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vendredi 27 février 2015

Personne n'est à l'abri...

Sommes-nous véritablement concernés par le terrorisme et la barbarie ?

A juste titre, nous avons tous été choqués, voire meurtris, par les attentats de début janvier et par la tuerie de Copenhague. On a tous été révoltés par l’assassinat des 21 chrétiens coptes et bouleversés par cette photo d'un homme en orange qui quelques instants plus tard sera égorgé. Nous sommes scandalisés par les exactions commises par les sbires de Daesch, par des musulmans radicalisés ou par des crapules qui enlèvent pour "revendre" aux précedents. Mais, finalement, tout cela, il faut bien en convenir, est pour la grande majorité d'entre nous un peu loin... tant que...

Une mienne cousine nous a téléphoné ce soir, cela a bien duré une heure... Elle nous a parlé d'un monsieur que nous avons rencontré quelques fois lors d'un dîner ou d'un passage chez elle. Ce monsieur est leur meilleur ami, l'ami d'enfance, de plus de quarante ans, de son mari, mon cousin par alliance donc. Et elle nous a appris qu'il était le père de la jeune française qui vient d'être enlevée au Yémen, Isabelle Prime. Elle nous a dit quelle était la détresse de ce père depuis mardi dernier et quelles étaient ses craintes et son angoisse. La crainte de devoir un jour visionner une terrible vidéo, la crainte de voir sa fille vêtue en orange, l'angoisse de ne plus la revoir, elle qui devait rentrer à Paris d'ici quelques jours. Ma cousine nous a dit comment ils se sentaient démunis face à ce drame, ne sachant pas vraiment comment aider leur ami, si ce n'est en étant présents mais sans vouloir trop les " encombrer ". Elle nous adit que les affaires étrangères, apparemment, suivaient de près l'affaire et tenaient la famille plus ou moins informée. Mais que tout ceci était étrange parce que " personne ne savait rien ".

Rien à voir avec l'émotion, bien souvent sur-alimentée par les médias, que l'on peut ressentir en regardant les JT; bien plus puissante et angoissante, forcément parce qu'à présent " on connait " et une certitude:  Le terrorisme et la barbarie sont à nos portes. Et personne n'est à l'abri, directement ou indirectement.

Folie passagère 2679.
Résultat de recherche d'images pour "enlevée au yemen"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 23 avril 2014

4 ex-otages vivants, c'est mieux qu'un otage mort.


On nous a annoncé la mort de Gilberto Rodrigues Leal, otage Français du Mujao au Mali. Dès lundi soir, le 21 avril, la rumeur de sa mort filtrait sur twitter avec insistance. Et François Hollande de déclarer hier, mardi 22 avril, "qu'il y avait tout lieu de penser qu'il était décédé depuis plusieurs semaines du fait des conditions de sa détention"; sans dec', on imagine assez bien qu il est plus facile de mourir des suites d'une détention au fin fond du Mali que d'une cure à la Bourboule... que ce type est idiot!

Depuis plusieurs semaines... Ben zut, Rodrigues Leal est mort, c'est nettement moins glamour que le retour des 4 ex-otages de Syrie dont l'une des qualités premières est d'être journalistes. Quel déchaînement médiatique, quelle couverture incroyable de l’événement: rendez-vous compte, depuis l'annonce samedi de leur libération, on les aura vu partout les 4 de Syrie. Barbus en Turquie, propres sur eux à Villacoublay, embrassant dès leur descente d'hélicoptère Président, Fabius, puis, seulement après, leurs familles.

Les familles de Gilberto Rodrigues Leal et de Serge Lazarevic, toujours otage lui, devaient devant leurs écrans télés imaginer qu'un jour ce serait leur tour... Sauf que pour Gilberto, depuis plusieurs semaines...

Les 4 ex-otages de Syrie sont invités sur tous les plateaux télés et quelle pêche ! Nous ne pourrons pas ne pas être surpris par la forme extraordinaire dans laquelle ils semblent tous être, malgré, nous dit-on, les mauvais traitements, la vie pendant dix mois dans des sous-sols, la privation de ciel et de soleil, des simulacres d'exécution, la privation de nourriture, etc... Cela fait plaisir à voir. Ils sont forts ces journalistes, très forts, une santé et un moral à toutes épreuves. Il y en a même un qui n'arrête pas de rire et de plaisanter. C'est chouette.

Bien sûr, nous n'aurons jamais les réponses aux questions que nous nous posons, on nous dira juste que, bien évidemment, aucune rançon n'a été versée même si "les opérations et les négociations furent longues et difficiles". Là, n'est pas l'important, ce qui compte c'est qu'ils soient libres, n'est-ce pas. Hollande et Fabius auront fait leur show, un show à la hauteur de ce qu'il fallait pour occulter l'affaire "Morelle". Ils en profiteront pour nous dire tout le mal qu'ils pensent de Bachar al Assad et puis voilà. Toutes les chaînes de télévision auront fait leur cinéma et nous auront servi sur les plateaux de l'otage libéré - ad nauseam - montrant une fois de plus que si par malheur, un jour, vous êtes otage, il vaut mieux être journaliste ou photographe de presse que prêtre missionnaire ou touriste égaré.

Il eut été dommage que la fête fut gâchée par l'annonce de la mort de Gilberto Rodrigues Leal. Seuls les esprits chafouins oseront imaginer que l'annonce de sa mort ait pu être légèrement différée. Nous ne verrons pas Gilberto Rodrigues Leal sur les plateaux télé; Didier François, ce matin sur Itélé, c'était vachement plus mieux.

Folie passagère 2244.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 30 octobre 2013

Otages libérés ! Rançon payée ? Doctrine bafouée...


Les otages d'Arlit ont été libérés ! C'est super et tout le monde de s'en réjouir. Moi aussi.

Mais comme à chaque fois en pareille situation, il y a des choses qu'il vaut mieux taire, des sujets que l'on ne saurait aborder sans se faire taper dessus; sous peine d'être traité de mauvais coucheur ou de Dieu sait quoi... Soit !

Cependant, on ne peut s'empêcher d'évoquer deux choses. La première, c'est la concomitance de cette libération avec la séquence catastrophique qu'a subi le pouvoir ces derniers jours. On sait d'ores et déjà que cette libération était acquise dès jeudi soir dernier, comment dès lors ne pas s'étonner qu'elle n'ait été annoncée que hier soir, juste après l'annonce pitoyable de la suspension de l'écotaxe... On vous dira que c'était par prudence, attendre qu'ils soient vraiment à l'abri pour communiquer... Soit.

La deuxième, c'est la parution dès ce matin d'un article du Monde, parfaitement étayé, racontant par le détail les conditions de cette libération et évoquant le versement d'une rançon de 20 millions d'euros en échange des otages. 5 millions l'otage ! Sur la forme, personne n'osera s'offusquer du versement d'une rançon: la vie d'un homme, en principe et sous nos cieux, n'a pas de prix. Sauf que...

Sauf que Pépère l'avait annoncé, juré, craché, la doctrine, c'est: pas de rançon, on ne paye pas ! (même si l'on sait qu'il n'en ait jamais rien) Comment dès lors qualifier la parole présidentielle...

Peut-on quand on annonce, torse bombé, la main sur le cœur  ne jamais payer, payer quand même ? Comment admettre que l'on puisse payer, et donc financer, des terroristes dont on est certain qu'ils feront un "bon" usage de cet argent ? Et si tel est le cas, d'où vient l'argent? Le Monde nous dit qu'il proviendrait de fonds secrets de la DGSE ? Tiens donc, tout ne serait-il pas transparent en Socialie ?

Encore une fois - et nous sommes tous parfaitement conscient que nous ne connaîtrons jamais les dessous de cette affaire - hollande aurait mieux fait de la fermer. On ne peut annoncer une chose et laisser à un quotidien le soin de prouver le contraire.

