Rien ne justifie que l'on fasse justice soi-même. Rien ne justifie d'abattre d'une balle de 22 long rifle un gamin de 15 ans. En France, nul n'a droit de vie ou de mort sur quiconque, qui plus est sur celle d'un sale gosse pris en flag.
Nous sommes d'accord.
D'un côté nous avons Antoine, un adolescent de 15 ans et demi, abattu lors de sa 3ème tentative d'effraction d'une arrière-boutique. Adolescent, 15 ans, sous-entendu, une vie à peine commencée, odieusement abrégée.
De l'autre, nous avons le " maçon taciturne et solitaire de 57 ans, au chômage " qui a fait feu. Comme si ce CV expéditif justifiait à lui seul l'acte insensé, des circonstances aggravantes, en somme.
Un triste fait divers, témoignage de la difficulté de vivre dans des quartiers qui craignent, qui alimente aussitôt les polémiques: exaspération des élus et de la population, sécurité, police de proximité, jeunes cons et vieux irascibles; peut-être même avinés, ces vieux là. Du tristement banal.
Mais du banal qu'il faut mettre en scène, qu'il faut théâtraliser. Et puis, un camp qu'il faut choisir. Celui du jeune Antoine sans nul doute, le maçon est impardonnable. Alors, on va organiser une marche blanche, c'est très tendance les marches blanches. Une marche silencieuse, avec des fleurs blanches, du silence et du recueillement. Exorciser le crime, marcher et condamner sans jugement, faire son deuil et rendre hommage à la victime qui, qu'on le veuille ou non était un sale gosse, une petite frappe de la banlieue marseillaise, un p'tit con qui a joué avec le feu et qui s'en est pris une.
Ces marches blanches me mettent parfois d'humeur noire.
Folie passagère 651.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr