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vendredi 4 novembre 2011

L'orthographe, on s'en fout, yaka changé les règles !


 J'ai reçu ce message ce matin: " Suis o taf me tel pas g t f  signe ce soir biz ". Ce qui en langage SMS signifie tout simplement: " Je suis au travail, ne m'appelles pas, je te fais signe ce soir, bises." Ce n'est donc pas du Ronsard ou du Chateaubriand, mais pas de quoi fouetter un chat, les " jeunes sont juste en train d'écrire une nouvelle ligne orthographique ". Pas que les jeunes d'ailleurs.


C'est Nicolas qui attire ce matin mon attention sur un article du journal Métro dans lequel une professeur de linguistique fait un constat sur les dérives orthographiques. Elle ne s'en émeut pas, la prof, elle trouve cela presque normal. Elle dit même que les fautes n'empêchent que rarement la compréhension d'un texte et ne nuisent donc pas à la communication !

Essayons pour voir:

Les jeunes écrive largement en fonétique car on n'entent le son de 80% des letres dans notre langue.

C'est sûr que lu comme cela, on n'a pas forcément envie d'en savoir plus sur la bonne compréhension des choses, non ?  Croyez-vous que vous liriez mes billets s'ils étaient truffés de fautes d'orthographe ? Une fois, deux fois, peut-être, et puis vous iriez voir ailleurs, logique, j'en ferai de même. Ecrire et bien écrire, c'est non seulement respecter les règles grammaticales, mais c'est aussi clarifier sa pensée et accessoirement respecter le lecteur (Ce qui ne veux pas dire que je suis nickel chrome question ortograffe dans chaque billet, je m'applique, c'est tout ).

Madame Matthey, puisqu'il s'agit d'elle, honorable professeure de linguistique à Grenoble, n'a pas pour rôle de condamner la mauvaise orthographe et son enseignement déficient qui se généralisent, normal, elle est linguiste pas grammairienne. Mais tout de même !

La dame nous dit que si l'orthographe périclite, c'est que les normes auquel il est soumis ( la grammaire pour l'essentiel ) ne sont plus adaptées à notre langage. Y a donc pas à s'en faire, au feu le Bled et le Bescherelle, il n'y a qu'à changer les normes et simplifier le bastringue.  Pas de soucis, vous me comprendré bien inssi, non ? Sauf qu'elle oublie, la diplômée, que bien écrire, c'est ce qui permet de bien se vendre sur un CV, d'avoir ses courriers administratifs pris en considération, etc... Elle oublie de nous dire que savoir écrire, c'est aussi savoir lire et bien lire, que l'on soit plongé dans du  Flaubert, du Balzac ou le dernier Brigade Mondaine.

Et comme le souligne un commentateur de l'article:

" Si les fautes les plus répandues deviennent la norme [ce que prône Madame Matthey], la prochaine génération sera incapable de lire et de comprendre les finesses d'auteurs comme Maupassant, Hugo, Baudelaire, et j'en passe, écrivains du XIXe siècle, donc pas "moyenâgeux". Et, plus proches de nous, Proust ou même Céline qui, malgré un style très personnel souvent fondé sur l'argot et la langue parlée de l'époque, écrivaient un français éblouissant.  Quant à La Fontaine, Racine, Molière... peut-être passeront-ils dans la catégorie "ancien français".

La prof conclut son article en essayant de replacer le truc sur un plan politique: " Chaque fois qu’un gouvernement a tenté de simplifier les règles orthographiques, il s’est heurté aux défenseurs du français, qui estiment que leur langue, “la plus belle du monde”, est sacrée. " Je ne sais pas si c'est la plus belle, je sais juste qu'elle est vachement belle, notre langue quand elle est bien parlée et bien écrite.

C'est ainsi, le modernisme ou le progressisme n'ont plus de limites, si la norme est estimée -  estimée seulement - obsolète, yaka changer la norme. Facile, non ?

Folie passagère 900.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr


France, 2019.