Sauf à prouver maintenant que Le Monde au mieux s'est fourvoyé, au pire raconte n'importe quoi... Sauf à laisser pisser le mérinos et attendre que tout le monde oublie...

Folie passagère 1969.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 9 avril 2013

Ces curieux otages que l'on nous cache...


Entre la mort de la dame de fer et le striptease patrimonial de la classe politique, une nouvelle est passée presque inaperçue:  la libération, hier, de deux otages Français en Afghanistan. Et oui, nous avions deux otages là-bas et l'information de leur enlèvement et de leur captivité avait été tenue secrète par les autorités françaises et afghanes.

C'est nouveau, maintenant on nous cache ce genre de choses. Bon vous me direz, si c'est pour faciliter leur libération, pourquoi pas. Mais si leur captivité s'était éternisée, aurait-on continué à nous tenir dans l'ignorance ? Et si cela s'était terminé par la mort d'un ou des deux otages, qu'aurait-on dit ? Un truc du genre: malgré tous les efforts des autorités pour obtenir leur libération, nous sommes au regret de vous annoncer la mort de Charles Ballard et de Pierre Borghi. Cela n'aurait pas manqué de susciter autant de colère et d'émotion que de questions embarrassantes, non ?

Autre question que l'on peut se poser, c'est de savoir comment les autorités ont pu tenir cela secret pendant plus de quatre mois... Charles était directeur financier d'une ONG et Pierre, photographe. N'ont-ils point d'amis, de famille, d'épouses, d'enfants, de collègues, de relations ? Comment a-t-on pu soit tenir tout ce monde là dans l'ignorance, soit faire pression pour qu'ils se taisent ? Pendant plus de 4 mois ? A l'heure où le moindre fait divers et les choses les plus insignifiantes arrivent sur les téléscripteurs aussi vite que des pets sur une toile cirée, comment comprendre que cette double histoire d'otages ne nous soit pas parvenue ? Le Figaro nous dit que leur libération a été accueillie avec un énorme soulagement par la communauté française de Kaboul. Comment a-t-on pu demander ( exiger ? ) que la communauté française, dans son ensemble, se taise et n'avertisse personne au pays ?

En voila une drôle d'histoire qui mériterait bien quelques éclaircissements. Éclaircissements que nous n'aurons sans doute jamais puisque tout cela s'est finalement bien terminé; éclaircissements qui eurent été sans aucun doute embarrassant de fournir si tout cela s'était mal fini...

Et une petite question qui devrait dès lors nous tarauder: Y aurait-il donc quelque part, ailleurs, d'autres otages que l'on nous cacherait ?

Folie passagère 1658.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 9 juillet 2011

Il n'y a plus d'otages français dans le monde


Pendant 547 jours, les chaînes de télévisions françaises troublaient à chaque édition nos agapes en diffusant les photos de Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier. Normal, on n'abandonne jamais sur le terrain les collègues. Les journalistes, c'est un peu comme les Marine's: " Semper Fi ". On pense à vous, les mecs ! On fait pression !

Et chaque jour, le cruel et triste décompte s'égrenait à notre grand désespoir: 217, 435, 492, 540..., 547 ! Il nous fallait compatir et ne pas oublier. Ne pas les oublier, de gré ou de force !

Le 547ème jour est arrivé: Délivrance ! Flonflons et Cotillons ! Nous étions heureux.

Hervé et Stéphane sont rentrés au pays. Finies les photos-souvenirs quotidiennes. On passe à autre chose.

8 autres otages Français sont actuellement détenus dans le monde. Ils ne sont pas journalistes et n'ont donc pas médiatiquement de valeur semble-t-il. Nous ne connaissons pas leurs visages. Sans doute, la corpo des journalistes elle-même ne sait pas à quoi ils ressemblent.

Ils sont 8 et n'ont pas l'honneur des JT pour perturber nos agapes. Peut-être bien qu'il n'existent pas... On va pouvoir manger tranquille.

Folie passagère 735.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.