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dimanche 10 juillet 2016

L'Im-Monde, le bac, la discrimination...

Je voulais faire un billet sur le bac, ses résultats ( taux de réussite record de 88,5% cette année !; faut-il s'en féliciter... ) et cette étude que j'avais aperçue sur la corrélation entre le prénom et la réussite à l'examen et puis il m'a été donné de lire le billet suivant d'un certain François Miclo que je ne connaissais pas. Du bon ! 

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" Le Monde, le bac, la discrimination:  


« Le Monde » titre sur les « discriminations » au baccalauréat. En réalité, les hydrocéphales qui font là-bas œuvre de journalistes confondent simplement « discriminations » et « inégalités ».

Le Monde est un journal très bien. Son papier est un peu trop rêche pour juste s’en torcher le cul, mais sa taille convient assez bien lorsqu’il s’agit de garnir le fond des cageots dans lesquels, nous heureux pèquenauds, placeront quetsches et mirabelles. C’est bientôt la saison, même si ça ne donne plus des masses depuis quelques années.

Le Monde donc, ce « journal de référence », qui, pour se faire un peu de blé, se commet en lemonde.fr et ses différentes variations, titrait l’autre jour sur « M.Campus, le Monde des étudiants » : « Les prénoms, révélateurs des discriminations du bac ». Je vous donne ici le lien de l’article. [que je vous conseille de lire pour faire le parallèle avec ce billet,ndlr]

Il y est question des recherches qu’effectue le sociologue Baptiste Coulmont. Ce dernier établit une corrélation entre le prénom des bacheliers et la mention que chacun d’entre eux obtient au bachot. Nulle part, il n’est question de discriminations. Le sociologue évoque juste des « inégalités ».

Il a raison de le faire, car elles sont patentes. Il existe une corrélation assez évidente entre le prénom et la réussite au bac. Cette corrélation a toujours existé. Chaque généalogiste sait d’expérience que les prénoms « à la mode » savent rarement signer. Au début du XVIIIe siècle, dans l’Est de la France, les prénoms en vogue étaient « Mougeon » pour les garçons, « Mougeotte » pour les filles. En Haute-Saône, c’était « Desle » pour les premiers, « Deslotte » pour les secondes. Ainsi baptisés, aucun ou presque ne savait, vingt ans plus tard, écrire son nom sur son acte de mariage.

Aujourd’hui, nous nous retrouvons face au même phénomène. Les familles de « modeste extraction » donnent à leur progéniture des prénoms directement provenus de Hollywood et de La Mecque réunis.

Ce n’est pas ici le prénom qui est en cause, mais bien la condition sociale de celui qui le porte. Quand il grandit dans une famille qui ne tient pas le savoir pour une chose fondamentale, il a toutes les chances de se planter et de voir son destin entièrement fixé par le prénom qu’il porte. Mais quand il a la chance d’évoluer dans un environnement familial où l’on sait que la connaissance est le début de tout, alors il est promis à un brillant avenir.

Pourquoi ? Parce que l’éducation n’est jamais la simple charge du système éducatif. C’est trop facile de se défausser sur les instituteurs, pardon les maîtres d’école, pardon les professeurs des écoles, de la réussite ou de l’échec de nos chers bambins. Le« ludi magister », comme on l’a appelé de l’antique Rome jusqu’au XVIIIe siècle(1), n’est pas responsable des jeux auxquels les parents abandonnent leur enfant. L’éducation d’un gamin est l’affaire de tous : de l’Education nationale, de ses parents, de sa famille, de ses voisins.

Je pourrais citer ici le cas d’une famille marocaine que j’ai l’honneur de compter au nombre de mes amis : père au chômage, mère femme de ménage et les deux enfants – portant des prénoms bien pas de chez nous – reçus chacun majors de leur promotion. Le premier à un grand concours d’ingénieur, la seconde à un grand concours de la magistrature…

L’Ecole de la République fonctionne. Elle fonctionne même très bien. Mais elle ne peut fonctionner sans l’accord ni l’appui des familles. C’est ce lien, que Jules Ferry lui-même pensait essentiel, entre le système éducatif et le système familial qu’il faut rétablir d’urgence.

Sinon, nous aurons toujours le journal de référence à titrer sur les « discriminations » du bachot. Au fait, scribouillards du journal de référence, combien y a-t-il de Kevin et de Yasmina au sein de votre rédaction grégairement blanche ?

Et si maintenant je pondais un article sur votre racisme ordinaire ? Bien entendu, cela n’aurait aucun sens (sauf si l’on s’attarde sur certains dessins de Plantu…), comme cela n’a aucun sens de parler de « discriminations » dans l’Education nationale quand il s’agit tout simplement d’inégalités sociales.

Seulement, quand on est un journaliste digne de ce nom, on ne confond pas les mots. Si la discrimination est source d’inégalités, toute inégalité n’est pas le fruit d’une discrimination.  "

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France, 2019.