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mardi 21 juin 2016

Manifestations: Après les sommations, parole restera aux troupes !


Jeudi doit avoir lieu à Paris une énième manifestation contre la loi Travail, manifestation organisée par 7 syndicats, CGT en tête, manifestation dont on ne sait toujours pas à cette heure si elle sera autorisée, itinérante, statique ou interdite. Doit-on s'inquiéter de son éventuelle tenue... comme autrefois à la veille des grandes manifestations du 1er mai 1906... comme le relatait le quotidien L'Echo de Paris ?



" Sera-ce une journée rouge ? Les chefs de la Confédération joueront-ils leur va-tout ? N’est-il pas préférable de prévenir l’émeute plutôt que d’avoir à la réprimer ? Quelle que soit l’intensité du mouvement révolutionnaire, l’ordre sera maintenu à Paris. Mais cet ordre aurait-il jamais dû être à ce point menacé ? La question, à la veille des élections, devra être posée à ceux qui, depuis dix ans, ont laissé faire – quand ils ne les ont pas encouragés – les partis révolutionnaires. On a permis à des syndicats de se constituer comme un Etat dans l’Etat, d’organiser la révolte. 

Nous nous trouvons en présence d’une agitation de groupements ou de syndicats ouvriers, appuyés et encouragés par la Confédération du Travail, qui ne se sont nullement organisés en vue de ce qu’ils méditent. Et que méditent-ils ? Primitivement, c’était l’obtention de la journée de huit heures par un chômage de toutes les corporations ouvrières. Depuis deux ans, une pancarte de toile, dont M. Lépine [Préfet de police de Paris], entre parenthèses, malgré tous ses efforts, n’a pu obtenir l’enlèvement de la façade de la Bourse du Travail où elle est exposée aux yeux de tous, annonce qu’à partir du 1er mai 1906 les ouvriers ne travailleront que huit heures par jour. M. Lépine connaît les points stratégiques de Paris qu’il faut occuper pour rendre impossible tout mouvement insurrectionnel : sur une centaine de points, d’accord avec l’autorité militaire qui va disposer, en dehors de la garnison ordinaire, de 20 000 soldats, dont 5000 cavaliers pris dans les corps d’armée environnant Paris, nous répartirons une force de police et de sécurité de 36 000 hommes, tout compris. […] Vous supposez bien que si nous laissons dans la rue 500 manifestants déambulant au chant de L’Internationale, ce groupe sera bientôt grossi et fera la boule de neige, au point de former 1000, 2000, 10,000, 50,000… Ça, non. Ce pourrait être l’émeute, et nous devrions nous résigner à faire donner l’artillerie. Eh bien ! On n’en arrivera pas là. Les manifestants, les chômeurs ne circuleront, à aucun prix, en dehors du rayon que nous leur assignons.

On annonçait dans la soirée que des arrestations seraient opérées. Le gouvernement aurait décidé de faire appréhender plusieurs des meneurs de la Confédération. Pour faire la balance, on arrêterait en même temps quelques bonapartistes et royalistes. […] Pour ce qui est des mesures générales qui seront prises pour maintenir l’ordre le 1er mai, la préfecture fait seulement savoir qu’aucun attroupement ne sera toléré et que toute manifestation bruyante sera immédiatement et vigoureusement réprimée. Une centaine de points, dans la capitale, seront occupés militairement et constamment reliés entre eux par des patrouilles.

Le préfet de police, qui a jusqu’ici dirigé l’organisation du service d’ordre, est décidé à ne pas laisser les manifestants se répandre dans Paris. Il a réuni hier les commissaires de police de Paris et de la banlieue et leur a ordonné de ne tolérer aujourd’hui ni cortèges, ni rassemblements sur la voie publique. Si, malgré tout, des groupes se forment, les commissaires feront les sommations, puis la parole restera aux troupes "

L'Echo de Paris des 27, 29 avril et 1er mai 1906

Quelques jours plus tôt, le 19 mars 1906, on pouvait lire dans le journal L'Ouvrier Syndiqué:

" Les dirigeants rêvent de répression et de régime despotique ! Mais, ne nous y trompons pas, le motif invoqué cache des raisons plus profondes. Ce que visent les dirigeants, c’est frapper au cœur l’organisation syndicale, dont ils redoutent la puissance grandissante et l’action revendicatrice ; ce qu’ils veulent, c’est persécuter les militants syndicalistes, espérant ainsi enrayer le mouvement du Premier Mai 1906. Ces manœuvres scélérates n’aboutiront pas ! L’organisation syndicale et confédérale a des racines profondes et vivaces.Travailleurs, le comité confédéral, dans sa réunion du vendredi 23 février, a décidé d’en appeler à l’opinion publique contre l’arbitraire républicain qui s’appesantit sur les militants des organisations syndicales ".

