Nous sommes à quelques jours du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2022. La fille du borgne est arrivée première avec plus de 34% des suffrages, la Fédération Musulmane obtient 22% des suffrages. Le Parti Socialiste, emmené par Manolito, est éliminé avec 21%. Avec 14% des suffrages, l'UMP est aux fraises. Les tractations se poursuivent entre les muzz de Ben Abbès et les socialistes: Il faut à tout prix empêcher le Front National de gagner...
" Les négociations entre le PS et la Fraternité Musulmane sont beaucoup plus difficiles que prévu. Pourtant les musulmans sont prêts à donner la moitié des ministères à la gauche - y compris des ministères clés comme les Finances ou l'Intérieur. Ils n'ont aucune divergence sur l'économie, ni sur la politique fiscale; pas davantage sur la sécurité - ils ont de surcroît, contrairement à leurs partenaires socialistes, les moyens de faire régner l'ordre dans les cités. Il y a bien quelques désaccords en politique étrangère, ils souhaiteraient de la France une condamnation un peu plus ferme d’Israël, mais ça, la gauche leur accordera sans problème. La vraie difficulté, le point d'achoppement des négociations, c'est l'Education Nationale. L’intérêt pour l'éducation est une vieille tradition socialiste, et le milieu enseignant est le seul qui n'ait jamais abandonné le Parti Socialiste, qui ait continué à le soutenir jusqu'au bord du gouffre; seulement là ils ont affaire à un interlocuteur encore plus motivé qu'eux, et qui ne cédera sous aucun prétexte. La Fraternité Musulmane est un parti spécial: beaucoup des enjeux politiques habituels les laissent à peu près indifférents; et, surtout, ils ne placent pas l'économie au centre de tout. Pour eux, l'essentiel c'est la démographie, et l'éducation, la sous-population qui dispose du meilleur taux de reproduction, et qui arrive à transmettre ses valeurs, triomphe; à leurs yeux c'est aussi simple que ça, l'économie, la géopolitique même ne sont que de la poudre aux yeux: celui qui contrôle les enfants contrôle le futur, point final. Alors le seul point capital, le seul point sur lequel ils veulent absolument avoir satisfaction, c'est l'éducation des enfants.
Pour la Fraternité Musulmane, chaque enfant français doit avoir la possibilité de bénéficier, du début à la fin de sa scolarité, d'un enseignement islamique. Et celui-ci est très différent de l'enseignement laïc. D'abord, il ne peut en aucun cas être mixte; et seules certaines filières seront ouvertes aux femmes. ce qu'ils souhaiteraient au fond c'est que la plupart des femmes soient orientés vers des écoles d'éducation ménagère, et qu'elles se marient aussi vite que possible (...). ce serait leur modèle de société idéal. Par ailleurs tous les enseignants devraient être musulmans. Les règles concernant le régime des cantines, le temps dévolus au cinq prières quotidiennes devront être respectées; mais surtout, le programme scolaire devra être adapté aux enseignements du Coran.
- Vous pensez que les pourparlers peuvent aboutir ?
- Ils n'ont pas le choix. S'ils échouent à conclure un accord, le FN l'emportera. Non, la seule solution qui leur reste, c'est de procéder à un dédoublement systématique des enseignements scolaires. Pour la polygamie d'ailleurs, ils sont déjà parvenus à un accord. Le mariage républicain restera inchangé, une union entre deux personnes, hommes ou femmes. Le mariage musulman, éventuellement polygame, n'aura aucune conséquence en terme d'état civil, mais il sera reconnu comme valide, et ouvrira des droits, par les centres de sécurité sociale et les services fiscaux.
- Vous êtes sûr ? Ça me paraît énorme...
- Absolument, c'est déjà acté. "
Soumission de Michel Houellebecq, extraits, éditions Flammarion.
Conseil de lecture: Lire Soumission dans un train glauque de banlieue parisienne avec à sa gauche deux femmes bâchées de la tête aux pieds et à sa droite un homme de là-bas relève sans doute de l'inconscience; mais cela met incontestablement une touche de réel supplémentaire au récit et permet d'afficher une manifestation évidente, peut-être périlleuse, de rébellion.
Sur ce bonne soirée, même en Socialie.
Folie passagère 2638.