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mardi 13 août 2019

La France, tout doucement, sombre dans le chaos...



Article de Guy Millière paru sur le site du Gatestone Institute le 11 août. Traduction de l’article original « France slowly sinking into chaos »:

Paris, Champs-Élysées. 14 juillet. Fête nationale. Juste avant que commence défilé militaire, le président Emmanuel Macron descend l’avenue dans une voiture officielle pour saluer la foule. Des milliers de personnes rassemblées le long de l’avenue crient » Macron démission », huent et lancent des insultes.

À la fin du défilé, quelques dizaines de personnes lâchent des ballons jaunes dans le ciel et distribuent des tracts disant : « Les gilets jaunes ne sont pas morts. » La police les disperse rapidement et fermement. Quelques instants plus tard, des centaines d’anarchistes «Antifa» arrivent, jettent des barrières de sécurité sur la chaussée pour tenter d’ériger des barricades, allument des feux et détruisent les devantures de plusieurs magasins. La police a du mal à maîtriser la situation, mais en début de soirée, au bout de quelques heures, elle rétablit le calme.

Quelques heures plus tard, des milliers de jeunes Arabes de banlieue se rassemblent près de l’Arc de Triomphe. Ils viennent pour « célébrer » à leur manière la victoire de l’équipe de football d’Algérie. Davantage de devantures de magasins sont brisées, et davantage de magasins sont pillés. Les drapeaux algériens sont partout. Des slogans se font entendre : « Vive l’Algérie », « La France est à nous », « A mort la France ». Des panneaux portant des noms de rue sont remplacés par des panneaux portant le nom d’Abd El Kader, le chef religieux et militaire qui s’est battu contre l’armée française au moment de la colonisation de l’Algérie. La police se limite à endiguer la violence afin qu’elle ne se propage pas.

Vers minuit, trois responsables du mouvement « Gilets jaunes » apparaissent à la télévision: ils sortent d’un commissariat et disent à un journaliste qu’ils ont été arrêtés tôt ce matin-là et emprisonnés pour la journée. Leur avocat déclare qu’ils n’avaient rien fait de mal et qu’ils ont simplement été arrêtés « de manière préventive ». Il souligne qu’une loi votée en février 2019 permet à la police française d’arrêter toute personne soupçonnée de vouloir participer à une manifestation ; aucune autorisation d’un juge n’est nécessaire pour cela, et aucun recours n’est possible.

Vendredi 19 juillet, l’équipe de football d’Algérie gagne à nouveau. Des jeunes Arabes se rassemblent en nombre près de l’Arc de Triomphe pour « célébrer » la victoire à nouveau. Les dégâts sont encore plus importants que huit jours auparavant. Davantage de policiers sont présents ; ils ne font presque rien.

Le 12 juillet, deux jours avant le 14 juillet, plusieurs centaines de migrants clandestins entrent dans le Panthéon, le monument qui abrite les tombes de personnes qui ont joué un rôle majeur dans l’histoire de la France. Ils annoncent la naissance du mouvement des « Gilets noirs ». Ils exigent la « régularisation » de tous les immigrants clandestins présents sur le territoire français et la fourniture de logements pour chacun d’entre eux. La police est présente mais n’intervient pas. La plupart des manifestants s’en vont sans être inquiétés. Quelques personnes s’en prennent à la police et sont arrêtées.

La France, aujourd’hui, est un pays à la dérive. Les troubles et l’anarchie ne cessent de gagner du terrain. Le désordre fait désormais partie de la vie quotidienne. Les sondages montrent qu’une large majorité de la population rejette le président Macron, déteste son arrogance et ne lui pardonne pas son mépris pour les pauvres; la façon dont il a écrasé le mouvement des « Gilets jaunes » sans avoir prêté la moindre attention aux demandes les plus modestes des manifestants, telles que la possibilité que soient organisés des référendums citoyen comme ceux qui existent en Suisse. Macron ne peut plus aller nulle part dans un lieu public sans risquer d’être confronté à un mouvement de colère.

Les « Gilets jaunes » ont quasiment cessé de manifester et ont baissé les bras : un trop grand nombre d’entre eux ont été mutilés ou blessés. Leur mécontentement, néanmoins, est toujours là. Et susceptible d’exploser à nouveau.

La police française agit avec férocité face à des manifestants pacifiques, mais elle parvient difficilement à empêcher des groupes tels que les « Antifa » de provoquer des violences. En conséquence, à la fin de chaque manifestation, les « Antifa » agissent.

La police française semble particulièrement prudente face aux jeunes Arabes et aux migrants clandestins. Elle a reçu des ordres à cette fin. Les policiers français savent que les jeunes Arabes et les migrants clandestins peuvent aisément provoquer des émeutes de grande ampleur. Il y a trois mois, à Grenoble, la police a poursuivi des jeunes Arabes qui avaient commis un délit et qui fuyaient sur une moto volée. Ils ont eu un accident au cours de leur fuite. Cinq jours de pillages ont suivi.

Le président Macron a l’allure d’un dirigeant autoritaire face aux pauvres, mécontents. Il n’a jamais dit à ceux qui ont perdu un œil ou une main, ou qui ont subi une lésion cérébrale irréversible, qu’il regrette l’extrême brutalité dont a fait preuve la police. Il a par contre demandé au Parlement français d’adopter une loi qui abolit presque complètement le droit de manifester et la présomption d’innocence, et qui permet d’arrêter n’importe qui, n’importe où, même sans motif. La loi a été adoptée.

En juin, le Parlement français a adopté une autre loi qui punit sévèrement quiconque dit ou écrit quoi que ce soit qui puisse être considéré comme un « discours de haine ». La loi est si vague qu’un juriste américain, Jonathan Turley, s’est senti obligé de réagir. « La France », a-t-il écrit, « est devenue l’une des plus grandes menaces internationales contre la liberté d’expression ».

Macron est beaucoup moins autoritaire lorsqu’il a affaire à des anarchistes violents. Lorsqu’il s’agit de jeunes Arabes et d’ immigrants clandestins, il fait preuve de faiblesse.

Il sait ce que l’ancien Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dit en novembre 2018, lorsqu’il a démissionné du gouvernement :

« Des communautés en France s’affrontent de plus en plus et ça devient très violent… Nous vivons côte à côte, je crains que demain nous ne vivions face à face ».

Macron sait également ce que l’ancien Président François Hollande a déclaré après la fin de son mandat : « C’est ça qui est en train de se produire : la partition du pays ».

Macron sait que la partition de la France existe d’ores et déjà. Arabes et Africains, pour la plupart, vivent en France à l’écart du reste de la population dans des zones de non droit au sein desquelles la présence de non-Arabes et de non-Africains est de moins en moins acceptée. Ils ne se définissent pas comme français, sauf lorsqu’ils disent que la France leur appartiendra bientôt. Des enquêtes montrent que nombre d’entre eux sont remplis d’un profond rejet de la France et de la civilisation occidentale. Un nombre croissant d’entre eux placent leur religion au-dessus de leur citoyenneté. Beaucoup sont radicalisés et prêts à se battre.

Macron, lui, ne semble pas vouloir se battre. Il choisit l’apaisement. Il poursuit résolument ses projets d’institutionnalisation de l’islam en France. L’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF) a été créée il y a trois mois. Une de ses branches s’occupera de l’expansion culturelle de l’islam et prendra en charge la lutte contre le « racisme anti-musulman ». Une autre branche sera responsable des programmes de formation des imams et de la construction de mosquées. Cet automne, un « Conseil des imams de France » sera mis en place. Les principaux dirigeants de l’AMIF sont (ou étaient jusqu’à une période récente) membres des Frères musulmans, un mouvement qualifié d’organisation terroriste en Égypte, à Bahreïn, en Syrie, en Russie, en Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis – mais pas en France.

Macron connait les données démographiques. Elles montrent que la population musulmane en France augmentera considérablement dans les années à venir. (L’économiste Charles Gave a écrit récemment qu’en 2057, la France aura sans doute une majorité musulmane). Macron sait qu’il sera bientôt impossible à quiconque d’être élu président sans le vote des Musulmans. Il agit en conséquence.

Il voit sans doute que le mécontentement qui a donné naissance au mouvement « Gilets jaunes » est toujours là. Il semble penser que la répression suffira pour empêcher tout soulèvement ultérieur. Il ne fait donc rien pour remédier aux causes du mécontentement.

Le mouvement des « Gilets jaunes » est né d’une révolte contre des taxes supplémentaires sur les carburants et contre des mesures gouvernementales excessives contre les automobilistes : limitation de vitesse abaissées à 80 km/h sur la plupart des routes,  accroissement du nombre de radars de contrôle de vitesse; forte augmentation du tarif des contraventions, complexification et augmentation du prix des contrôles techniques des véhicules. Les taxes françaises sur les carburants ont récemment augmenté à nouveau, et sont aujourd’hui les plus élevées d’Europe (70% du prix payé à la pompe). Les autres mesures prises contre les automobilistes sont toujours en vigueur et sont particulièrement lourdes pour les gens les plus pauvres. D’autant plus que ceux-ci ont été chassés des banlieues par les immigrants et doivent en conséquence vivre plus loin de leur lieu de travail.

Macron n’a pris aucune décision qui soit à même de remédier à la situation économique désastreuse en France. Lors de son élection, les prélèvements obligatoires représentaient près de 50% du PIB. Les dépenses publiques représentaient 57% du PIB (le plus élevé des pays développés). La dette du pays était proche de 100% du PIB.

Les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques sont aujourd’hui au même niveau et n’ont pas baissé. La dette du pays atteint désormais 100% du PIB. L’économie française ne crée pas d’emplois. La pauvreté reste très élevée: 14% de la population gagne moins de 855 euros par mois.

Macron ne prête aucune attention à l’effondrement culturel croissant qui marque le pays. Le système éducatif se délite. Un pourcentage croissant d’élèves finissent leurs années de lycée sans savoir écrire une phrase grammaticalement correcte, ce qui rend largement incompréhensible ce qu’ils écrivent. Le christianisme est en voie de disparition. Une part croissante des Français non musulmans ne se définissent plus comme chrétiens. L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris était officiellement un « accident« , mais Notre Dame n’a été que l’un des nombreux édifices religieux chrétiens du pays récemment ravagés. Chaque semaine, des églises subissent des actes de vandalisme – dans l’indifférence générale du public. Au cours du premier semestre de 2019, 22 églises ont été incendiées.

La préoccupation principale de Macron et du gouvernement français ne semble pas être le risque d’émeutes, le mécontentement de la population, la disparition du christianisme, la situation économique désastreuse du pays, ou l’islamisation et ses conséquences. Elle est le « changement climatique ». Bien que la quantité d’émissions de dioxyde de carbone de la France soit infinitésimale (moins de 1% du total mondial), la priorité absolue de Macron est de lutter contre le « changement climatique induit par l’homme ».

La Suédoise, Greta Thunberg, âgée de 16 ans, et néanmoins gourou de la « lutte pour le climat » en Europe – a récemment été invitée à l’Assemblée nationale française par des députés qui soutiennent Macron. Elle a prononcé un discours dans lequel elle a affirmé que la « destruction irréversible » de la planète s’enclencherait très bientôt. Elle a ajouté que les dirigeants politiques « ne sont pas assez matures » et ont besoin des leçons des enfants. Les députés qui soutiennent Macron ont applaudi chaleureusement. Elle a reçu un prix de la liberté, qui vient d’être créé, et qui sera remis chaque année à des personnes « qui se battent pour les valeurs de ceux qui ont débarqué en Normandie en 1944 pour libérer l’Europe ». Il est raisonnable de supposer qu’aucun de ceux qui ont débarqué en Normandie en 1944 ne pensait se battre pour « sauver le climat ». Macron et les parlementaires qui le soutiennent ne semblent pas se préoccuper de ce genre de détails.

Macron et le gouvernement français semblent également ne pas s’inquiéter du fait que les Juifs – confrontés à la montée de l’antisémitisme et légitimement inquiets de décisions de justice imprégnées d’un esprit de soumission à un islam violent – continuent à fuir la France.

Kobili Traoré, l’homme qui a assassiné Sarah Halimi en 2017 en scandant des sourates du Coran et en criant que les Juifs sont Sheitan (en arabe: « Satan ») a été déclaré non coupable. Traoré ayant fumé du cannabis avant le meurtre, les juges ont décidé qu’il n’était pas responsable de ses actes. Traoré sera sans doute bientôt libéré de prison. Que se passera-t-il s’il fume à nouveau du cannabis ?

Quelques semaines après le meurtre de Sarah Halimi, trois membres d’une famille juive ont été agressés, torturés et retenus en otages chez eux par un groupe de cinq hommes qui ont affirmé que « les Juifs ont de l’argent » et que « les Juifs doivent payer ». Ces hommes ont été arrêtés. Ils sont musulmans. Le juge qui les a mis en examen a annoncé que leurs actions n’étaient « pas antisémites ».

Le 25 juillet 2019, l’équipe de football israélienne Maccabi Haifa devait participer à un match à Strasbourg, le gouvernement français a limité le nombre de supporters israéliens dans le stade à 600, pas un de plus. Un millier d’entre eux avaient acheté des billets d’avion pour venir en France assister au match. Le gouvernement français a également interdit la présence de drapeaux israéliens dans le stade, ou ailleurs dans la ville. Néanmoins, au nom de la « liberté d’expression », le ministère français de l’Intérieur a autorisé les manifestations anti-israéliennes devant le stade. Des drapeaux palestiniens et des banderoles portant la mention « Mort à Israël » étaient présents. La veille du match, dans un restaurant proche du stade, des Israéliens ont été violemment agressés. « Alors que les manifestations appelant à boycotter Israël sont autorisées au nom de la liberté d’expression, les autorités interdisent aux supporters du Maccabi Haïfa d’afficher notre drapeau national. Un deux poids deux mesures inacceptable », a déclaré Aliza Ben Nun, ambassadrice d’Israël en France.

Voici quelques jours, un avion rempli de Juifs français quittant la France est arrivé en Israël. D’autres Juifs français suivront. Le départ des Juifs vers Israël implique des sacrifices : certains agents immobiliers français profitent du souhait de nombreuses familles juives de partir, et achètent ou vendent des propriétés appartenant à des Juifs à un prix très inférieur à leur valeur marchande.

Macron restera président jusqu’en mai 2022. Plusieurs dirigeants de partis de centre-gauche (Parti Socialiste) et de centre-droit (Les Républicains) ont rejoint La République en marche, le parti qu’il a créé il y a deux ans. Le Parti Socialiste et Les Républicains se sont effondrés. Le principal adversaire de Macron en 2022 devrait être le même qu’en 2017: Marine Le Pen, présidente du mouvement populiste Rassemblement National.

Bien que Macron soit largement impopulaire et détesté, il utilisera probablement les mêmes slogans qu’en 2017: il dira qu’il est le dernier rempart face au « fascisme » et au risque du « chaos ». Il a de fortes chances d’être réélu. Quiconque lit le programme politique du Rassemblement National peut voir que Marine Le Pen n’est pas fasciste. Quiconque examine la situation en France peut se demander si la France n’a pas déjà commencé à sombrer dans le chaos.

La triste situation qui règne en France n’est pas si différente de celle de nombreux autres pays européens. Il y a quelques semaines, un cardinal africain, Robert Sarah, a publié un livre intitulé Le soir approche et déjà le jour baisse. " À la racine de l’effondrement de l’Occident ", écrit-il, " il y a une crise culturelle et identitaire. L’Occident ne sait plus qui il est, parce qu’il ne sait plus et ne veut pas savoir qui l’a façonné, qui l’a constitué, tel qu’il a été et tel qu’il est. (…) Cette auto-asphyxie conduit naturellement à une décadence qui ouvre la voie à de nouvelles civilisations barbares. "


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 17 juin 2019

Une dictature d'un type nouveau



Extrait d'une interview de Michel Onfray ( à lire en intégralité ICI):

" Pourquoi vous êtes-vous appuyé sur l'œuvre d'Orwell pour théoriser la dictature ?

Je pose l'hypothèse qu'Orwell est un penseur politique à l'égal de Machiavel ou de La Boétie et que 1984 permet de penser les modalités d'une dictature postnazie ou poststalinienne, et ce dans des formes dont j'examine l'existence dans notre époque. 

Quand il m'a fallu synthétiser mon travail, j'ai proposé le schéma d'une dictature d'un type nouveau. Elle suppose un certain nombre d'objectifs : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l'histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l'Empire. 

Comment cela se décline-t-il ?

Pour détruire la liberté, il faut : assurer une surveillance perpétuelle ; ruiner la vie personnelle ; supprimer la solitude ; se réjouir des fêtes obligatoires ; uniformiser l'opinion ; dénoncer le crime par la pensée. 

Pour appauvrir la langue, il faut : pratiquer une langue nouvelle ; utiliser le double-langage ; détruire des mots ; oraliser la langue ; parler une langue unique ; supprimer les classiques. 

Pour abolir la vérité, il faut : enseigner l'idéologie ; instrumentaliser la presse ; propager de fausses nouvelles ; produire le réel. 

Pour supprimer l'histoire, il faut : effacer le passé ; réécrire l'histoire ; inventer la mémoire ; détruire les livres ; industrialiser la littérature. 

Pour nier la nature, il faut : détruire la pulsion de vie ; organiser la frustration sexuelle ; hygiéniser la vie ; procréer médicalement. 

Pour propager la haine, il faut : se créer un ennemi ; fomenter des guerres ; psychiatriser la pensée critique ; achever le dernier homme. 

Pour aspirer à l'Empire, il faut : formater les enfants ; administrer l'opposition ; gouverner avec les élites ; asservir grâce au progrès ; dissimuler le pouvoir. 

Qui dira que nous n'y sommes pas ? "


Michel Onfray
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 13 mai 2019

Le système Macron mis à nu... Plus dure sera la chute !

Branco-Endeweld - réseaux Macron

Le système Macron mis à nu, par Gabriel Bernardon

" Juan Branco et Marc Endeweld. Le premier est un jeune normalien, avocat et essayiste engagé. Le second est journaliste d’investigation indépendant, naguère grand reporter à Marianne. Tous deux ont, à leur manière et avec leur style, pamphlétaire pour l’un, méticuleux pour l’autre, souhaité lever le voile sur le système Macron. Crépuscule (Au Diable Vauvert, Massot Éditions) et Le Grand manipulateur(Stock) ont paru à quelques semaines d’intervalle et se conjuguent dans le même dessein, celui d’expliquer l’ascension de l’actuel Président de la République et les innombrables compromissions que celle-ci implique aujourd’hui encore. À Juan Branco le souffle, l’énergie de la révolte et l’envie de réveiller les consciences citoyennes contre ce qui ressemble à un coup d’État oligarchique, ou selon ses mots à « une souveraineté violée ». À Marc Endeweld la rigueur d’une longue enquête menée auprès de l’entourage d’Emmanuel Macron. Cette lecture parallèle restitue le contexte d’une élection peu ordinaire et façonne le portrait d’un homme politique aussi peu scrupuleux que transparent.

Du récit doré du parcours d’Emmanuel Macron, concocté par l’intéressé et repris sans aucun recul critique par les grands médias entre 2014 et 2017, il ne reste plus rien. Le petit génie loué à grand renfort d’éditoriaux s’y est repris à deux fois avant d’obtenir l’ENA, après avoir échoué à trois reprises au concours de Normal Sup’, raille ainsi Juan Branco. Le prétendu « philosophe » n’a jamais écrit une ligne et son travail auprès de Paul Ricoeur a consisté à relire des notes de bas de page… Le jeune loup qui « s’est fait tout seul » ne doit son succès ni à une intelligence hors du commun, ni à son seul mérite… Bien au contraire ! La fable n’aurait jamais dû passer à travers le filtre des rédactions, n’était la connivence du milieu avec ce « monde » des multinationales et de la finance qui poussait, en sous-main, la candidature de l’ancien banquier d’affaires de la banque Rothschild. Les deux auteurs insistent sur le rôle central joué par « Mimi » Marchand, entremetteuse de la presse people, pour lisser l’image du couple Macron. D’innombrables appuis, patiemment obtenus dans le milieu journalistique (Anne Sinclair, Bruno Roger-Petit, Bernard Montiel, Laurent Delahousse, Marc-Olivier Fogiel, Emmanuel Chain, Cyril Hanouna…), ont encore facilité la construction du candidat Macron comme objet médiatique. Le rôle joué par la presse et les principaux éditorialistes dans la campagne 2016-2017 du candidat Macron est le seul angle mort de l’ouvrage pourtant très dense de Marc Endeweld. Il intéresse bien plus Juan Branco, dont toute la démonstration repose sur l’alliance entre Macron et les grands propriétaires des médias français.

Branco et Endeweld se rejoignent parfaitement sur la précocité de la candidature Macron. Officiellement en lice pour la présidentielle en novembre 2016, quelques semaines après sa démission du ministère de l’Économie, Emmanuel Macron a été littéralement préparé à l’échéance par ses soutiens très en amont. Xavier Niel, le premier d’entre eux, le présentait déjà à Juan Branco comme « futur Président » en janvier 2014. Marc Endeweld révèle que c’est à l’automne 2013, dans son bureau de secrétaire adjoint de l’Élysée, qu’ont débuté des consultations (communicants, sondeurs, chefs d’entreprises, lobbyistes) et se sont nouées les alliances qui le porteraient au sommet de l’État. Rien de spontané, pas de percée solitaire, aucun désir macronien dans l’opinion publique. L’homme a été préparé comme on prépare un pur-sang pour le grand-prix de l’Arc de Triomphe.

Brandi comme un slogan marketing pour électeurs-consommateurs, le « nouveau monde » maquillait le recyclage des plus vieux réseaux de la Ve République. « Macron n’a jamais construit un collectif, explique un ancien collègue de l’Élysée, il a bénéficié de réseaux déjà constitués. » Grâce à Jean-Pierre Jouyet, issu comme lui de l’inspection générale des finances, Emmanuel Macron a puisé sans retenu dans les carnets d’adresses socialistes mais aussi sarkozystes. La construction chronologique détaillée de la nébuleuse macroniste montre que le Parti socialiste déliquescent a abondamment alimenté ce courant émergent. « Il ne s’agit pas encore de rompre avec le pouvoir socialiste, résume Juan Branco, mais plutôt d’opérer la conversion finale. Faute de soutien populaire – les trahisons se payent et les militants fuient – le seul enjeu consiste à s’assurer du soutien de l’oligarchie. » Le macronisme est avant tout un social-libéralisme définitivement décomplexé. Mais pour l’emporter, éponger les fuites de Solférino ne pouvait suffire. Alors Emmanuel Macron s’est entouré de tous ceux qui pouvaient lui servir de marchepied, en mobilisant les tromblons de la giscardie et de la mitterrandie, certains personnages clés de la Françafrique, de vieux lieutenants d’Édouard Balladur, l’arrière-garde fabusienne, les ex-partisans de DSK ainsi que les résidus de la Deuxième gauche. Il a séduit aussi, quoique temporairement et partiellement, la franc-maçonnerie… L’entregent et l’indéniable capacité de séduction du ministre ambitieux ont permis de réunir en coulisse des soutiens politiques aux passés contradictoires et de jeunes militants opportunistes, parmi lesquels Gabriel Attal, ce proche de Marisol Touraine portraitisé avec férocité par Juan Branco. Et « ‘‘l’en même-temps’’ proposé comme innovation politique […] n’était que prétexte à une fusion d’élites jusque-là éclatées. »

Si l’expression de « Grand manipulateur » employée par Marc Endeweld installe l’idée qu’Emmanuel Macron a su habilement tirer profit des réseaux mis à contributions par les uns et les autres, ceux qui l’ont flatté, aidé ou financé n’en attendent pas moins un retour sur investissement. Contrairement à l’idée véhiculée, la campagne de Macron n’a pas soulevé pas une foule de petits donateurs. La part des 913 grands donateurs (dons supérieurs à 5 000 euros) atteint 48 % du total des sommes récoltées par En Marche ! Le marionnettiste Macron manœuvre les tiers pour conquérir le pouvoir mais il en devient lui-même la marionnette du système oligarchique. Comment définir celui-ci ? Juan Branco s’y emploie. C’est « un espace public dominé par des individus dont la fortune, immense, dépend directement ou indirectement de l’État, et qui investissent une part de leurs deniers pour prendre le contrôle de médias, afin de les assécher, en réduire le pouvoir et d’en tirer une influence qui assurera la préservation de leurs intérêts au détriment du bien commun ». On comprend mieux le rapport d’interdépendance qu’entretient dès lors le Président avec ses porteurs de pavois. Derrière Macron, l’auteur de Crépuscule voit à l’œuvre une stratégie dirigée par Niel mais aussi par d’autres grands patrons tels feu Henry Hermand (son premier soutien financier et relai médiatique à travers l’hebdo Le 1), Arnaud Lagardère, Patrick Drahi, auxquels peuvent être ajoutés Serge Weinberg (Sanofi), Thierry Breton (Atos), Claude Bébéar (Axa) et bien sûr l’inévitable Bernard Arnault (LVMH habille d’ailleurs Brigitte Macron de la tête aux pieds). Tous ont attendu de Macron qu’il favorise la prospérité de leurs affaires, comme ministre puis comme Président.

Les plus optimistes – nous n’écrirons pas naïfs – proposeront une autre lecture : le marionnettiste Macron a tiré profit des réseaux financiers qui s’offraient à lui pour, une fois arrivé au pouvoir, mettre en œuvre un programme au profit du bien commun… L’ennui, Juan Branco comme Marc Endeweld le soulignent, c’est que la politique menée par le gouvernement montre la porosité du monde des affaires et du pouvoir en place. Édouard Philippe et Emmanuel Macron envisageraient par exemple de scinder EDF afin de vendre au privé la branche électricienne, bénéficiaire, pour que l’État conserve à 100 % les activités nucléaires, déficitaires. La décision de privatiser ADP est à l’avenant. Il s’agirait pour l’État de se séparer d’une « machine à cash » rapportant 170 millions d’euros annuels de dividendes. Absurde, au regard de la préservation de l’intérêt général. Car Emmanuel Macron « continue souvent à se comporter comme un banquier d’affaires » par son action sur des dossiers majeurs (privatisations, énergie, armement…) sans ouvrir le débat public. « Ce jeune président qui promeut les va-et-vient entre public et privé, entre haute fonction publique et grandes multinationales, semble particulièrement ambivalent quant à la notion d’intérêt général » dixit Marc Endeweld.

Pourquoi ces rapports de pouvoir, avec les effluves insistants de conflits d’intérêts qui s’en dégagent, n’ont-ils pas fait l’objet d’enquêtes journalistes beaucoup plus tôt ? Endogamie de la finance et des titres de presse, dira Juan Branco, qui évoque aussi la peur des journalistes d’apparaître comme complotistes. Il y a là, certainement, une large part de vérité. Marc Endeweld propose comme explication possible l’organisation structurelle de la « macronie », faite de cloisonnements, du culte du secret, du brouillage des pistes, d’une pelote de liens cultivés puis rompus et d’un chassé-croisé de personnages incompatibles ou improbables. De quoi donner le tournis et décourager les éventuels limiers.

