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jeudi 11 juillet 2013

L'adversaire de Hollande mène par 2 à 0. La baudruche se dégonfle...


Hollande est un drôle de numéro, tout dans l'esbroufe et la démagogie lorsqu'il est en campagne électorale et une fois élu, tel un ballon de baudruche, au fur et à mesure qu'il se heurte au mur de la réalité, il se dégonfle, se déballonne et se vide totalement de l'essence dont on fait les démagos: les vaines promesses. 

Souvenez-vous, le discours enflammé du Bourget en janvier 2012: " Mon seul adversaire, c'est la finance! " Rhoooo, que cela plut aux assoiffés de changement. Quelques jours plus tard, en voyage promotionnel à Londres, il rassurait les banquiers: non, s'il était élu, il ne leur ferait pas de mal. Mais peu importe, revenu en France, hélas, il confirmait le 23 mars 2012 lors d'un autre meeting: "Je n’ai qu’un adversaire dans cette campagne, c’est la finance, la finance folle, la finance qui a soumis l’économie, qui l’a dominée et qui aujourd’hui entrave les peuples." Les gogos gauchos se réjouissaient, les banquiers faisaient mine de s'en soucier. Il fit encore plus fort, Pépère, dans le texte de sa profession de foi d'entre-deux tours: " La France a été abaissée, je veux la relever, [je mettrai] la finance au pas " Rien que ça ! 

Cette mise au pas de la finance devait se concrétiser selon deux axes principaux: Une grande réforme bancaire avec la séparation des activités des banques (engagement n°7) et l'instauration d'une taxe sur les transactions financières, dite taxe Tobin. On allait voir ce qu'on allait voir; il a été élu et nous voyons... 

La réforme bancaire a été accomplie, a minima, les banquiers qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour la réduire à sa plus simple expression en rigolent encore. Moscovici annonçait alors qu'il ne s'agirait pas " d'une retouche cosmétique, d’ajustement à la marge et de petits pas, mais rien de moins que de refonder notre paysage financier pour les 20 prochaines années ". On a vu: au final, le gouvernement optera pour une filialisation qui ne concernera qu’à peine plus d’1% des activités des banques. Bien. 1 à 0 pour la finance. 

Le deuxième axe était l'instauration de la taxe Tobin qui devait permettre de, je cite Pépère, " lutter contre la spéculation et de lever des recettes significatives." L'ancien gouvernement, le méchant, celui de Sarkozy, prévoyait une taxe de 1% sur les mouvements d'actions et d'obligations et 0,01% sur certains produits dérivés et/ou favorisant la spéculation. Le candidat hollande jugeant cela comme manquant d'ambition annonçait que s'il était élu, ce serait 1% et 0,05%. Le tout, concrétisé à l'échelle européenne, devrait rapporter près de 36 milliards d'euros. 

Le 22 janvier, les discussions commencent et onze pays de la zone euro se joignent à la France ( hors UK ) et s'accordent pour discuter le bout de gras sur la base de 1% et de 0,01%. Sur ce deuxième taux, nous sommes déjà loin des 0,05%. Restait à savoir comment l'on répartirait cette mane... mais dès lors, " l'adversaire " se mobilise. Le gouverneur de la banque allemande se joint aux lobbies des finances en déclarant: " Cette taxe, dans sa forme actuelle, est très critiquable, elle aura effets secondaires non intentionnels mais importants. " 

Les oppositions sont nombreuses à cette taxe et le moins que l'on puise dire c'est que Pépère ne se mouille pas trop sur le dossier. C'est par la voie de son ministre des finances, Moscovici, que l'on découvre, subitement, que cette taxe " suscite des inquiétudes quant à l’avenir industriel de la place de Paris et quant au financement de l’économie française ". Quand bien même les discussions restent sur les 1% et les 0,01%, Moscovici déclare: " La proposition de la Commission ( pourtant portée par la France, et rapellons-le, Pépère voulait 0,05%, ndlr ) m’apparaît excessive et risque d’aboutir au résultat inverse si nous ne remettons pas les choses dans les rails. Notre intention n’est en aucun cas d’avoir une taxe qui agirait comme un repoussoir ". 

Et la France de se déballonner à nouveau: Pierre Moscovici a promis de mener, «en concertation» avec les acteurs du secteur financier, «un travail d’amélioration de la proposition de la commission pour mettre en œuvre une taxe qui ne nuise pas au financement de l’économie ". Ne pas nuire au fonctionnement de l'économie; traduisez, c'est la finance qui fait fonctionner l'économie, ne la gênons pas trop... 

Il n' y a pas à tortiller, les lobbies ont bossé, et le seul adversaire du candidat devenu président a encore de beaux jours devant lui... Sa mise au pas n'est pas pour demain. 2-0. 

Avez-vous eu l'occasion d'observer le sourire d'un enfant qui s'estompe lorsque son ballon peu à peu se dégonfle ? C'est un peu cela qui se passe finalement aujourd'hui, tous ceux qui ont cru aux folles et démagogiques promesses de Pépère n'ont plus le sourire, la baudruche se dégonfle chaque jour un peu plus...

Folie passagère 1799.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.