Quelques heures avant la manifestation le secrétaire général et le trésorier de la CGT sont arrêtés à titre préventif.

" L’arrestation du secrétaire général de la Confédération du Travail a jeté la stupeur dans le monde ouvrier. Fassent les événements qu’elle ne soit pas le prélude de provocations pires, de mesures plus insanes et que le gouvernement s’arrête dans la voie sans issue où il nous paraît s’être étourdiment engagé ".

L'Humanité du 1er mai 1906

" Quelle n’est point notre surprise d’apprendre qu’à midi, il y a déjà plus de cent cinquante arrestations. Cette anomalie s’explique en partie par ce fait que les mouchards qui pullulaient aux alentours de la Bourse du Travail se sont divertis à se signaler parmi les passants les bonnes têtes que l’ont peut coffrer sans risques. Les arrestations étaient un véritable jeu. Et ceux qui avaient l’audace de rouspéter étaient menés rudement dans le poste de la caserne de la rue du Château-d’Eau et passés à tabac, avant d’être, après un bref interrogatoire, mis dehors ou jetés dans les paniers à salade . Il était nécessaire aussi de prouver aux gogos de Paris que M. Clemenceau et son collègue de la Guerre avaient eu raison de bonder la ville de troupes. C’est pourquoi, à diverses reprises, on a vu un bataillon du 19e infanterie et un autre du 2e s’en aller vers des émeutiers imaginaires" .

Si imaginaires que la police chargera et fera 850 arrestations...

" C’est miracle que ces actes d’inutile et sauvage brutalité, ajoutés à bien d’autres, n’aient pas surexcité la foule et déterminé des bagarres. Ainsi, le soir, les charges ont continué jusqu’à sept heures et demie faubourg du Temple, rue Fontaine-au-Roi, rue de la Folie-Méricourt et quai Valmy. La foule des manifestants se reformait bientôt après. À plusieurs reprises, les sommations ont été faites et la troupe s’élançait alors et chargeait à l’arme blanche. La police fait 860 arrestations. Il n’y a pas de mort parmi les manifestants, mais un très grand nombre de blessés, bien plus que les 60 annoncés par la police ".

L'Humanité du 2 mai 1906 avec en titre " La police maîtresse de Paris "


Je suis très impatient de voir ce qui se passera Jeudi.  Président, le sinistre Cazeneuve et l'hystérique de Matignon iront-ils jusqu'au bout de leur menace d'interdiction de la manifestation si les organisations syndicales refusent d'accepter le principe du rassemblement statique ? Nous savons à cette heure qu'ils l'ont refusé. Les syndicats braveront-ils une nouvelle fois l'autorité de l'Etat. Celui-ci acceptera-t-il d'être à nouveau bafoué ? Y a-t-il des négociations secrètes entre les syndicats et le gouvernement afin de calmer, d'ici jeudi, le jeu ? Les casseurs seront-ils à nouveau là alors que l'on nous a annoncé un renforcement de la présence policière. La police chargera-t-elle ou bien recevra-t-elle, encore, consigne de ne pas trop en faire ?

Ce 23 juin 2016 risque d'être chaud à Paris. Nous donnera-t-il un nouveau Malik Oussekine ? Parce que finalement, il me semble que seule cette odieuse extrémité pourrait, paradoxalement, mettre un terme au bordel ambiant... ou au contraire le décupler...

( NB: les extraits de ces articles de journaux ont été repérés sur Terrains de Luttes, un blog animé par des gens de la CGT, de Solidaires, de FSU, du NPA et du FDG, ils sont néanmoins consultables sur le site de la BNF: gallica.bnf.fr )

Folie passagère 3210.
Illustration2_LHuma2Mai1906
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 13 février 2014

Faire Le Point sur les sous-doués au pouvoir

"Les sous-doués au pouvoir. ils gâchent même les bonnes idées"

Les socialistes n'aiment pas la dernière couverture du magazine Le Point. Ce qui nous sert de ministre des z'âgés, Michèle Delaunay, s'en est offusqué en qualifiant cette Une de "journalisme de sous-doués". Un obscur secrétaire fédéral du PS, Sébastien Bédini, estime que Le Point "est irrespectueux avec le pouvoir socialiste".

