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mardi 3 décembre 2013

Etude PISA ou le pis-aller du système éducatif français


C'est l'effervescence ce matin: le fameux rapport PISA vient de sortir et la France montre une nouvelle fois que, globalement, son système scolaire ne fait pas des champions. Quelle surprise !

L'éducation nationale ne cultive plus la bosse des maths; en compréhension à l'écrit et en culture scientifique, elle se maintient. J'espère que personne ne s'en étonnera et je respire un grand coup en m'apercevant qu'heureusement le niveau de culture générale, la compréhension de la langue et l'orthographe ne sont pas pris en compte dans cette étude. Imaginez la catastrophe que cela aurait été.

Peillon l'idéologue va sans doute enfourcher son cartable magique pour nous dire tout le bien fondé de sa réforme, la gauche dira que c'est de la faute du précédent pouvoir et la droite que le mammouth n'en finit pas de s'engraisser. Et tout le monde aura plus ou moins raison. 

Et moi je vous dirai que le jour où l'on reviendra aux fondamentaux, à ce pour quoi le système scolaire est fait et à un système moins gangrené par une corporation de profs gauchistes, les choses iront beaucoup mieux. L'école, c'est fait pour dans un premier temps apprendre à lire, écrire et parler correctement, pas pour jouer à la poupée, apprendre une seconde langue étrangère alors que l'on est pas capable de comprendre la sienne et pas pour noyer les élèves entre une couche de matières fondamentales et une couche d'activités péri-scolaires. Une fois les basiques intégrés, on pourra passer aux choses sérieuses.

Après, cette étude nous dit  que la France devient championne des inégalités. La belle affaire ! Plus le niveau baisse car il n'a fait effectivement que baisser - j'ose espérer que personne ne contestera cela - et plus les inégalités s'accroissent. L’écart entre les meilleurs élèves et les plus en difficultés ne cesse de se creuser. Ce qui par voie de conséquence laisse supposer que le reste, le ventre mou de l'étude ou la grande masse des élèves, a un niveau global qui s'est abaissé. Cerise sur le gâteau, si j'ose dire, les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficultés, preuve s'il en est que l'école n'assume pas/plus sa fonction "intégratrice". Ce n'est pas pourtant faute d'avoir essayé; sauf qu'a confondre entre une école qui enseigne et un système éducatif qui nivelle par le bas, il ne faut pas s'étonner du résultat.

Alors que les politiques arrêtent de faire de l'éducation nationale un territoire de luttes syndicales, politiques et idéologiques et un laboratoire d'expérimentation toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres. Que l'on arrête de nous changer tous les 4 matins de ministre (1 tous les 2,1 ans depuis 1958). Jettons aux oubliettes tout ce qui ne sert pas de près l'éducation des élèves. Erigeons en valeur cardinale le mérite et non l'égalitarisme. Que l'on remette l'instituteur au cœur du système. Que l'on redonne aux enseignants "un droit d'autorité" et aux élèves l'obligation de respecter l'autorité enseignante. Que l'on arrête de vouloir transformer à tout prix des nuls en forts en thèmes. Que l'on considère l'élève en fonction de ses capacités et non en fonction de capacités que l'on voudrait lui prêter...

Et vous verrez, dans 3 ans ou 6 ans, lors de la prochaine parution de l'étude PISA, ça ira déjà beaucoup mieux. Je sais, je rêve.

Folie passagère 2027.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.