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lundi 17 octobre 2016

Quand François Hollande dynamite ce qu'il reste de la gauche morale !

Si les propos du président sur les footballeurs ou les magistrats ont choqué, ceux sur l'islam et l'immigration ont provoqué moins de remous. Gilles-William Goldnadel, avocat, dans une tribune publiée par le Figaro Vox, s'étonne de ce silence qui traduit la gène d'un «camp du Bien» en mauvaise posture.


" Et si, sans le vouloir, François Hollande avait rendu enfin un signalé service à la France?

On aura beaucoup disserté sur ses confidences vespérales à deux journalistes d'un quotidien du soir, mais il n'est pas sûr que l'on en ait tiré la leçon principale. On a vitupéré une incontinence médiatique indigne d'un souverain républicain. Et on a eu raison.

On s'est questionné légitimement sur l'économie de son temps par un homme affairé et dont on imagine qu'il devrait être ménager d'occupations futiles et subalternes. On a critiqué à juste raison l'insulte faite à une magistrature française taxée de lâche par le premier garant de son indépendance.

On peut, et l'on devrait plus souvent, reprocher à certains juges, syndiqués ou non, leur tropisme idéologique, à d'autres leur obsession pour l'avancement, à quelques-uns encore leur indolence professionnelle. On ne voit pas pour quelle raison magique, ce corps serait préservé d'une maladie nationale qui n'a rien d'orpheline. Et il est vrai encore que ce métier et ses représentants n'ont pas un goût immodéré pour la critique. De là à prétendre, comme le premier des Français, que l'ensemble de celui-ci serait atteint, c'est pratiquer une généralisation erronée et blessante.

On a, également à bon droit, condamné les propos officieux de notre premier officiel sur la débilité intellectuelle de nos footballeurs nationaux. On peut ici encore-c'est même recommandé-considérer certains professionnels du ballon rond comme de parfaits anti- modèles pour la jeunesse française. On peut regretter, comme François Hollande, «une communautarisation, une segmentation, une ethnicisation (sic)» de ce sport, mais Benzema, Cantona, Ribéry, Anelka et quelques autres n'incarnent pas à eux seuls le football tricolore.

En revanche, je n'ai point entendu un concert de protestations touchant à l'expression par le chef de l'État de sa pensée profonde sur l'islam et l'immigration. Alors qu'il s'agit des deux questions qui fâchent le plus, les Français, en ce compris les plus vétilleux, n'ont pas été fâchés des propos officieux et pourtant détonants de leur président.

Je ne me lasserai pas de les reproduire après Vincent Trémolet de Villers (le Figaro du 13 octobre): «il y a des choses qui les taraudent (les Français), ils arrivent dans un train, ils voient des barbus, des gens qui lisent le Coran, des femmes voilées… Il y a des choses qui marchent très bien et l'accumulation de bombes potentielles liées à une immigration qui continue. Parce que ça continue».

Sur ces déclarations de Nadine Morano, qui lui valurent l'opprobre et la moquerie médiatique et politique en ce compris dans son propre camp: «Je suis convaincu que, quand on interroge les Français, ils sont majoritairement sur sa position. Ils pensent: ‘on est plutôt des blancs, il y a plus de blancs que d'autres'»…

Sur l'immigration invasive: «je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration qui ne devraient pas être là.… C'est Sisyphe! On les fait parler Français, et puis arrive un autre groupe, il faut tout recommencer. Ça ne s'arrête jamais… donc, il faut à un moment que ça s'arrête».

Sur l'islam, et sans craindre l'amalgame devant pourtant deux représentants d'un journal ombrageux: «il y a un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute». Le voile?: «Un asservissement»…

Sur la poussée migratoire: «On ne peut pas continuer à avoir des migrants qui arrivent sans contrôle, dans le contexte en plus des attentats».

Enfin, sur le risque d'affrontements ethniques: «comment peut-on éviter la partition? Car c'est quand même ça qui est en train de se produire: la partition».

Le plus important habite ici: l'ensemble des propos qui précèdent- s'ils avaient été prononcés par le même ou par quelqu'un d'autre à la télévision auraient fait l'objet d'une déflagration atomique-n'ont pas fait l'objet d'une contestation factuelle, morale ou politique générale.

Celui qui les a prononcés n'est pourtant pas n'importe qui: il est le représentant officiel de la gauche morale, intronisé par le Parti Socialiste, oint par le suffrage universel.

Celui qui les a prononcés ne les a pas contestés. Il ne s'en est pas excusé parce que nul ne lui a demandé de le faire. S'agissant des magistrats ou des footballeurs, le président était coupable d'une généralisation abusive qui lui fut reprochée. Touchant à la question migratoire ou islamique, nul aujourd'hui ne s'est hasardé à lui faire ce mauvais procès qui était de rigueur, il y a encore peu, pour cause de racisme.

François Hollande pouvait dire impunément et sans avoir à le regretter ce qu'officiellement le clergé médiatique, politique et même épiscopal réprouve encore hautement contre l'avis des gens.