Dieu qu'ils sont rigolos ces socialistes bas du front à la mémoire aussi courte que l'espace qui sépare François hollande de l’abîme, question popularité (16% d'opinions favorable dans le dernier baromètre Yougov).

Faut-il qu'ils aient bien peu de mémoire et l'indignation sélective pour s'offusquer de cette Une et oublier celles de Marianne, de Libération, de l'Express ou de l'Humanité consacrées à Sarkozy. Se souviennent-ils ces gauchistes de salon du directeur artistique de campagne de hollande qui était payé pour grimer Sarko en Hitler ? Deux ans n'ont pas passé qu'ils ont déjà oublié....

Moi, je la trouve très bien cette Une du Point et d'autant plus réaliste que les exemples ne manquent pas pour évaluer le peu de jugeote dont semblent dotés nos sous-doués au pouvoir. Tenez, pas plus tard que ce matin, Ayrault a encore fait une boulette. A chaque jour sa boulette, son couac, son reniement, ses reculades... Sous-doués, vous dis-je !

Folie passagère 2137.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 5 décembre 2013

Paye pas tes dettes, Coco, l'Etat t'en fait cadeau !

Depuis 2002, le journal l'Humanité doit à peu près 4 millions d'euros à l'Etat. Mais comme le journal n'a jamais pu rembourser cette dette, et bien l'Assemblée Nationale, aux ordres du gouvernement, a proposé le 3 décembre, par amendement, que cette dette soit purement et simplement annulée. C'est cool, non ?



ASSEMBLÉE NATIONALE
3 décembre 2013

PLFR 2013 - (N° 1547)
Commission
Gouvernement
AMENDEMENT N°410
présenté par
le Gouvernement
----------
ARTICLE ADDITIONNEL
APRÈS L'ARTICLE 33, insérer l'article suivant:

Les créances détenues sur la Société nouvelle du journal L’Humanité au titre du prêt accordé le 28 mars 2002, réaménagé en 2009 et imputé sur le compte de prêts du Trésor n° 903‑05, sont abandonnées à hauteur de 4 086 710,31 euros en capital. Les intérêts contractuels courus et échus sont également abandonnés.

EXPOSÉ SOMMAIRE

L’article 24 de la loi organique relative aux lois de finances précise que « toute échéance qui n’est pas honorée à la date prévue doit faire l’objet, selon la situation du débiteur :
- soit d’une décision de recouvrement immédiat, ou, à défaut de recouvrement, de poursuites effectives engagées dans un délai de six mois ;
- soit d’une décision de rééchelonnement faisant l’objet d’une publication au Journal officiel ;
- soit de la constatation d’une perte probable faisant l’objet d’une disposition particulière de loi de finances et imputée au résultat de l’exercice dans les conditions prévues à l’article 37. Les remboursements ultérieurement constatés sont portés en recettes au budget général. »
Or, la Société nouvelle du journal L’Humanité ne peut faire face au remboursement de sa dette contractée auprès de l’État (prêt du fonds de développement économique et social - FDES), sur le capital et les intérêts, parce que ses résultats financiers sont très faibles et qu’elle ne possède plus d’actifs.
Par conséquent, il est nécessaire d’abandonner cette créance détenue par l’État sur cette société.
Ce prêt a été initialement accordé à partir du compte de Trésor n°903‑05 « Prêts du fonds de développement économique et social ». Les opérations portées sur ce compte ont été reprises sur le compte de concours financiers « Prêts et avances à des particuliers ou à des organismes privés » dans le cadre de la loi de finances pour 2006.


Ah, au fait, chaque année, l'Etat, vos sous, verse au même journal près de 7 millions d'euros de subventions. Va comprendre. 

Alors toi qui me lis, suis mon conseil: Ne paye plus à l'Etat ce que tu lui dois, il viendra quand même à ton secours. 

Nan, j'déconne, ça ne marche pas pour le contribuable lambda. 

T'as raison, coco, les Français n'en peuvent plus !

Folie passagère 2031. 
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.