Le journal Le Monde a publié hier une supposée lettre de Christine Lagarde destinée, a priori, à Nicolas Sarkozy. La lettre aurait été saisie lors d'une perquisition effectuée au domicile de Lagarde le 20 mars dernier; perquisition effectuée dans le cadre de l'affaire de l'arbitrage Tapie.
Le contenu de cette lettre est effectivement curieux, suffisamment pour permettre au Monde de titrer: " La lettre d'allégeance de Christine Lagarde à Nicolas Sarkozy ". Il n'en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s'enflamment et ironisent. Lagarde est l'objet de toutes les railleries, y compris de certains journalistes sur différentes chaînes de télévision ou radios. Elkabach, sourire en coin, osera même demander à Eric Woerth s'il aurait osé écrire ce genre de courrier du cœur; pareil sur BFM avec Luc Chatel. L'occasion est trop belle: marrons-nous !
Arrêts sur Images nous dit que la parution de cette lettre fait partie d'un copieux et excellent dossier sur l'affaire Tapie, dossier signé Fabrice Lhomme et Gérard Davet, grouillots dont on connaît l'aversion pour tout ce qui touche de près ou de loin à Sarkozy. Oui, okay, elle fait partie d'un ensemble d'articles... Possible mais qu'apporte-t-elle si ce n'est de la dérision facile et du dénigrement par ricochets ? Rien qui puisse éventuellement charger Lagarde dans cet arbitrage.
Et personne pour se poser les bonnes questions ? Qu'est-ce qui a bien pu pousser les journaleux du Monde à publier un tel papier ? La réponse est évidente: se foutre - s'cusez, msieurs-dames, mais je ne vois pas d'autre mot - de la gueule de Lagarde et de Sarkozy. C'est malin, ça fonctionne, cela porte atteinte à la crédibilité, voire à l'intégrité, de Christine Lagarde, cela "en dirait long sur le comportement de Sarkozy", ça fait rire les idiots et les anti-sarkozistes pavloviens. Pas moi.
Pas moi parce que je trouve le procédé ignoble et aucunement digne de gens se présentant comme journalistes. Le Monde, quotidien de référence parait-il, publie un document dont personne ne sait s'il est signé de la main de Lagarde, un document non daté, un papier dont on ne sait si c'est une vraie lettre ou un brouillon, un document dont on ne sait... rien. Si, il y a une chose que l'on sait, ce sont les mêmes pisseurs de copies qui l'avouent: le document a été saisi lors d'une perquisition ! Et personne pour chercher à comprendre comment ce document est parvenu à la rédaction du journal de messieurs Bergé et Pigasse. Parce que si la lettre de Lagarde - en admettant qu'elle soit vraiment de Lagarde - peut être qualifiée de "curieuse" voire de rigolote, le fait qu'elle ait été publiée par Le Monde est lui scandaleux. Y aura-t-il un juge pour enquêter afin de savoir comment un document faisant partie d'une instruction judiciaire a pu se retrouver à la Une du Monde ? Qui a fourni les fouille-merdes ? Gratuitement ?
Rassurez-vous, nous ne le saurons jamais. Les journalistes protègent leurs sources; la justice actuelle protège-t-elle ceux qui peuvent nuire aussi bassement à Sarkozy ?
Une certitude, en publiant cette "lettre", Le Monde s'est mis au niveau de ce qu'il y a de plus fangeux et de plus cradingue en matière de presse à scandale bas de gamme, du même niveau que Gala ou The Sun, journaux que le même Monde se plait régulièrement à critiquer pour la vacuité de leurs contenus.
Quant à ceux qui se sont gaussés de cette "lettre", ils ne valent guère mieux: des bouffeurs de merde.
Folie passagère 1763
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr
