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vendredi 1 décembre 2017

Médiocrité

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Quel meilleur mot que médiocrité pour qualifier notre époque ? Je n'en vois pas d'autre. Que l'on considère la vie politique, la vie artistique, cinématographique, architecturale ou musicale, le débat d'idées, le traitement médiatique des informations ou le sociétal comme on dit aujourd'hui, je ne vois que du médiocre, du petit orchestré, dessiné, mis en musique ou construit par nos élites françaises ou étrangères.

Prenez notre personnel politique et posez-vous la question de savoir lequel ou laquelle sort du lot, non parce qu'il ou elle aurait de la tchatche mais bien parce qu'il ou elle aurait une vision à moyen et long terme du pays, un charisme évident, une réelle empathie pour ses concitoyens, une intelligence indiscutable imbibée de pragmatisme, la capacité à réellement appréhender les attentes et les inquiétudes du peuple et prendre en conséquence les mesures qui s'imposent, le tout assorti d'une stature d'homme d'Etat avec tout ce que  cela implique... Alors ? Ben non, et toute considérations partisanes ou idéologiques mises à part, y a pas. Y a pas en magasin. Pas un pour relever l'autre. Même pas Macron. Même pas Wauquiez, même pas Melenchon, même pas Le Pen, aucun de ceux qui en ce moment tiennent plus ou moins le haut du pavé médiatique. Pas un qui ne remplisse les conditions précédemment établies. Et pourtant c'est important le personnel politique, c'est lui qui nous dirige, nous gouverne, nous taxe, nous impose et dessine le chemin sur lequel le pays s'engage pour des décennies. Rendez-nous de Gaulle, Pompidou, voire Mitterrand !

On nous avait promis un monde nouveau et nous voyons sidérés une nouvelle majorité parlementaire composée de branquignols dont certains en sont à réclamer la création d'une cellule d'aide psychologique (sic) pour leur venir en aide quand d'autres réclament le remboursement des frais de garde de leurs enfants ! Des députés qui se  disent épuisés par le rythme que leur imposerait un Président jupitérien...

On se goberge avec l'écriture inclusive, l'abaissement éventuel de l'âge du consentement sexuel, le féminisme idéologique, le remboursement des frais de nos députés quand tout ces gens-là devraient se mobiliser pleinement sur le chômage, la paupérisation de la population et la cohésion du pays.

On s'extasie et on jacasse pour un plug dressé en plein Paris, un pseudo vagin de la Reine à Versailles ou la magnificence supposé du nouveau philharmonique parisien quand nos chefs d’œuvres architecturaux sont en péril, que l'on est obligé de faire appel à des mécènes étrangers pour sauver Notre-Dame tandis que l'on espère nous faire avaler que la simple nomination d'un Stéphane Bern en sauveur du patrimoine et du matrimoine va résoudre le problème.

Sur France Inter, ce matin, on qualifie " d'événement culturel " la sortie du dernier album du rappeur Booba quand toutes les grandes voix de la chanson française ont quasiment disparu ou qu'il nous est impossible de n'en citer ne serait-ce que trois ou quatre bien vivantes. Qui pour remplacer, dans la durée, les Barbara, Trenet, Sablon ? Quel artiste aujourd'hui pour passer à la postérité ? Certainement pas Booba ni Maître Gimms. Rendez-nous Guy Béart, Claude François, Dalida, Gainsbourg, Brassens, Nino Ferrer ou Léo Ferré ! On a jeté aux oubliettes la minute de monsieur Cyclopède; aujourd'hui, on a droit à Nos Chers Voisins ou Hanouna sans réussir à les départager question médiocrité.

Les Rohingyas sont à la peine et qui trouve-t-on à envoyer pour que le monde prenne conscience du massacre (prise de conscience orientée bien évidemment) ? Omar Sy, le black qui s'est cru à la hauteur de Louis Jouvet. Et quand dans le même temps des centaines de milliers de Yéménites sont massacrés par notre allié saoudien, on en vient à s'étonner sur tous les écrans télés qu'il puisse neiger début décembre ou on mobilise des heures et des heures d'antennes pour nous parler du tirage au sort de la prochaine coupe du monde de foot.

La traite des noirs et l'esclavage nous explosent à la figure, à la manœuvre des noirs et des arabes; une solution: mettons à l'abri chez nous ces populations en danger.

Notre civilisation européenne occidentale est en péril, une étude présentée comme sérieuse nous annonce que près de 20% de la population française sera muzz en 2050 alors, avec des méthodes que ne renieraient pas les théoriciens du marketing on continue à nous vanter les bienfaits du VivreEnsemble. Diluons pour mieux régner.

Par Bourdin interposé, Plenel, Riss et Valls s'étripent sur les cadavres de Charlie et du 13 novembre qui encombrent encore et pour longtemps nos mémoires. Maëlys, Alexia, Abdelkhader Merah, la justice est devenu un spectacle médiatique porteur d'audience et de recettes publicitaires pour les télés et les journaux qui nous gavent avec cela.

Parce que c'est la journée mondiale de lutte contre le Sida, le Président de la cinquième puissance mondiale convoque les caméras qui, obéissantes ou complaisantes, vont le filmer pendant qu'il se fait dépister.

Autant d'exemples - il y en a tant d'autres - de cette médiocrité ambiante. Une médiocrité aux multiples effets: la crétinisation des masses, la lassitude, le repli sur soi pour y échapper, le dégoût de la chose publique et de la politique, la rébellion ou l'amorphisme... Pas un jour qui ne passe sans que je ne croise ou n'entende quelqu'un se plaindre d'un des effets secondaires de cette médiocrité. Et pas le moindre médoc en vue. Çà fait peur.


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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.