À mon tour, en conscience, je vais quitter @itele. Ma Chaîne, ma Rédaction, ma Famille. Si triste mais si fier d'avoir été l'un des vôtres pic.twitter.com/LTeSvun6XG— Guillaume Auda (@GuillaumeAuda) 16 novembre 2016
Ça y est, la grève à Itélé est finie. C'est une bonne nouvelle, non ? Enfin bonne nouvelle, on s'en fiche un peu mais bon voir des journaleux faire grève, pendant un mois, oui, un mois, M'sieur, Dame, ça a quelque chose de savoureux. Je trouve. La grève la plus longue de l'histoire de l'audiovisuel depuis 1968, nous dit-on. Reste à savoir si Itélé, avec son 1,5% d'audience à tout casser ( et ses 25 millions de pertes pour un budget de 60 ), fait l'histoire de l’audiovisuel français....
Z'étaient pas d'accord avec leur patron, Monsieur Bolloré. Ils voulaient un directeur de la rédaction indépendant de la direction générale. Ils ne l'ont pas eu. Ils voulaient que leur soit garantie leur indépendance éditoriale, ils ne l'ont pas eu. Ils voulaient qu'une charte éthique soit imposée au sein de l'entreprise ( l'éthique des journalistes, on se marre ! ), ils ont eu la promesse d'une mise en place d'une charte piquée à Canal+, version light. Ils voulaient que Morandini soit viré, Morandini reste mais ceux qui ne voudront pas travailler avec lui seront autorisés à... ne pas travailler avec lui.
Bref, et malgré le soutien incongru de deux ministres, d'une pléiade de VIP du PAF, de bobos germanopratins et de politiques ( dont NKM ) ils n'ont pas obtenu le quart du dixième de ce qu'ils souhaitaient obtenir, mais ils ont fait grève, pendant trente jours ! Trente jours à négocier, à battre la pavé, à manger des sandwiches, à glander, à discuter, à débattre et peau-de-balle, Bolloré a gagné et eux ont perdu.
Alors, les biquets ( quasi tous bénéficiaires de l'abattement fiscal spécial journaliste de 7 500 euros ), ils se disent " fatigués, éreintés, à bout ". Les pauvres bouts de chou, fatigués, c'est sûr que ça a du les changer, d'habitude ils " traitent " la grève des autres et là, ils n'ont même pas pu traiter la leur. Comme ils n'ont pu traiter la victoire de Trump ( Laurence Haïm se désespère à faire le pied de grue dans le hall de la Trump Tower ). Comme ils n'ont pu traiter les deuxième et troisième débats de la primaires de la droite et du centre. Comme ils ne pourront traiter le lancement dans le ciel du cosmonaute Français Pesquet ( dont on se fout d'ailleurs, un peu aussi ). Comme ils n'auront pu traiter la mise en orbite d'Emmanuel Macron. C'est con, tout de même. Faire la grève, ne quasi rien obtenir et louper tout ça, on frôle presque la faute professionnelle lourde !
Les pauvres biquets; une bonne trentaine, dont quelques pointures inconnues du grand public, tellement écœurés qu'ils ont décidé de quitter le navire: Ah, Ciao Bonsoir ! comme disait Coluche !
Faut dire qu'ils ont un peu joué aux cons, tous journalistes, fiers de leur pouvoir d'informer, qu'ils pensaient être, ils ne faisaient pas le poids. Bolloré, 25 millions de dette et un mois de conflit, ce n'est pas ça qui l'empêchera de bouffer chez Laurent ni de faire tourner son Yacht. Et en plus, avec tous ces départs, il va faire des économies. Bien vu, chapeau bas !
Que ça leur servent de leçon, Bolloré, c'est le patron et comme tout patron qui finance, il est maître chez lui. Quant à tous ces journalistes dépités, compris ? Vous vous êtes fait avoir ça vous fera les pieds. Votre supposé pouvoir s'est arrêté à la porte du boss ( qui va enfin pouvoir lancer son nouveau concept en remplaçant Itélé par CNews ) et ni le gouvernement, ni vos potes, n'ont pu rien faire.
Folie passagère 3360.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr
