Affichage des articles dont le libellé est Abolition des privilèges. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Abolition des privilèges. Afficher tous les articles

mercredi 19 juin 2013

Abolition des privilèges: Mais pourquoi ne sont-ils que 10 ?


Ils sont un peu con-cons; ils auraient pu attendre le 4 août, cela aurait eu plus de gueule... Dix députés, dans le cadre de cette idée folle que serait la moralisation de la vie politique, réclament l'abolition de leurs privilèges. Notons que ces dix chevaliers blancs sont socialistes pour 5 d'entre eux, 3 viennent de l'UMP et 2 sont écolos.

Laurent Wauqiez propose d'aligner le régime de retraite des parlementaires sur celui du régime général. Nos députés bénéficient actuellement d'une retraite à taux plein dès la 30éme année de cotisation.

Olivier Faure propose de son côté de publier les augmentations de patrimoine de ses pairs parlementaires entre le début et la fin du mandat parlementaire. 

Gérald Darmanin suggère d'encadrer l'achat des permanences des parlementaires. Aujourd'hui, ces permanences peuvent être louées et les loyers sont réglés avec les fonds de l'IRFM qui couvre les dépenses liées à l'activité des députés. La permanence peut aussi être achetée, le député devenant dès lors propriétaire d'un local payé par le contribuable.

Jérôme Guedj propose de fiscaliser les frais de mandat (IRFM): 5508€ par mois pour lesquels, actuellement, aucun justificatif n'est exigé.

Karine Berger souhaite que soit publiée la réserve parlementaire. Cette somme dont le montant s'élève à 110.000€ pour les députés peut être donnée à qui ils veulent et rarement à des opposants politiques.

François de Rugy, souhaite un meilleur contrôle de la présence des lobbys à l'Assemblée. Reste à savoir si de Rugy parle de tous les lobbies...

Razzy Hammadi veut clarifier le fonctionnement des groupes d'amitiés comme par exemple celui de l'Amitié France-Saint Siège. Il en existe plus de 150 à l'Assemblée, ils sont le lieu de la diplomatie parlementaire et permettent accessoirement de se balader dans le monde entier aux frais de qui vous savez.

Bruno Le Maire souhaite pour sa part la généralisation de ce qu'il s'était appliqué lors de son élection en juin 2012: la démission de la haute fonction publique dès lors que l'on devient parlementaire.

Barbara Pompili propose une réforme de l'assurance-chômage des parlementaires en cas de non ré-élection par exemple.

Barbara Romagnan propose d'adopter le mandat parlementaire unique ce qui permettrait de rajeunir radicalement le personnel politique.

Et bien pour une fois, par delà le joli coup de com', saluons une initiative intéressante et bien plus perceptible par le grand public que la fumeuse loi sur la transparence patrimoniale des élus réduite à peau de boudin séché. Le truc le plus aberrant, c'est la fameuse IRFM. 5 508 euros filés chaque mois aux députés, somme non imposable qu'ils sont libres de dépenser comme bon leur semble. La réserve parlementaire, c'est le clientélisme officialisée et financé par le contribuable... 

Ceci dit, à bien y regarder, certaines de ces propositions ne sont pas si simples que cela à mettre en oeuvre et je suis prêt à parier qu'aucune ne sera prise lors de la présente législature. Après tout, aussi "étonnant" que cela puisse paraître, pourquoi ne sont-ils que dix à proposer cela et pas 577 ?

En tout cas, voilà une initiative qui n'a pas eu l'heur de plaire à Claude Bartolone, farouche opposant à la transparence patrimoniale et président (PS) de l'Assemblée Nationale: "Je commence à en avoir ras le bol de ces députés qui se font une réputation sur le dos des autres ! Je conseille à ces députés de prendre contact avec leur président de groupe s'ils ont quelque chose à dire. Ce n'est pas juste pour tous les autres députés, nous sommes attentifs à chaque euro. Se faire un petit coup de pub sur ses collègues, ce n'est pas bien ! " Quand je vous disais que j'étais prêt à parier...

Si seulement on pouvait se prendre à rêver de parlementaires simplement soucieux de la bonne utilisation des deniers publics sans qu'une loi ne les oblige à faire preuve de probité...

Folie passagère 1765.
Claude Bartolone
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.