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vendredi 28 mars 2014

Matthieu Pigasse, le cocu magnifique


Matthieu Pigasse, le banquier socialiste, est sur tous les plateaux télés pour faire la promo de son bouquin " L'anormalité ", parait-il, un vrai réquisitoire contre hollande. Pauvre cloche ! Il y a deux ans et plus, cet homme n'a pas cessé de soutenir hollande que ce soit publiquement ou par le biais de ses journaux Les Inrockuptibles ou Le Monde. Il déclara ouvertement sur le plateau de Ce soir ou Jamais qu'il voterait pour hollande. 

Que ce monsieur m'explique comment un petit blogueur comme moi a pu à la simple lecture du programme de hollande, en écoutant son discours du Bourget et en étudiant son parcours me rendre compte que nous courions droit à la catastrophe si nous élisions ce type alors que lui, banquier flamboyant au CV long comme un jour sans fin, a mis deux ans pour se rendre compte qu'on était en plein naufrage ?

Il est bientôt temps de dénigrer celui qu'on pinaclait, cher monsieur Pigasse. Vous l'avez voulu votre hollande, vous l'avez ! Rendez-vous utile, aidez-nous à nous en débarrasser !

Extrait: 

"Aujourd’hui il n’y a plus de cap. On navigue à vue. On annonce que « la crise de la zone euro est derrière nous » en décembre 2012, quelques semaines avant que la crise chypriote éclate au grand jour. On annonce que « la reprise est là », en comptant sur la chance, en ignorant avec superbe tous les fondements de l’économie, en ­confondant une hirondelle et le printemps, sans avoir ni défini ni mis en œuvre les mesures nécessaires au retour de la croissance. On annonce que « la courbe du chômage s’inverse », en s’appuyant parfois sur des statistiques erronées en raison d’un système informatique défaillant, en s’étonnant soi-même que cela soit possible, révélant ainsi une incompréhension totale des mécanismes économiques fondamentaux. On fait et défait un jour ce que l’on a fait la veille, et on se contente d’annonces jamais suivies d’effet ni jamais mises en œuvre. Nous sommes dans l’incantation, jamais dans l’action. L'impuissance [de hollande et du gouvernement] repose sur deux piliers principaux : l’amateurisme et l’improvisation (...)

Alors certes, grâce aux extraits du bouquin qui paraissent ci et là, on reconnaîtra à ce cocu magnifique le mérite de se rendre enfin compte de ses erreurs, mais quand  même , merde, quand  même, qu'un banquier soit aussi peu clairvoyant doit nous inciter à nous méfier plus encore de ces gens-là. 

Folie passagère 2204.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 8 janvier 2014

Médias: Pigasse, Bergé, Niel, seuls maîtres... à gauche


Tout le monde en a parlé ou presque aujourd'hui, Claude Perdriel a cédé 65 % du capital du magazine Le Nouvel Observateur au trio d'hommes d'affaires Mathieu Pigasse, Xavier Niel et Pierre Bergé pour environ 14 millions d'euros.

En soi la nouvelle n'a rien d'extraordinaire: un journal change de propriétaires. Sauf que là, ce n'est pas aussi simple. Avec ce rachat se constitue, en France, le plus gros pôle de presse - et de facto, un énorme groupe de pression médiatique - depuis la fin de l'empire Hersant. Alors, il est certain que ce n'est pas tout à fait comme cela que l'on nous présente la chose. On nous parle juste de 3 hommes d'affaires qui font... des affaires. Mais à y regarder de plus près...

Avec Le Nouvel Observateur (500 000 exemplaires hebdo), nos trois papivores sont quasiment les seuls maîtres à bord de:  Le Monde (300 000 exemplaires quotidien), Télérama (600 000 ex.hebdo), Courrier International (175 000 ex. hebdo), La Vie (100 000 ex. hebdo), Les Inrockuptibles (50 000 ex. hebdo), Le Monde Diplomatique (100 000 ex. mensuel), Le Monde des Religions (32 000 ex. mensuel), Manière de Voir (20 000 ex. mensuel), rien que pour la presse-papier à laquelle il faut rajouter les différents sites internet des mêmes journaux mais aussi - qui le sait ? - le site Rue 89 et ses 1,8 millions de visiteurs uniques par mois pour 40 millions de pages vues ainsi que le Huffington Post (dont Le Monde est propriétaire à 34% et Pigasse à 15%) avec ses 2,5 millions de visiteurs uniques mensuels. Sans compter les quelques autres participations minoritaires... Nous le voyons, et les chiffres parlent d'eux-mêmes, un véritable monstre médiatique s'est mis en place avec l'aide indirecte de l'Etat puisque à eux seuls, Le Monde, Télérama et Le Nouvel Obs perçoivent la bagatelle de 35,3 millions d'euros de subventions publiques !

Pigasse, Bergé et Niel se trouvent donc à la tête d'un véritable empire médiatico-financier qui devrait nous amener à nous poser certaines questions, pas tant sur l'indépendance de la presse, sujet maintes fois abordé, mais aussi et surtout sur l'indépendance du pouvoir en place vis à vis de ces 3 personnes.

Pierre Bergé, socialiste, animateur et financier de la communauté LGBT française n'a pas ménagé ses efforts pour aider François hollande à parvenir au pouvoir suprême et a su se rendre indispensable au milieu "culturel" français. Il finança les soirées festives célébrant l'adoption de la loi Taubira et celle, dernièrement au Théatre du Rond Point, célébrant à nouveau Taubira et la lutte contre le racisme. L'un de ses meilleurs amis n'est autre que le trésorier de campagne de François hollande, Jean-Jacques Augier, éditeur à ses heures et ami de 30 ans de... Pépére. Pierre Bergé, la gauche bobo et sectaire dans toute sa splendeur. On se souviendra de ses tweets appelant à la mort des manifestants opposés au mariage zinzin. On se souviendra aussi de ses menaces sur la rédaction du journal La Vie pas assez pro-mariage zinzin à son gout.

Matthieu Pigasse, financier de haut vol, directeur général de la banque Lazard, artisan de la mise sur pied du bébé à Pépère la Banque Publique d'Investissement dont Ségolène Royal deviendra vice-présidente, propriétaire des Inrocks, soutien affiché de hollande pendant la campagne présidentielle, présent à la Bastille, comme Bergé, le soir de la victoire. Au cours de sa carrière ou à travers des nombreux clubs dont il est membre, Pigasse a croisé ou travaillé avec tout ce que la socialie compte de cadors: DSK, Fabius, Delanoé, Royal ou encore Manuel Valls. Surnommé "le banquier de la gauche", il financera avec Pierre Bergé un mega-concert en 2011 pour fêter les 30 ans de l'accession de Mitterrand au pouvoir.

Xavier Niel, passé sulfureux, est la 10ème fortune française. Il est le fondateur d'Iliad et de Free. Après avoir fricoté avec Sarkozy, il rompt avec pertes et fracas tous liens avec ce dernier lors de l'adoption de la loi Hadopi. Il soutient activement François hollande en 2012. Après avoir annoncé en 2010 ses intentions de devenir un "incontournable de l'information", il devient actionnaire du Monde et investi dans Mediapart. Moins marqué politiquement à gauche, il défend avec énergie une politique sociale-libérale.

Nous avons donc 3 personnages propriétaires ou actionnaires d'un véritable empire médiatique et qui assument publiquement leur soutien à la gauche et à François hollande. De quoi, compte tenu des proximités affichées, se poser la question de l'indépendance de celui-ci vis à vis des ces trois-là, non ? Notons que le pouvoir actuel n'a, pour le moment, émis aucune réserve sur le rachat du Nouvel Obs.

Alors, en ce qui concerne cet ensemble, doit-on parler d'une presse dépendante du pouvoir ou bien plutôt d'un pouvoir qui ne peut absolument rien refuser à 3 personnages devenus incontournables à gauche ? De la dernière campagne présidentielle, tout le monde reconnait aujourd'hui que la presse et les médias n'ont fait absolument aucun cadeau à Sarkozy, il n'y a pas de raison que cela change et nous verrons lors des prochains scrutins électoraux que Le Monde, les Inrocks, Télérama ou le Nouvel Obs ne ménageront pas leurs efforts pour soutenir la gauche " sociale-libérale " de François hollande.

Rien n'étant gratuit en ce bas monde, on se posera juste la question de savoir: en échange de quoi ?

( note: les chiffres de diffusion des différents journaux disponibles ici)

Folie passagère 2077.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.