Si ce gouvernement n'existait pas, il faudrait l'inventer tant chaque jour les socialistes étalent leurs hypocrisies passées.
On se souvient du scandale que suscita, tant à droite qu'à gauche, la révélation du fait que Mitterrand avait institutionnalisé les écoutes téléphoniques. On se souvient avec quelle ardeur la gauche dénonça l'affaire des fadettes quand le précédent gouvernement, cherchant à savoir qui refilait des tuyaux aux journalistes, éplucha les factures téléphoniques de certaines personnes. On se souvient comment toute la bien-pensance trouva scandaleux que l'équipe de Woerth utilise à des fins de contrôle fiscal un fichier de plus de 5000 noms volé à l'UBS.
Bref, toute intrusion pratiquée par les gouvernements dans la vie privée par des moyens pas très catholiques se devait d'être conspuée. Personnellement, je ne me suis jamais fait d'illusion: Un gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche, sait utiliser tous les moyens, légaux ou pas, qu'il peut avoir à sa disposition lorsque cela, pour diverses raisons, peut lui être utile: Contrôles fiscaux, décaniller un opposant, remettre dans le droit chemin un récalcitrant, etc...
Mais aujourd'hui, nos socialistes jouent la transparence. Sous prétexte qu'il faut faire la chasse aux fraudeurs fiscaux, ce qui nous sert de nouveau ministre du budget propose la rédaction d'une loi visant à légaliser les écoutes téléphoniques et l'infiltration. Rien que ça ! Dès lors, toute personne soupçonnée, à raison ou à dessein, de fraude fiscale pourra être mis sur écoute. Bien sûr, on nous assurera que l'arbitraire n'aura pas sa place dans cette démarche. Dont acte, mais qui pour croire cela ? Personne ! Même Eva Joly se permet d'en douter: " Le problème c'est que les enquêtes fiscales sont maîtrisées politiquement ".
Autre innovation, utiliser à des fins d'enquêtes fiscales ou autres des fichiers informatiques obtenus illégalement ( vol, détournement, corruption,...) était jusqu'ici... illégal. Et bien maintenant, c'est fini, en la matière, nos socialistes décident de rendre légal ce qui était illégal. En langage socialiste, on dit: " L'administration pourra également utiliser des éléments transmis de façon licite mais dont la source ne l'est pas ".
Alors certes, il serait stupide, n'est-ce pas, de parler d'une amorce de dictature et toussa, toute choses que l'on a jamais entendu, n'est-ce pas (bis), par le passé, mais je trouve tout de même que nos socialistes de gouvernement ne se débrouillent pas si mal: C'est le retour des grandes oreilles ! Mais celles-ci sont aujourd'hui socialistes.