preuve en tant que président-directeur général de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) et des résultats de son action à la tête de cet établissement public, depuis mai 2010 ", 

- " Le conseil considère que cette expérience et cette compétence sont de nature à être utilement mises au service du développement du service public de la radio." 

Bien, bien, bien; et bien, au regard de ce que l'on sait des petites folies, imputées à tort pour certaines, au personnage et de l'ambiance qui règne depuis un an dans l’entreprise, si cela n'est pas à la fois un merveilleux panégyrique et une putain de mauvaise appréciation d'une candidature, c'est à s'y méprendre; une splendide erreur de casting dont la responsabilité incombe au CSA, à Filippetti et donc à Président. 

Alors certes, le Gallet a déconné à plein tube avec ses " folles " dépenses mais quand je vois et La Culture, et l'Etat, et le CSA lui tomber dessus à bras raccourcis dessus, d'une part, je trouve cela vraiment gonflé et d'autre part, je me dis que mon ancien boss avait vraiment raison: Il n'y a pas de mauvais employés, il n'y a que de mauvais recruteurs...

Folie passagère 2709.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.