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mardi 13 novembre 2018

Yann Moix et Christophe Castaner ont-ils suicidé Maggy Biskupski ?

Je me disais que j'allais faire un billet bilan de l'itinérance mémorielle macronienne ainsi que sur la commémoration parisienne de l'armistice et puis j'ai réalisé que c'était inutile: c'était il y a deux jours, c'était sinistre et ridicule et à part nous avoir coûté un pognon de dingue, c'est déjà du passé, c'est oublié; la "touch" Macron a tout gâché. Prévisible. 

Et puis, ce matin, j'ai appris la triste nouvelle: Maggy Biskupski s'est suicidée. Maggy Biskupski était la fondatrice de  l’association Mobilisation des policiers en colère (MPC), association créée en 2016 après que deux de ses collègues eurent été cocktail molotovés à Viry-Chatillon.

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En 2017, 91 policiers et gendarmes se sont donnés la mort (135 selon Alexis Corbières), un taux de suicide trois fois supérieur au reste de la population française, un taux suffisamment important pour que ces drames ne soient pas imputés uniquement à "des problèmes familiaux ou personnels". Les raisons sont connues: manque de moyens, manque de soutien de la part de la hiérarchie, sentiment de faire un travail inutile, manque de considération, haine des flics de la part d'une partie de la population... La police assassine, qu'ils disaient...

Sans doute Maggy Biskupski souffrait-elle de tout cela. Et sans doute a-telle aggravé son cas en prenant la tête de cette association, crime de lèse-majesté puisque cela lui valait les tracasseries de l'Inspection Générale de la Police Nationale pour manquement à son devoir de réserve. Collomb déclencha la procédure, Castaner ne la suspendit pas.

Alors quand on lit ce bouffon de Castaner dire que suite à ce drame "sa tristesse est profonde", on hésite entre vomissements et colère. Le même Castaner qui avait refusé que plainte soit déposée contre cette ordure de Yann Moix qui avait tenu récemment des propos outranciers contre la police (et donc contre Maggy Biskupski) lors d'une émission télé à laquelle participait Maggy:


Alors, Yann Moix et Christophe ont-ils suicidé Maggy Biskupski ? Sans doute pas. Disons qu'ils y ont contribué, comme y ont contribué tous ceux qui chaque jour vomissent sur nos forces de l'ordre... Et tant que les gauchistes et autres pourfendeurs de nos forces de sécurité continueront leur travail de sape et à insulter la police ou la gendarmerie, tant que les autorités n'auront pas plus de considération pour ceux qui agissent sur le terrain tous les jours, tant qu'un Président de la République ou un ministre de l'Intérieur iront se rendre au chevet d'une racaille ou prendre la défense d'ordures reconnues, le taux de suicide chez nos forces de l'ordre ne devrait pas cesser de croître.

Policiers et gendarmes n'ont jamais été nos ennemis, ils sont à notre service, au service de l'ordre et de notre sécurité. Pro Patria Vigilant, ils veillent pour la Patrie.

Maggy Biskupski avait 36 ans. R.I.P.


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mardi 18 octobre 2016

Inacceptable, intolérable, révoltant !

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" Inacceptable " , c'est avec ce mot que le patron de la police, Jean-Marc Falcone, a qualifié la manifestation de policiers qui s'est tenue hier soir sur les Champs Elysées. "

" Inacceptable ", c'est un peu comme " intolérable ", comme " révoltant ", mots que le même a utilisé dans ce communiqué pour qualifier la tentative d'assassinat dont ont été victime 4 policiers à Viry-Châtillon la semaine dernière. Inacceptable, intolérable, révoltant, comme cette voiture de police incendiée à Paris, près de la République, cet été alors que deux fonctionnaires s'y trouvaient. Inacceptable, révoltant, intolérable comme ce couple de policiers assassinés devant leur fils par un muzz radicalisé à Magnanvile. Oui, intolérable, inacceptable, révoltant comme ces plus de 12 000 policiers et gendarmes blessés en mission en 2015, comme ces 3 267 fonctionnaires blessés en action de police au premier semestre 2016.

Inacceptable et révoltant, intolérable, comme le sont ces racailles, syndicalistes et autres antifas qui ont cassé, sans que cela ne leur coûte grand chose, flics, CRS, gendarmes mobiles lors des manifestations contre la loi Travail.

Inacceptable, révoltant comme ces centaines de milliers d'heures supplémentaires dues à tous ces fonctionnaires de police qui se démènent jours et nuits sans compter mais avec la trouille de s'en prendre une ou deux sur la gueule dès qu'ils déboulent dans une cité ou une zone de non-droit.

Inacceptable, révoltant et intolérable, ces criminels impunis que les plus hautes autorités qualifient pudiquement de " sauvageons ". Pour ne pas heurter la sensibilité des dits " sauvageons ", je suppose. A quartier sensible, " sauvageons " sensibles ?

Inacceptable, intolérable, révoltant, comme ces fameuses affiches de la CGT " la police assassine ! ", comme ces slogans dégueulasses tagués sur les murs de Tolbiac ou de Jussieu: " un bon flic est un flic mort " ou bien " j'ouvre une bouteille à chaque fois que l'on referme un cercueil sur un flic ", comme ce collectif " Urgence-notre-police-assassine " qui a pignon sur rue et envenime à l'envie certaines manifestations ( Beaumont-sur-Oise, par ex.) en chantant " on déteste la police ".

Oui, inacceptable, intolérable et révoltant comme cette racaille qui ne respecte plus la police, comme ces consignes d'intervention que la police attend lors des manifs, consignes qui n'arrivent jamais ou bien, quand elles arrivent, si laxistes qu'elles font marrer le camp d'en face.

Intolérable, inacceptable, révoltant comme ces délinquants que les flics renvoient 5 fois, dix, fois devant la Justice; aussitôt arrêtés, aussitôt libérés.

Révoltant comme ces policiers las, crevés, désabusés, "désarmés " qui reconnaissent publiquement que: " aucun collègue n'ose plus sortir son arme de peur d'être emmerdé par l'administration ".

Révoltant, intolérable, inacceptable comme ces 800 flics et gendarmes qui n'ont pas trouvé d'autre solution que de suicider ces dix dernières années. Combien le feront en 2016 ?

Inacceptable comme les propos tenus par ce Directeur Départemental de la Sécurité Publique qui, voyant ses flics partir à la manif, les a qualifié de " gitans" tout en les menaçant de révocations et de conseils de discipline.

Inacceptable ou intolérable, comme ce " droit " de manifester accordés aux seuls policiers syndicalisés.

Oui, t'as raison Falcone, ces policiers qui ont manifesté hier soir, statutairement, ils n'avaient pas à le faire mais tout de même, ducon, avoue qu'ils ont toutes les bonnes raisons de le faire, y compris celle de considérer que leur patron n'est pas à la hauteur de leur désarroi et de leur colère quand la seule réponse qu'il daigne leur faire c'est de déclarer: " Une enquête administrative est confiée à l'IGPN afin de déterminer et de préciser les manquements individuels aux règles statutaires ".

Folie passagère 3322.
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mardi 14 juin 2016

Effectifs de police: Les mensonges d'Hollande et de Cazeneuve

J'écoutais distraitement les questions au gouvernement quand un député LR demanda au sinistre Cazeneuve ce que le gouvernement envisageait de faire pour rétablir l'ordre dans le pays. Cazeneuve ne répondit pas vraiment si ce n'est pour tenter d'accuser la présidence précédente d'avoir diminué les effectifs de police et qu'il y avait peut-être là, dans cette diminution, une explication possible des difficultés de l'actuel gouvernement à maintenir l'ordre public.

Effectivement, régulièrement, les gauchistes, mais pas que, accusent Sarkozy d'avoir sacrifié les effectifs de la police à d'autres priorités.

Ça a fait tilt dans ma tête et je suis donc aller récupérer un tableau émanant du ministère de l’intérieur que je m'étais procuré en me disant que j'aurais bien l'occasion de le ressortir.



Alors ? A bien y regarder, pas vraiment de quoi accuser l'ancienne équipe d'avoir réduit drastiquement les effectifs de police. Une baisse de 2 000 postes entre 2007 et 2008 et un peu moins de 2 000 postes entre 2008 et 2009 et stabilité des effectifs globaux sur les 3 dernières années du quinquennat Sarkozy. Sur une plus longue période, entre 2005 et 2011, la baisse est encore moins significative puisqu'elle ne concerne qu'à peine 2 869 postes.