L'étrange tragi-comédie des bavardages présidentiels qui aura sans doute épuisé définitivement le crédit d'un responsable déjà largement à découvert, aura eu au moins le mérite d'illustrer la folie de l'époque: il est désormais licite de penser convenablement à condition de ne pas le chanter, ce qui serait inconvenant.

Qu'un maître en hypocrisie ait pu contribuer, à son corps défendant, au dynamitage de la plus formidable et dommageable hypocrisie du temps n'est pas le moindre signe du surréalisme de l'époque.

Les tartufes et les diafoirus interprètent leur dernier acte. Ils ont déjà modifié les dialogues. Mais le public ne connaît pas encore l'épilogue du drame, il sait seulement qu'il a déjà trop payé. "

Folie passagère 3320.
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jeudi 1 septembre 2016

François Hollande, l'agonie politique d'un président



Par André Bercoff pour le Figaro Vox:

" Quelles métaphores extraire du lit de douleur soft dans lequel s'agite, magnifique Culbuto de comédie, François Hollande? Quelles figures évoquer, dans ce quinquennat qui n'en finit pas d'agonir entre trahisons et abandons, crises et chuchotements, manœuvres et faux-semblants? Gauche et droite, devenues vieux oripeaux jetés aux mites et essayant quand même de faire bonne figure, se ramassent à la pelle désespérément, feuilles mortes d'un système qui ne sait plus à quel nom se vouer. Mendès-France est mort, Mitterrand est mort, et Hollande se sent de moins en moins bien. Ne cédons pas à la facilité: ce ne sont pas les rats qui quittent le navire, mais bien celui-ci qui fait eau de toute part, n'ayant même plus besoin d'un iceberg défraîchi pour sombrer.

L'heure du bilan n'a certes pas encore sonné. Mais la solitude du coureur de fond apparaît de plus en plus cruelle au fur et à mesure que ses ministres d'hier et d'aujourd'hui prennent le large ; que ses électeurs d'il y a quatre ans se sont dispersés sans laisser d'adresse ; que la courbe du chômage danse un triste pas de deux avec les radiations de Pôle Emploi ; que la croissance est sous poumon d'oxygène et que la dette s'est pacsée avec le PNB pour le pire plutôt que pour le meilleur. Ne nous appesantissons pas sur les attentats à répétition, le communautarisme galopant, la farce tragique du burkini, et autres calembredaines qui prêteraient à sourire si elles n'étaient chargées de sang, de sueur et de larmes

L'on pourrait avancer que Macron, n'ayant pas fait grand-chose, mais étant devenu, à l'insu de son plein gré, la coqueluche des médias, devrait méditer sur la fable de la grenouille et du bœuf. L'on pourrait arguer de la relative faiblesse de Montebourg, de la fidélité grognarde de Valls, de la stoïque présence des vieux briscards: l'inénarrable Cambadélis, Frégoli de l'humour involontaire, l'obstiné Sapin qui fait où on lui dit de faire, le merveilleux Le Foll qui cherche le numéro de téléphone de Lactalis: la garde hollandaise meurt mais ne se rend pas. Dans ce paysage dévasté, le souriant chef de l'Etat croit-il encore en sa bonne étoile, cultive-t-il toujours sa baraka, et se persuade-t-il qu'il franchira tous les obstacles pour arborer l'échéance de 2017 avec encore une chance de l'emporter?

Ne faisons pas injure à l'intelligence de Hollande. Il se sait vaincu et s'attachera à partir en beauté, par un message au peuple où il expliquera qu'il a toujours mis la France au-dessus de toute ambition personnelle et subalterne. Mais, soucieux de ne laisser passer aucun coup bas, aucun reniement, aucun abandon, il essaiera de cramer tous ceux qui, dans son camp, rêvent de lui succéder. Il sait que dans la minute où il renonce, ce sera (c'est déjà) le trop plein. Valls, Macron, Montebourg, et pourquoi pas Taubira: bal tragique de ses ministres qui se déchireront à belles dents dans un combat qui ne cessera que faute de combattants. Et Hollande pourra psalmodier comme Néron: «Quel artiste le monde va perdre!» et répéter à l'envi ces vers immortels: «Voir le dernier socialo à son dernier soupir, seul en être la cause et mourir de plaisir».

Ainsi va l'Histoire quand les hommes la transforment en anecdotes."