Le Président Macron décide-t-il de tout, tout seul ? Dans Le Grand manipulateur, une ambiguïté frappe : cet homme qui sait si bien tirer les ficelles de réseaux contradictoires est lui-même placé sous influence. Celle de sa femme, bien sûr, qui le conseille, l’accompagne, le sermonne à l’occasion et va jusqu’à réécrire des passages entiers de son livre Révolution. Celle de son inséparable collaborateur Alexis Kohler, avec lequel il travaillait déjà à Bercy : « À Macron, la lumière, l’esbroufe, les effets de communication. À Kohler, la haute main sur les dossiers industriels. » À l’Élysée, rien ne change. « Macron maîtrise la forme, mais quand il entre dans les détails, c’est du pipeau de A à Z ! Au secours ! », confie une personnalité reçue. C’est le fidèle secrétaire général Kohler qui est à la pointe des dossiers et reçoit les patrons que le Président snobe désormais. Enfin, l’hyperprésident Macron serait-il sous l’influence de son Premier ministre ? Dans la guerre que se livrent ses proches, certains, comme le communicant Philippe Grangeon, accusent Édouard Philippe d’être le véritable instigateur de la politique économique du quinquennat.

Macron, tour à tour manipulateur et manipulé.

Sa couverture en fait foi, le titre du livre de Juan Branco évoque la fin annoncée du macronisme face au soulèvement populaire qu’ont amorcé les Gilets jaunes à l’automne 2018. Les masques sont ôtés. Le monarque est nu et le peuple trahi envahit les rues. Le crépuscule tombe-t-il sur le nouveau pouvoir ? Juan Branco avance par insinuations mais s’avance un peu trop… Il paraît étrangement sous-estimer la capacité de résilience d’un système oligarchique faiseur de rois mais que l’instabilité et la radicalité politiques menacent. Il est en réalité peu probable que les Français « viennent chercher » un Président surprotégé dans les palais de la République.

La démocratie, court-circuitée en 2017, jouera-t-elle à nouveau son rôle de régulatrice des conflits lors des échéances futures ? L’ultime chapitre du Grand manipulateur le laisse entendre. Marc Endeweld rappelle à bon escient qu’en 1995, malgré le soutien d’une bonne partie du patronat et de la presse, Édouard Balladur avait trébuché dans la course à l’Élysée face à Jacques Chirac. Car l’influence du « système » sur les électeurs s’arrête là où l’affect commence à s’exprimer. Emmanuel Macron a perdu son aura et subi le désamour des Français. Il risque aussi de perdre ses troupes. Mais renverser l’ordre établi, comme l’espèce Juan Branco, n’est pas pour demain.

Hypothèse la plus probable enfin, les élites-Pygmalion pourraient finir par lâcher leur président-Galatée. Emmanuel Macron n’est qu’un passeur des grands intérêts privés et des opportunismes politiques, un passeur somme toute substituable. Qu’ils soient politiciens ou industriels, ceux qui ont fait confiance, soutenu et porté Emmanuel Macron au pouvoir ne goûtent guère l’ingratitude du Président et commencent à s’en détourner. Henry Hermand (disparu fin 2016), Jean-Pierre Jouyet ou encore des anonymes, ces helpers de la campagne 2017 qui, pour certains, ont abandonné famille et travail dans l’aventure, ont été laissés sans nouvelles par leur poulain une fois celui-ci sur orbite. Une partie de la presse qui l’avait louangé en est revenue. Ce n’est pas un hasard si l’épisode de la Contrescarpe est parti d’un article paru dans Le Monde… Le quotidien du soir a peu goûté l’interventionnisme agressif des chargés de com’ du candidat Macron lors de la campagne présidentielle. Au fil des mois, le locataire de l’Élysée s’isole. Le doute s’installe. Les fidèles s’éclipsent. La paranoïa gagne le Palais, comme lorsque l’entourage présidentiel se persuade que l’affaire Benalla est un traquenard fomenté par des sarkozystes, sans le moindre commencement de preuve. Les rivalités claniques observées dans son entourage pourraient avoir raison d’Édouard Philippe à l’issue des élections européennes et ouvrir une crise politique.

Les mots d’un déçu du macronisme concluent l’enquête de Marc Endeweld : « Macron est une illusion. Le jour où il n’est plus au pouvoir, il n’a plus aucun réseau. » Plus dure sera la chute."
 Gabriel Bernardon


– Juan Branco (Préf. Denis Robert), Crépuscule, Vauvert, Au Diable Vauvert & Massot Éditions, 2019, 311 pages. Prix éditeur : 19 EUR.
– Marc Endeweld, Le Grand Manipulateur, Paris, Stock, 2019, 349 pages. Prix éditeur : 20,50 EUR.

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samedi 6 avril 2019

Le Grand Débat National, un succès ? Vraiment ?

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Ça y est le Grand Débat, c'est fini. Et vous l'avez entendu comme moi: c'est un véritable succès ! Un véritable succès ? Vraiment ?

Déjà, pour commencer, on s'aperçoit que dans les bouches des uns ou des autres, les chiffres ne sont pas les mêmes. Pour Emmanuelle Wargon, citée par le journal La Provence, ce sont près de deux millions de contributions qui ont été laissées sur la plateforme internet par plus de 500 000 personnes. Parallèlement, les 10 134 réunions ont rassemblées 500 000 personnes sur tout le territoire. Pour France Info, 450 000 personnes ont participé  aux 10 300 réunions et 1 500 000 contributions ont été laissées sur la plateforme. 1,5 million de contributions d'un côté, deux millions de l'autre... 500 000 personnes d'un côté, 450 000 de l'autre... Le Grand débat étant fini, la plateforme bouclée, les chiffres devraient être les mêmes mais tant pis, prenons la version haute de Wargon et admettons que les Français ayant laissé une contribution ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été aux réunions, ce sont donc 1 000 000 de personnes qui ont pris part de manière formelle au GD. 1 million de participants sur une population de 66 millions d'habitants soit à peine 1,5% de la population totale; un peu léger tout de même, non ?

16 000 cahiers doléances ont été remontés et numérisés en 400 000 pages, pages qui seront analysées non une par une mais à l'aide de mots clés sélectionnés par on ne sait trop qui. Les mots destitution et dissolution seront-ils pris en compte  ? J'ai comme qui dirait un doute... En gros, vous avez émis des doléances, laissez nous faire le tri à notre convenance.

Après quoi, on s'aperçoit que 77% des participants ont plus de 50 ans et que les moins de 35 ans ne représentaient que 11% des participants. 65% des personnes présentes aux réunions possèdent un diplôme de l'enseignement supérieur. On voit clairement que les participants à ce GD ne sont guère représentatifs de l’ensemble de la population et certainement pas des gilets jaunes pourtant déclencheurs d'une certaine manière de ce grand débat. Il s'agissait de faire oeuvre de démocratie participative, on a eu démocratie sélective.

Un grand débat qui aura donc certes réuni du monde, une première dans le genre, mais dont les conclusions et les mesures prises par la suite risque de décevoir fortement une bonne partie des Français. Le premier ministre, dans un français approximatif, a même annoncé la couleur: "Le risque déceptif(1) est important quant à la sortie (...) Il faut préparer nos concitoyens à ce que les propositions à la sortie du Grand débat national ne seront pas les réponses à toutes les remontées du grand débat". Sensé, pour une part, apaiser la colère des gilets jaunes, il y a fort à parier que ce ne sera pas le cas.

Le gouvernement se réjouit de ce qu'il présente comme un succès mais un succès à 12 millions d'euros tout de même ! 12 millions d'euros pour une grosse déception à venir, ça fait cher le bout mais comme disait l'autre, c'est pas cher, c'est l'Etat qui paie ! Plus de la moitié de cette somme a été financé par le ministère de la transition écologique; pas sûr que, contrairement à ce que l'on nous rabâche, la transition écologique soit la principale préoccupation des Français, encore moins celle des gilets jaunes ! Les gilets jaunes et les Français attendent des mesures concrètes, pas sûr que les 4 thèmes retenus par Macron - la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté - permettent de répondre à ces attentes. Quid, par exemple, du pouvoir d'achat, du chômage, de l'immigration,... ?

Alors un succès ce Grand Débat (2) mené de bout en bout par Macron et LaRem ? Nous verrons mais j'ai une certitude, ce n'est pas cela qui apaisera la colère des gilets jaunes (mais pas que) tant la déception risque d'être énorme. 61% des Français estiment d'ailleurs que  les propositions qui émaneront de ce GD n'infléchiront pas la politique du gouvernement, 57% des Français estiment que la synthèse qui sera restituée par Edouard Philippe lundi prochain ne sera pas "transparente et impartiale"; scepticisme de rigueur donc ! Alors pour ne pas être déçu, il fallait faire comme moi, déserter absolument un grand débat organisé à la hâte, ne surtout pas y participer. Je dois d'ailleurs signaler que dans mon entourage proche ou lointain interrogé, je ne connais absolument personne qui y ait participé...

"Enfin, nous connaissons le coût du Grand Débat" s'est exprimé Julien de Normandie. C'est vrai, "enfin" mais précisons tout de même que ce coût ne prend absolument pas en compte les 15 pérégrinations régionales de Macron, pérégrinations dont je suis prêt à parier là aussi que le coût total dépasse celui de ce grand débat. Il serait pourtant indispensable que nous ayons connaissance de celui-ci, histoire de l'imputer aux comptes de campagne de LaRem pour les élections européennes... Je sais, on peut rêver !

(1) Le mot déceptif , néologisme et faux ami signifiant tromperie, est ici employé à tort par Philippe selon l'Académie Française
(2) Lorsque l'on tape sur Google Image "grand débat national", il est amusant de constater que l'essentiel des photos montrent Macron en action lors de ses pérégrinations et non pas des photos des 10 134 réunions organisées partout en France.

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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 2 avril 2019

Pas Sibeth la nomination de Ndiaye !

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Ah ! depuis hier, c'est un vrai festival avec Sibeth ! La voilà promue par Macron porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat; presque ministre. A 39 ans, c'est tout de même pas mal ! Et comment ne pas l'aimer cette brave fille, elle qui a juré de donner à la France tout ce que la France lui avait donné... Merde, tout de même, en voilà une diverse qui a réussi; elle nous l'a dit d'ailleurs, elle a habité Saint Denis, le Saint Denis du 9-3; si ça ce n'est pas une preuve de la réussite de l'ascenseur social républicain. Respect, chapeau et cheveux crépus, trop forte Sibeth ! Bon, okay, elle a oublié de dire au grand public qu'elle est issue de la plus haute bourgeoisie sénégalaise et qu'elle n'a jamais eu le moindre problème de thunes dans sa vie, même pas grave.

Là n'est pas l'important. L'important, c'est qu'elle est belle, qu'elle est cash, qu'elle s'habille vachtement bien, qu'elle a le charme de Whoopie Goldberg au petit matin; bref, tout ce qu'il faut pour cet austère poste qu'elle devra désormais occuper. Cerise sur le gâteau, elle est femme et elle est black et ça, voyez-vous, ça a encore plus d'importance car quoiqu'elle dise, y compris en avouant qu'elle n'a aucun scrupule à mentir pour protéger son mentor, on ne pourra rien dire, rien objecter sinon... nous serons automatiquement d'affreux racistes nauséabonds qui puent du bec. Bien vu Sibeth, bien vu Manu, donc.

Et aussitôt promue, aussitôt les biens pensants nous dire qu'elle est super bonne, peu importe qu'elle soit coiffée comme une africaine, peu importe qu'elle n'ait d'autre garde-robe qu'un fatras de trucs criards, ce qui compte, c'est qu'elle soit bonne dans ce qu'elle fait ( on oubliera toutes les gaffes et bévues qu'elle  a fait faire à son patron du temps, jusqu'à avant hier, où elle était sa directrice de communication). Comme l'a dit ce matin le monsieur sur la radio qui appartient à Drahi: "Elle est femme, elle est noire et alors? On s'en fout !". On a l'habitude, ils nous avaient déjà fait le coup avec Taubira.  Et nous voilà donc coincés: plus le choix, on ne pourra pas critiquer ses boniments et ses réflexions. Les rares qui depuis hier ont essayé s'en sont pris plein la tronche. Toujours sur la même radio, un autre s'offusquait que les critiques viennent naturellement de la droite extrême ou pas. "C'est purement et simplement du racisme ". Heu... Qu'est-ce qu'il en sait ? N'aurait-on pas le droit de critiquer cet entre-soi dans lequel se vautre Macron en nommant à des postes importants, non pas des spécialistes mais des copains-copines de la première heure ? N'aurait-on plus le droit de critiquer l'accoutrement de la dame, accoutrement que l'on pourrait trouver peu adéquat avec la fonction ? N'aurait-on plus le droit de critiquer ses propos anciens ?

