La loi anti-fake news, je la sens mal surtout depuis qu'elle a été rebaptisée hier loi " contre la manipulation de l'information". Ça a comme un parfum de Pravda, comme un parfum de légalisation d'une censure d'Etat. Je n'aime pas, pis, je trouve que cela a quelque chose d'effrayant, un p'tite touche supplémentaire de Big Brother à la sauce Farenheit 451. J'ai beau avoir lu des dizaines d'articles sur le sujet, je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi si ce n'est cette odeur sulfureuse d'une sorte de totalitarisme étatique qui se mettrait en place... Une impression, un sentiment, une inquiétude qu'aucun groniqueur, journaliste ou expert appointé n'a pu encore levé
On nous dit qu'échaudé par les fausses infos et les rumeurs qui avaient été colportées sur lui pendant la campagne, Jupiter s'était juré de construire un arsenal juridique visant à contrôler tout ce qui serait publié sur les plateformes internet, à la télévision, sur les radios et autres organismes de presse. Et qui dit contrôles, dit potentiellement répression, interdictions de publication, retraits de certaines informations déjà publiées, amendes et éventuelles peines de prison.
Comme il se doit, tout travail législatif et toute élaboration des textes de loi sont suffisamment compliquées, complexité augmentée par le vocabulaire juridique employé, pour que le lambda moyen ne puisse s'y retrouver, voire s'en désintéresse, laissant le soin... aux législateurs et autres commentateurs de nous expliquer les tenants et les aboutissants du machin en gestation. J'ai beau avoir lu des dizaines d'articles sur le sujet, je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi si ce n'est cette odeur sulfureuse d'une sorte de totalitarisme étatique qui se mettrait en place... Une impression, un sentiment...
Un juge aura 48h pour se prononcer et ordonner le retrait de ce qui lui aura été présenté comme une fake news ou une tentative de manipulation de l'information. Un juge rouge ? Un juge du syndicat de la magistrature ? Et quels moyens seront donnés à la Justice pour s'atteler à pareille charge supplémentaire ?
Le CSA dont le président est nommé par le Président pourra empêcher, suspendre ou mettre fin à la diffusion de services de télévision contrôlés « par un État étranger ou sous l'influence de cet État », et qui portent atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation (Citées nommément par Macron devant Poutine, on imagine que Sputnik ou Russia Today, mais pas qu'eux seulement, ont du souci à se faire.
Pendant les 3 mois précédents une élection, des obligations de transparence renforcées seront imposées aux plateformes numériques... et la Justice, par référé, pourra faire cesser la diffusion de ce qui aura été jugé comme une fausse information ou une manipulation de l'information... Les plateformes numériques (dont celles hébergeant les blogs) deviendront-elles ainsi, par procuration, des censeurs d'opinion, des garde-chiourmes de la pensée jupitérienne ?
Seuls les organes d'information " officiels " (journaux dont 90% sont subventionnés par l'Etat, télévisions,...) seront-ils les garants de la diffusion des "vraies" informations ? L'Humanité ou Libé pourront-ils continuer à grimer Sarko en Pétain ou en Adolf quand un blogueur ou un facebooker sera interdit de publication et/ou condamné pour avoir caricaturé Macron en Ceaucescu ? Et si tel était le cas comme cela semble se présenter, est-ce à dire que nous ne pourrons plus critiquer, démonter voire juger ces organes dans la mesure où elles détiendraient la vérité ?
Le problème de cette loi, c'est, qu'à l'initiative de Macron, elle est montée de toutes pièces par des "idéologues", des gens, comme notre Président, qui considèrent que globalement le monde est satisfaisant et que ceux qui s'attaquent au système ne peuvent être que des extrémistes délirants. Les peurs de ces derniers ne s'expliquent que par leur démence, et tout doit être fait pour les empêcher de sévir (1). Il y aurait donc la "vraie" information détenue et véhiculée par ces gens raisonnables et tout le reste ne serait qu'issu d'un camp manipulateur, extrémiste, populiste. Un arsenal juridique dévolu au camp du Bien contre le camp du Mal, comme toujours, les progressistes à la sauce Macron contre les réactionnaires, la gauche contre la droite, le Nouveau monde contre l'Ancien...
Tout cela reste flou pour le non juriste que je suis, techniquement ardu à comprendre mais j'ai une certitude, ça pue. Ça pue la censure institutionnalisée. Il y a du liberticide dans l'air et chaque citoyen ayant la démocratie chevillée au cœur devrait s'inquiéter de ce qui n'est pour l'instant qu'un projet de loi plutôt que de se soucier de Zidane ou du temps qu'il fera demain. Après, il sera trop tard.
Je me souviens qu'il y a un an ou deux un haut fonctionnaire me disait que nous, blogueurs "nauséabonds", aurions grand intérêt à nous regrouper au sein d'une association qui défendrait notre liberté d'expression, il semblerait qu'il n'avait sans doute pas tort, juste un peu d'avance...

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr