Hier soir, il y avait l'émission Mots Croisés sur France 2 avec pour invités: Laurent Neumann du journal Marianne aussi bon que urticant, le banquier Philippe Villin de droite et pourfendeur de l'euro, Pierre Lellouche député UMP de Paris, Jean-Claude Mailly de FO ( sans intérêt ), Sylvie Goulard du Modem, incroyable, il y a encore des gens au Modem et... Nicole Bricq.
Une excellente occasion de découvrir Nicole Bricq. Une de ces ministres dont on a peu entendu parler si ce n'est quand elle fut muté manu militari, au bout d'un mois, du ministère de l'Ecologie au ministère du Commerce Exterieur.
Lisez sa bio sur wikipédia, c'est light, too light. En gros, cette dame fait de la politique depuis 30 ans. Son histoire se confond avec celle du Parti Socialiste. Un peu comme une moule sur son rocher, elle s'est accroché au parti et ne l'a plus quitté soutenant au gré du vent et des élections tantôt Chevènement, tantôt DSK, puis La madone du Poitou avant de coller aux basques de Présiflan. Bonne pioche, elle est enfin nommée ministre, à 65 ans, son bâton de maréchal. Pourquoi ministre et ministre du Commerce Extérieur, ne demandez pas pourquoi, personne ne le sait.
Hier soir donc, elle était invitée à débattre de l'avenir de la croissance en France. Élégamment vêtue d'un ensemble vert laineux assorti, il me semble, à la couleur de ses yeux, elle était là pour donner la position du gouvernement sur cette fameuse croissance qui se fait désespérément attendre. Deux questions importantes lui furent posées, plus aurait sans doute été surestimer ses capacités à enchaîner les raisonnements et les explications.
La première fut, je cite de mémoire: Pouvez-vous nous expliquer avec précision où et comment le gouvernement compte sabrer dans les dépenses publiques.
La deuxième, toujours de mémoire: Confirmez-vous que nous n'atteindrons pas les 3% de déficit tel que le gouvernement s'y était engagé ?
Et bien tu peux te brosser, les réponses, on les attend encore.
Cette femme, ministre de la République, a fait forte impression, l'impression d'assister à un naufrage: plus nulle, plus fade, plus inconsistante, ce n'est pas possible. Son incompétence, sa difficulté à contredire ses interlocuteurs, la faiblesse de sa propre argumentation faisait peine à voir.
J'ai eu de la peine pour elle. Et pour la France. C'est dire...
Mais revenons à la question de départ: Qui est donc Nicole Bricq ?
Rien.
Folie passagère 1582.
