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mercredi 26 octobre 2016

Le respect des traditions

jungle, calais


Donc tout plein d'incendies dans la " Jungle " cette nuit. A la radio, sur RMC, un migrant était interrogé. Dans un Français plus qu'hésitant, il racontait, encore sous le choc: " En pleine nuit, nous dormions et on a vu les tentes prendre feu, c'est fou, on sait pas qui a fait ça, c'est pas bien, c'est pas normal ". Un journaliste, à midi, sur BFM: " démantèlement de la jungle, la situation a été plus tendue cette nuit... ".

Les cons, comme moi, nous n'avions rien compris, il a fallu que la préfète explique à nous qu'on comprend pas tout: " Il s'agit d'une tradition de la population migrante [afghane] de détruire leur habitat quand ils s'en vont. " 

Ah, ben c'est sûr que vu comme ça, on comprend mieux; et puis le respect des traditions, c'est bien tout de même, c'est important.

C'est comme l'excision, les mariages forcées de gamines mineures, les meurtres d'honneur, les troncs au milieu de la route pour arrêter les camions, les combats au couteau, etc... des traditions partagées par ces migrants. Franchement, sont bien ces gens-là. Le respect des traditions, en plus, on peut pas punir: ce sont des traditions et si " l'accueil, c'est oui ! " , difficile de ne pas les prendre comme ils sont, n'est-ce pas, avec leurs traditions donc.

Et dire qu'en France, y en a pour nous faire chier avec nos crèches avec petits Jésus inside !

J't'en foutrais !

Folie passagère 3334.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

samedi 22 octobre 2016

Y a pas à tortiller du cul pour chier son humanité...

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C'est formidable ! Dès lundi - et tout a été parfaitement préparé et orchestré, nous dit-on - la jungle de Calais va être évacuée. 60 bus lundi, puis 40 mardi, puis 40 mercredi... Enfin ! Terminé cet îlot de misère, de déprave, de trafics en tous genre, de prostitution, de violence, de saleté ! Terminé qu'ils nous disent. Dans un premier temps, les hommes, dans un deuxième temps, les bulldozers pour tout nettoyer et décontaminer.

Quelle énergie et  millions d'euros autorités et associations auront mis pour enfin prendre le migrant par les cornes et mettre fin à ce scandale humanitaire que personne ne nous envie. Et promis, ça ne repoussera pas. Alors les migrants, on va les disséminer sur tout le territoire, un peu par ici, un peu par là, au gré de la bonne volonté des " gens " ou des ordres de réquisition qu'auront reçus les communes. Gageons que tout ne se fera pas dans la joie ou la bonne humeur mais la contestation devrait être matée: Cazeneuve nous a dégoté 1 500 policiers et gendarmes pour faire le boulot.

Avec les flics en colère, on ne nous parle que de cela depuis ce matin: l'évacuation de la jungle. Le sinistre Cazeneuve et les chefs de Médecins du monde, de Solidarité truc ou de Terre des hommes font le tour des plateaux télés: Nous agissons !  Il était temps, nous avons pris les mesures qui s'imposaient, nous avons recensés, nous avons expédiés aux States ou en Angleterre quelques mineurs isolés rejoindre un parent identifié, blablabla... Que d'énergie, quel volontarisme !

Alors au lieu d'en avoir 7 000 ou 8 000, tous grupiert à Calais ( sans compter les deux ou trois mille de Paris ), on va nous en éparpiller un petit peu partout, là où sans doute, nous dit-on, on pourra mieux les accompagner vers une liberté nouvelle. Ils seront hébergés, habillés et nourris et pécule leur sera donné. Des encadrants seront là pour les soutenir et les aider. Pour 50 migrants, j'ai cru comprendre que ce seront des équipes d'environ dix personnes qu'il faudra pour les aider. Faîtes le compte, ça fait beaucoup d'accompagnateurs. Saluons leur courage et leur abnégation. Ça aussi, c'est formidable, formidable que de se mettre au service des autres... Que j'aime voir cela: l'homme est bon, c'est certain. Que d'énergie !

Tenez, du côté de Rennes, il y a même une congrégation religieuse qui a rouvert et rénové, à ses frais,  un ancien collège dont elle est propriétaire et qui était fermé depuis deux ans. Ils ont restructuré le bâtiment et créé des petites chambres individuelles. Vous vous rendez compte ? La cinquantaine de migrants sortis du cloaque de Calais et accueillis au collège de l'Adoration auront chacun une belle petite chambre. C'est formidable. Et des initiatives comme celle-ci, y en tout plein partout qui se mettent en place, de gré... ou de force. C'est beau ! Que d'énergie !

