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dimanche 9 novembre 2014

Ne fermez pas l'hôpital du Val-de-Grâce !


" C'est l'intitulé de la pétition que Florence Berthout, maire du Vème arrondissement de Paris, élue le 13 avril 2014, qui a déjà recueilli 35 000 signatures, demande de signer à tous ceux qui sont choqués par la désinvolture avec laquelle le Gouvernement veut en finir avec ce témoin de notre Histoire et de l'excellence française.


Mais si vous me le permettez, faisons un peu d'histoire. L'Abbaye Royale du Val-de-Grâce, nous la devons à un voeu de la reine Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, qui n'ayant toujours pas eu d'enfant après plus de vingt ans de mariage, promit à Dieu de lui élever « un temple magnifique » s'il lui donnait un fils.

C'est le 5 septembre 1638, après vingt-trois ans de mariage que naquit le futur Louis XIV. Tenant sa promesse, c'est François Mansart, architecte de la Couronne, qui fut chargé d'établir les plans de l'église et du nouveau monastère. Cependant Anne d'Autriche devra attendre d'être Régente de France pour pouvoir ordonner le début des travaux. Si bien que ce sera le jeune roi lui-même, âgé de sept ans qui, le 1er avril 1645, posera la première pierre de ce qui devait devenir le plus somptueux ensemble baroque de Paris. Les travaux furent achevés en 1660 quelques mois seulement avant la mort d'Anne d'Autriche. Or le 31 juillet 1793, en pleine Révolution, la Convention nationale autorise le ministre de la Guerre à utiliser l'abbaye du Val-de-Grâce, devenue bien national, pour en faire un hôpital militaire, « ce qui le sauve très probablement de la destruction », peut-on lire sur le site du Ministère de la Défense.

Aujourd'hui la pétition de Florence Berthout affirme que le Gouvernement s'apprêterait à fermer le Val-de-Grâce par manque de moyens. Cette idée, n'en doutons pas, sera intolérable à tous ceux qui, non seulement sont attachés à ce patrimoine architectural et artistique, mais aussi à tous ceux qui apprécient ce haut-lieu de la médecine militaire française dont la renommée est internationale. Car ainsi qu'elle le rappelle, le Val-de-Grâce, hôpital militaire, « n'en est pas moins un hôpital de proximité. 87% des patients sont franciliens et parmi eux plus de la moitié viennent des arrondissements limitrophes. »

Or Jean Duval, qui se présente comme un « patient très bien informé du Val-de-Grâce », a voulu réagir sur le site de la pétition, à ce qu'il appelle « cette fermeture décidée dans l'égarement d'une panique budgétaire ». Il évoque le coût avancé de 250 millions d'euros que nécessiterait la restructuration de l'hôpital, qu'il nie. Jean Duval écrit : « Il suffit de circuler des sous-sols aux derniers étages pour constater l'excellent état des locaux de cet hôpital moderne, construit avec la plus haute qualité en 1979, et entretenu avec constance depuis. Les toutes dernières normes de sécurité incendie ont déjà conduit entre 2007 et 2009 à des travaux considérables, le bloc opératoire vient d'être rénové et il n'y a pas à l'heure actuelle de nouvelles obligations normatives d'importantes dépenses. » Je vous renvoie à son commentaire qu'il conclut en écrivant : « Un Hôpital utile, rentable et exemplaire ».

Après l'Hôtel Dieu de Lyon - où Rabelais avait exercé la médecine - qui s'est vu livré par les édiles de la ville aux « marchands du Temple », verra-t-on l'Hôpital du Val-de-Grâce, haut lieu du christianisme aussi, subir le même sort ? "


La pétition, elle est ici => : Cliquez et signez !

Marianne Arnaud, Ne fermez pas l'hôpital du Val-de-Grâce ! 

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.