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dimanche 30 juin 2013

Sang neuf contre vieilles badernes...


Tiens, pour une fois, je vais soutenir une proposition de gauchistes, c'est dimanche.

Nos expensives députés travaillent actuellement un projet de loi sur le non cumul des mandats. L'un deux, le député PS de Saône-et-Loire, Philippe Baumel, a  fait adopter en commission amendement visant à limiter à 3 le nombre de mandats successifs. Autrement dit, un député ( ou un sénateur ) devrait rendre son écharpe au bout de 3 mandats et faire place nette pour une nouvelle tête. La solution idéale pour renouveler cette caste de privilégiés qui squattent indéfiniment les bancs des deux chambres. Le sang neuf, il n'y a que ça de vrai et cela nous éviterait d'assister au naufrage de quelques vieilles badernes comme, par exemple, Henri Emmanuelli qui lui, en est à son neuvième mandat ou à l'autosatisfaction de quelques autres comme Fillon qui se gargarisait il y a peu d'être parlementaire depuis... 1981.

Alors curieusement, on se demande bien pourquoi, cette proposition ne fait pas unanimité et l'opposition au projet, pour une fois, n'est pas partisane, elle est générationnelle. Les vieux parlementaires n'en veulent pas, les jeunes la soutiennent. L'argument des jeunes est simple: cette loi permettra le renouvellement de la classe politique et d'éradiquer les mauvaises habitudes ( constitution de patrimoines, ploutocratie, lobbying, cercles amicaux,...). Celui des vieux est plus étonnant mais pas totalement idiot. Ils pensent que c'est la longévité parlementaire qui permet l’émergence de véritables hommes d'état, mention faite par exemple de Mitterrand ( 8 fois député et 1 fois sénateur ), de Chirac ( 7 mandats de député et 1 mandat de député européen ) ou de Giscard ( 9 mandats de député et 1 mandat européen ); oui, pourquoi pas, à supposer que ces trois là furent de grands hommes d'Etat... Le contre exemple étant de Gaulle qui ne fut jamais parlementaire.

Nous pourrions regretter que notre système politique nous impose le fait que seul un parlementaire puisse devenir chef de l'Etat, mais c'est ainsi, hélas, peut-être.

Quant à moi, je répondrais que si 15 ans ne suffisent pas à un bonhomme pour émerger dans le paysage politique, c'est que le gars est nul, inodore et sans saveur. Il n'a donc pas sa place. Si quinze ans ne suffisent pas à un homme pour faire de grandes choses alors qu'il retourne à sa vie d'avant. Enfin, cette disposition permettrait aux parlementaires s'imaginant un grand destin national de se réaliser plus vite; bref, ils auraient, ces ambitieux, aucune autre alternative que de se sortir les doigts du cul (comme l'on dit si poétiquement au sein des armées) afin d'acquérir la stature nécessaire à la prise de hautes responsabilités.

Ceci dit, la fronde des anciens est si violente que les députés se sont donnés jusqu'à mardi prochain pour éventuellement trouver un consensus sur un amendement... déjà adopté. Autant dire que rien n'est fait. Les vieux s'accrochent à leurs fauteuils.

Et pendant que j'écris ces quelques lignes, ce blog dépasse le cap des 1 million de pages vues; nous y reviendrons.

Folie passagère 1779.
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lundi 12 novembre 2012

Le faux-cul du jour: Bruno Le Roux


Qu'est-ce qu'un faux-cul ? C'est, par exemple, le gars qui dénie le droit à certains d'utiliser les mêmes moyens que lui pour obtenir ce qu'il veut.

Le faux-cul du jour, c'est Bruno Le Roux, patron du groupe PS à l'Assemblée Nationale. Un vieux compagnon de route de l'hollande. Constatant la bronca des parlementaires sur le non-cumul des mandats, on les comprend la soupe est si bonne, il réclame un referendum sur le sujet:

" Si les élus ne sont pas capables d'aller dans le sens des engagements du président de la République et de ce qui est souhaité par les Français, alors je pense que les Français eux-mêmes pourraient demander à choisir. "

Faudrait savoir tout de même... Il y a peu, de nombreux parlementaires de l'opposition et même quelques uns dans la majorité, réclamaient des referendum, qui sur le mariage pour tous, qui sur le droit de vote des étrangers, d'autres encore sur la ratification du fameux traité européen ou la dépénalisation du cannabis. La Socialie, dont Le Roux, Valls, Montebourg ( encore que Don Quichotte n'était pas opposé à un referendum sur l'herbe qui fait rire ) et consorts, dirent " niet ". Le gouvernement et la majorité ont obtenu, par les urnes, le 6 mai, la légitimité nécessaire pour engager toutes les réformes prévues dans le programme du candidat devenu président. Exit les referendums, silence dans les rangs ! Surtout sur les sujets pour lesquels, la majorité pourrait se prendre une claque référendaire.

Et sur le cumul des mandats, subitement, sentant la fronde monter de tous bords, et convaincu que les Français lui donneront raison, Bruno Le Roux mute en faveur d'un referendum sur la question !

Donc en résumé, Bruno Le Roux et ses amis sont pour les referendums quand ils sont sûr de pouvoir l'emporter et contre quand ils ont des doutes.

Le problème, c'est qu'il y a une telle défiance de la population vis à vis de notre nouvelle " majorité " que je ne suis même pas sûr que, sur le sujet du non cumul, ils puissent l'emporter.

Folie passagère 1436.
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France, 2019.