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vendredi 1 juin 2018

Loi anti Fake News, je la sens mal, ça pue. Comme un parfum de Pravda...

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La loi anti-fake news, je la sens mal surtout depuis qu'elle a été rebaptisée hier loi " contre la manipulation de l'information". Ça a comme un parfum de Pravda, comme un parfum de légalisation d'une censure d'Etat. Je n'aime pas, pis, je trouve que cela a quelque chose d'effrayant, un p'tite touche supplémentaire de Big Brother à la sauce Farenheit 451. J'ai beau avoir lu des dizaines d'articles sur le sujet, je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi si ce n'est cette odeur sulfureuse d'une sorte de totalitarisme étatique qui se mettrait en place... Une impression, un sentiment, une inquiétude qu'aucun groniqueur, journaliste ou expert appointé n'a pu encore levé

On nous dit qu'échaudé par les fausses infos et les rumeurs qui avaient été colportées sur lui pendant la campagne, Jupiter s'était juré de construire un arsenal juridique visant à contrôler tout ce qui serait publié sur les plateformes internet, à la télévision, sur les radios et autres organismes de presse. Et qui dit contrôles, dit potentiellement répression, interdictions de publication, retraits de certaines informations déjà publiées, amendes et éventuelles peines de prison.

Comme il se doit, tout travail législatif et toute élaboration des textes de loi sont suffisamment compliquées, complexité augmentée par le vocabulaire juridique employé, pour que le lambda moyen ne puisse s'y retrouver, voire s'en désintéresse, laissant le soin... aux législateurs et autres commentateurs de nous expliquer les tenants et les aboutissants du machin en gestation. J'ai beau avoir lu des dizaines d'articles sur le sujet, je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi si ce n'est cette odeur sulfureuse d'une sorte de totalitarisme étatique qui se mettrait en place... Une impression, un sentiment...

Un juge aura 48h pour se prononcer et ordonner le retrait de ce qui lui aura été présenté comme une fake news ou une tentative de manipulation de l'information.  Un juge rouge ? Un juge du syndicat de la magistrature ? Et quels moyens seront donnés à la Justice pour s'atteler à pareille charge supplémentaire ?

Le CSA dont le président est nommé par le Président pourra empêcher, suspendre ou mettre fin à la diffusion de services de télévision contrôlés « par un État étranger ou sous l'influence de cet État », et qui portent atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation (Citées nommément par Macron devant Poutine, on imagine que Sputnik ou Russia Today, mais pas qu'eux seulement, ont du souci à se faire.

Pendant les 3 mois précédents une élection, des obligations de transparence renforcées seront imposées aux plateformes numériques... et la Justice, par référé, pourra faire cesser la diffusion de ce qui aura été jugé comme une fausse information ou une manipulation de l'information... Les plateformes numériques (dont celles hébergeant les blogs) deviendront-elles ainsi, par procuration, des censeurs d'opinion, des garde-chiourmes de la pensée jupitérienne ?

Seuls les organes d'information " officiels " (journaux dont 90% sont subventionnés par l'Etat, télévisions,...) seront-ils les garants de la diffusion des "vraies" informations ? L'Humanité ou Libé pourront-ils continuer à grimer Sarko en Pétain ou en Adolf quand un blogueur ou un facebooker sera interdit de publication et/ou condamné pour avoir caricaturé Macron en Ceaucescu ? Et si tel était le cas comme cela semble se présenter, est-ce à dire que nous ne pourrons plus critiquer, démonter voire juger ces organes dans la mesure où elles détiendraient la vérité ?

Le problème de cette loi, c'est, qu'à l'initiative de Macron, elle est montée de toutes pièces par des "idéologues", des gens, comme notre Président, qui considèrent que globalement le monde est satisfaisant et que ceux qui s'attaquent au système ne peuvent être que des extrémistes délirants. Les peurs de ces derniers ne s'expliquent que par leur démence, et tout doit être fait pour les empêcher de sévir (1). Il y aurait donc la "vraie" information détenue et véhiculée par ces gens raisonnables et tout le reste ne serait qu'issu d'un camp manipulateur, extrémiste, populiste. Un arsenal juridique dévolu au camp du Bien contre le camp du Mal, comme toujours, les progressistes à la sauce Macron contre les réactionnaires, la gauche contre la droite, le Nouveau monde contre l'Ancien...

Tout cela reste flou pour le non juriste que je suis, techniquement ardu à comprendre mais j'ai une certitude, ça pue. Ça pue la censure institutionnalisée. Il y a du liberticide dans l'air et chaque citoyen ayant la démocratie chevillée au cœur devrait s'inquiéter de ce qui n'est pour l'instant qu'un projet de loi plutôt que de se soucier de Zidane ou du temps qu'il fera demain. Après, il sera trop tard.

Je me souviens qu'il y a un an ou deux un haut fonctionnaire me disait que nous, blogueurs "nauséabonds", aurions grand intérêt à nous regrouper au sein d'une association qui défendrait notre liberté d'expression, il semblerait qu'il n'avait sans doute pas tort, juste un peu d'avance...




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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 21 février 2014

Jean-Marc Ayrault menace le Figaro


Imaginez ne serait-ce qu'un instant François Fillon, premier ministre de Sarkozy, las des articles fustigeant la politique de son gouvernement, dire: "Le journal Le Monde n'a pas besoin des 18 millions d'euros de subventions que l'Etat lui verse chaque année" ou bien la même chose à propos des 10 millions versés à Libération. Vous imaginez le tollé et les réactions outragées de tout ce que la gaucholalie compte de supporters... On aurait crié à la censure, à l'atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d'expression; la République et la démocratie en danger, etc...

Oui imaginez cela même si l'ancien premier ministre et l'Ex n'ont rien dit de tel alors que pourtant ils ne furent pas épargnés par la presse...

Le Figaro a le don d'énerver le nouveau pouvoir (Mais curieusement pas Libé). Celui-ci n'aime pas ses Unes, ses articles et le ton critique qu'il utilise pour qualifier depuis 20 mois l'action de nos nouveaux dirigeants. Pas une semaine sans que Matignon ou l'Elysée ne soient brocardés par le quotidien de Dassault. Ayrault et hollande ne sont pas contents et ne se privent pas de le faire savoir. Ils en ont même tellement marre que Ayrault s'est fendu d'une petite phrase qui n'a dérangé ni outragé personne: "Le Figaro, qui reçoit une aide annuelle de 18 millions d’euros, n’en a pas besoin. Et, dans le cas contraire, Dassault, qui finance ses Rafales avec l’aide de l’Etat, peut payer." Le sous-entendu est limpide et le Lab d'Europe 1 ne s'y est pas trompé en titrant:"Jean-Marc Ayrault réfléchit à revenir sur les aides accordées au Figaro". 

En Socialie, on ne saurait critiquer le pouvoir sans s'exposer à des menaces ou des représailles. En Socialie, on n'hésite pas à annuler d'un trait de plumes les 5 millions d'euros qu'un journal de gauche, L'Humanité, doit à l'Etat, on n'hésite pas à traîner des pieds pour réclamer à Médiapart le million d'euros qu'il doit au fisc; en Socialie, on n'hésite pas, à mots à peine couverts, à menacer un journal d'opposition de lui supprimer ses subventions...

C'est-y pas beau?

Le groupe Le Figaro, malgré une légère baisse de ses ventes au numéro (-1,9%) en 2013, a annoncé finir l'année 2013 avec un résultat d'exploitation de 22 millions. Preuve s'il en est qu'une bonne gestion permet à un groupe de presse de ne pas perdre d'argent. Je serai Le Figaro, je dirai "chiche" à Ayrault, "Supprimez-nous les subventions ! Mais attention au retour de bâton, en échange, nous ne nous retiendrons plus."

Maintenant, si vous voulez mon avis, nous devrions supprimer l'intégralité des subventions à la presse, y compris les aides indirectes comme la niche fiscale des journalistes, ce serait le seul moyen d'avoir la garantie d'une presse réellement indépendante.

Le saviez-vous: CFDT Magazine, Voici, Closer ou Le Journal de Mickey touchent chacun près de 500 000 euros de subventions chaque année. Nous Deux, Prions en Eglise ou Micro Hebdo perçoivent environ 350 000 euros. CGT Ensemble et Modes et Travaux, 250 000 euros.

En 2012, l'Etat français aura versé près de 2 milliards d'euros d'aides directes à la presse.

Folie passagère 2148
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.