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mercredi 25 novembre 2015

Je ne pavoiserai pas


La Nation rendra ce vendredi un hommage solennel aux victimes des attentats de Paris. Ainsi en a décidé Président. 

A cette occasion, il nous invite à " pavoiser nos lieux d'habitation avec un drapeau bleu blanc rouge, les couleurs de la France ".

Que les blessés et les familles endeuillées veuillent bien me pardonner mais je ne pavoiserai pas. Qu'elles soient cependant assurées de ma peine et de ma compassion 

Pavoiser, et puis quoi encore ?

Je n'ai pas l'habitude de répondre aux sollicitations d'un homme qui tout au long de sa carrière n'a jamais montré un attachement particulier à ces trois couleurs et qui depuis son élection ne fait vraiment pas honneur au drapeau et au pays qu'il est supposé diriger. Je pavoise quand je veux, pas besoin qu'on me le demande.

Satisfaire celui qui fit entrer Jean Zay et son célèbre " drapeau " au Panthéon: Non.

Je me souviens trop de l'absence de drapeaux tricolores pendant les meetings du candidat Hollande. J'ai encore la rage rien qu'en pensant aux drapeaux étrangers qui ornaient la place de la République le soir de sa victoire à l'élection présidentielle. Je me souviens comment les gauchistes raillent depuis des années ceux qui honorent ces trois couleurs. Je suis toujours en colère quand je repense à la façon avec laquelle son sinistre des Affaires Etrangères a rendu hommage au général vietnamien Giap sans avoir le moindre mot pour les 40 000 militaires français que la République avaient envoyé au casse-pipe en Indochine. Je n'ai pas aimé que la Socialie trouve normal que le lauréat d'un concours photo soit récompensé pour avoir shooté un gars entrain de se torcher avec notre drapeau. 

Je ne pavoiserai pas, j'ai encore en tête ces manifestations de juillet 2014 où à Paris et Sarcelles le drapeau de l'EI  flottait au vent sans que les autorités ne s'en émeuvent plus que cela.

Je ne supporte pas la récupération politicienne. Je n'aime pas que l'on utilise les puissants symboles de la République pour se grandir.

Je pavoiserai le jour où si je plante, dans mon jardin, un mât au bout duquel flottera le drapeau, j'aurais l'assurance de ne pas être la risée du quartier et qu'il ne soit pas abattu nuitamment par quelques racailles désœuvrées. Je pavoiserai, peut-être, quand je verrais Benzema, l'idole des jeunes, ou Mam' Taubira, chanter la Marseillaise à plein poumons, quand elle ne sera plus sifflée lors de certains matches de foot. Je pavoiserai le jour où ceux qui ont normalement le devoir de nous représenter dignement cesseront de se vautrer dans la démagogie et le mensonge.

Je ne pavoiserai pas parce que je ne vois pas pourquoi il faut une catastrophe pour que soudainement on demande aux Français de sortir le drapeau, parce qu'en janvier, on ne nous l'a pas demandé, parce que j'estime que celui qui nous le demande aujourd'hui ainsi que son équipe portent une part de responsabilité dans ce qui s'est passé ce sinistre vendredi.

Je ne pavoiserai pas parce que toutes ces minutes de silence à répétition, ces " même pas peur ", ces petites bougies et ces hommages à répétition commencent sérieusement à me gonfler. Combien de drames, en France  ou à l'étranger, encore récemment, n'ont pas eu droit à tant d'honneur ?

Comment ne pas voir un lien entre ces manifestations pilotées d'en haut et la proximité des élections régionales ?

Unité nationale par la magie des trois couleurs ? J'aime cette idée d'unité nationale lorsqu'elle n'est pas chargée d'hypocrisie. Elle l'est toujours et ne dure jamais.

Il nous demande de " pavoiser nos lieux d'habitation avec un drapeau bleu, blanc et rouge, les couleurs de la France "; que nous demandera-t-il, la prochaine fois, parce qu'il y aura une prochaine fois, de repeindre ces mêmes lieux d'habitation aux couleurs de la France ?

Pavoisera qui veut, mais pas moi. J'aime trop mes trois couleurs pour qu'elles soient récupérées par des politiciens sans scrupules et sans honneur.

Folie passagère 2989.
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lundi 21 janvier 2013

Oui, les Américains ont bien de la chance...


Je regarde la cérémonie d'investiture de Barack Obama.

Quel contraste avec chez nous ! Encore une fois des centaines de milliers de personnes ont fait le déplacement pour honorer celui qu'ils ont réélu. Tout est au rendez-vous pour l'évènement: faste, peuple et people, drapeaux, musique, cérémonial, défilé, prestation de serment publique. Le pays met les moyens pour saluer son président et ce qu'il représente: une grande puissance, une jeune et grande démocratie, une cohésion nationale, la fierté d'être de ce pays-là. Le rêve américain...

Les USA m'ont toujours impressionné; pas tant par son côté " première puissance " mais bien plutôt par le patriotisme de ses habitants. Globalement, les Américains sont fiers d'être américains, fiers d'appartenir à cette nation, fiers de leur drapeau. Impressionné par sa capacité à se rassembler au moindre coup du sort, à rebondir encore et encore. Un sentiment patriotique que les mauvaises langues appelleront nationalisme.

La-bas, c'est un crime de lèse-majesté que d'insulter le drapeau, que de ne pas connaître l'hymne national, que de ne pas le chanter la main sur le cœur. C'est un crime puni par la loi que de brûler l'étendard de la nation ou de se torcher avec. Cela ne choque personne que d 'avoir bien en vue en son jardin ou sur son perron un Stars & Stripes flottant au gré du vent. Un pays qui donne un nom à son drapeau... Cela ne choque personne que le président fasse référence à Dieu en prêtant serment, rien d'étonnant si l'on connaît l'importance de la religion aux USA, aujourd'hui comme hier. D'ailleurs personne, là-bas, ne s'amuserait à critiquer ou à remettre en cause le rôle fondamental des religions. Cela ne dérange personne qu'un Alléluia soit chanté en pareille occasion. Les traditions ne heurtent personne et pourtant elles n'ont que peu d'ancrage dans le temps. Je ne suis même pas sûr qu'il viendrait à quiconque de les remettre en question. Étonnant pays qui vénère encore aujourd'hui ses pères fondateurs et la Constitution, texte qu'il est inimaginable de modifier au gré des changements de majorité...

Alors bien sûr, tout n'est pas parfait aux pays de l'Oncle Sam, loin s'en faut, la perfection n'est pas de ce monde, mais j'aime cette fierté d'être américain que les Américains défendent corps et âmes. J'aime entendre Obama dire " Nous le Peuple ", impensable chez nous. J'aime ses Présidents qui disent " Nous "; point de " Je "...

C'est si différent de chez nous. Parce que que chez nous, se dire fier d'être Français, c'est trop souvent le risque de passer pour un con, un facho, un idiot, un réac, un n'importe quoi... Parce que chez nous dresser un mât dans le jardin, c'est la quasi-assurance de le voir vandaliser dans les 48h. Parce que chez nous, chanter l'hymne pose problème. Parce que chez nous, faire référence à Dieu sera bientôt impossible, voire interdit. Parce que chez nous, la fierté c'est la laïcité.

Parce que chez nous, être fier d'être Français, et le dire, devient hélas suspect chaque jour un peu plus.

On dit souvent que l'on jalouse ce que l'on ne possède pas. Et bien disons que j'aimerai, tout aussi souvent, pouvoir dire que je suis fier d'être Français comme les Américains peuvent être fiers d'être ce qu'ils sont sans pour autant passer pour un con, un affreux réactionnaire, un illuminé ou pire encore, un sympathisant FN.

Oui, les Américains ont bien de la chance...

Folie passagère 1545.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.