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mercredi 25 mai 2016

Hollande, un demeuré lymphatique au Panthéon des nuls

Par Eloïse Lenesley, journaliste:


" Une indescriptible pagaille s'est abattue sur l'Hexagone depuis l'émergence de la mouvance Nuit debout et le passage au forceps de la loi El Khomri. Huit raffineries se retrouvent bloquées, un tiers des stations-essence accusent une pénurie ; les cheminots débrayent les mercredis et jeudis, la CGT envisage un appel à la grève reconductible à la SNCF chaque jour dès le 31 mai, tandis que la RATP pourrait connaître le même sort à compter du 2 juin. Sur les ports et les docks, un arrêt du travail est prévu les 26 et 27 mai. Pour le secteur aérien, ce sera du 3 au 5 juin. Des barrages filtrants sévissent dans plusieurs régions, ainsi que de nouveaux blocages sur le pont de Normandie. Cerise sur le gâteau, les centrales nucléaires pourraient se joindre à la fête, occasionnant des perturbations de la production électrique, voire l'immobilisation de deux réacteurs à Nogent sur Seine. Mais tout cela n'est que menu fretin comparé à l'événement essentiel de ces derniers jours, dont l'impact dépasse allègrement nos modestes frontières: François Hollande est «entré dans l'Histoire». Oui madame. L'Histoire, la vraie, celle avec un grand H, le même qu'il a dû fumer pour qu'une telle idée lui effleure les deux neurones d'intelligence que lui a prêtés Nicolas Sarkozy pour cinq ans. Reconductibles, comme les grèves.

François Hollande est donc «entré dans l'Histoire» en scooter avec sa petite boîte à outils, sous la pluie, la cravate espiègle, le costume froissé, l'exemplarité rapiécée de tous les côtés, la courbe du chômage en bandoulière. Et il est content, l'animal, parce que «ça va mieux». Tellement mieux que l'attractivité de la France patauge en queue de peloton alors que celle des 42 pays d'Europe s'envole, avec un record de 5089 implantations internationales, d'après l'enquête mondiale EY. En cause, la fiscalité et la rigidité du Code du travail. Nul doute que le joyeux foutoir cégétiste pastoral ne va pas arranger nos petites affaires. L'indice PMI manufacturier, lui, se contracte en mai à 48,3 points. La dette publique caracole à 96,2% du PIB. Le chômage, qui dénombre 6,5 millions d'inscrits, ne désenfle qu'au compte-goutte grâce aux manipulations statistiques, aux radiations intempestives, aux contrats subventionnés, aux emplois précaires et à l'essor de l'intérim (+10% sur un an). Les entreprises retrouvent certes un peu d'oxygène, du fait de la baisse de leur facture énergétique. Cette même facture qui a dopé la consommation des ménages, et par ricochet la croissance, au premier trimestre - les températures hivernales les incitant à se chauffer davantage. Huit millions de Français se noient sous le seuil de pauvreté. Selon une étude en date du 24 mai, 43% des citoyens renoncent à se soigner, faute d'argent, ou découragés par des délais d'attente toujours plus longs.

François Hollande est «entré dans l'Histoire» avec pertes et fracas. Mécano de la grève générale, fossoyeur de la cohésion sociale. Instigateur d'un mariage gay qui, quoi qu'on en pense, a clivé la population et monopolisé le débat parlementaire durant des mois, au détriment de sujets plus urgents. Initiateur d'un laxisme débraillé, laissant les racailles saccager le Trocadéro et les Champs-¬Élysées en 2013 après un match du PSG (on se gausse à l'avance des réjouissances «en marge» qui émailleront l'Euro), fermant les yeux devant les scènes de guérillas urbaines du 14-Juillet ou du Nouvel an, observant mollement l'enracinement sur le pavé des activistes ultraviolents d'extrême gauche adeptes du «poulet rôti». Rouleau compresseur de notre mémoire et de nos racines, méprisant les «Français de souche» lors d'un dîner du Crif ; piétinant les cadavres de Verdun d'un racolage multiculturaliste musical ; demeurant lymphatique face à la déferlante migratoire ; s'agenouillant devant les desiderata européens et américains ; anéantissant l'enseignement scolaire: l'Histoire, notre Histoire. François Hollande est bel et bien entré dedans, par effraction, expurgeant ses manuels d'un passé pas assez bobo-compatible, falsifiant le récit national. Enfumeur de l'opinion, s'emparant à bras raccourcis d'une émotion post-attentats susceptible de réanimer son baromètre de popularité en hypothermie, tentant de faire oublier qu'il a favorisé le communautarisme, qu'il n'a pas su prendre les mesures qui s'imposaient après la tragédie de Charlie, qu'il a fait mine d'ignorer pendant la première partie de son mandat la prolifération du djihadisme dans les banlieues, qu'il a orchestré un laborieux cafouillage démocratique avec le stérile projet de déchéance de nationalité et qu'il a instauré le seul état d'urgence au monde où des agitateurs anarchistes peuvent tout démolir sur leur passage et où des syndicalistes peuvent paralyser le pays.

François Hollande est «entré dans l'Histoire» et il le fait savoir. Entré dans l'Histoire comme le pire président de la Ve, celui qui aura semé le désordre, la discorde, les anaphores, la paupérisation, la déculturation, la honte d'être Français. Entré dans l'Histoire par une porte de service qu'il ne nous a pas rendu. Une porte qui claque à la figure de tous les laissés-pour-compte. La France, elle, attend son issue de secours. Hollande, l'anti de Gaulle. "

Paru dans le Figaro Vox sous le titre: Je suis dans l'Histoire : Hollande bientôt au Panthéon des nuls ? 

Eloïse Lenesley.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.