Pour les personnels les plus visibles, ceux qui sont sur le terrain, gradés et gardiens:  à peine 1 618 postes en moins sur la période 2005 - 2011  soit  tout juste 0,1% des effectifs globaux ! Vraiment pas de quoi crier misère... à cette époque.

Alors quand le sinistre de l'Intérieur, devant l'Assemblée Nationale, affirme que sous Sarkozy ce sont 13 000 emplois qui ont été supprimés dans la seule police nationale et que police et gendarmerie confondues les effectifs ont été réduits de 17 % ment-il ? Je vous laisse juge. Mais aux rachitiques du bulbe qui, comme argument, pour cogner sur Sarko évoquent la réduction des effectifs de police, il va falloir trouver autre chose.

Bien et maintenant, depuis 2012 ? dDpuis que le contexte fait que... ça craint grave, que s'est-il passé ? Qu'est donc devenue la promesse de celui qui alors n'était que candidat à la présidentielle, promesse de créer d'urgence 5 000 postes dans la police ? Rien, nada, queue-de-chie ! Bien au contraire ! De 2012 au 31 décembre 2014, les effectifs de la police ont diminué passant de 143 997 à 143 050, ceux de la gendarmerie de 96 213 à 95 195.

Où sont passés les 5 000 postes promis lors de la campagne ? La formation de base d'un simple gardien de la paix en école de police est de 10 mois minimum, 18 pour un officier. Ce n'est donc qu'en 2015 que les premières recrues ( env. 1 500 ) prendront leur fonction au terme de leur formation. Trois ans donc pour former et mettre en service moins de 2 000 fonctionnaires de police ! Sur les 5 000 promis !

Foutage de gueule supplémentaire: Le 16 novembre dernier, en plein tempête post-Bataclan & terrasses, du haut de la tribune, devant le congrès réunit à Versailles, Président annonce la création en deux ans (soit entre le 16 novembre 2016 et le 16 novembre 2018 !) de 5000 postes supplémentaires dans la police et la gendarmerie et de porter ainsi le nombre de création d'emplois à 10 000 pendant son quinquennat alors qu'avec son sinistre Cazeneuve il n'a pas été foutu d'en créer plus de 2 000 en 3 ans. Poudre aux yeux donc, manipulation de la représentation nationale et de l'opinion et mensonge évident. 

Et entre temps, il y aura eu Merah, Charlie, l'hyper casher, le 13 novembre, les manifs pour ou contre le mariage zinzin, Florange, les multiples évacuations de camp de roms, les bonnets rouges, les gens du voyage, la vague migratoire, Vigipirate, les agriculteurs, les taxis, la loi travail et ses manifestations dans la rue dont pas une ne finit sans casse, l'euro de foot, etc, etc, etc... Autant dire que les forces de l'ordre, depuis 2012, sont mises à rude épreuve; il est évident que certaines erreurs flagrantes d'actions et de jugements du gouvernement auraient pu permettre de les épargner.

400 policiers blessés depuis le début de l'année, 29 aujourd'hui à Paris.

Hier un commandant de police et sa compagne (fonctionnaire de police) ont été assassinés par le muzlamiste Larossi Abballah, ce qui porte à 30 le nombre de membres de la police nationale à avoir perdu la vie depuis août 2012. Les forces de l'ordre valent bien mieux que des manipulations de chiffres et des mensonges surtout quand ceux-ci proviennent des plus hautes autorités de l'Etat. Ils n'ont pas à être l'objet de basses manœuvres politiciennes. Ils ne sont pas le faire-valoir d'un sinistre ministre de l'Intérieur et d'un Président qui n'aura rien su faire pour honorer l'une de ses principales promesses: La France apaisée. Ils méritent le respect de toute la population, certainement pas d'être brocardé par des syndicalistes moyen-âgeux et autres indigènes de la République.

Le commandant Jean-Baptiste Salvaing avait 42 ans, sa compagne, Jessica Schneider, 36 ans.

On imagine bien qu'une belle cérémonie sera organisée et que Président décorera, sans doute de la Légion d'Honneur (à tort), le commandant Salvaing et, peut-être, sa compagne, Jessica Schneider.

Folie passagère 3205.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 25 novembre 2015

Quand Manuel Valls ampute les forces de l'ordre


Il se passe parfois des choses curieuses que seul twitter vous permet de découvrir compte tenu du fait que ces choses là ne sont pas relayées par les médias... 

