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mardi 5 décembre 2017

Lira-t-on du Jean d'Ormesson au XXIIème siècle ?

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Je vais vous faire une confidence; après avoir vérifié tout le contenu de la bibliothèque de mon bureau (photo ci-dessous), mes lectures récentes des deux-trois dernières années dira-t-on, ainsi que celui des autres bibliothèque de la maison, j'ai fait une découverte intéressante: il n'y avait qu'un seul livre de Jean d'Ormesson, Jean Do pour les intimes. Un seul, assez récent: C'est une chose étrange à la fin que le monde. Je l'avais oublié mais si j'en juge par le coin de page corné, il n'avait pas du me passionner puisque j'en avais arrêté la lecture à la page 48.

Autant dire que je ne saurai rendre hommage à un auteur dont je ne connais rien mais au moins ais-je l'honnêteté de le dire: je n'ai jamais rien lu de Jean d'Ormesson.

J'aimais bien le bonhomme pour ses chroniques, ses coups de gueule, son attachement à notre pays et son histoire, son port aristo, ses yeux bleus, son charme et son humour. Pour le reste... Je laisse aux spécialistes le soin de nous faire croire ou de nous prier de croire qu'il était un formidable écrivain. S'ils le disent c'est que c'est sans doute vrai.

Par contre, parcourant à mon habitude les réseaux sociaux ou regardant la télé, je suis absolument sidéré du nombre de gens qui se croient obligés de lui rendre hommage. Qu'il en soit ainsi pour le lecteur lambda passionné, comme mes amis Koltchack ou Boutfil, je veux bien, c'est même normal. Que la ministre de la culture ou le Président de la République (et quelques autres encore) lui rendent hommage, c'est normal: n'était-il pas une figure de la littérature contemporaine, un académicien, un Grand-Croix de la Légion d'Honneur, un ancien patron de presse...

Mais quand je vois la foultitude de politichiens, d'animateurs télés, de chroniqueurs ou de guignol.e.s dont la seule qualité est d'avoir une petite notoriété se bousculer aux portillons des réseaux sociaux ou des plateaux télés pour y balancer sa petite phrase sur le grand homme aujourd'hui disparu, ça m'énerve, mais à un point, si vous saviez. Mais à quel rituel se plient-ils en se ruant ainsi: Paraître cultivé ? Faire parler d'eux, montrer qu'ils sont encore en vie, faire popu ? Ce sont les mêmes qui, quelque soit le défunt du jour, vous ressortirons les mêmes banalités: on l'aimait bien, il dessinait bien, il chantait bien, il dansait bien, un artiste dans son art (sic), une part importante de notre patrimoine culturel, nous ne l'oublierons jamais, il demeurera à jamais dans nos mémoires, blablabla... Les mêmes qui vous pondront, grosso merdo et à chaque fois, les mêmes phrases toutes faites que le disparu s'appelle Jean d'Ormesson ou Claude Rich, les mêmes qui vous sortiront dans 2 jours ou six semaines les mêmes phrases quand Johnny aura rendu l'âme.

Et de tous ceux-ci, combien se souviennent avoir rendu mécaniquement hommage à Michel Galabru, à André Courrèges ou Michel Tournier tous disparus il y a à peine plus d'un an. Combien, après leur avoir twitté hommage, montrant ainsi qu'ils étaient là, se souviennent encore de Jean Anglade, d'Alain Jossua, de Gérard Palaprat ou de Danielle Darrieux pourtant tous disparus cette année? Pourtant tous considérés par ces thuriféraires d'un jour comme des monuments de leur art respectif.

Qu'est-ce que j'en ai à foutre que le député de la Creuse ou Nikos Alliagas se disent profondément émus par la disparition de Jean d'Ormesson ? Croient-ils que ces hommages les rendront plus proches de leurs cœurs de cible ? Sans doute.

Que ces télés sont fatigantes à jouer sur les émotions et le sensationnel en utilisant ces morts comme levier d'audience.

Quel sera le premier gusse à proposer l'entrée de Jean Do au Panthéon et qui, ce faisant , s'assurera la paternité d'un buzz ou d'un débat national ?


Sont-ils nombreux les gens qui rendent hommage à Jean d'Ormesson et qui ce soir se vautreront devant Hanouna ?


Qui de tous ces VIP vendra père ou mère pour être vu lors des obsèques ?

Aujourd'hui, même la mort d'une personnalité et parfois celle d'un lambda sont sources de récupération médiatique et l'occasion de faire de l'audience. Epoque détestable en bien des points.

Mais pour en revenir à Jean d'Ormesson, moi qui ne suis absolument pas qualifié pour juger de son oeuvre, la seule chose qui pourrait éventuellement m’intéresser c'est de savoir si dans deux ou trois cents ans, voire plus, on se souviendra de ses écrits. A la façon d'un François Villon, d'un Chateaubriand, d'un Hugo ou d'un Dumas. Là est selon moi la grandeur d'un artiste, la pérennité à travers les âges. Qui, en 2050, achètera du d'Ormesson dans La Pleïade ? Lira-ton du Jean d'Ormesson au XXIIème siècle ? Je ne parierai pas un roman de Ken Follet ou de Musso là-dessus.

NB: Aujourd'hui, un autre grand homme est mort à 96 ans, un homme au destin tout à fait incroyable: Le roi Michel de Roumanie. Aucun hommage ne lui a été pour le moment rendu. Il est pourtant déjà dans certains livres d'Histoire...


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 8 janvier 2012

Les cauchemars de François Hollande....


" Il n'est pas sûr, il est peut-être même improbable, au vu des sondages d'aujourd'hui, que Nicolas Sarkozy soit réélu dans six mois pour un second et dernier mandat. Les mesures de rigueur annoncées par François Fillon ne sont pas accueillies - c'est le moins que l'on puisse dire - par un enthousiasme excessif. Mme Le Pen à l'extrême droite, M. Bayrou au Centre, Mme Aubry à gauche, M. Mélenchon à la gauche de la gauche se déchaînent contre elles. Les syndicats les condamnent. Une bonne partie de la droite modérée elle-même ne peut pas se résoudre à se prononcer en faveur d'un président qui, à ses yeux, a avili et compromis ses fonctions par son comportement. La victoire de François Hollande est à peu près acquise, et elle risque d'être éclatante.

Le moment est idéal pour se déclarer sarkozyste.

La question n'est pas de savoir qui l'emportera en mai 2012. On a longtemps été convaincu dur comme fer que ce serait M. Strauss-Kahn. On a pu croire que ce serait Mme Aubry. On a même pu imaginer que, par un coup du sort, ce serait Mme Le Pen. Il n'est pas tout à fait exclu que M. Bayrou, M. Mélenchon, M. Montebourg se soient monté le bourrichon jusqu'à se persuader de leur chance de l'emporter. Tout sauf Sarkozy. N'importe qui sauf Sarkozy. Ce sera M. Hollande.
 
François Hollande est un parfait honnête homme. Il est intelligent, charmant,  cultivé, et même spirituel. Il y a chez cet homme-là un mélange de doux rêveur et de professeur Nimbus égaré dans la politique qui le rend sympathique. Il est mondialement connu en Corrèze. Ce n'est pas lui qui irait courir les établissements de luxe sur les Champs-Élysées, ni les suites des grands hôtels à New York ou à Lille, ni les yachts des milliardaires. Il ferait, je le dis sans affectation et sans crainte, un excellent président de la IVe République. Ou plutôt de la IIIe. Par temps calme et sans nuages. Il n'est jamais trop bas. Mais pas non plus trop haut.

C'est une espèce d'entre-deux : un pis-aller historique. Ce n'est pas Mitterrand: ce serait plutôt Guy Mollet. Ce n'est pas  Jaurès ni Léon Blum: c'est Albert Lebrun. Ce n'est pas Clemenceau: c'est Deschanel. Il parle un joli français. Et sa syntaxe est impeccable. On pourrait peut-être l'élire à l'Académie française. Ce serait très bien. Mais en aucun cas  à la tête de la Ve République, par gros temps et avis de tempête. C'est vrai : Sarkozy en a trop fait. Hollande, c'est l'inverse. Car n'avoir rien fait est un immense avantage, mais il ne faut pas en abuser. Il n'est pas exclu, il est même possible ou plus que possible, que M. Hollande  soit élu en mai prochain président de la République. C'est qu'à eux deux, M. Hollande et le PS, qui sont assez loin d'être  d'accord entre eux - je ne parle même pas de M. Mélenchon ni de Mme Joly dont ils ont absolument besoin pour gagner et dont les idées sont radicalement opposées à celles de M. Hollande-, ont des arguments de poids: la retraite à 60 ans (quand la durée de vie ne cesse de s'allonger), 60.000 nouveaux fonctionnaires (quand il s'agit surtout de  réduire les dépenses publiques), 30% de baisse sur les traitements du président et des ministres (même M. Jean-Marie Le Pen, de glorieuse mémoire, n'a jamais osé aller aussi loin dans le populisme et la démagogie).

Avec des atouts comme ceux-là, on a de bonnes chances de gagner.

Aussi n'est-ce pas dans la perspective de l'élection de 2012 que je me situe. C'est avec le souci du jugement de l'histoire. M. Sarkozy, autant le reconnaître, a fait pas mal d'erreurs. À voir comment se présente la campagne  d'un Parti socialiste qui semble n'avoir pas appris grand-chose des leçons de son temps, ce sera bien pire avec lui qu'avec M. Sarkozy.

Les déclarations d'intention ne valent rien. Il faut des exemples vivants. M. Zapatero, en Espagne, est un homme plus qu'estimable. Il est socialiste. Le  chômage en Espagne est plus du double du nôtre. M. Papandréou en Grèce est socialiste. Est-ce le sort de la Grèce que nous souhaitons pour la France? M. Sarkozy a été plus attaqué, plus vilipendé, plus traîné dans la boue qu'aucun dirigeant depuis de longues années. Il a pourtant maintenu le pays hors de l'eau au cours d'une des pires crises que nous ayons jamais connues. Il n'est même pas impossible que Mme Merkel et lui aient sauvé l'Europe et l'euro.

Pour affronter le jugement de l'histoire, je choisis le camp, à peu près cohérent, Sarkozy-Fillon-Juppé contre le camp, incohérent jusqu'à l'absurde, Hollande (Hollande président? On croit rêver, disait Fabius) -Aubry-Joly-Mélenchon.   Bonaparte Premier consul prétendait que le seul crime en politique consistait à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités. Je suis sûr que François Hollande lui-même a des cauchemars la nuit à l'idée d'être appelé demain à  diriger le pays avec le concours des amis de toutes sortes et étrangement bariolés que lui a réservés le destin.

Je veux bien croire, je n'en suis pas si sûr que pour 2012 les dés sont déjà jetés, que les handicaps du président sortant sont bien lourds pour être surmontés, que le retard est trop rude pour être rattrapé.
J'imagine très bien l'explosion d'enthousiasme sur la place de la Bastille ce soir de mai 2012 où l'élection de M. François Hollande à la magistrature suprême sera enfin annoncée.

Je me demande seulement dans quel état sera la France en 2014 ou en 2015."

Jean d'Ormesson, " Triomphe et tombeau de François Hollande ", pour le Figaro , le 11 novembre 2011.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.