Dans le projet de loi pour la croissance et l'activité, dite loi Macron, il y a ce fameux amendement adopté en catimini prévoyant de remplacer dans les Dom-Tom des jours fériés chrétiens par des jours fériés dédiés à d'autres religions. Ne cherchez pas le rapport entre les jours fériés confessionnels, la croissance et l'activité, il n'y en a pas. Il s'agit juste , selon le député de Guyane Gabriel Serville, d'adapter le calendrier aux pratiques culturelles et cultuelles des territoires ultramarins.
Pour les promoteurs de ce changement, il s'agit, je cite, " de concrétiser le Vivre-Ensemble, de célébrer les identités multiples mais de ne surtout pas opposer les cultures " Ben voyons ! Le tout étant de savoir si ce qui semble possible dans les DOM-TOM est possible en métropole et surtout dans le climat actuel... Voilà ce qu'en pense André Bercoff, j'aime assez, même si, enfin bref, lisez:
" Donc, à La Réunion comme en Guadeloupe, à Mayotte comme en Guyane, on remplace. Rassurons-nous: il ne s'agit pas du Grand Remplacement qui obsède l'écrivain Renaud Camus et ses partisans, mais l'introduction d'un multiculturalisme affiché dans le blason des jours fériés.
Comme le chantait à peu près Georges Moustaki: donne du rhum à tes DOM. En l'occurrence, le rhum ne se dégustera plus si le lundi de Pentecôte est remplacé par l'Aïd El Kebir, ou l'Assomption par une grande fête dédiée à Kali, ou encore la Toussaint qui cèderait la place à Divali et l'Ascension à Vaval. C'est le triomphe du fêter-ensemble amené subrepticement mais résolument dans le train de la loi Macron. Dans ces îles et ces territoires où le soleil ne se couche pratiquement jamais, où le mille-feuilles des ethnies et des religions est institutionnalisé depuis longtemps, pourquoi ne pas faire place à la célébration d'autres divinités que celles du Nouveau Testament?
La question a sa logique et sa légitimité. Reste que le problème est de savoir jusqu'où ira le déshabillage des rituels chrétiens au service de l'apparition de nouveaux costumes religieux ou païens, ethniques ou communautaires, et surtout sa limite géographique. Car il n'y a vraiment aucune raison pour que la «diversité» ne s'étende point à notre Hexagone national. Après tout, puisque l'on recherche ici avec assiduité, le vivre-ensemble et le multiculturalisme apaisé, les diverses composantes du pays sont en droit, même si elles sont minoritaires, de réclamer, deux ou trois jours par an, de pouvoir imposer les rites et les rythmes de leurs croyances à tout le pays. Tout cela serait bel et bon si en ce moment ne prospéraient pas ces tensions communautaires et ces dissensions culturelles, qui, tous les jours que le Bon Dieu fait, se rappellent désagréablement à notre attention.
Les fêtes chrétiennes célébrées en France depuis plus de 1500 ans doivent-elles finir au magasin des accessoires, comme de plus en plus d'églises s'effondrant lentement mais sûrement de vieillesse et d'abandon? C'est un point de vue. Mais il faudrait pour cela que les citoyens soient autrement consultés que sous la forme d'un amendement voté à la sauvette. Ce n'est pas parce que la classe politique meurt de trouille à l'évocation même d'un referendum que les Français, là-dessus comme ailleurs, ne doivent pas exiger de faire entendre leur voix." ( André Bercoff pour le Figaro )
Dès lors qu'en France nous avons accepté de céder une partie de notre espace culturel à des populations de religions différentes, je ne vois pas effectivement pourquoi on refuserait aux autres religions d'avoir leurs jours fériés. Parce qu'il est évident, il suffit de lire la presse pour s'en rendre compte, que dès lors que cet amendement sera appliqué dans les DOM-TOM ( sous réserve d'un éventuel retoquage du Conseil Constitutionnel ), les suivez-mon-regard ne manqueront pas d'exiger la même chose.
Reste à savoir: à quelles religions, on "donne" ces jours et combien, d'identifier les critères qui font que telle religion a droit à plus de jours fériés qu'une autre, quels jours fériés on supprime aux chrétiens, si les desouches et les défenseurs de la cause animale accepteront de ne pas travailler le jour de l'Aïd, etc, etc, etc... J'imagine d'ici le gros bordel que cela sera lorsque viendra, et il viendra, le temps d'en débattre.
Le plus simple serait de ne surtout rien changer mais ça, ce n'est pas progressiste !
Folie passagère 2667.
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