Affichage des articles dont le libellé est public. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est public. Afficher tous les articles

mardi 15 décembre 2015

Hôpital public, hôpital privé ? Le match !

Afficher l'image d'origine

Il se trouve que depuis quelques temps, je fréquente les hôpitaux. Disons plus précisément que j'en ai fréquenté deux, l'un public, l'autre privé. Maman a fait les deux, une fois que le premier, public, n'a plus su ( ou voulu, nous ne savons pas ) quoi faire d'elle, nous l'avons transféré dans le second, privé celui-ci. 

Le premier est un hôpital public de taille moyenne dans une banlieue couci-couça. Le second est privé, une fondation en fait, à 10 km du précédent dans une ville dite " bourgeoise " avec 102 lits; certes, deux fois moins que dans le précédent.

Les employés des deux établissements sont soumis au même droit du travail. Pour les deux, la prise en charge de maman est la même: à 100% par la sécu. Cela ne nous coûte pas un rond. 

Dans le public, pas moyen d'avoir une chambre particulière et quand bien même il y en aurait une de disponible, il aurait fallu payer un supplément de 30 euros (pris en charge par la mutuelle) mais l'infirmière-chef nous le déconseillait: " une chambre à deux, c'est mieux pour être éveillé au monde et à l'autre... ".  Et tant pis si la co-locatrice était une vieille folle qui crie. Dans le privé, no problemo, monsieur, " ce sera mieux, elle sera plus au calme, ce sera plus reposant, mettons toutes les chances de son côté, il vous en coûtera 35 euros, pris en charge par sa mutuelle ".

Les chambres ? Tout juste propres dans le public, leur dernière rénovation devant dater d'avant mon dépucelage. Dans l'établissement privé ? Nickel; décor, là aussi, hospitalier mais propres, fonctionnelles, presque agréables. Une salle de bain deux fois plus grande que dans le public.

Les couloirs et communs ? Sales, peu entretenus, vieillots dans le public; propres, frais, dans le privé.

La télé dans la chambre ? 3,50 euros / jour pour l'hôpital public, payable d'avance et en liquide, s'il vous plaît. 2,50 dans le privé, vous paierez quand elle sortira. Dans le public, à la cafétéria qui gère la télévision, le téléphone des chambres et la vente de quelques produits de nécessité, la carte bleue n'est pas admise. Dans le privé, no problemo. Dans le public, la petite bouteille d'eau au distributeur: 1,20 euro. 1 euro dans le privé.

Pour le parking, hôpital public, un vrai foutoir et rarement de places disponibles même pour une voiture ayant le macaron " handicapé ", sans compter les nombreux jours où une bonne dizaine de places, les plus proches de l'entrée, sont réservées à la direction qui fait séminaire. A la fondation ? A chacun sa place et une place pour chacun. Les places handicapées étant les plus proches de l'entrée.

Dans le public, la croix et la bannière pour avoir la moindre information sur l'état de santé de maman et les traitements envisagés. Déranger le médecin (qui a beaucoup d'autres chats à fouetter) ne se fait pas. Et tant pis si j'ai forcé sa porte plusieurs fois. Les infirmières ont interdiction de vous donner la moindre info, seul le médecin, quand il est là, est habilité. Dans le privé, c'est ... comment dire... le partage totale des infos, dès lors que le personnel a compris que vous n'êtes ni plus ni moins que le fils de la patiente. Autrement dit, dès son admission. Le médecin vous reçoit sans rendez-vous s'il est dispo et consacre tout le temps nécessaire à votre compréhension du problème. Admission personnalisée, dans un petit bureau sympa, avec une nana sympa et sans avoir besoin de prendre un ticket, comme à la sécu, et d'attendre son tour à l'un des 9 guichets... comme dans le public.

Un point commun entre ces deux établissements: tous les toubibs rencontrés étaient d'origine étrangère.

Dans le public, un personnel non pas désagréable (encore que) mais débordé ou " en pause ". Dans le privé, des gens sympas, présents, disponibles et souriants.

Dans le privé, des petits salons d'attente joliment décorés (avec des magazines de la semaine ) pour patienter quand c'est l'heure des soins. Dans le public, les soins quasiment aux mêmes heures, et une chaise, si vous en trouvez une, pour attendre... dans le couloir, entre patients, chariots et visiteurs. Dans le public, maman, dès le premier jour, c'est la " malade de la chambre 215 ", dans le privé, toujours dès le premier jour, c'est " Madame C. à la 124 ".

Dans le public, on vous prévient que maman va être transférée mais le jour dit, pas moyen de savoir quoique ce soit. C'est en se déplaçant sur place et en découvrant le lit vide qu'on comprend que le transfert a été effectué. Dans le même temps, le privé vous appelle sur le portable pour vous dire: " votre maman est bien arrivée et tout s'est bien passé ".

Bientôt Noël ? Dans le public, des décos parce qu'il en faut bien, du vite-fait, pas bien-fait. Dans le privé ? De jolis sapins naturels, un peu partout, décorés avec gout et soin " parce que c'est bien pour tout le monde ".

Alors certes, tous les hôpitaux publics ne sont sans doute pas aussi pourri que celui-ci et tous les hôpitaux privés ne sont sans doute pas aussi chouettes que celui-ci, c'est fort possible. Mais tout bien considéré, pour le même coût, c'est à dire aucun si ce n'est pour la collectivité et un juste retour des cotisations versées à la mutuelle, n'hésitez pas, si vous le pouvez et si c'est faisable, n'hésitez pas, pensez au privé ! Y a pas photo !

Et la Marisol, au lieu de faire chier les généralistes et de condamner à mort la médecine libérale, elle ferait bien de s'occuper un peu mieux des hôpitaux publics et de la gabegie qui y règne.

Folie passagère 3010.
Résultat de recherche d'images pour "fondation chantepie"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr


France, 2019.