Ainsi, on apprend que par décret publié au J. O. le 22 novembre, l'hystérique de Matignon a décidé d'amputer les budgets de la Gendarmerie et de la Police Nationale de 850 000 euros. 425 000 en moins pour chacune de ces institutions. La somme est certes minime, presque ridicule par rapport au budget global mais, compte tenu du contexte ( attentats, état d'urgence, Vigipirate, COP21 et toussa...), on peut trouver la chose étrange. Non ? 

Reste donc à savoir pourquoi Valls en a décidé ainsi, non ? 

Et bien, je vous le donne en mille... Ces 850 000 euros sont destinés à alimenter une caisse spéciale du premier ministre, caisse tout à fait officielle et connue, appelée: Direction de l'action du Gouvernement, section Coordination du travail gouvernemental !

Et à quoi qu'ça sert ce truc ? Et bien à, je cite :


- Soutenir efficacement le Premier ministre dans l’exercice de sa fonction de direction de l’action du Gouvernement ; 
- Relever les défis de la modernisation de l’État, en intensifiant la culture de la performance dans le périmètre des services du Premier ministre.
- favoriser l’adoption, dans les meilleurs délais, des décrets d’application des lois et des mesures de transposition des directives européennes ; 
- améliorer l’information du citoyen sur les actions du Gouvernement ; 
- optimiser le coût et la gestion des fonctions support ; 
- améliorer la coordination des actions interministérielles de lutte contre les drogues et les toxicomanies ; 
- éclairer la décision politique en offrant une expertise reconnue ; 
- améliorer la sécurité et la performance des systèmes d’information de l’État ;
- accompagner les administrations dans leur transformation et la simplification de leurs relations avec les usagers

Bref, ça sert à faire en sorte que Valls et ses équipes puissent mieux travailler, mieux communiquer et mieux vendre leur sauce aux gogos que nous sommes. Aucun lien donc avec la sécurité des citoyens.

Faut-ils qu'ils soient à la ramasse pour aller ainsi picorer dans le budget des forces de l'ordre...

Ah, au fait, pour l'année 2013 ( je n'ai pas trouvé plus récent mais j'imagine bien que les ordres de grandeurs sont demeurés similaires ), la Direction de l'action du Gouvernement était doté d'un budget de... 1, 345 milliard d'euros !

Et savez-vous combien de voitures basiques de police ou de gendarmerie peut-on acheter avec 850 000 euros ?  Entre trente et trente cinq !

Et que dit le député, pourtant socialise, Yann Galut dans son rapport sur l'Etat des matériels de police ?

" Alors que 10.896 véhicules auraient dû être remplacés entre 2015 et 2017, seuls 4100 pourront effectivement l'être au vu des budgets accordés. Et la situation n’est pas meilleure dans la gendarmerie, où 6.800 voitures et camionnettes auraient dues être remplacées en 2015, ce qui n’a pas été prévu. "

Deux députés de droite, Yannick Moreau et Guillaume Larrivé, ont cherché à savoir le pourquoi et  la justification de cette amputation. Leur demande est pour l'instant restée vaine.

Folie passagère 2988.
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jeudi 5 septembre 2013

Ma rencontre avec Manuel Valls... en grande pompe

Il y a dans ma petite ville du nord-ouest parisien, 12 000 habitants. Une ville tranquille et quasiment sans histoire, une petite ville bourgeoise pas trop abîmée ni polluée par la racaille. Pas encore. Avec la mini-ville voisine, nous avions un commissariat de police et une gendarmerie. Depuis ce matin, nous n’avons plus qu'une petite gendarmerie. C'est, parait-il, ce que l'on appelle en langage technocratique le redéploiement territorial des forces de sécurité. Mais qui dit nouvelle gendarmerie, dit inauguration en grande pompe par le chef, j'ai nommé Manuel Gaz Valls. Manuel Valls chez moi ? Il me fallait aller voir, non par voyeurisme béat, juste pour voir, en vrai, de mes yeux vus, à quoi ressemble le déplacement d'une telle personnalité: Simplicité ou magnificence ? Discrétion ou débordement policier ? Vous jugerez et pardonnez la qualité des photos, je suis blogueur, pas photographe.


Je me suis pointé à 10h30, la visite de son éminence était annoncée pour 11h00. Visiblement, tout était en place depuis longtemps: Le peloton d'honneur de la gendarmerie, les chevaux de la garde républicaine, le tout en tenue d'apparat, et les officiels locaux. Axel, notre député UMP, surnommé Dormeur, était là aussi. Il faisait beau. La population locale avait été prévenue, il y avait donc un peu de monde, mais pas trop: une petite centaine de personnes. La placette et les abords ont été nettoyés et les drapeaux déployés. C'est beau. Un des chevaux républicains a fait un gros caca mais tout était prévu, un cantonnier a été sifflé et le paquet disparut immédiatement dans la poubelle à roulettes. Il y a de la flicaille partout, des locaux, la municipale et 3 personnes étranges, habillées en noir, pin's " sécurité républicaine" et oreillette, aux aguets. L'une d'elle, une dame qu'elle te met une baffe, tu tombes raide mort, avait l'air très désagréable, elle ne m'a pas rendu mon sourire; son collègue si par contre. Je suis aux premières loges. Fuitant des radios du service d'ordre, j'apprends que Manu va arriver dans 3 minutes. La rue est entièrement vidée pour que, je le suppose, le convoi arrive. Il est 11h00 pile.



Ce con de convoi s'arrête 100 mètres plus haut et de loin, on comprend que Manu va faire le reste du chemin à pied avec son aréopage  Il salue les commerçants. Enfin, il arrive, les voitures suivent. Valls et les huiles saluent le peloton qui rend les honneurs et tout ce beau monde s'engouffre dans le défunt commissariat, ressuscité gendarmerie.


Les voitures vont se parquer dans une petite ruelle adjacente. Avec une copine, nous comptons: 17 voitures officielles ( celle de Valls est une C5 grise), 4 motards en grande tenue ( 2 de la police, 2 de la gendarmerie ), une moto banalisée avec 2 cow-boys dessus, 1 truc genre Espace Renault aux vitres teintées d'où descendront 3 gars en noir qui font peur et enfin, un mini-bus avec quelques CRS dedans. Ces derniers resterons dans le véhicule. La vache ! Ça en fait du monde pour une petite gendarmerie de campagne. Le peuple gronde un peu et s'étonne d'un tel déploiement, mais ici, nous sommes bien élevés, nous n'interpellons pas, nous ne crions pas. 


Le beau linge est dans la gendarmerie, 12 minutes plus tard, montre en main, ils ressortent, en groupe. Tout le monde a l'air bien content, Manuel aussi, il a souri. Oh, non, il se dirige vers nous, avec tout son cortège. Va-t-il venir nous saluer et faire un tour de piste ? Quel suspens ! Et bien oui !  Un gars, propre sur lui - il s’avérera que c'est un député PS de Gonesse -, nous dit de ne pas hésiter à aller à la rencontre du ministre, " il est sympa ". Et puis quoi encore ? Manque de bol, c'est lui qui vient vers nous. Il s'approche. Que lui dire s'il me salue ? Je n'y coupe pas, il me tend la main et moi de lui dire la première chose qui me passe par la tête: " Ne cédez rien à Taubira "; il me serre la pogne, sourit à ma remarque puis continue, à petit pas, sa valse. Pas d’applaudissements, pas d'hystérique amateur d'autographe. L'ambiance est un peu froide. Malgré le soleil... et les sourires de façade.

Voilà, il est 11h 25, Valls est remonté dans sa C5. Les portières de voitures claquent toutes, presqu'à l'unisson, les officiels plient les gaules. Au député PS, ma copine de s'étonner de tout ce déploiement. Le gars répond que c'est normal, que c'est toujours ainsi et que lui, pourquoi nous dit-il cela ?, n'a pas de grosse voiture de fonction... Nous le voyons pourtant monter, seul, dans une C6 noire avec cocarde et chauffeur.

Il est 11h35, la placette est vide et la vie reprend comme si il n e s'était rien passé; il ne s'est d'ailleurs strictement rien passé. Un ministre est venu faire coucou, mais pas de discours, les chaînes de télévision n'ont envoyé personne, et il est reparti avec son cortège toutes sirènes hurlantes. Mais cette question est sur toutes les lèvres des gens encore présents, presque saoulés par cette espèce de bourrasque républicaine, ce coup de vent ministériel: ça coûte combien tout ça?

Folie passagère 1887.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.