| (Claude Monet: La débâcle) |
Dites-moi les amis, ne trouvez vous pas que d'une certaine manière, question vie politique, nous voici à la croisée des chemins ? C'est le grand b-o-r-d-e-l ! Peut-être pas tout à fait le grand soir, mais tout de même , merde, quand même ! Droite, gauche ou extrêmes, rien ne va plus.
Chez les ventres mous, le Modem, ou ce qu il en reste, c'est à dire pas grand chose, n'en finit pas de chercher des alliances qu'il ne trouve pas. L'Alternative, le truc bizarre créé en commun avec l'UDI, on ne sait même pas si cela existe encore. L'UDI tangue depuis le départ de Borloo et là comme ailleurs autant de chefs que d'indiens pour en prendre la direction. Comme partout, des adhérents qui en veulent et des barons qui sclérosent le biniou par le haut. Tout juste ont-ils sauvé la mise lors des européennes et sur le plan national, sans leurs alliés de l'UMP, ils ne sont rien.
L'UMP, quoi en dire tellement y règne la confusion, la suspicion, les embrouilles, les querelles intestines, les arnaques, les détournements de fonds, les abus de biens sociaux, les surfacturations, la délation et la diffamation: Voir et entendre Xavier Bertrand (que je ne peux pas piffer) obliger de montrer à des journalistes ses relevés de carte bleue pour justifier d'une dépense de 700 euros était pitoyable mais n'est rien d'autre que la suite logique d'un film de série Z commencé il y a deux ans avec l'élection totalement ratée/bidouillée de Copé à la présidence du parti. Il y a tout à redouter de l'audit des comptes du parti qui devrait être rendu public ce soir. Explosion, implosion, "suicide" collectif, sabordage, débarquement de la justice, on ne sait même plus comment imaginer la suite de ce très mauvais polar. Là encore, à la base des militants et sympathisants qui en veulent, qui ont une vision du pays, de ce qu'il faut faire, qui savent ce qu'ils veulent et dans les étages, rue de Vaugirard, la guerre des tranchées, des egos et des coups de couteaux assénés quotidiennement dans le dos des rivaux. Le parti n'a pas de leader incontesté, résultat, il aura fallu que trois vieilles badernes s'auto-proclament chefs pour que l'on retrouve le calme pendant... à peine quarante-huit heures. Pendant combien de temps continuerons nous à assister à ce naufrage écœurant ? Quelle solution ? Un refondation, un congrès, un nouveau parti, un changement de nom, la guillotine pour tous ceux qui ont dirigé le parti depuis deux ans ? En attendant, le gouvernement et Président ont les mains libres.
Le FN, premier parti de France le temps d'une élection, 25 députés européens qui seront condamnés, et c'est bien ainsi, à mettre un peu le brin à Bruxelles mais à part ça ? Un parti qui ne pourra jamais accéder au pouvoir suprême ne serait-ce que par l'indigence de son programme économique et l'absence totale de l'indispensable en politique: les réseaux. Sa seule utilité actuellement: Préserver éventuellement le PS d'une déculottée à la présidentielle de 2017. Le FN, meilleur allié du PS. Pas de quoi se s'en satisfaire si ce n'est "remercier" Mitterrand et ses piètres successeurs socialistes.
Le PS ? On se marre plus qu'on ne pleure. Ils en sont à leur deuxième premier ministre, et leur deuxième secrétaire-général-ex-repris-de-justice en deux ans. Deux premiers ministres aussi inefficaces que clivant au sein de leur propre majorité. Ayrault oublié et Valls qui parle et... qui parle, menton en l'air. Des projets morts-nés ou dont on attend, plus de 6 mois après leurs annonces tonitruantes, l'ébauche d'une concrétisation. Un Président qui en faisant exactement le contraire de ce sur quoi il avait été élu a mis la pagaille au sein de sa propre majorité. Des députés frondeurs d'un côté et un appel des mille (rigolo) de l'autre. Un Président qui désarçonne son monde en se réclamant aujourd'hui social-libéral quand il y a deux ans, il se vendait socialiste. Une équipe gouvernementale faite de charlots incompétents qui frémit à chaque vote à l'Assemblée de peur que les textes ne soient pas adoptés par une majorité déboussolée. Qui aujourd'hui, avec ces bras cassés, peut avoir la plus petite idée de ce que sera la France dans un an ? Sous tutelle de Bruxelles? Au bord du chaos ? Comptant 4 millions de chômeurs ? Personne. Le pays est dans les mains de branquignols qui depuis deux ans n'ont quasiment rien fait.
L'extrême-gauche, victime elle aussi de ses divisions internes, Melenchon aux abonnés absents, tout juste une petite force d’appoint pour le PS et c'est à cela et uniquement à cela qu'elle doit sa survie.
Les écolos d'EELV ? Kesako ? Si ce n'est un partinouchet de tout au plus 6 000 adhérents dont la nuisance n'a d'égale que la pauvreté de son projet politique. Président s'en est débarrassé sans heurts ni plus de dégâts que cela, de la même façon que Mitterrand se débarrassa des communistes: ouste, du balai, dehors !
J'ai oublié personne ? Non. Avouons, quelque soit le parti auquel on adhère ou aux idées que l'on défend, qu'il n' y a vraiment pas de quoi être fier de notre vie politique: Elle est en plein naufrage et donne des nausées à ceux qui y croient encore; au peuple de se satisfaire de l'abstention comme bouée de sauvetage. Rien de bien excitant, pas de quoi s’enorgueillir de quoi que ce soit.
Pour quiconque accorde de l'importance à la politique, le malaise est grand car, pour la première fois depuis fort longtemps, nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Et ce n'est certes pas le discours affligeant de Manuel Valls que j'écoute tout en écrivant ce billet qui est de nature à nous rassurer.
Folie passagère 2366.
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