Et bien non, vous n'avez plus le droit, bande de racistes ! Comment ça raciste ? Il en sait rien le mec de la radio si je suis, si nous sommes racistes; si ça se trouve on en a juste marre de la macronie, on en a juste mare de ces charlots incompétents, on en juste marre qu'on nous impose cette diversité à toutes les sauces, en politique ou dans les pubs ( ah, ces pubs où les malotrus sont des blancs et les bons des divers...). D'ailleurs, comment peut-il supposer que nous serions racistes ? Y a même pas un sondage qui le prouve. On fait des sondages pour tout et n'importe quoi et pas un pour nous demander si nous sommes racistes, pas une étude sérieuse pour analyser le (supposé) côté obscur de notre nature. Ce serait pourtant très instructif, si il y  avait, on serait fixés, mais comme il n'y a pas, on ne peut que supposer et supposer n'a jamais eu valeur de preuve.

Il est donc temps de réparer ce manque en réalisant un petit sondage sur Sibeth:



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Ne vous abstenez pas, ce ne sont pas les européennes, juste un petit sondage, anonymat garanti, votez !

Addendum qui vaut le coup !: 



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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 19 mars 2019

Monsieur Macron (ou le Gorafi incarné), il faut partir, rendez les clés !

Hier soir, Sa Majesté qui n'a rien d'autre à faire a débattu - enfin débattre... -avec une soixantaine d'intellectuels invités au palais après avoir été préalablement triés sur le volet (Finkie et Onfray, par exemple, n'étaient pas invités). Le "débat" a duré 8 heures et 10 minutes pour s'achever à plus de deux heure du matin.


Frédéric Lordon, économiste-philosophe-sociologue d'extrême gauche, n'a pas répondu favorablement à cette invitation et, pour s'en expliquer, a écrit à Macron la lettre suivante. Tout gauchiste qu'il soit, comment ne pas se régaler...



" Cher Monsieur Macron,

Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron [2], je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous réattaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau.

En réalité, sur la manière dont vous utilisez le langage pour « débattre » comme vous dites, nous sommes assez au clair depuis longtemps. C’est une manière particulière, dont on se souviendra, parce qu’elle aura fait entrer dans la réalité ce qu’un roman d’Orwell bien connu avait anticipé il y a 70 ans très exactement – au moins, après la grande réussite de votre itinérance mémorielle, on ne pourra pas dire que vous n’avez pas le sens des dates anniversaires. C’est une manière particulière d’user du langage en effet parce qu’elle n’est plus de l’ordre du simple mensonge.

Bien sûr, dans vos institutions, on continue de mentir, grossièrement, éhontément. Vos procureurs mentent, votre police ment, vos experts médicaux de service mentent – ce que vous avez tenté de faire à la mémoire d’Adama Traoré par experts interposés, par exemple, c’est immonde. Mais, serais-je presque tenté de dire, c’est du mensonge tristement ordinaire.

Vous et vos sbires ministériels venus de la start-up nation, c’est autre chose : vous détruisez le langage. Quand Mme Buzyn dit qu’elle supprime des lits pour améliorer la qualité des soins ; quand Mme Pénicaud dit que le démantèlement du code du travail étend les garanties des salariés ; quand Mme Vidal explique l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers par un souci d’équité financière ; quand vous-même présentez la loi sur la fake news comme un progrès de la liberté de la presse, la loi anti-casseur comme une protection du droit de manifester, ou quand vous nous expliquez que la suppression de l’ISFs’inscrit dans une politique de justice sociale, vous voyez bien qu’on est dans autre chose – autre chose que le simple mensonge. On est dans la destruction du langage et du sens même des mots.

Si des gens vous disent « Je ne peux faire qu’un repas tous les deux jours » et que vous leur répondez « Je suis content que vous ayez bien mangé », d’abord la discussion va vite devenir difficile, ensuite, forcément, parmi les affamés, il y en a qui vont se mettre en colère. De tous les arguments qui justifient amplement la rage qui s’est emparée du pays, il y a donc celui-ci qui, je crois, pèse également, à côté des 30 ans de violences sociales et des 3 mois de violences policières à vous faire payer : il y a que, face à des gens comme vous, qui détruisent à ce point le sens des mots – donc, pensez-y, la possibilité même de discuter –, la seule solution restante, j’en suis bien désolé, c’est de vous chasser.

Il y a peu encore, vous avez déclaré : « Répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Mais M. Macron, vous êtes irréparable. Comment dire : dans un Etat de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses qui sont inacceptables. À une morte, 22 éborgnés et 5 mains arrachées, vous vous repoudrez la perruque et vous nous dites : « Je n’aime pas le terme répression, parce qu’il ne correspond pas à la réalité ». La question – mais quasi-psychiatrique – qui s’en suit, c’est de savoir dans quelle réalité au juste vous demeurez.

Des éléments de réponse nous sont donnés par un article publié il y a de ça quelques jours par le Gorafi sous le titre : « Le comité de médecine du ministère de l’intérieur confirme que le LBD est bon pour la santé ». On peut y lire ceci : « Christophe Castaner s’est réjoui des résultats des tests du comité de médecins et a aussitôt signé une ordonnance qualifiant de rébellion et outrage à agent toute personne qui mettrait en cause la fiabilité de cette étude ». M. Macron, voyez-vous la minceur de l’écart qui vous tient encore séparé du Gorafi ? Vous êtes la gorafisation du monde en personne. Sauf que, normalement, le Gorafi, c’est pour rire. En réalité, personne ne veut vivre dans un monde gorafisé. Si donc le macronisme est un gorafisme mais pour de vrai, vous comprendrez qu’il va nous falloir ajuster nos moyens en conséquence. Et s’il est impossible de vous ramener à la raison, il faudra bien vous ramener à la maison.

Tous les glapissements éditorialistes du pays sur votre légitimité électorale ne pourront rien contre cette exigence élémentaire, et somme toute logique. En vérité, légitime, vous ne l’avez jamais été. Votre score électoral réel, c’est 10%. 10% c’est votre score de premier tour corrigé du taux d’abstention et surtout du vote utile puisque nous savons que près de la moitié de vos électeurs de premier tour ont voté non par adhésion à vos idées mais parce qu’on les avait suffisamment apeurés pour qu’ils choisissent l’option « ceinture et bretelles ».

Mais quand bien même on vous accorderait cette fable de la légitimité électorale, il n’en reste plus rien au moment où vous avez fait du peuple un ennemi de l’État, peut-être même un ennemi personnel, en tout cas au moment où vous lui faites la guerre – avec des armes de guerre, et des blessures de guerre. Mesurez-vous à quel point vous êtes en train de vous couvrir de honte internationale ? Le Guardian, le New-York Times, et jusqu’au Financial Times, le Conseil de l’Europe, Amnesty International, l’ONU, tous sont effarés de votre violence. Même Erdogan et Salvini ont pu s’offrir ce plaisir de gourmets de vous faire la leçon en matière de démocratie et de modération, c’est dire jusqu’où vous êtes tombé.

Mais de l’international, il n’arrive pas que des motifs de honte pour vous : également des motifs d’espoir pour nous. Les Algériens sont en train de nous montrer comment on se débarrasse d’un pouvoir illégitime. C’est un très beau spectacle, aussi admirable que celui des Gilets Jaunes. Une pancarte, dont je ne sais si elle est algérienne ou française et ça n’a aucune importance, écrit ceci : « Macron soutient Boutef ; les Algériens soutiennent les Gilets Jaunes ; solidarité internationale ». Et c’est exactement ça : solidarité internationale ; Boutef bientôt dégagé, Macron à dégager bientôt.

Dans le film de Perret et Ruffin, un monsieur qui a normalement plus l’âge des mots croisés que celui de l’émeute – mais on a l’âge de sa vitalité bien davantage que celui de son état civil –, un monsieur à casquette, donc, suggère qu’on monte des plaques de fer de 2 mètres par 3 sur des tracteurs ou des bulls, et que ce soit nous qui poussions les flics plutôt que l’inverse. C’est une idée. Un autre dit qu’il s’est mis à lire la Constitution à 46 ans alors qu’il n’avait jamais tenu un livre de sa vie. M. Macron je vous vois d’ici vous précipiter pour nous dire que voilà c’est ça qu’il faut faire, lisez la Constitution et oubliez bien vite ces sottes histoires de plaques de fer. Savez-vous qu’en réalité ce sont deux activités très complémentaires. Pour être tout à fait juste, il faudrait même dire que l’une ne va pas sans l’autre : pas de Constitution avant d’avoir passé le bull.

C’est ce que les Gilets Jaunes ont très bien compris, et c’est pourquoi ils sont en position de faire l’histoire. D’une certaine manière M. Macron, vous ne cessez de les y inviter. En embastillant un jeune homme qui joue du tambour, en laissant votre police écraser à coups de botte les lunettes d’un interpellé, ou violenter des Gilets Jaunes en fauteuil roulant – en fauteuil roulant ! –, vous fabriquez des images pour l’histoire, et vous appelez vous-même le grand vent de l’histoire.

Vous et vos semblables, qui vous en croyez la pointe avancée, il se pourrait que vous finissiez balayés par elle. C’est ainsi en effet que finissent les démolisseurs en général. Or c’est ce que vous êtes : des démolisseurs. Vous détruisez le travail, vous détruisez les territoires, vous détruisez les vies, et vous détruisez la planète. Si vous, vous n’avez plus aucune légitimité, le peuple, lui, a entièrement celle de résister à sa propre démolition – craignez même que dans l’élan de sa fureur il ne lui vienne le désir de démolir ses démolisseurs.

Comme en arriver là n’est souhaitable pour personne, il reste une solution simple, logique, et qui préserve l’intégrité de tous : M. Macron, il faut partir. M. Macron, rendez les clés."

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vendredi 15 mars 2019

En vrac ...


Ah tout de même, 49 morts dans deux mosquées, quelque part à l'autre bout du monde, ça fait beaucoup. Attention aux représailles à venir...

Renaud Camus aurait inspiré en partie le nazi extrémiste écofasciste de droite australien. Attention aux représailles...

Un Australien ! Ouf, ce n'était pas un autochtone.

De quelle couleur sera la Tour Eiffel ce soir ?

Il paraît qu'il ne faut pas avoir peur de l'Islam. C'est vrai, le combattre me paraît bien plus utile.

Sur twitter, je crois qu'aucun homme politique français n'a oublié d'exprimer sa solidarité avec la Nouvelle Zélande. 

En France, les collégiens et lycéens absolument pas manipulés sèchent les cours et font la grève pour le climat. Ils marchent... Ces acnéiques feraient bien, si c'est dans leurs cordes, de lire cet article: Le climat ou le nouvel enjeu de la tentation autoritaire

Pour (commencer à) sauver la planète, arrêtons d'implanter des éoliennes. Pour  1 éolienne, il faut  1 500 tonnes de béton. Le plan Hulot prévoit l'implantation de 20 000 éoliennes en France d'ici 2025.

Il paraît que Greta Thunberg, jeune autiste de 16 ans et nouvelle star de la lutte pour sauver la planète, ferait une parfaite prix Nobel de la Paix.

Un ministre de l'Intérieur un brin bourré qui  publiquement trompe sa femme dans une boîte de nuit parisienne avec une ex-collaboratrice de 31 ans, c'est aussi cela le "Nouveau Monde". Le matin même, il encourageait ses troupes (à qui il doit 22 millions d'heures supplémentaires) à tenir le pont contre les gilets jaunes.

Le lendemain, le même déclare: " être ministre de l'Intérieur, c'est l'être 7 jours sur 4, 24h sur 24 (sic) ".

Depuis le début de l'année, 18 hommes de Castaner se sont suicidés, 24 depuis son arrivée à Beauvau.

Sur les 13 000 tirs de LBD effectués sur les gilets jaunes, plus de la moitié l'ont été par des flics non formés au maintien de l'ordre.

Rentrée scolaire 2020: 38 000 élèves en plus, 1 400 profs en moins.

Et toujours aucun journaleux pour tenter de découvrir combien nous coûte, au global, ce Grand Débat.

Plusieurs enfants de djihadistes ont été rapatriés en France. Don't panic, on nous précise bien qu'ils sont orphelins et qu'ils ont tous moins de 5 ans.

Soirée politique hier soir sur France 2. Pas terrible, habituel, soporifique et bide d'audience.

A la bibliothèque du lycée d'un copain, il y 25 000 livres et 250 bandes dessinées japonaises (mangas). Mais que viennent faire 250 mangas dans une bibliothèque scolaire ?

Angela Merkel affirme désormais vouloir un siège européen unique au Conseil de sécurité de l'ONU, faisant disparaître celui de la France. Jusque lors c'était une fake news véhiculée par l'Extrême droite (Damoclès). 

Macron - Merkel, Merkel -Macron, ces deux-là c'est je t'aime moi non plus.

J'aime bien François-Xavier Bellamy mais j'ai l'impression que beaucoup ne l'aiment pas.

Edouard Philippe: "Si on veut faire payer les riches, faisons les venir en France"...

Après avoir violemment critiqué le diesel, le gouvernement s’attelle à aider l'industrie du... diesel. 

Où en sommes-nous avec l'affaire Benalla ? Gérard Larcher va-t-il enfin bouger son gros popotin ?

Connaître personnellement un salaud, un vrai, savoir qu'il va obtenir un poste super bien payé (par nos impôts) et ne pouvoir rien dire, rien faire... pour le moment.

La bible nous explique comment nous aimer les uns les autres, je trouve que le Kamasutra est bien plus précis (Eric Cusas)

Pendant ce temps-là, au Venezuela, que j'ai connu riche et tranquille, on crève de faim et de soif.

"L'Algérie, même avec un fusil, c'était un beau pays". Oui, c'était...

C'est marrant depuis que l'EI a été quasi écrabouillé, plus personne ne parle du départ "indispensable" de Bachar El Assad.

Allez, c'est tout pour le moment et c'est déjà pas mal...



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France, 2019.