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jeudi 21 avril 2016

101 sur 28 000 et dix sur vingt !

(Défilé d'étudiants-diants-diants à Toulouse, le 7 avril, il semblerait qu'ils aient entériné  leur propre réforme de l'orthographe )
La loi Travail fait toujours des remous... à Toulouse ou plus exactement à l'université Jean Jaurès du Mirail.

Imaginez une fac qui compte 28 000 étudiants en premier, deuxième et troisième cycle, le tout encadré par plus de 1 000 profs et 730 personnels administratifs. C'est quand même pas rien, pas loin de 30 000 personnes sur ce pôle universitaire !

Comme un peu partout en France, les jeunes étudiants qui n'ont rien d'autre à faire, normalement, que d'étudier se sont mis en grève. Enfin, disons qu'ils ont dès le lancement de ce projet de loi travail manifesté. Ils sont descendus dans la rue, ont défilé, chanté ta loi on en veut pas, et blablabla... C'est sûr que ces boutonneux, on les comprend, ils sont inquiets pour leur avenir, leur retraite et toussa... Bien, enfin ( bis ) quand je dis qu'ils ont manifesté, disons qu'un bon nombre a été rejoindre les syndicalistes, les grévistes, les anti-El Connerie et compagnie et que sauf erreur de ma part, la plus grosse manif de tout ce beau monde, à Toulouse, n'a pas rassemblé plus de 15 000 personnes, selon la police, sans doute des centaines de milliers selon les organisateurs.

Mais manifester n'est pas faire grève et faire grève n'est pas forcément bloquer. Et bien si, une poignée de glandus que l'on peut supposer membres de la MNEF ou de la FAGE ont fait grève. Voulaient pas aller étudier. Mais, il faut bien l'avouer, la grève, elle n'a pas vraiment donné. Alors, les glandus, ils ont décidé en AG - en AG, comme en 68... - qu'il fallait bloquer la fac. Oui, m'ssieurs, dames, c'était le 5 février dernier, entre 200 et 300 étudiants se sont rassemblés et par 101 voix pour, 28 contre et 44 abstentions il a été décidé d’organiser le blocage du bastringue le 7 avril. Et tant pis pour les 27 899 autres étudiants ! 

Alors, vous pensez bien que le président de l'université qu'a des roubignoles mais qui tient à son poste, il ne s'est pas démonté: Il a décidé de fermer la quasi-totalité de la fac ! Oui, oui... le 7 avril, furent fermés la Bibliothèque Universitaire Centrale et l’ensemble des bâtiments des UFR, écoles et instituts du campus du Mirail !  Blocage décrété par 101 glandus, fermeture organisée par la direction ! 

Détricotage du projet de loi et pluie gouvernementale de millions sur la jeunesse opérant, les choses se calment et l'activité de l'université reprend peu à peu. On aurait pu en rester là, chacun se remettant au boulot; objectif: les examens ! Ben non. 

Ben non, parce que les mêmes glandus ( environ 300 sur 28 000, rappelons-le ) ont décidé d'aller rencontrer le recteur et d'exiger un aménagement des conditions d'examens. Ben oui, quand on fait grève et qu'on bloque, on prend du retard alors faut compenser, n'est-ce pas. Et puis comme le Président avait eu la bonne idée d'envoyer un note pas secrète à ses directeurs leur demandant de voir si, compte-tenu des événements, il fallait envisager une adaptation des modalités d'examen, les p'tits loups, ils se sont sentis pousser des ailes. Alors, ils ont demandé que les absences depuis le début de la mobilisation, le 9 mars, ne soient pas prises en compte et que tous les étudiants aient accès à l’ENT (Espace numérique de travail). Ils n'ont pas osé demander une compensation financière, une sorte de paiement des jours de grève, mais on en était pas loin... et ils avaient mieux à demander... 

Que tout le monde ait 10 sur 20 au minimum pour compenser ! 10/20 à toutes les épreuves de la première session d'examens ! Et vous savez quoi ? Et bien le directeur, il n'a pas dit oui, mais il n'a pas dit non. Il se donne 3 semaines pour réfléchir et aller aux ordres auprès du ministre des équipes pédagogiques !

Elle n'est pas belle la vie ? 300 étudiants sur 28 000 mettent le bronx et l'administration en attendant de dire oui à ce 10/20 - je n'en doute pas un instant - temporise ! 

Affaire à suivre donc et une évidence: Pas besoin d'être des millions à descendre dans la rue pour faire " bouger " le système, suffit juste de quelques glandus qui en veulent, de quelques milliers d'autres qui s'en foutent, et ça marche ! 

Allez, bonne soirée à tous, même en Socialie ! 

Folie passagère 3148
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France, 2019.