C'est beau, c'est si bon, c'est si gratifiant d'aider un migrant, ça fait chaud au cœur de ceux, ils sont des centaines, qui se dévouent à la cause. Hu-ma-ni-té ! Y a pas à chier: Hu-ma-ni-té, so-li-da-ri-té !

Ce matin, au réveil, il faisait par chez moi à peine 5°, c'est dire qu'un peu plus tôt, il devait faire 3 ou 4°, dans quelques jours, peut-être une semaine ou deux, nous aurons les gelées matinales et il nous faudra gratter le pare-brise. Le froid. Le 1er novembre, ce sera la trêve hivernale des expulsions locatives. Les migrants seront donc au chaud quand les environ 120 000 SDF de France recensés devront, comme chaque année, se démerder pour trouver une place d'hébergement de nuit, parfois de jour et de nuit. Ils courront, pour ceux qui le peuvent encore, après une place au chaud, une soupe, un repas. Comme chaque année, le Samu social sera débordé, les Restos du Cœur se plaindront que leur " clientèle " augmente, comme chaque année; il paraît que les SDF vont rarement au restos... La liste des Morts de la Rue s'alourdira, comme chaque année. Quand un migrant crève, on nous " émeut ", quand un SDF crève de froid, une ligne dans le journal, une phrase chez Pujadas et pourtant, sur les 8 premiers mois de l'année, ils sont 308 à avoir crevé la gueule ouverte quand elle n'était pas figée par le froid ( 498 en 2015 ). Leur moyenne d'âge était de 48,6 ans.

On va nous démonter à grand renfort de millions d'euros et d'images médiatisées à outrance " le plus grand bidonville de France " quand on ne touchera pas aux milliers de mini-bidonvilles qui écorchent nos villes: un carton sur un trottoir, une cage d'escalier, un dessous de pont, une bouche de métro...

Croyez-vous qu'autant d'énergie et de millions viendront les aider ? Combien d'avocats se mettront aux services de nos déshérités ? Combien de collèges fermés seront ré-ouverts et apprêtés avec de jolis petites chambres individuelles pour nos SDF ? Combien de municipalités se mobiliseront ou seront mobilisées pour que cet autre scandale cesse ? Combien d'élus et de politiques nous feront la leçon: Pour nous, l'accueil des SDF, c'est Oui ! 

Y a pas à tortiller du cul pour chier son humanité, suffit de s'occuper de migrants, médiatiquement, ça paye !

Folie passagère 3328.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 18 octobre 2015

Naissance d'une ville...



Au début, il n'y avait rien. Plus rien. Le précédent pouvoir en place à Paris avait fait fermer Sangatte, puis le suivant avait fait raser le grand camp qui subsistait. Il n'y avait donc plus rien. 

Mais la vie reprit. Une première petite tente, une deuxième, une troisième, une un peu plus grande, une autre très grande... Des petits îlots tentus ont peu à peu poussé. Épars, éloignés les uns des autres car la tentation était grande pour chacun des nouveaux colons de la zone de s'aménager son chez soi. Malheureusement pour les premiers, les pressions démographique et immobilière eurent raison des petits espaces clos qu'ils s'étaient aménagés. Si au début, il ne furent qu'une centaine, chaque jour de nouveaux pionniers arrivaient, tous en quête d'un passage pour ailleurs ou d'une sédentarisation plus ou moins longue après des semaines voir des mois de fuite et d’errance à travers l'Europe.

Il faut dire que le gouvernement actuel ne fit rien pour décourager les primo-accédants à une tente Queshua, manifestant même, à l'égard des populations migrantes, des gestes de bienveillance qui forcément mirent tous ces gens dans la confiance. Les premiers envoyant aux pays, via leur smartphone, des photos de leur nouvelle vie. Il se disait, en Grèce, en Turquie, en Irak, en Syrie et ailleurs, que là-bas, en France, même le ministre de l'Intérieur venait vous serrer la pogne quand vous vous pointiez dans ce petit coin du Calaisis. De plus, quand vous arriviez, des gens bien sympathiques, membres de diverses associations, aidaient à votre installation, vous donnaient des vêtements, à manger, les trucs et astuces pour acquérir des papiers. Bref, non seulement, ils pouvaient venir mais en plus on les aidait à rester. On vous soignait même gratuitement. Pour certains d'entre eux, pas tous mais beaucoup, la générosité du gouvernement local, n'était plus à démontrer: des sous étaient donnés. Pas beaucoup de sous mais bien plus qu'ils n'avaient jamais rêvé d'en avoir chez eux; sans rien faire. Comprenez dès lors que le flux ne pouvait s'arrêter. Le seul truc étant de s'assurer que le passage vers l'ailleurs ne se fermerait pas, histoire de maintenir certains équilibres.


Ainsi, ils étaient cent, puis deux cents, puis trois cents, puis un millier... Le village avait vécu, la ville naissait. Ils étaient 3 500 en Juillet dernier. De nombreuses petites tentes disparurent, remplacées par des constructions plus solides ou par des bungalows que ce décidément trop gentil gouvernement fit installer. Certains n'hésitèrent pas à construire en dur, avec du bois, des poutres et des clous achetés on ne sait où mais suffisamment solides pour bâtir un cabanon voire un petit chalet, petites bâtisses que l'on pourrait éventuellement revendre quand le colon-bâtisseur aurait enfin décidé de partir. Des petites rues s'aménagèrent d'elles-mêmes, des places, des quartiers entiers virent le jour: le quartier des Irakiens, celui des Syriens, des Afghans ou des Soudanais... De nombreux quartiers. Des commerces apparurent, rien de bien flamboyant bien sûr, mais on y trouve désormais un peu de tout: des conserves, des vêtements, des télévisions, des médicaments. Comme en Turquie ou en Jordanie, il y a même des boutiques dans lesquelles on peut louer des vêtements pour une cérémonie. Par bonheur, ces commerces-là ne sont-ils pas soumis à une fermeture dominicale. Des petits restaurants, une bibliothèque, une mosquée, une église, des écoles et même un salon de coiffure et un théâtre apparurent. Des points d'eau furent aménagés, le service des ordures ménagères de la ville d'à-côté, réticent au départ, commença ses tournées de ramassage; pas d'autres choix, les associations et les habitants de la ville nouvelle l’exigèrent. Par endroits, on installa même l'éclairage public, par sécurité, pour mieux y voir, la nuit, comme dans une vraie ville.


Une vraie ville qui ne cessait de grandir car la mauvaise nouvelle vint un jour: les autorités du pays d'en face et le gouvernement local, convaincus qu'on ne pouvait continuer à avoir des gens qui se fassent tuer en empruntant le tunnel (dont le trafic était ainsi perturbé, entraînant de grosses pertes financières et de nombreux tracas pour les voyageurs réguliers) ou en prenant d'assaut les camions de passage, plus de 20 morts depuis le début de l'année, décidèrent de renforcer la sécurité du dit-tunnel en renforçant la présence policière et en érigeant de grosses barrières, un peu comme ils font en Hongrie maintenant. En conséquence de quoi les accès vers la sortie se fermaient peu à peu. Et comme dans le même temps, les entrées semblaient de plus en plus aisées et nombreuses - il se dit même que la compagnie ferroviaire nationale accorde la gratuité de transport aux " groupes constitués " - ce qui devait arriver arriva, la ville pris un essor soudain considérable.


Et tout ce qui va avec, comme autrefois à l'Ouest: bagarres, pègre et gangs, querelles de voisinage, quartiers sensibles. Le village que certains baptisèrent, stupidement, " new jungle " ou " Lande " devint une vraie ville comprenant pas moins de 6 000 habitants aujourd'hui: hommes, femmes et enfants. Une si vraie ville qu'elle devint, selon la préfète du coin, en ces trois dernières semaines seulement,  la troisième de la région, derrière Calais  ( 72 000 hab.) et Marck (10 300 hab.).

Alors vous verrez que bientôt, pour que cette ville - notre humanité ne saurait être pris en défaut - soit une vraie ville, on bitumera, on viabilisera, on toutalégouttera, on bâtira, un conseil municipal adapté verra le jour, les habitants pourront voter, un journal local sera imprimé en plusieurs langues, les actuels comptoirs mafieux deviendront des banques, et qui sait, peut-être que la fibre optique sera posée. Il y aura des naissances, des mariages et certainement un cimetière. Une jungle peut être rasée, un village aussi, cela s'est vu autrefois, pas une ville, plus aujourd'hui. Pas chez nous.

Ne reste plus qu' à lui trouver un nom. Les habitants choisiront, qui sait, peut-être là aussi, par référendum.

Folie passagère 2940.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.