mercredi 30 novembre 2011

Une tour Eiffel toute verte: un projet écolo-sociétal

La business-écologie a encore frappé, j'ai failli en recracher mon café du matin. 72 millions d'euros pour transformer la tour Eiffel en arbre géant. Le projet est finalisé ou peu s'en faut, il n'y a plus qu'à. Pendant 4 ans, on s'apprête à faire grossir la vieille dame de 378 tonnes en l'habillant de 600 000 plantes vertes. Le tout, en accord avec la mairie, serait financé par des entreprises... Retour sur investissement ? Je demande à voir. 72 millions d'euros ! Et au bout de 4 ans, on la déshabille !

(cliquez pour agrandir)


Le Figaro nous explique le projet dont personne n'avait entendu parler; allez lire l'article, toute la phraséologie écolo-bobo y est reprise, j'ose espérer avec ironie. Ça vaut le détour car après tout il s'agit de faire en sorte qu' " avec cette dame verte, les 7 millions de touristes annuels qui escaladent sa ferraille kafkaïenne feront désormais de l'écotourisme ". " La tour aurait ainsi la charge symbolique de faire rayonner la France comme le fleuron de l'écologie aux yeux du monde !".

72 millions d'euros ! Nous prendrait-on pour des cons ? En tout cas bravo aux mecs qui ont vendu ce projet débile à la mairie; et bravo à la mairie de Paris pour s'être fait entuber de la sorte par les écolo-business-men.

Folie passagère 938.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 29 novembre 2011

C'est la guerre... encore et toujours !


Qu'est-ce que je suis fatigué, las, épuisé...de voir à quel point les préoccupations et/ou les discours de nos politiques sont à des années lumières de nos préoccupations.

J'ai l'impression que plus ça va mal, plus on se complait dans le "tout va très mal". Vous savez, chaque matin, je lis la presse et entend les infos à la recherche du truc bandant, du machin qui réveille: la bonne nouvelle, la bonne parole, la bonne solution, la recette miracle à tous nos problèmes. Je guette la parole d'un politique ou d'un éditocrate patenté qui me mettrait du baume au coeur, un truc qui me ferait bondir genre: enfin un qui a la solution, bingo, il a tout compris, y a plus qu'à... C'est vrai quoi, c'est pour cela qu'on les a élu, on les paye pour qu'ils nous sortent de la mouise et plus ça va... plus c'est la merde.

Je suis un post-baby boum !, moi, madame, je n ai pas connu la guerre, la vraie avec des fusils, des canons et de la barbaque qui crève au champ d'Honneur. Et pourtant, c'est une certitude, je n'ai connu que la guerre, d'un autre genre, un truc bien plus sournois, nettement moins franc du collier. Le machin qui ronge doucement mon pays, les autres aussi. Du canon, on est passé à la lettre de licenciement; on a remplacé les tranchées par des anti-chambres de la mort sociale: Pôle-emploi, Apec. Puis vient l'agonie: Restos du coeur, Secours Catholique, Armée du Salut et cie. Ils n'ont jamais été aussi présents et efficaces tous ces trucs-là. C'est cela, on génère la misère comme autrefois on produisait de la chair à canon. 4 millions de chômeurs, 8 millions de gens qui frôlent ou ont passé la ligne de front: le seuil de pauvreté.

Et pendant ce temps-là, qu'est-ce qu'ils font ? On ne sait pas trop. Ils s'invectivent, se font une autre guerre, une guerre dans des palais dorés. Ils nous font de beaux discours sur l'immigration, sur la dette, sur la crise, sur le chômage, sur l'Europe, sur le monde, sur le nucléaire, sur les radars autoroutiers, sur les ceusses qui payent pas la cantine des chiards, sur le maïs transmachin, sur le réchauffement climatique, sur une alliance PS/Modem qui conduirait à un divorce à gauche, sur, sur, ...

Pas un, oui, pas un qui vienne nous voir, nous parler et nous dire avec conviction: voilà, c'est ça qu'il faut faire, tout le reste, on s'en tape, pour l'instant priorité à la résolution de cette putain de crise qui n 'en finit pas de nous pourrir la vie. Entre l'un qui veut nous réenchanter le Rêve, quel rêve ? et l'autre qui nous fait languir avec ses  sommets à répétition, on fait quoi, nous au milieu ? On continue à crever doucement ? On continue à faire la guerre, celle dont je parlais un peu plus haut, sournoise et sans fusil ? Faut-il que nous ne comptions que sur nous-mêmes et tant pis pour les autres ? L'économie est-elle une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiques ?

Nous sommes réellement, j'en suis persuadé, arrivé au point de rupture. D'un monde à l'autre, sans même pouvoir savoir de quoi demain sera fait.

Le pire, c'est que comme dans toute guerre, il va falloir choisir son camp sans être bien sûr qu'il nous mènera à la victoire ( i.e, la sortie de crise ). Il y aura des gagnants et des vaincus, comme d'habitude.

Folie passagère 937.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.