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mercredi 30 juillet 2014

Moscovici à Bruxelles, la médiocrité récompensée !


Président a déclaré "vouloir un poste de commissaire européen qui soit à la hauteur de la France". Il a donc désigné comme candidat officiel Pierre Moscovici son ancien ministre de l'économie et des finances. Un gars qui a tellement brillé qu'il fut éjecté lors de la formation du gouvernement Valls et qu'il fut blackboulé lors des dernières élections municipale dans le Doubs.

Je me souviens de deux phrases de ce Moscovici qui demain représentera la France à la Commission. C'était en 2013, en mai.

La première: 
"Le deuxième trimestre 2013 a été un trimestre de croissance positive. Je pense que sur la fin de l’année, nous pouvons avoir un rythme comparable, en tout cas nous y travaillons. Et que 2014 devrait être la première année de croissance véritable depuis trois ans." Vous rappelez vous quel fut le taux de croissance pour l'année 2013?  0,3% ! Croissance véritable pour 2014 ? Au mieux et si l'on intègre le fruit des activités illicites ou de prostitution comme nous le demande Bruxelles, la France fera moins de 1% de croissance ! 

La deuxième:
"Quand je regarde cette année [juin2012-mai 2013], je suis fier d'être ministre de l'économie et des finances.  Ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’action et, quand je regarde ce que j’ai fait pendant un an dans ce ministère, j’en suis fier". Fier ? Dans le même temps, les prix à la consommation augmentaient de 0,7%, les prix alimentaires de 1,7%, le pouvoir d'achat pour la première fois baissait de 0,9%, la production industrielle chutait de 2,2% après deux années de hausse, le chômage franchissait le cap des 10% de la population active, le déficit public était à 3,7%, etc... Et le gars nous disait qu'il était fier de lui. Content, heureux comme un gamin qui aurait réussi à empiler ses cubes de bois ! 

Et c'est un guignol pareil, un nul puissance 10 que Président veut à Bruxelles, à la Commission. C'est à ce Charlot même pas drôle que l'on demanderait de "surveiller de près la politique économique menée par chaque État membre, de vérifier si cette politique est efficace ou pas et de proposer des sanctions en cas de manquement aux règles de déficit"... 

Alors certes, il y a fort à parier que Angela ne cédera pas et que Moscovici n'aura pas à Bruxelles l'économie, il n'en demeure pas moins qu'il sera Commissaire à 20 000 euros par mois ! A la limite, j'aurai même préféré Guigou, elle aussi un temps pressentie. 

Sauf à vouloir récompenser la médiocrité, je ne vois pas, je ne comprends pas ! 

Nous avons hélas pris depuis deux ans l'habitude de voir notre pays être tourné en dérision et raillé à l'étranger, mais tout de même, nommer Moscovici à Bruxelles, c'est vraiment nous demander de liquider le peu d'amour propre qu'il nous restait.

Folie passagère 2400.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 22 janvier 2014

Les paradis fiscaux de Pierre Moscovici


Connaissez-vous Jersey et les Bermudes ? Moi, je connais Jersey, c'est joli; par contre, je n'ai jamais été aux Bermudes, on s'y perd facilement, dit-on.

Ces deux endroits ont la particularité d'être des paradis fiscaux, toutes les banques mondiales ou presque y ont une succursale ou une boîte aux lettres. Imaginez sur un caillou comme Jersey, pas moins de 48 banques, plus de 150 aux Bermudes. Des paradis où, se cachant derrières des pyramides de trustees, le commun des financiers internationaux peut mettre son pognon à l'abri du fisc de son pays d'origine. Ainsi va la vie à Jersey et aux Bermudes, deux places financières inscrites sur la liste de noire de Bercy depuis... août 2013. Avec l'arrivée des socialistes au pouvoir, pourfendeurs inlassables de la fraude et de l'évasion fiscales, nous pensions qu'elles y resteraient un bon moment.

Ben, non.

On ne sait pas trop pourquoi, mais par décret et à la surprise générale, Pierre Moscovici, notre ministre des finances a décidé, certainement pas tout seul, de retirer ces deux fiefs de la finance mondiale de la liste noire des paradis fiscaux ne coopérant pas avec l'Etat français, avec effet rétroactif au 1er janvier. C'est par un bref communiqué envoyé discrètement dimanche soir, à 21h38, aux salles de rédaction que la presse en a été informé. Etrange et suspect ...

Les réactions sont nombreuses, personne ne comprenant qu'en moins de 5 mois, Jersey et les Bermudes aient pu faire preuve d'un esprit de coopération durable avec l'Etat français; la durabilité de cette coopération étant une condition sine qua non pour être rayé de cette fameuse liste noire. Pierre Moscovici se défend en invoquant le fait que Jersey a répondu favorablement à 27 demandes d'informations et les Bermudes à 21 seulement, ce qui "aurait permis de faire progresser la lutte contre l'évasion fiscale". 27 et 21 demandes auront donc fait progresser l'Etat français dans sa lutte impitoyable contre cet adversaire invisible... On aurait tendance à se demander si Moscovici ne nous prendrait pas pour des cons.

Deux éminents socialistes, Elisabeth Guigou et Christian Eckert, respectivement présidente de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée et rapporteur général du budget à l'Assemblée, s'étonnent eux aussi de la légèreté de cette décision: "Au regard des derniers travaux du Forum mondial sur la transparence, organisés sous l'égide de l'OCDE, publiés à la suite de la réunion de Jakarta les 21 et 22 novembre derniers, un tel retrait n'est pas justifié. Ni Jersey, ni les Bermudes n'ont obtenu une notation d'ensemble justifiant ce retrait." 

Alors si personne ne comprend la bienveillance du gouvernement dans cette affaire, rien ne nous empêche de chercher le pourquoi du comment. Ce serait, selon Le Monde, les milieux d’affaires français, notamment les banques et les assureurs, particulièrement actifs dans ces deux juridictions ou en affaires avec celles-ci qui auraient demandé la levée de cette mise à l'index. Les lobbies financiers n’avaient pas manqué de faire savoir au gouvernement que l'inscription de Jersey et des Bermudes sur la liste noire de Bercy était préjudiciable à la bonne marche de leurs affaires... Voilà qui mériterait presque une commission d'enquête parlementaire.. 

Et c'est là, d'un seul coup, d'un seul, anniversaire oblige, que l'on repense à " Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance."

Il aura fallu moins de 5 mois à Jersey et aux Bermudes pour faire la preuve de leur bonne volonté mais rien au bout de 20 mois ne nous permet d'avoir l'assurance que hollande et sa clique aient fait le moindre effort pour combattre ce fameux adversaire...

Bien au contraire...

Folie passagère 2101.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.