Alors je vais tout vous dire; je ne fais pas que parler politique, il m'arrive aussi de faire du foie gras.
Plus exactement, le foie gras, je l'apprivoise, je le prépare, je le dénerve, je le cuisine, je l’assaisonne. Le foie gras, c'est mon truc en cuisine: en terrine, au torchon, en escalope. Je l’accommode de 36 façons: avec du porto, du whisky, du raisin, des figues, du miel, poivré, salé. J'aime voir les yeux de mes convives ravis lorsqu'Il arrive à table: en tranches délicatement coupées, avec des toasts, ou bien chaud juste à point, à même la poêle. Je prends mon pied à élaborer de délicieux tournedos Rossini, plus encore, qu'on les déguste. J'aime en glisser dans une salade. J'aime la sauce " foie gras " pour accompagner des tagliatelles aux morilles, un régal. J'aime le manger tartiné, avec précaution, sur du pain frais. J'aime aussi que l'on pioche à même le bocal, à la rustre, avec un bon verre de vin, rouge ou blanc, c'est selon.
Le foie gras, c'est Noël et Jour de l'an ou simplement repas de fêtes familiales, entre amis qu'on honore ou bien encore seul, petite gâterie solitaire avouable. Le foie gras, c'est faire plaisir. Le foie gras, c'est bon, c'est beau, c'est de tradition. Pour certains, c'est un art que l'on partage. Le foie gras, c'est du plaisir.
Et vous savez quoi, j'en ai rien à cirer que les oies ou canards en pâtissent. Rien à faire que ces petites bêtes à bon dieu soient gavées. Il y a des façons de faire, manuellement ou mécaniquement, qui ne se discutent pas quand on sait ce qui nous attend, au bout du bout, dans l'assiette. Rien à péter des directives européennes pondues par des pseudos technocrates asservis aux lobbies écolo. Rien à faire de ses assoc' à la mords-moi-le-noeud qui feraient bien de s'occuper d'autre chose que du salut de l'oie
Alors quand j'apprends que des dizaines de députés européens, dont l'écolo-bobo Yves Cochet, font tout ce qu'il faut en ce moment, discrètement, à Bruxelles, pour en interdire et la production et la vente, j'ai des envies de meurtres*, de les pendre hauts et courts ou par les coucougnettes. Les suspendre à un croc de boucher, leur tordre le cou, d'un seul coup, leur briser les cervicales, net et sans bavures.
Aujourd'hui, il n'y a plus que 5 pays européens où l'on peut " travailler " l'oie et le canard: la Hongrie, la France, l'Espagne, la Belgique et la Bulgarie. Partout ailleurs, c'est interdit. Et si on n'y prend pas garde, bientôt, c'est chez nous, au pays du Gers, de la Gascogne et des Landes que l'on viendra nous interdire ce plaisir fait de traditions et de savoir-faire. Ce n'est pas de cette Europe dont j'ai envie.
Mobilisez-vous, parlez-en, défendez le foie gras; préservez le plaisir que j'ai à le faire et à le partager !
Non mais !
Non mais !
( * des envies, je précise, seulement des envies; faut tout préciser de nos jours, on ne sait jamais avec les cons )
Folie passagère 1395.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr